samedi 6 février 2016

la vie la vie



je suis élitiste

je m'entoure de gens intelligents
qui s'expriment bien
sans fautes d'orthographe
avec des idées articulées
et progressistes
je travaille avec des professionnels
j'ai de l'ambition et tous autour de moi avancent
je déleste ceux qui reculent
ma vie est un sentier d'aventures
et d'apprentissages qui ne sont qu'enrichissants

je cherche souvent l'avis des gens
dans les projets qu'on travaille ensemble
et dans les enseignements
j'échange sur les tribunes comme celle-ci
mes idées sur la vie et
je me nourris de celles des autres
car elles sont souvent meilleures que les miennes

je lis les idées et opinions de gens éclairés
auxquelles le devoir consacre quotidiennement
une à deux pages
elles m'aident à comprendre

mais des fois je tombe sur des échanges
sur les tribunes de quelques personnalités publiques
même sur leurs pages facebook
lorsqu'elles publient une pensée
un article ou une question
soulevant un tollé de commentaires
qui me laissent stupéfaite

plus récemment une question relativement au blackface
my gawd lire tous ces commentaires
mon djieu comment les gens se permettent-ils
de s'arracher ainsi la tête en public
et puis le même soir mercredi je crois
un lien vers un article du journal de montréal
sur le retour d'une adolescente chez elle
après une fugue
époustouflante est la section des commentaires
de la haine de la décharge
et des fautes d'orthographe à vendre au poids

je ne sais pas si les tribunes de la démocratie
de l'antiquité grecque étaient si viles et si libres
c'est vraiment fou que de permettre de si grands affronts
les gens qui veulent tant s'exprimer
devraient écrire des lettres ouvertes
prendre le temps d'articuler leurs pensées
écrire des livres des pamphlets des blogues
des articles des chroniques
se documenter réfléchir discuter
calmement
ou carrément se taire

personnellement je les éviterai
c'est bête comme on n'avance pas toujours en société
et d'exclure n'est pas la meilleure réponse
des fois la meilleure solution est celle de marc
qui laisse simplement aux autres
la vie des autres.

(j'écoute quand même ron fournier
dans mon char le soir).

samedi 30 janvier 2016

menus plaisirs



anticiper
batifoler
culminer
déguster
encaisser
féliciter
gloutonner
humer
illuminer
jubiler
klaxonner
léchouiller
mitonner
narrer
oser
prélasser
quadrupler
ressusciter
sacraliser
terminer
unir
voyager
warranter
xylophoner
youtser
zéler.

samedi 23 janvier 2016

quand je serai grande



en mil neuf cent quatre-vingt-quatre
j'entamais avec fierté mon dec en arts plastiques
je me disais que si un jour je gagnais vingt-cinq mille
je serais riche
je sais c'était quand même beaucoup d'argent à cette époque
dans mon esprit de jeune fille

je ne savais pas ce qu'étaient les affaires
et je ne savais rien de la société

plus de trente ans plus tard
je circonvolutionne continuellement dans une galaxie
d'ambition de réussite sociale et d'affaires
de vouloir être quelqu'un
voilà c'est ça
je me compare toujours aux autres
je veux tout le temps être plus

tiens mon dada ces dernières années
c'est d'avoir un complexe d'infériorité face aux titres professionnels
j'ai travaillé dans le dernier mois avec une collègue
dont le nom est suivi des lettres llb cpa cga
ça m'impressionne beaucoup compte tenu des efforts requis
pour arriver à obtenir ça

dans un autre univers
c'est comme un boston finisher
et un kona finisher

insatisfaite de mon statut
je veux en tout temps
un nouveau titre une nouvelle job un nouveau projet
comme si le présent ne me suffisait pas
comme si je n'arrivais pas à livrer ce qu'il faut
maintenant à bien faire ce qui est requis
je n'ai pas le courage d'être parfaite maintenant
comme tout mon présent est une prévoyance du futur
je vis mon réer
je veux être une autre personne
décorée gradée graduée
et puis après encore
médecin pharmacienne comptable avocate ingénieure
je me sens toujours comme une imposture
je ne veux jamais y arriver
car j'ai la chienne d'y être

et comme la vie sait répondre à nos insécurités
je tombe sur cette chronique vendredi matin
m'inspirant à tout vendre ne plus dépenser
et prendre ma retraite à trente-cinq ans
comme la vie est simple

l'homme-chat qui est le plus sage d'entre nous
dirait
chérie il y a un entre-deux

donc hier soir
pour discuter de ça et de tout
on finit au petit alep
à manger des trucs aux pitas
en jasant d'écart-type de sinus cosinus et tangentes
c'est lui qui me l'explique
ce sont encore pour moi des concepts demeurés abstraits
depuis le secondaire cinq
à boire une bouteille de trousseau de la vigne louis pasteur
et à desserter sur une gelée à l'eau de rose

bref je n'ai toujours pas de titre professionnel
et je ne prendrai pas ma retraite à trente-cinq ans
je suis trop occupée à avoir du plaisir
et à essayer d'être plus
je cours après une chimère
pour ne pas affronter l'angoisse
je suis tout sauf zen
je suis en mouvement

mais un jour mes amis
je serai satisfaite de ce que je suis
j'aurai la discipline d'aller jusqu'au bout du présent
je me foutrai éperdument des affaires et de la société
je reviendrai à l'art
et je me fermerai la trappe
pour profiter de la vie
point.

(jouez la toune.)

samedi 16 janvier 2016

sésame, ouvre-toi



au salon du livre en novembre dernier
l'auteur annie perreault me confiait son angoisse
d'avoir ajouté un autre livre à la multitude des livres existants
comme une contribution à cette surabondance

je lui ai répondu quelque chose du genre
que son livre aurait eu lieu de toute façon
ayant alors lu big magic
j'avais compris qu'un livre était organique et vivant
qu'il était un message à livrer
et que quelqu'un le lirait
peu importe la multitude que cela créait
le livre qui naissait devait exister

et geneviève de citer hier william goldman
never stop a writer from writing

en ce début de deux mil seize
je vous fais un inventaire aride
des lectures de mes vingt-quatre derniers mois
pour vous inspirer
car lire c'est voyager très loin
découvrir de multiples horizons
c'est apprendre et grandir

si vous savez lire
profitez-en
je vous souhaite bon voyage
et vous pouvez aussi aider
ceux qui ne savent pas encore lire

ce sont toutes des lectures personnelles
hors travail études ou autres
elles m'ont été recommandées
ou croisées au hasard d'une ballade
ou livrées par atelier dix

or donc en deux mil quatorze j'ai lu

On boxing, Joyce Carol Oates
Purple cows, Seth Godin
The signature of all things, Elizabeth Gilbert
The writing life, Annie Dillard
On writing, Stephen King
L'avalée des avalés, Réjean Ducharme
Un beau genre de terrorisme, Patrick Dion
Courir mieux, Jean-François Harvey
The traveller, Daniel Baylis
The world of Suzie Wong, Richard Mason
Salut Loup!, Laurance Ouellet Tremblay
Les États-Unis du vent, Daniel Canty
On the road, Jack Kerouac
Le sel de la terre, Samuel Archibald
Constituer le Québec, Roméo Bouchard
Peut-être jamais, Maxime Collins
Les enfantômes, Réjean Ducharme
Le partenariat stratégique, Jean H Gagnon
The first 90 days, Michael Watkins
Just kids, Patti Smith
Arvida, Samuel Archibald
La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen
Va chercher, l'insolite destin de Julia Verdi, Geneviève Lefebvre
Vie et mort du couple, Geneviève Pettersen
The $12 million stuffed shark, Don Thompson
Seven days in the art world, Sarah Thornton
The competitive runner's handbook, Bob Glover
33 artists in 3 acts, Sarah Thornton

si cette liste ne vous dit rien
peut-être que mon année deux mil quinze est un meilleur millésime

Kitchen confidential, Anthony Bourdain
Le prince, Nicolas Machiavel
To kill a mockingbird, Lee Harper
Mike Tyson, Undisputed truth, Larry Sloman
L'occupation des jours, Annie Perreault
La vie habitable, Véronique Côté
Pourquoi cours-tu comme ça?, collectif de nouvelles
Le carnet écarlate, Anne Archet
Drama Queens, Vickie Gendreau
Ultramarathon : confession of an all-night runner, Dean Karnazes
Born to run, Christopher McDougall
Second début, Francine Pelletier
Unbroken, Laura Hillenbrand
What men don't tell women about business, Christopher Flett
Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Haruki Murakami
The Medici, George Frederick Young
L'angoisse du paradis, Yann Fortier
Journal d'un étudiant en histoire de l'art, Maxime-Olivier Moutier
Restaurant man, Joe Bastianich
Big Magic, Elizabeth Gilbert
A day at elBulli, Ferran Adria

je l'avoue
c'était un billet paresseux
c'était une liste comme je les aime
mais je ne saurais vous écrire
si je ne lisais pas avant
une multitude de mots des autres
couchés sur velin après des années de réflexion
dans le train à la boxe à la course dans la piscine
des mois de journées d'heures assises
de sitzfleisch exemplaire
de doigté de son de beauté

bon voyage
et bonne liste.

samedi 9 janvier 2016

user les bancs



je cumule maintenant plus d'années d'études
que d'années sans études
et dire que j'ai fait partie des drop outs
de celles qui ont lâché l'école
avant d'avoir un diplôme
pas tant
je n'avais juste pas fini l'université
j'ai quitté après ma première année de fine arts
au campus sir george williams de concordia
c'était chouette étudier en anglais à l'université
ça m'a donné une bourse de langue seconde de cinq cent piastres

mais bon j'étais destinée
au marché du travail à vingt ans
et comme dans tout je ne regrette rien

j'ai déjà écrit ici que j'étais une éternelle apprenante
c'est vrai j'aime vraiment apprendre
en regardant mes notes mardi sur le site de l'uqam
j'ai vu que le nouveau portail étudiant
contenait les notes de tous mes cours
depuis aussi loin que je me souvienne
j'ai pu voir que je n'ai pas toujours été aussi rigoureuse
mais ça m'a surtout rappelé
que ça fait longtemps que j'ai recommencé
à étudier à temps partiel

en quatre-vingt quinze à l'âge de vingt-huit ans
je suis jeune maman les gars vont à face
et je travaille en finances depuis huit ans
je sais me servir d'une calculatrice financière
d'un téléphone à fonctions et écrire des rapports de crédit en anglais
cette année-là je vais quitter ma job
pour travailler ailleurs dans un endroit tellement ennuyant
que je me souviens y faire mes travaux d'école
ça n'a pas duré je suis revenue à mon ancien travail
avec de nouveaux termes et conditions
après seulement trois mois
mais c'est juste pour dire
que c'est une période où j'avais besoin de nouveaux défis
pis le référendum a pas passé maudit

méthode quantitative et de gestion
puis un certificat en ressources humaines
puis un certificat en marketing
puis un certificat en gestion financière
me valant un bac par cumul de hec
avant ma quarantième année
j'étais ben fière de l'avoir obtenu ce foutu diplôme
en douze ans d'études à temps partiel

quelque part là-dedans ou peut-être après
je suis un cours de secrétariat juridique au csm
je lâche ma job à trente-neuf ans
après dix-huit ans de loyaux services
et je suis un cours d'été sur la chine
à mes frais pendant mes vacances
avec jean-françois lisée au cérium
maudit que j'étais motivée et que j'étais rendue une grande fille
ils pensaient que j'étais étudiante en maîtrise
ben non pas encore
ça n'allait pas tarder

en deuxième année de banque j'ai commencé le mba
ça c'était intense en s'il vous plaît
mais c'était magique
un contexte dans lequel les profs te font entièrement confiance
et te pitchent la matière comme si tu étais une personne intelligente
tu pédales en chien
quinze cours en deux ans
quatorze notes de a et une de b
plus que fière

l'année suivante je commence le certificat en création littéraire
parce que t'sais j'ai pas lu tous ces livres pour rien
c'est grâce à lui que je suis revenue ici
pour écrire tous les samedis
j'ai fait deux cours
inscrite à kerouac j'ai lâché la session
j'avais vraiment trop de conflits d'horaires
puis les sessions d'été j'ai jamais aimé ça
la session suivante j'entame le certificat
en sciences comptables
convaincue que l'obtention d'un titre professionnel
me donnera mon indépendance à l'âge de cinquante-cinq ans

trop de choses motivent mes études
l'homme-chat me demande si je vais vraiment vouloir
devenir comptable à cinquante-cinq ans
si je me vois faire ce métier
parce qu'au bout du compte
des études par-dessus le travail à temps plein
ça requiert beaucoup d'énergie
je lui réponds que je ne sais pas si j'ai envie du métier
mais je sais que j'aime l'école
j'aime aller aux cours
écouter des enseignants passionnés
apprendre pleins de nouvelles choses
prendre des notes
lire des livres faire des exercices
argumenter sur des éléments nouveaux
avoir pleins de connaissances en intraveineuse
je suis accro à l'apprentissage

puis je me rappelle que ma'
a décroché un diplôme d'enseignement
à soixante ans
qu'elle a fait une immersion au mexique
vers cinquante-huit ans
pour apprendre l'espagnol
et comme ils disent
it runs in the family
c'est inéluctable
je suis scotchée aux bancs d'école
de soirs ou de fins de semaine
ça m'aide à vivre et à réfléchir
puis j'aime ça penser que je suis intelligente

pas humble
intelligente

avec des bonnes notes
et des fois des moins bonnes.

samedi 2 janvier 2016

new gold dream


Vierge de Guadalupe
Salvador Dali, 1958

je n'ai jamais été décrissée de même
en une fin d'année
jeudi matin le trente-et-un je voulais me jeter en bas du pont
il est heureux que je n'en aie pas dans ma cour
et je m'excuse auprès des vrais déprimés et de leur famille
mais on n'est jamais loin de la folie

j'avais très peur de la nouvelle année
je n'avais pas eu le temps de respirer
et j'envisageais la vie avec beaucoup de terreur
trouvant que j'avais été amoindrie durant l'année
que ma' avait raison en disant qu'on vieillissait
je n'avais que quarante-huit ans
il n'était pas encore temps de ralentir

j'ai lu une chronique ce matin-là
qui parlait de ce rituel de trouver trois mots
pour orienter ce qu'on voulait être dans la prochaine année

BECOME YOUR DREAM
un mantra dur à oublier
le mien depuis bien longtemps
depuis james de la vega
dans east village il y a des années
le pouvoir des mots le pouvoir de la projection
l'autosuggestion
pour qui a une chimie équilibrée dans le cerveau
tout ce qui y rentre a un effet durable
il s'agit d'y rentrer les bons mots
à preuve
les millions de pèlerins à la mecque et à lourdes
se déplaçant pour obtenir salut et miracles

jeudi matin j'ai donc essayé de trouver trois mots
pour me réaliser en deux mil seize
je veux être zen
non ça c'est quatre mots
je veux mourir
non ça c'est pas bon
je serai bienveillante
mange de la marde c'est pas moi
je serai généreuse
what the fuck
quand j'ai sorti mes formidables jambes de coureuse paresseuse
de la douche
j'avais trouvé
I AM GLAMOROUS

tout s'est transformé dans ma tête
j'ai arboré de suite un sourire brillant
j'étais de bonne humeur
me penser glamorous
m'avait donné des ailes et des joues coquines
une vanité toute délicieuse
une absence d'humilité
et surtout un torse bombé
quand je pense que je suis glamorous
je suis ludique et juvénile je me farce je me blague
je suis investie de la plus indécente légèreté
celle qui n'existe pas en temps de guerre
ni de conflit ni de misère
mais qui soulève de la vase
la fille qui veut voler
celle qui veut exister
et trôner au sommet de maslow

rendue au travail
j'ai pris mon crayon et j'ai écrit sur une feuille
tout ce que j'aimais faire
pourquoi et comment
puis j'ai eu un soupir
il me faudra faire tout cela encore
je me suis dit qu'il me fallait être plus que glamorous
cela me prendrait des couilles
il me faudrait aussi être FIERCE

FIERCE AND GLAMOROUS
voilà comment j'approcherai la vie en deux mil seize
avec légèreté bravoure et fierté
un air coquin des bulles et des perles
l'humilité saura attendre
je ne saurais pas encore m'en servir
j'ai encore le temps de grandir

je vous souhaite tous les trucs qu'il faut
pour passer une excellente année 
si cela vous prend trois mots trois ce sera
s'il en faut quatre 
grand bien vous en fasse

un plan
pas de plan
comme vous voudrez
et sur ce
bonne année les babes! xxx

3 boni pour le prix d'un :
1. la toune à jouer
2. la chronique lue le 31 décembre 2015
3. la liste d'épicerie fierce and glamorous


samedi 26 décembre 2015

faire



jeudi je lisais une chronique
sur la relation entre l'argent et le bonheur
le lien sera au bas du billet
ça m'a touché car ça disait essentiellement
qu'à partir d'un certain seuil de confort assuré
les dollars marginaux gagnés
n'apportaient pas de bonheur supplémentaire

dire que je suis à l'argent
est un euphémisme
enfin je suis insécure du cash
et c'est important pour moi d'en avoir
pas que je veuille toujours plus
mais que j'ai peur d'en manquer

j'occupe beaucoup de mon temps
à essayer de ne pas manquer d'argent
je consacre quarante heures par semaine
à un emploi exigeant dans un environnement stressant
à essayer de remplir mon mandat
et mériter un salaire
j'étudie un soir par semaine
plus tous les soirs s'il le faut
en période d'examen
pour essayer d'obtenir un titre professionnel
au cas où je n'aie plus d'emploi salarié
pour continuer à assurer ma subsistance
je fais sans cesse du réseautage
pour être sure de ne pas perdre le contact
avec le monde des affaires
je fais du sport pour rester en vie
et je m'implique socialement
pour rester connectée avec la vraie vie

je parle donc de cet article avec l'homme-chat
qui répond que nous ne manquons pas d'argent
mais que nous manquons cruellement de temps

je ne pense pas manquer de temps
car si je coupais toutes mes activités
pour ne laisser qu'un emploi à temps plein
ne serait-ce qu'un peu moins rémunérateur mais moins stressant
j'aurais beaucoup de temps libre
et je voudrais tout de suite le meubler
avec plein de choses que j'aime
et ça donnerait exactement la même chose
que mon emploi du temps actuel

il n'y a pas grand chose avec lequel j'occupe mon temps
qui ne me plaise pas
je viens de m'inscrire à un autre certificat
je ne vous dis pas lequel
je ferai dès octobre deux mil seize
un autre cours par semaine
en sus de mon cours de comptabilité
je me suis inscrite en novembre
aux techniques d'arts martiaux avec la comète
j'ai dû abandonner par manque de temps
en période d'examen
je reprendrai en janvier
je n'ai pas nagé depuis un mois malgré que j'adore ça
car je n'entends pas le réveil matin
depuis mon vingt-quatre heures de tremblant
ce sera un autre retour à la rentrée

ce qui tue c'est la vitesse à laquelle j'exécute chaque chose
sans respirer sans pause en sautant de l'une à l'autre
mais il y a juste trop de choses que j'aime faire
et à cet égard oui je manque de temps dans le temps
je crois que c'est pour cela que je veux vivre vieille
et en santé physique et financière
le pourquoi du comment
cqfd

hier c'était congé
j'ai dormi tard
j'ai mis de la musique
j'ai emballé des cadeaux
j'ai dessiné des portraits
j'ai fait un ragoût des biscuits des pâtisseries
et j'ai regardé trois séries
j'ai adoré ma journée
car j'avais le temps de faire chacune des choses
sans échéancier ni dérangement
aucune visite à heure précise aucun compte à rendre
je me suis demandée pourquoi
je ne cuisinais pas plus souvent
et sais-tu quoi
j'ai réalisé que j'ai fait tout cela
parce que j'avais à les faire
le tout pour aujourd'hui
que si j'avais plein de temps libre
et aucune obligation
je ne ferais rien
je le passerais à m'ennuyer
ou à me créer d'autres objectifs

comme m'a dit un père nowell
chez nous jeudi soir en buvant un tit rouge
la vie a horreur du vide.

tiens : l'article sur l'argent et la pyramide de maslow.

samedi 19 décembre 2015

get a life



j'ai pété ma coche hier sur le web
à l'encontre des gens qui emplissent les entreprises
de façon égoïste à tout prendre et à ne rien donner

je continue mon éditorial sans pitié

au quotidien ces gens ne m'irritent pas
je suis concentrée sur ma job
mais à titre de collègue et de gestionnaire
il y en a qui me font suer à l'occasion
et ça me choque de constater
autant de petitesse
chez des gens pourtant intelligents

je travaille comme bien d'autres
de nombreuses heures par semaine
je gagne bien ma vie
si je ne travaillais pas comme je le fais
je ne mènerais pas la vie de rêve
que les gens me croient vivre à temps plein

mon employeur me paye bien
surtout parce que ça fait longtemps que je travaille
mais pas que
surtout parce que depuis tout le temps que je travaille
je n'ai jamais arrêté de donner
de parfaire mes connaissances
d'étudier à temps partiel pendant maintenant vingt ans
de lâcher le confort après dix-huit ans
et la possibilité de faire deux cent sinon cinq cent mille
pendant ne serait-ce que quelques années
de narguer des employeurs
en demandant des conditions high in the sky
que je n'ai pas obtenues
et à redescendre au bas de l'échelle salariale et hiérarchique
à trente-neuf ans pour le kick d'apprendre
dans un tout autre domaine
après avoir quitté sans prime ni espoir de chômage
et investi quelques deniers à aller m'instruire sur la chine
avec jean-françois lisée aux écoles d'été du cérium
j'ai recommencé encore
en changeant d'emploi et travaillant à commissions
j'ai bien vu que je ne savais pas faire
et j'ai tout de suite salué ceux qui en avaient le talent
j'ai appris qu'il était très difficile de commencer
à zéro dans un nouveau domaine
et j'ai encore payé pour apprendre
je suis revenue en force
avec mes compétences et mon réseau
et me suis payée la traite dans le bancaire
à aider des entreprises à se construire et se développer
et quand je me suis mise à m'emmerder
il y a deux ans j'ai voulu lâcher et prendre un long congé
pour faire mon cours de pharmacie ou de comptabilité
avant que cette autre banque ne m'appelle
pour m'offrir un autre défi
encore une autre aventure

je suis ce genre de personne

on dit que je suis devenue corporate
à travers les années
le principe est simple
je respecte celui qui me paye
c'est élémentaire
ne mords jamais la main qui te nourrit

que ce soit ton client
que ce soit ton employeur
que ce soit ton gestionnaire
ne chiâle pas de tes conditions
négocie justement s'il le faut
mais de grâce il y a mieux à faire
que de te plaindre
contribue améliore
ça va te rendre heureux

donc je suis corporate
je ne suis pas une yes lady
mais contre ma paye
je donne tous mes efforts
c'est pour cela que je suis là
pas pour être en vacances
ou jaser de ma robe ou de la température

goddamnfuck

ce qui n'exclut pas
qu'il me soit arrivé de boire du vin
sur mes heures de travail et sur mon lieu de travail
qu'il me soit arrivé de lancer mes souliers
à plus de cinquante pieds de mon bureau
à vingt ans j'ai même lancé des dossiers
qu'il me soit arrivé d'écrire le mot fuck
dans un courriel vers l'ontario
qu'il me soit arrivé de me disputer
avec le président de l'entreprise
et de sacrer ma job là un vendredi matin
en ballerines

mais oui quand je rentre je travaille
quand je travaille le week-end
je ne demande pas congé à ma boss le lundi
je me fixe des objectifs
et je suis sévère envers moi-même
je ne les atteins pas toujours
et j'en porte un énorme poids
tiens je médite
mais je stresse à rien dans mon travail
si j'ai pas envie de travailler
j'ai juste à quitter
à changer
à prendre ma vie en mains

cawlice

je suis consciente qu'il y a un pan de gens
inaptes au travail
à cause d'un handicap intellectuel
d'une maladie ou encore d'analphabétisme
mais t'sais quoi
il y a même des gens
qui reprennent le chemin de l'alphabétisation
à dix-sept trente ou cinquante-cinq ans
ceux-là ils m'énervent pas
ceux-là je travaille à les aider
en marge gratuitement probono

ceux qui m'énervent
ce sont ceux qui se plaignent
que leurs fonds de pension n'est plus aussi généreux qu'avant
ce sont ceux qui chialent à seize heures en novembre
parce qu'il fait noir dehors ou qui baillent aux corneilles
car ils sont debout depuis cinq heures à matin
mais au bureau juste à neuf
ce sont ceux qui sont totalement insatisfaits
car le montant du boni n'est pas comme ils pensaient
alors qu'un boni c'est ce que ça dit mec
c'est du gravy prends jamais ça pour acquis
ce sont ceux qui sont dans leur bureau au chaud
et qui fulminent contre les manifestants
en les traitant de pouilleux
ce sont ceux qui comptent à haute voix
les jours jusqu'à leur retraite
ce sont ceux qui passent leur temps
sur leur téléphone intelligent plutôt que sur leurs dossiers
ce sont ceux qui ne se lèvent pas
pour aller aux déjeuners causeries ou aux lunchs conférences
ce sont ceux qui ont perdu l'intérêt d'être là
qui ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont
d'être payés le jeudi pour leur très maigre contribution
avec dentiste et médicaments en prime

t'as le droit de pas être intéressé
je suis sure qu'il y a cent mille autre choses
qui te passionnent dans la vie
va les rejoindre tout de suite please

je sais ça prend un peu de gutts
mais je suis sure que tu en es capable

ah oui
et merci.

samedi 12 décembre 2015

le mot de mo


foyer de la bibliothèque marc favreau

machiavel cervantes shakespeare
dostoïevksy kafka nietzsche
hugo balzac zola
hemingway steinbeck thoreau
gide camus sartre
eco barrico castaneda
james oates gilbert
nelligan vigneault tremblay
miron laferrière ducharme
archibald moutier séguin
forget lefebvre perreault

l'analphabète n'a jamais lu

l'analphabète ne lit pas non plus
la posologie de son médicament
ni le nom des rues dans la rue
ni sur google map
l'analphabète ne fait pas de recherche sur le web
ne consulte pas wikipedia
l'analphabète fait la file à la caisse
n'utilise pas le guichet automatique
l'analphabète n'a pas fréquenté
astérix lagaffe ni talon
ni lu ses premières histoires chez sa tante
dans le reader's digest
l'analphabète ne se fie pas aux recettes
ni aux mises en garde sur les flacons de produits dangereux
l'analphabète ne lit pas le journal de montréal
ni le devoir ni le national geographic
ne fréquente pas la bibliothèque
pas plus que ses expositions
l'analphabète n'aide pas ses enfants
avec leurs devoirs
n'écrit pas de mots d'amour à sa douce
ne balance pas sa caisse le soir
l'analphabète ne remplit pas le formulaire de santé
à la clinique médicale ou dentaire
ne lit pas les plateformes électorales
l'analphabète ne vote pas

l'analphabète a développé plein de trucs
pour évoluer dans la vie
et ces trucs sont en train de lui glisser sous les pieds
avec la technologie prenant une part si grande dans la vie
la disparition des conteurs et lecteurs publics
la disparition des emplois manufacturiers routiniers
l'analphabète perdra bientôt sa voix dans la société

savoir lire et écrire n'est pas juste
avoir l'accès à la culture et à l'érudition
savoir lire et écrire
c'est pouvoir se nourrir et évoluer sainement
c'est éviter la misère
c'est comprendre et appréhender son monde
c'est vivre à sa pleine mesure
comme être humain à part entière.

ici.

samedi 5 décembre 2015

l'argent pousse-t-il dans les arbres?



je fais du développement des affaires
depuis deux mil huit
ça veut dire que je convaincs des gens
de choisir notre option
plutôt que celle du concurrent
ça implique que je demande

certains diront que c'est de la vente
avec intelligence perles et résille
mais il y a surtout de l'expertise
de l'écoute et de la négociation
au bout du processus
tout le monde est content

depuis quelques temps
je m'implique également à lever des fonds
et plus intensément depuis deux mil treize

certains copains trouvent ça difficile
de lever des fonds
mais la seule clé est de demander

à deux reprises j'ai demandé
à des vice-présidents exécutifs de grandes banques
de m'épauler dans des projets caritatifs
à deux reprises ils ont décliné
à cause d'horaires trop chargés
mais à deux reprises ils m'ont félicitée
de m'être impliquée
et ont bien sûr donné à la cause

alors voilà copains
la clé est là
le muscle de la levée de fonds ça se développe
comme celui du coeur de l'esprit et du corps

quand vous levez des fonds
la conclusion est gagnante pour tout le monde
pour celui qui collecte
pour celui qui donne
et ultimement pour le bénéficiaire

on me donne beaucoup
et on me dit toujours que peu s'impliquent
en fait ils me donnent
car ils ne s'impliquent pas autrement

alors sachez ça
quand vous levez des fonds
vous ne harcelez pas
vous le faites fièrement
comme une race rare de gens dans l'action
et avouez-le c'est pas forçant comme action
un courriel par ci un autre par là

il n'y a aucune indigence dans ce geste
que de la beauté
et de la grande dignité
vous levez des fonds
car vous savez le faire
en fait vous ne faites rien
vous faites transiter des sous
passant d'un citoyen prêt à aider
mais qui n'a ni le temps ni l'engagement
et qui peut le faire par le portefeuille
à quelqu'un qui a besoin d'aide
qui a eu un coup dur ou qui est malade
comme tricoter une tuque
c'est exactement le même geste
ça vient du coeur
ça va au coeur

dans beaucoup de cas
on vous donne
simplement parce que vous demandez
parce que vous avez le courage de le faire
peu importe la cause

voyez comme c'est puissant
et comme c'est facile

je n'hésite jamais à demander
des fois on me dit non
dans toute ma vie
j'ai connu peu de refus
je demande tout sincèrement
sans hésitation
avec la pureté du coeur
je suis humaine
je suis honnête
quand on ne peut me donner
on me le dit
personne ne se sent obligé
personne ne me ment
je collecte

la vie est bonne

ce n'est pas un geste difficile
les gens qui lèvent des fonds le savent
on s'échange du cash d'une cause à l'autre
ce sont juste des affaires
comme des romans qui voient le jour
peu importe qui le fait
nous ne sommes que des véhicules
pour répandre l'aide

ce doit arriver
c'est la redistribution de la richesse
et c'est très noble

ne craignez jamais
de lever des fonds
c'est pour aider
vous
eux
la société

la tête haute les amis
et félicitations!