samedi 18 mai 2013

mort-mentanée


si j'avais écrit ce billet plus tôt cette semaine
(hier)
c'aurait été un billet d'humeur
mais tu vois là
le soleil est de retour

mort-mentanée




lorsque j'étais plus jeune
j'avais des pensées suicidaires
blunt as it is
probablement tout le monde
dirait la même chose
en repensant à son adolescence
sauf les spécialistes
qui peuvent parler de la biologie des choses
que je ne connais pas

c'est con qu'on ne puisse plus
dire le mot suicide à cause de sa gravité
mais crisse que c'est ça pareil

à quinze puis vingt puis vingt-cinq ans
quelqu'un m'aurait assurément
décrite comme un être passionné

j'aimais l'être
vers trente ans je crois que j'ai compris
que j'aimais me complaire dans cette folie

j'ai vécu de longues années
avec des hommes infiniment plus calmes que moi
ça tempère et c'est bon
et devenir calme est la meilleure
chose qui me soit arrivée
du coup je redoute les sautes d'humeur
je les haïs chez les autres
je trouve cela juvénile
non accompli
détestable crise de restaurant chinois

j'ai tenté une réelle fois de me suicider
en mil neuf cent quatre-vingt-treize
avec une corde
j'ai choké avant la corde
j'en suis tellement heureuse

je voulais mourir
parce que la vie était trop belle
trop parfaite
et que je n'étais pas à la hauteur
ne pas boire ne pas fumer être fidèle

toutes les fois où je veux partir
l'urgence qui m'anime est de fuir
et c'est tout le temps drivé
par à quoi bon
je n'ai plus envie de jouer
c'est trop dur
un sentiment d'échec
d'incompétence

ce n'est pas anodin
si j'aime tellement
voyager partir m'enfuir

un spécialiste que je n'ai jamais consulté
me dirait surement que c'est normal
c'est de l'épuisement
je suis trop exigeante
ingrid dirait lâche prise

en fait c'est dans ces moments-là
(après et pas pendant)
que je me rends compte comment il est exigeant
de tout le temps être heureux

ce n'est pas l'activité
ce qu'on fait
combien on en fait
l'intensité
la façon
qui nous use nous fatigue

c'est d'être
de toujours faire l'effort d'être bien

ma vie est comme le cours de la bourse
c'est vulgaire
en général je suis stable et rentable
aux cinq ans j'ai un crash total
un décrissage en règle

c'est un build-up de plusieurs mois
pendant lesquels toute ma tête est là
mon corps se fatigue lentement
je n'ai plus envie
j'ai des assauts émotifs
qui me poussent à l'excès
c'est le conflit intérieur
entre se laisser aller
et tout contrôler
pour limiter les dommages permanents

ensuite vient l'anesthésie
elle est totale
pendant des jours
plus rien n'y fait
ni froid ni chaud
aucune vague sur le coeur
la ligne horizontale
le silence radio

et nietzsche s'empare
de mon esprit qui ne combat plus
cosmique dans l'univers
je me compare aux fourmis
aux gazelles aux lions
et je me dis
de quel droit
m'attribuerais-je
des ambitions des désirs des aspirations
pourquoi relever des défis
pourquoi faire l'effort
pourquoi gagner ma vie
pourquoi être meilleure

quelle prétention justifie
toute cette animation
cette perte d'énergie

aujourd'hui
quand je me réveille
ou avant que j'y sombre
je prends action
je contre j'écris
je pense à consulter
je raisonne
crisse que je suis bien faite

cette fois-ci mon trouble
vient du travail
je n'y suis plus motivée j'y suis défaite
je vais me faire remonter
pour mieux continuer
car nous humains avons les moyens
avons la raison
savons si bien nous conditionner

pour être heureux
jusqu'à la nuit des temps
car
après la mort-mentanée
vient le printemps

soundtrack : deep down and dirty.

samedi 11 mai 2013

matière de mère


matière organique : eau, mer, sel, chair, sang.
matière, table des :  pourquoi, de qui, quand, comment, où.
matière-discipline : passion, organisation, tolérance, patience, détachement.


bonne fête des mères dis-je.

il y a la mer celle des vagues
celles de la lune
comme le cycle
celui des menstrues
celui qui doit produire
il y a la chair
il y a le sang
il y a l'eau
il y a ce trouble qui dès l'enfance
nous pousse à coller
à border

petite il n'y avait chez nous
que peu de contact physique
et pourtant
j'ai toujours été charnelle
je touche tout ce qui vit
et même la matière morte
je peins je sculpte je danse
je baise je mange je bois
je veux un ventre

tout commence par le ventre
celui dont je rêve à l'adolescence
le cliché de la grande famille
parce qu'on a aimé tripper
en gang dans le sous-sol
de la mère de qui
et qu'on pense que ce sera
le même feeling d'être entourée

fourrer avec le gars
dont on est passionnément amoureuse
tomber enceinte comme des nues
et pourtant être émue
pleurer car le coeur est plein de larmes
vouloir le garder faute de l'avoir planifié
aimer l'enceintitude
depuis toujours j'aurais recommencé
juste pour l'enceintitude
plus que la grossesse qui est
de gonfler
l'enceintitude rayonne de matière
l'aura est là
vive le biscuit soda
l'aura est là
la féminité à son apothéose

avec du recul
je me rends compte
que dans ma vie
c'est là que je me suis le plus sentie femme
un état exclusif et sacro saint
je crois que la vierge marie
fut visitée par les rois mages
et qu'elle fut fécondée par un esprit
cette sainteté de la grossesse
me fascine comme une chose
matérielle si immatérielle
si divine

l'acte de donner la vie
m'émerveille encore

de mon corps naîtra une bête
la chair de ma chair
lorsqu'elle me regardera
ce sera comme un mini chat
j'aime les bébés comme
j'aime les chats
pour la tendresse qu'ils procurent
pour la senteur la rondeur
pour le collage dans nos bras

je préfère les chats qui ne pleurent pas

en matière de patience j'étais nulle
à vingt ans
je ne sais par quel miracle
je suis devenue si zen
par rapport à mes fils aujourd'hui
alors que j'aurais pu les jeter du troisième
n'eut été d'un coup de fil
à ma cocotte amie pour
me sortir de l'enfer maternel
un soir où seul un scotch aurait fait l'affaire

en matière de
cawlice que j'étais organisée
le lait de soya maison
les couches de coton
les dodos à la commune à yamaska
les purées dans le blender
la job après trois mois

un jour j'ai confié mon premier fils
à céline au service de garde
femme plantureuse dans la cinquantaine
qui l'a coincé entre ses seins
l'a pris dans ses bras forts
et en a fait un être humain
comme j'ai été rassurée
de savoir qu'il y avait
de vraies mamans
que je n'avais pas besoin
de savoir faire ou être
j'ai lâché prise
je n'étais pas seule

en fait je m'en suis un peu crissé
de ce que c'est que d'être mère
j'en ai eu deux en quinze mois
j'ai beaucoup aimé ça
je n'ai jamais souffert
ou j'ai l'esprit bien fait
ma propre mère se souvient
des nuits douloureuses de leurs
premières années
alors que je me séparai
et retournai vivre chez elle
avec mes mini-rejetons
pour une courte durée

j'ai beaucoup aimé ça
être leur maman
jouer avec eux
faire la fête
la foire et toutes les conneries
que je pense n'avoir pas faites
lorsque j'étais petite
je suis allée à la ronde
je suis allée à disney
nous avons manqué l'avion
je les ai fait courir après
avec leur mini sac à dos su'l'dos

ils ont veillé mes chouchoux
avec les amis de maman
autour d'une fondue
et de verres de vin
et ils se sont couchés
en plein milieu de partys
ce sont des enfants dociles
si tant faciles

je n'ai pas forcé
j'ai ri j'ai crié j'ai pleuré
j'ai été une maman

un jour un ami m'a dit
tu es comme une lionne
avec ses petits

je voulus qu'ils soient bons à l'école
nous faisions des devoirs
je n'échappai pas à ce désir
d'avoir une super progéniture
j'allais les voir en uniformes
à face lors de leurs concerts
qu'ils étaient beaux
je pleurais toutes les fois
j'aimais les enfants
je les aime encore

au final
j'ai deux fils
qui vivent quelque part sur le globe
depuis plus de vingt ans
on se parle rarement
on s'écrit de temps en temps
on se voit quatre fois l'an

ils ne me manquent pas
je sais qu'ils sont là
ils savent que je suis là
je les aime profondément
je les admire terriblement

quand je pense à eux
des fois mon corps retrouve
la matière
celle de vouloir
encore faire des enfants
des fois je pense
avec mon corps
au plaisir qu'ils soient petits
mes yeux s'embuent

bientôt je ne pourrai plus
faire des bébés
bientôt je cèderai
à d'autres femmes
ce plus grand des plaisirs
cette chance immense
qui m'a été donnée d'être maman

samedi 4 mai 2013

burqa de chair


vanessa paradis

burqa de chair - nelly arcan
titre d'un recueil de textes posthume
publié en 2011
l'emprunt du titre m'est venu en tête
au lendemain de la pièce
mettant en scène le mal de vivre
incarné par 7 magnifiques corps de femmes

envie d'écrire sur le culte du corps
celui que j'ai toujours entretenu
(je vais ce matin chez la coiffeuse
pour maquiller ma chevelure)
de petite fille enfouie dans les revues de cul
à adolescente feuilletant le glossy magazine
de vanessa à la récente michelle jenneke
le culte du corps m'a habitée

petite je voulais les cheveux longs
que maman me gardait courts
ado, je voulais des vêtements
ceux qui appartiennent à la clique
non ceux recyclés des amis de la famille

une paire de jeans m'acheter
ça ne m'est pas arrivé
avant que je ne puisse travailler

à l'âge d'aimer je voulus plaire
savoir poser mon corps dans des draps
pour exposer ce qui plaisait
tenir les épaules larges
pour faire sortir la poitrine
je me souviens de l'exercice
les coudes vers l'extérieur
les doigts tirant pour faire grossir les seins
qu'à cela ne tienne je les porte petits
depuis maintenant trente ans

j'ai vite marché comme une pute
je ne sais d'où vient ce roulement du cul
je mets ça sur le compte de mes pieds plats
un collègue m'a déjà dit
t'as pas besoin d'avoir des seins 
t'as juste à marcher
strike one, c'était un compliment
la tête avide de séduire

les cheveux longs j'ai tenu
dès l'adolescence
avec les ongles limés et acérés
deux choses bien élevées
amplifiant mon body chenu

je devins tigresse
à défaut d'être plantureuse
j'enfantai jeune et me plus
dans la rondeur des seins nouveaux
et dans le ventre de femme
je me sentis comme 
une femme d'ingres

lorsque je voulus séduire 
à nouveau
je pensai à des seins
ceux que l'on colle sur son corps
je pensai à la couleur
celle que l'on met dans ses cheveux
je pensai à un ventre plat
celui que je n'avais pas

dans la trentaine
je prenais soin de ma peau
dans la quarantaine 
je prenais soin de ma parure

et puis et puis
j'ai commencé à courir

j'ai aimé mon corps
d'abord de l'intérieur
comme celle qui avait d'abord
arrêté d'inhaler
je le sentais propre
propre à vivre mieux
propre à vivre plus longtemps
l'esprit était clair et dégagé
mens sana in corpore sano

et puis et puis
j'ai commencé à croiser des coureurs

des corps sveltes et musclés
(un six pack m'a toujours fait mouiller)
le corps fait machine
le corps comme une perfection
la force et l'endurance
et j'ai vu le mien se transformer
dedans j'ai senti mes muscles
mon tonus et ma vigueur
ma force à mon tour
et je me suis regardée
le miroir n'était plus invisible
mes jupes ont raccourci
mes jambes se sont montrées

encore une fois je me suis dit
c'est à ma portée je serai belle

sexy is a state of mind
that's the funky part of it
i live and breathe 
with my body exposed
glowing from the inside
with a fresh tan
white teeth in a beautiful smile
and clean and fragrant hair

burqa de chair.



samedi 27 avril 2013

les rabat-bonheur



elle aime courir
il aime courir
elle aime les fleurs
il aime courir
elle aime la peinture à l'huile
il aime courir
des fois il aime sortir
ils aiment manger
elle aime le hockey
il aime jouer
elle aime tricoter
il aime ses flos
elle aime ses bébés
il aime le violon
elle aime les shows rock
il aime sa roulotte
elle aime le vélo
il aime courir
elle aime sortir
ils aiment les chats
elle aime les arts
il aime les arts
elle aime les voyages
il aime ses amis
elle aime fumer
il aime courir
elle aime boire
il aime le homard
elle aime les huîtres
il aime le basket
elle aime la télé
il aime le cinéma
elle aime la campagne
il aime les chats
l'ai-je dit : il aime les chats
elle aime courir
il aime lire
elle aime écrire
il aime sa gang
elle aime les petits
il aime faire
elle aime défaire
il aime la vie
elle l'aime aussi.

ban t'sais quoi, y en a là-dedans qui vont dire
crisse, y en reviennent-tu?

cou'donc, c'est quoi la partie du bonheur
qui les énerve tant ceux-là?

ces crisses de rabat-joie
quand les gens tripent et sont heureux
y en a qui tirent par en bas
pourtant ça devrait être contagieux

si tout le monde se concentrait
à être heureux
y en aurait pas mal moins
des malheureux.

samedi 20 avril 2013

du coeur qui saigne




hermann nitsch
artiste autrichien
qui nous donne des oeuvres sanguines

je ne m'accoutume pas à la souffrance
je n'y suis pas exposée
préservez-m'en pour autant
que la vie douce puisse s'écouler
dans mon monde superficiel
de gaieté et de soleil

je ne connais pas son nom
il a dû être martelé
depuis ce jeudi où on a pensé
peut-être l'apercevoir
où les forces se sont liguées
pour mieux le rattraper
j'ai vu son visage
il ressemble à mon fils
un enfant d'à peine vingt ans

qu'a-t-il dans la tête
qu'a-t-il dans le coeur
connaît-il la peur
j'ai mal à mon coeur
le massacre est proche
le massacre est grand
il est ignoble il est immense
le carnage est vivant
il grouille dans le coeur qui saigne

pourquoi sommes-nous vils
pourquoi devancer la fatale heure
un coeur qui ne s'y attend pas
un coeur qui sèche

mais mon coeur ne veut pas
que l'on filme et qu'on regarde
qu'on participe à cette chasse humaine
comme au temps des sorcières
même si, même si, même si
existe la haine
existe la souffrance.

samedi 13 avril 2013

devoir



voilà l'heure de tombée
et aucune histoire à raconter
quelle était ma pensée
alors qu'à la semaine achevée
il me fallait encre jeter
maîtresse vous qui lisez
faites-moi la dictée
ainsi je vous aurai
une plume aiguisée
mais dès lors qu'inventer
chaque semaine il soit demandé
vide l'écran eût été
si dans ma tête vous n'y étiez.

samedi 6 avril 2013

écrire

écrire pour écrire.

un billet par semaine.  52 par année, mais pas celle-ci.

écrire comme faire ses gammes ou ses arpèges, ses intervalles.

écrire cause le certificat en création littéraire.

tu ris, mais si je veux faire un roman à retraite.  mieux que lire, faudra écrire.

socialement vôtre



tchin tchin estique.  358 amis facebook, 500+ linkedin, 236 suiveux sur twitter, 246 suiveux sur pinterest, g+ j'y vas plus, foursquare j'peux pas, instagram j'peux pas, 2 blogues désuets et 1 pour le party d'huîtres, je chatte pas, pis j'ai encore un numéro de téléphone fixe.  je l'aime.  on dirait un numéro commercial; ça fait tellement mile end.

média sociaux.

j'aime le mot "sociaux" cause it fucking is.  un verre de vin à main le vendredi soir, en train de rire avec les potes ("les potes" - expression utilisée régulièrement par michelle blanc - se prête tout-à-fait à l'activité de rire avec).

2003 : le web.  à consulter.  altavista, yahoo, aol, peut-être une adresse courriel, probablement pas encore hotmail.

2007 : le blogue.  pour écrire.  écrire quoi god damn fuck?  ma vie, 'stie, rien de plus narcissique.  reprendre à quarante ans une activité adolescente mais sans le bic, avec le clavier.  pas intime le journal, cause le web.  et de fait, lire la vie des autres.  puis alors, interagir.  vive la fonction "commentaires" qui vous le remarquerez existe toujours.  c'est la meilleure, la fonction commentaires.  c'est le début du social.

2007 : facebook.  ah ben crisse.  social tu dis?  j'y écris la chronique de ma vie, pour que la vie ne se remémore pas comme du temps qui passe, qu'elle soit parsemée de passions, de découvertes, d'amitiés, de moments forts, de moments phares.  dans ma vie, la chronique culinaire, comme dirait fortier, ou les plaisirs de monique, comme dirait chiasson.

j'y lis.  j'y commente.  j'y fouille.  j'y partage.

partage.  je ne pourrais pas être voyeur et strictement voyeur, y être et prendre.  ne jamais donner.  je sais pas comment ça se peut.  prends le journal pis lis.  voyeur.

diseuse compulsive?  ouain, pis.  quand je prends, je dis au moins merci.  merci.

je communique.  en vérité : j'écris, je lis, j'agis, je réagis.  never a lonely world.

tu ris toi sur facebook?

moi oui, particulièrement sur l'heure du lunch s'a page du groupe secret de course.  j'y ris en estie.

tu penses que les phalanges sont les plus sollicitées par les médias sociaux?  ban non...  il y a aussi le coeur, pis l'abdomen et les joues.  pour le rire.

social?  si si, je connais près du quart de mes amis grâce au web.  pis chu même pas sur réseau contact.

attends, c'est parce que je les vois ces gens que j'ai rencontrés sur le web.  le verre de vin à la main, des fois il fait tchin pour vrai.

des découvertes, il n'y a pas que les amis, les intérêts communs.  il y a tout sur le web, de l'encyclopédie artistique, architecturale, littéraire, musicale et poétique, tu peux partager tout avec ceux que t'aimes.  c'tu pas ça qu'on fait quand on est môman?  après, quand tu sors dans' rue côtoyer tes semblables, ban, t'es heureux, le coeur un peu plus riche.

des fois, un rein en moins, mais le coeur, certainement plus riche.

tchin tchin cawlice!

c'est tout ce que j'avais à dire.




vendredi 5 avril 2013

la course, estique.


steve préfontaine
easy baby


oui, j'ai adopté des rénning shoes.  en train d'user ma 2e paire à vie.  couru mtl-qc une couple de fois, ce qui est vraiment vierge quand tu te tiens avec des marathoniens ou des quidams qui roulent 12500k de anchorage à san jose, costa rica.  (ouain, je sais, on vole haut).

commencé à courir en 2011, y ai pensé alors assise sur le siège de luxe de la moto à l'homme-chat à contempler la verdure floridienne.  crisse, j'ai pas des gros seins comme les chicks de bike.  suis petite, chenue, banquière, kessé m'as faire de ma vie?  un cul, ça grossit, vous savez.

revenue en ville, j'ai acheté ma 1ère paire de rénnings - crisse c'est lette avec une jupe à plis.  j'ai fait la chienne au parc laurier - je veux dire, courir aussi bien que nager en 'tit chien.

une course, pis une autre, chu devenue une wannabe runneuse, avec médailles, essoufflement, crampes, régime de bananes, programmes d'entraînement pis toute pis toute.  même une montre qui compte.  mal, mais mieux que moi.

c'est bon que l'crisse de courir.  vraiment.

hier, chum de course nous invite à envoyer un courriel à sa chumette qui hésite à enfiler ses rénnings.  t'sais fille, ça peut pas rester dans' garde-robe à prendre la poussière ces souliers là (quoi que depuis, j'ai appris que ça se met dans' laveuse, mais pas à spin).

comme une gang de débiles aux grands coeurs, on a écrit chacun un tit mot droppé dans sa boîte aux lettres.  fallait que je la convainque de commencer.

j'y ai dit : 

moi je cours parce que...
ça ne prend qu'une bonne paire de rénnings
pas de raquette, pas de bonbonne
zéro flafla
je cours dehors en tout temps
ce qui me fait sortir
ce qui me fait connaître mon environnement
ce qui me connecte avec les saisons
je cours vite ou lent
court ou longtemps
avec la musique pour le temps
daft punk ou glenn gould
je cours parce que je deviens meilleure
du coeur, mais aussi du coeur
celui qui pompe et celui qui aime
ça me fait sourire
je croise de belles personnes
les coureurs sont vraiment beaux
je cours parce que j'aime
ma gang de course
sont tous plus fous les uns que les autres
y en a qui commencent
y en a qui avancent
tous s'encouragent
je cours parce que je veux
être mohammed ali
une championne
pis parce que ça donne
des estiques de belles jambes
et un estique de beau cul.
je cours parce que ça donne des ailes
et du temps pour soi.

enwèye fille
mets tes rénnings
pis bonne course!

mo xx

ps : une lecture de coureuse urbaine, de la comète blonde.


mardi 29 mai 2012

cimetière de cuillères



partagez et aimez abondamment la page facebook.

envoyez vos corps morts au bureau du premier ministre : 

Édifice Honoré-Mercier, 3e étage 835, boul. René-Lévesque Est Québec (Québec) G1A 1B4.

non mais : ce qu'il nous fait faire quand même!

une des lectures qui m'a inspirée cette page au 29 mai 2012 au matin:

"Léo Bureau-Blouin, un jeune étudiant de 20 ans, qui essaie de jouer le rôle de médiateur entre la police et les manifestants pendant que les élus restent cachés, un écrivain déguisé en banane qui se fait arrêter par les flics, des centaines d'avocats qui manifestent contre une loi dans un effet de toge jamais vu, des milliers de citoyens de tous horizons qui tapochent des casseroles soir après soir au milieu de la rue, un panda de peluche géant, anarchiste de surcroit, devenu emblème d'un mouvement social - ce pays est tombé sur la tête. Ou nous sommes en plein Alice au pays des merveilles. Ou dans un roman de Vian, c'est selon." Ianik Marcil, 28.05.2012.

à vian, il ne manquait plus qu'un cimetière de cuillères...

il ne s'en est fallu que d'une photo intitulée "cimetière de cuillères" publiée par une de mes amies, ainsi que de la réponse "shippe les à charest", pour qu'en naisse cette page absurde d'action militante.