lundi 6 juillet 2009

écrire dans sa tête


en juin, j'ai spontanément arrêté de fouiner le cyberespace, que ce soit pour lire, interagir ou écrire. Je n'ai plus ouvert l'ordi à mon réveil pour y passer 1 heure en orbite le matin, ni plus ouvert l'ordi en revenant du travail pour venir y scèner régulièrement. La vie se passait ailleurs et je savais que je devais m'y reconnecter, après 2 ans d'évasion virtuelle.

Les premiers jours furent un calvaire : j'avais du temps. Lire : j'avais du temps à tuer.

Mais à mesure que les jours passaient, il m'était devenu indolore de ne pas ouvrir l'ordi dès mon réveil.

Le vide creusé par le fait de ne pas écrire, se fit ressentir alors que je zappais la Tivi à la recherche d'une évasion intéressante. Ce face à moi a remis en question mon bonheur. J'ai trouvé ma vie "plate" pendant plus d'une semaine. J'ai eu une crise existentielle avant de réapprendre à faire des choses concrètes, avec mes mains et mon esprit, et pas juste penser tout haut du bout de mes doigts.

Écrire était devenu, je l'avoue, un geste compulsif. Aucune retenue ni distance ne s'imposaient à moi dès qu'il me venait une idée, une pensée, une réflexion, une question, aussi bénines et insignifiantes soient-elles. J'écrivais, c'est tout. J'écrivais, aux 5 secondes, et je lisais boulimiquement. Sur le web, dans ce monde imaginaire mais pourtant réel. Cette fênêtre sur le monde m'a manqué, je me suis sentie seule et isolée, dans le vrai monde.

En fait, c'est écrire qui me manquait. Un sevrage, comme arrêter de fumer, cesser toute chose que l'on fait par habitude et qui nous fait du bien.

Je me suis rapprochée de mon homme-chat. J'ai échangé avec lui plus que je n'échangeais jadis avec tout ce qui bougeait ou s'exprimait sur le web. C'était bon et structurant. L'homme chat a construit une terrasse dans notre cour fermée de la maison en ville. J'ai profité de l'air citadin sous le parasol.

J'ai commencé à tricoter : j'ai terminé le dos du chandail de laine que je lui offrirai cet automne.

Des fois, comme le temps passait, je me relisais et constatais en effet que je n'avais plus rien à dire. Comme quoi, la facilité à s'exprimer vient avec la pratique.

Ce congé fut un excellent exercice. Je me sens beaucoup plus équilibrée, en harmonie avec la vraie vie du dehors. Si l'ordi fouerre demain, ce ne sera pas un désastre.

Il n'y a pas le feu. Écrire seulement quand on a envie.

J'ai redécouvert d'autres façons de vivre : faire du yoga, respirer, faire l'amour, la bouffe, les plantes, échanger avec des mots, des gestes, et écrire...

... car les mots, ils feront toujours partie de moi, qu'ils soient imprimés ou dans ma tête. Je ne suis pas partie, mais je ne suis pas revenue non plus. Je suis simplement là, une moi plus complète que jamais.

J'ai écrit beaucoup de "je", car écrire, c'est fait pour ça.

Re-bonjour à vous tous.

mercredi 24 juin 2009

mon pays


d'où venez-vous, me demanda-t-on? Du Québec, répondis-je.

jeudi 28 mai 2009

le silence est d'or


on a quand même le droit de l'écrire; histoire de se dégourdir les petits doigts.


bisous.

vendredi 15 mai 2009

la langue de mon coeur

je vous assure, j'adore le français. Je vous le concède, je ne l'utilise pas parfaitement, ni ici, ni ailleurs. Surtout ici, où je m'amuse à le marier en expressions contemporaines inexistantes et souvent incompréhensibles, bilingues, trilingues et expérimentales. Surtout lorsque j'omets de façon stylistique la majuscule de ma première phrase qui devrait normalement figurer sous forme de lettrine . Si je m'égare, ce sera généralement de façon involontaire. Je me relis. Toujours. Surtout depuis que je tape si vite que les coquilles sont inévitables (lorsque mes ongles poussent, c'est encore pire!). J'haïs les fautes d'orthographe et les erreurs de grammaire. Comme plusieurs, j'ai étudié en français, de la maternelle à la fin secondaire. J'ai lu. J'aime. Le français n'est pas ma langue maternelle. Ni l'anglais.

Alors, que la Dictée des Amériques disparaisse "dans l'indifférence", cela me peine énormément. J'y ai participé une fois, je ne me suis pas rendue loin. C'est excessivement rigoureux. Est-ce uniquement un exercice intellectuel? Et puis, si c'était cela, est-ce un défaut de vouloir parfaire notre langue?

Je suis contre la modernisation du français de façon catégorique, c'est-à-dire en voulant l'arrimer avec la phonétique, simplement pour "faire simple". Je suis contre. À cause : de l'étymologie, de l'histoire, du défi d'apprendre, de la capacité d'apprendre, de la spécificité, du charme, de la composition visuelle. Si l'on écrivait "boté" au lieu de "beauté" ou "poto" au lieu de "poteau", ce ne serait pas très joli, n'est-ce pas? En plus, on ne saurait plus si l'on parle français ou espagnol.

Sur ce, levez-vous, peuple du Québec!, osè-je dire. Revendiquez votre langue!!! Possédez-la, maîtrisez-la, avant de pouvoir l'imposer à ceux qui ne la parlent même pas. Il est vrai : si nous ne la possédons pas, elle ne durera pas au-delà de quelques générations. Il faut la chérir, lui donner une âme, une vie, lui rendre justice. C'est une si belle, et si parfaite langue.

jeudi 14 mai 2009

deuil de livres

en juillet 1987, mes boîtes de livres reposaient avec mon lit simple et peu de meubles dans le garage chez mes parents. L'entrée de garage était en pente, celle du genre où l'on bâtit un abri tempo en hiver pour se protéger de la blanche. Une entrée double. Je travaillais tout l'été à Percé à vendre des cerf-volants. Mes biens attendaient qu'Iz les récupère pour emménager avec elle dans notre nouvel appart en ville.

Juillet 1987 (le 14 je crois), il y a un fameux déluge à Montréal, de la grêle, des inondations partout. Dans le garage bien sûr!

Iz m'avait prévenue : tes boîtes ont été mouillées.

À mon retour, j'ai sorti les livres des boîtes, plusieurs n'étaient plus des livres, mais du papier mâché. D'autres avaient des pages collées, d'autres ne s'ouvraient juste plus. De ceux que j'ai pu récupérer, certains trônent encore dans ma bibliothèque, mais avec un corps ondulé et non droit, dont ma monographie du Met datant de 85-86. La plupart étaient de magnifiques livres d'art.

Dans les 20 dernières années, j'ai accumulé énormément de livres. En espace physique biplanaire, cela occupe un mur de 12 x 9. En boîtes de carton de 3p cubes, cela fait environ 20 boîtes. De tout, de rien. De beauté, d'amour, d'intelligence. J'adore les ouvrages; je suis amoureuse de ces objets que l'on regarde, on touche, on sent (une odeur de colle et d'encre), on ouvre, on lit, on amène au lit, on ferme, on sépare, on garde, on termine, on referme, on classe, on retrouve, on prête, on redécouvre... Jamais je ne m'en débarrasse, peu importe le sujet de l'ouvrage. En 2007, lors de mon party d'huîtres, nous avions fait un échange de livres, tu amènes un livre (préférablement usagé, lu et commenté) et tu repars avec un autre. Je me suis donc séparée de mon préféré Novecento et ai gagné un philosophique Tao. Les livres contiennent le savoir et l'imagination, la culture et la finesse, l'humanité et la générosité, et j'en donne et reçois beaucoup. Je les collectionne, sans rigueur, mais en abondance. Je les expose, de façon ostentatoire, je les regarde, les caresse, les lis, les vénère.

En juillet 2008, nous avons déménagé dans une maison où nous allions faire de nombreux travaux. Nous avions un immense garage double qui a abrité tous nos biens qui se plaçaient petit à petit dans les êtres de la maison. Aujourd'hui, le garage est presque vide. Mais : on en a jeté du stock!!! L'eau s'infltrait dans le garage par le toit, les boîtes étaient enveloppées d'une couche de glace cet hiver. Bref, ce fut mon deuxième déluge. Je pensais à mes livres, mais sans trop y penser, en me disant : ce n'est que du matériel, c'est inanimé, ce ne sont que des biens, il n'y a pas mort d'homme. En fait, je ne m'imaginais pas : en avoir autant, et que pouvaient-ils bien leur arriver? Loin des yeux, loin du coeur, c'est vrai pour tout.

On les a rentrés hier soir.

On a fini d'installer le bureau et la bibliothèque. L'homme-chat a dit qu'il allait pleuvoir aujourd'hui, qu'on devait rentrer les livres.

J'ai ouvert les boîtes.

Je vous jure, chers amis, quelle désolation que des livres mouillés, moisis, collés, les pages illisibles... Mon coeur était bouleversé. Autant d'années de création, dans du papier savamment livrées, avec talent illustrées, finissent ces jours-ci en purée...

Quelle tristesse... C'est pire que je le pensais. Ce ne sont pas des biens inanimés, les livres sont des êtres aimés. J'aurais préféré ne pas savoir, j'aurais aimé qu'ils soient emportés, hors de ma vue, ma pensée, mon coeur.

J'en ai mis quelques-uns à sécher. D'autres sont encore en pile dans des boîtes molles d'humidité. Certains ont vécu 2 catastrophes, comme mon livre du Met - qui s'en est assez bien tiré, cette fois-ci.

Maintenant qu'ils sont chez moi, malades, accidentés, tristes, en phase terminale, pleurant et condamnant... Ce sera un long travail d'amour, de patient labeur, afin de les récupérer, les faire sécher, en prendre soin. Peut-être repasser leurs pages au fer tiède, les tenir sur mon coeur, leur dire je t'aime un à un en contemplant chacun des titres, chacune des couvertures, les bénir d'un baiser, puis les poser chacun à leur tour, sur les tablettes de leur nouveau sanctuaire...

vendredi 8 mai 2009

prendre congé

bien sûr, j'aimerais pouvoir renoncer à 20% de mon salaire et travailler 4 jours semaine. Je m'imagine cette journée extra qui serait tout à moi (mon chum au travail, pas de chat, pas d'enfants...), café dans ma cuisine ou sur une terrasse, journal lu jusqu'aux avis de décès et aux annonces personnelles, soleil contemplé dans la vitre pendant au moins 5 minutes, marche errante en running shoes. L'idéal de la journée extra qu'on s'accorde.

Aujourd'hui, vendredi, j'ai pris congé. Pas pour les mêmes raisons, pas pour la maladie non plus, mais pour mieux repartir. Voyez-vous, et je ne vous apprends rien, mon travail comporte d'énormes défis (tiens, je sais que je ne suis pas seule dans cette situation). Des fois, il comporte de grosses déceptions. Des fois, j'ai envie de me dissocier tellement je suis déçue. Et puis je me dis : non, tu dois gérer, tu as une bonne carrière, une opportunité en or, tu dois gérer ces problèmes, trouver des solutions, c'est ta job. Ben oui, bien sûr. Et je m'y acharne 5 jours sur 7, des fois 7 et la plupart du temps, j'aime ça, c'est fait pour moi. Mais des fois, c'est juste trop. Alors, plutôt que de tout crisser là, comme je le fais si facilement (j'ai une grande gueule et je suis plutôt impulsive), je prends congé. Je dis à mon patron : je prends congé. Il s'inquiète un peu, puis dit : oui, pour décompresser, je te comprends, je le ferais aussi si je pouvais...

Ce matin, après avoir réglé des urgences par courriel, je troque mon suit de banquière et mon bureau dans ma tour d'ivoire pour la skill saw, la drill sans fil et le rouleau à peinture. Je me défonce en électricité et en rénos, en bruit dans le quartier silencieux qui travaille au centre-ville. Je boirai autant de café que je le désire, entendrai le facteur lorsqu'il passera, peut-être 2 ou 3 ti-culs dans la ruelle, les trucks de service en arrière de la Plaza, verrai une autre vie. Puis, ce sera le week-end. Et lundi sera lundi, et je serai de nouveau une professionnelle dans mon domaine, pas celui de blogueuse érotique ou d'états d'âme, pas celui de blonde amoureuse, pas celui de cuisinière émérite, pas celui d'apprenti-rénovatrice, mais celui de grande dame de la finance, sur le visage duquel on ne voit que la perfection de la profession.

Sometimes you wish you did not have to earn a living, but fuck, it's all wrong, you wouldn't live without it, you love to work, you just love all of it - money, recognition, making a difference, the dentist, and all the fringe, being a star, even. So hard to balance your life. Happiness is a state of mind, no matter what you do.

mercredi 6 mai 2009

rénos

je regardais les photos d'un de mes amis qui rénovait récemment son salon, avec poussière de gypse dans les cheveux (les doigts jamment dans la perruque et c'est pas doux du tout, jusqu'à temps que les cheveux ressortent de la douche bien shampouinés et conditionnés). Ça m'a fait penser que nous en avions déjà fait pas mal et que s'il ne reste que de la finition (nous sommes les pires là-dedans, ayant déjà fait l'expérience de vivre de nombreuses années avec des cadres de portes pas terminés, une super cuisine neuve à laquelle il manque un mur de gypse ou chapeautée d'un plafond troué, etc. et empressés de terminer lorsqu'on met la maison en vente). On en est maintenant à dealer avec des mini-projets de bricolage, plus que de la grosse job sale. On a emménagé notre chambre dimanche soir dans la super belle pièce où elle était destinée, avec des moulures en plâtres au plafond, de toute beauté (qui a bien pu perdre son temps un jour couché sur un échafaud à dessiner du crèmage en plâtre sur un plafond?). Bien sûr, elle n'est pas terminée mais - wow - que d'espace, comparativement au petit coqueron dans lequel nous dormions depuis presqu'un an. Celui-ci rajeunira sous le coup de pinceau bientôt et deviendra un chouette bureau dans lequel je déplacerai mon fidèle ami ordi pour vous écrire le matin, le soir, le midi, en toute quiétude et avec ma tonne d'amis livres dans ma bibliothèque à construire, qui dominera en arrière. Mon homme m'a acheté un bouquet de fleurs ce dimanche, qu'on a posées dans mon joli vase qui dormait depuis des mois en arrière d'un meuble quelconque. C'était pour inaugurer ma nouvelle tablette vide-poche que j'ai construite au-dessus du comptoir à chat (dans un creu du corridor), j'ai utilisé la scie ronde pour la première fois, j'étais fière car j'en avais toujours très peur; je suis maintenant une vraie rénovatrice en règle, ayant déjà apprivoisé la drill et l'escabeau bancal. À la fin de ma coupe, le fil s'est embobiné entre la lame et son étui et a été sectionné d'un coup (c'est mieux que mon doigt), j'ai réparé le fil - je suis bonne avec le cuivre et le tape électrique : la Skill Saw sert toujours. En juin, durant sa semaine de vacances, l'homme chat construira une terrasse dans notre mini-cour fermée en arrière, ce sera la plus magnifique oasis urbaine de la Petite Patrie, je vous le dis! À défaut d'avoir un lac dans sa cour en Abitibi, on aura des plantes en pots à 2 pas du métro. Je ferai une séance de photos ce week-end et au fil des rénos pour vous donner un aperçu de ce qui occupe nos temps libres. C'est chouette les rénos - quand on a le temps!


Des photos : en haut, quelque part en juillet 2008, on décide qu'on construit une cuisine dans la pièce en arrière. Conjoint varge dans les murs. C'est resté ainsi jusqu'en décembre, une pièce inutilisée et non rénovée, faute de temps. En bas, lendemain du party de Noël en famille chez nous, à l'issue d'un sprint de rénos tout le mois de décembre, comme je vous le racontais ici. Bon, ça a encore changé depuis, je vous collerai des photos à jour un autre tantôt. Comme quoi, quand on s'y met, on a des bonnes idées et le résultat est des plus agréable. Mais, ouf!, ça prend de l'énergie, surtout quand on vit dedans en même temps. Heureusement qu'on s'aime lui et moi!