lundi 16 novembre 2009

t'écris plus?


lien relatif à l'image : fondation pour l'alphabétisation


une de mes nombreuses interventions pour ne dire que bonjour! Je lis, je lis, ben, pas vraiment, pas le temps pour un livre entier, disons des paragraphes de temps à autre, dans la salle de bain : Windows on the World de Beigbeder ou le 911 réinventé, cadeau de fête de mon fils Gab il y a près d'un mois, je le lis une minute à la fois. Je lis : le Devoir encore et toujours, mais surtout les titres. Je lis, que Pat Dion a reçu la nouvelle couverture de son roman à sortir en février, et je ne m'en peux plus d'attendre! Je lis pour savoir si Josiane Ferron a effectivement écrit un livre pour enfants. Je lis pour savoir si j'irai voir ou non le documentaire de Pedro Ruiz sur Dany Laferrière, qui est autant pour moi que pour Guy A. mon écrivain francophone contemporain préféré, que je n'ai pas lu depuis des siècles puisque je ne lis que très peu, mais dont j'offre systématiquement le dernier roman à chaque possibilité à ma chum Iz qui doit être ma lectrice par procuration. Je lis, des mises à jour insipides mais chaleureuses, de mes amis en virtuo facebook. Je lis des nouveaux trucs, comme c'est quoi un lipdub et je trouve ça hilarant, et je trouve que le monde évolue, que la techno nous emballe, que la nature me manque, mais que les gens sont généralement heureux. Je lis ça, au travers des 4 pages quotidiennes dans le Devoir pour nous rappeler d'aller nous faire vacciner sinon la planète va mourir. Je lis le ciel et les arbres, le peu de gazon qu'il reste dans ma cour. Je lis les yeux de mon chum lorsque je rentre de Québec samedi dans la nuit et qu'on ne s'est vus depuis 48 heures, mon amour. Je lis, un peu finalement quand même. Je vous lis, et je vous embrasse bien fort. Bises,

vendredi 16 octobre 2009

la force d'être heureux


hier, j'écrivais un billet triste, puis je l'ai effacé, disant qu'il ne se faisait pas de partager le désespoir - le désespoir est un mot chargé, me direz-vous. Hier, je voulus lire l'extrait en ligne du livre de Mme Arcan, Paradis clé en main, puis je me suis dit que je ne devais pas.

Comment, pourquoi, la force de vivre? La force d'être heureux.

Le courage, quand on a tout : le physique, le rire, la santé, les parents, la famille, les enfants, le chum, la chance, la tête - de rajouter cette couche essentielle à la vie : le bonheur?

Comment, pourquoi?

Parce que "M", qui aimait tellement la vie, me fouetterait de ne pas vouloir en jouïr.

Y a des jours comme ça où être heureux nous semble ridicule, tellement quelque chose de si simple devient subitement inaccessible, indésirable. On n'a plus envie de se lever, de penser au bonheur, on ne voit que la médiocrité, on constate la faiblesse, la fragilité, la fatigue.

Dure dure la vie, surtout pour ceux qui clament haut et fort leur capacité d'être simplement, béatement heureux (moi, exemple). L'homme chat ne sait pas qu'on puisse être malheureux, il pense que ça vient du dedans le malheur. Il a raison, un peu. Il a raison, la plupart du temps. Mais le désespoir, celui de ne pouvoir être heureux, n'a rien à voir avec la raison, rien du tout. Rien à voir avec le coeur qui nous rattache à ceux qu'on aime et qui nous aiment, rien. Tout à voir avec l'autre partie sombre de nous même, plus noire chez les uns que chez les autres, ce même aimant qui nous a tiré vers la vie et qui nous amène inexorablement vers la mort, cette attraction viscérale qui fait de notre vie un simple passage, la vie d'un humain parmi tant d'autres, parmi tant d'espèces, depuis des millénaires...

La force d'être heureux, je l'ai. Pas tous les jours, mais je l'ai. J'en ai surtout le souvenir, je sais que je peux. C'est cela qui me garde en vie.

mardi 6 octobre 2009

ma maison en ville


je vois ceci tous les matins de ma cuisine, lorsque je regarde vers l'entrée. C'est sombre car il n'est que 6 heures du matin; autrement c'est très clair... et blanc. De l'autre côté de la porte, c'est la rue, les voitures, les piétons marchant jusqu'au métro avec leurs fils et filles aux bras. De ce côté de la porte, je suis chez moi, dans ma maison en ville.

Il n'y a qu'en ville qu'on peut voir ce décor : un corridor mince, témoignant d'une longue maison construite en profondeur. Je ne sais pas quelle longueur a notre terrain, mais je sais que la maison est rectangulaire plutôt que carrée, ou ronde.

Je sais aussi que ma maison est collée entre 2 autres maisons, séparée entre elles par des murs coupe-feu, que nos locataires habitent en haut un appartement semblable au nôtre, que notre cour est ceintrée par une autre et une ruelle en arrière.

Ma maison en ville est différente d'une maison de banlieue.

Je revenais hier après-midi d'une visite dans une banlieue cossue où je mis les pieds dans une construction de 2007 évaluée alors à quelques millions $. Avant de mettre le pied dedans, j'ai commencé par m'y rendre en auto. Je me suis perdue car l'itinéraire Google m'indiquait des rues qui n'étaient pas encore construites; il y avait des pépines et des culs-de-sacs partout. Plus j'avançais en mobile, plus les maisons étaient grandes. L'adresse n'est pas indiquée sur la porte, mais sur un truc à l'entrée du terrain, une espèce de pilône en pierre (? - je suis sure que tous les propriétaires connaissent le nom exact de ce machin - il y en a habituellement 2, de chaque côté d'une gate ou d'une entrée, tiens). On entre dans la propriété sur un chemin dallé en 2 couleurs qui sillone allègrement de la rue à la porte d'entrée en tournant autour d'un arbre au centre d'un petit étang, puis revenant vers la rue. Quelques piquets fluorescents dépassent inélégamment du sentier pour indiquer la limite où nous abîmerions la végétation bien soignée. Lorsque je décidai de l'endroit idéal où stationner l'auto, je marchai d'un pas décidé vers la maison jusqu'à ce que j'hésitai : une porte simple devant moi, et une porte double au-dessus de quelques marches de pierre à ma gauche. Je choisis celle de gauche, je sonne. Comme toujours, dans une immense maison, la sonnette résonne tellement qu'on l'entend plus à l'extérieur qu'à l'intérieur. Vous devinez que la propriétaire est venue m'ouvrir à la petite porte plutôt qu'à la grande, en m'indiquant que personne n'entre jamais par cette porte. Pas grave, la porte principale ouvre quand même sur un hall d'entrée des plus imposants avec au centre, bien symétrique, un escalier montant droit au 2e étage, environ 20 pieds plus haut. La rampe d'escalier est en verre givré. Le plancher est en ipé. En arrière, la table de la salle à manger mesure 10 pieds par 10 pieds, il y a une cascade dans le salon, la piscine creusée est en face de la porte patio qui est une porte coulissante de 6 panneaux, la piscine est assortie d'un petit module de jeux pour enfants, en forme de mini-château. Le garage double est en bas, les chambres en haut j'imagine (je ne sais pas, le plafond était plus que haut), je n'ai pas compris la grandeur de la cuisine et la vasteté m'a empêché de remarquer l'emplacement des choses. Bref, grandiose, mais trop grand, à une échelle vertigineuse! On reste stupéfait. J'ai bien aimé parce que c'est bien fait, c'est beau, c'est agréable, j'ai peu apprécié parce que c'était trop grand, trop haut, trop loin. Quand le mur de la pièce est à 30 pieds de nous, remarque-t-on vraiment s'il est en pierre, en autre chose, et d'ailleurs à quoi ressemblaient les sofas? Mais pourquoi diable les gens se logent-ils dans si grand? Pourquoi les êtres humains se donnent-ils le droit d'occuper autant d'espace?

En revenant dans ma maison en ville, la première impression que j'ai eue fut l'étroitesse des lieux. La largeur de notre maison (un corridor et des pièces de chaque côté) fait la largeur de la salle à manger du petit manoir en banlieue. Ma cour contient à peine son driveway.

J'aime notre maison, à dimension humaine, rapprochée. J'aime aussi ma maison en ville, parce ce que c'est cette petite maison, comme les autres, construite il y a un siècle, par des ouvriers manuels qui pouvaient acheter la terre peu chère dans la Petite Patrie, alors Paroisse Saint-Édouard. Voici comment se décrit ma maison en ville dans Pignons sur rue, les quartiers de Montréal :

La maison contiguë

Ce type de bâtiment est très répandu dans les quartiers Saint-Édouard et Villeray. Ce qui frappe le passant, c'est la succession désordonnée de maisons à un, deux ou trois niveaux. Les différences, parfois subtiles, tiennent à la juxtaposition d'un grand et d'un petit module, à l'inversion des escaliers et des ouvertures et aux corniches légèrement dépareillées. Le désir de répondre à une demande variée - quant à la taille des logements et aux goûts... (cette page de mon livre est abimée - je dois donc vous épargner la suite).

Mais j'en profite pour en rajouter : les ruelles inévitables, les cours, les passants qui arpentent comme moi autant les ruelles verdies que les rues embouteillées. Le traffic tant en arrière qu'en avant. Le calme immense dans ces briques, à 6 heures du matin. Les oiseaux dans les arbres, très vieux, et très proches. Les vieux calorifères à eau, les murs de plâtre, les planchers de bois franc, les surfaces croches, rien de droit, tout étroit, chaud, et humain. Quand je vis dans mon appartement dans ma maison, je ne vis pas dans une villa cossue avec un grand terrain à l'échelle de géants; non, je vis en ville, dans mon petit appartement, parmi tant d'autres et une communauté entière, confortablement logée à la place des ouvriers d'autrefois.

mardi 22 septembre 2009

la pluie

est le meilleur vecteur pour la contemplation; elle me pousse en dedans, de la manière la plus pleine, le regard vers l'intérieur car dehors, l'horizon est bloqué. Elle me pousse à la mélancolie, la douce, celle qui nous rappelle que les émotions existent, celle qui nous fait pleurer timidement pour rien, fait monter la sève au nez, au front puis aux paupières. La pluie est divine, elle m'emmène vers M., je lui parle beaucoup aujourd'hui. M. était mon soleil dans mon ciel de fin d'été; il est ma douce pluie d'automne. J'ai placé mes légumes sur mon bureau face à la fenêtre, en pensant à lui. Tiens, M., mon offrande du 22 septembre. C'est la fête à H., tu te souviens, je l'appellerai tantôt. Maintenant je te laisse mon ami, je rencontre un de tes anciens clients ce matin, lui aussi est allé te voir le 7 septembre. Nous aimons tous ta blonde et ton fils. Moment de recueillement; je pensais déjà à toi hier soir, ce matin humide me colle à ta pensée. Je passerai ma journée heureuse, en mémoire de ta joie. Bises, Mo xxx

lundi 14 septembre 2009

tchin tchin câlisse!


l'homme-chat et son pote ont vendu le bar!!! yeah!!! très bonne nouvelle, merveilleusement bien accueillie de mon bord-cite de la clôture.

finis, la quatre-cent quatre-vingtaine de jours et de nuits à stresser, les drinks à mixer, les sourires à prodiguer, la musique à supporter, les moppes à passer, les limes à acheter, l'alcool à commissionner, le staff à gérer, les gaffes à corriger, les tabs à comptabiliser, les tables à laver, les bécosses à nettoyer, les tuyaux à déboucher, les promotions à annoncer, les bills à payer, les permis à négocier, les divas à envoyer promener, les saoûls à tougher, les toughs à renvoyer, les vestiaires à surveiller, les amis à aimer, les vrais amis à adorer, les faux amis à détester, les clients à remercier, la glace à transporter, les cocktails à préparer, les verres à laver, le partner à endurer, les tylenols à gober, les week-ends à goaler, les shooters à recracher, les matinées à sommeiller, les veillées à veiller, les bars à fermer, les ivrognes à aimer, les filles à draguer, la blonde à manquer, les rideaux à fermer...

tirés les rideaux : nous avons aimé, nous avons fait, nous avons de nouveaux amis, nous avons d'ex amis (moi je me dis : ça ne se peut pas, des ex-amis; il y a eu de graves erreurs de parcours), nous avons de l'expérience... et nous sommes encore un couple!

tchin tchin câlisse! et merci à tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette folle aventure!

le meilleur reste à venir, bien sûr.

samedi 29 août 2009

l'ombre avant la lumière


le 20 octobre 1987, notre ami débarque à l'appart que je partageais alors avec Iz. Je venais d'avoir 20 ans la veille. Il nous annonce qu'un copain de notre âge vient de perdre la vie dans un accident de la route.

Je me souviens du sérieux et de la solennité de mon copain lorsqu'il a eu la tâche difficile de donner la mauvaise nouvelle. Je lui en serai toujours reconnaissante. Moi, ces trucs, je sais pas faire, lui, il sait, et ça en prend toujours un.

Cette semaine, le jeudi matin de ma 2e semaine de vacances, il laisse un message sur mon répondeur. Il sait que je suis en vacances et me prie de l'appeler quand je pourrai.

Je le rappelle et il m'annonce que "M" a perdu la vie dans la nuit de mercredi. Je nommerai la cause une "attaque" puisque je ne connais pas les termes médicaux exacts en ce moment.

J'avais vu "M" la veille ainsi qu'une douzaine de camarades; je l'ai vu à son meilleur, lorsqu'il est heureux, gai, généreux, amusant, plein de vie.

Incrédulité.

Ceux qui ont appris la nouvelle ont dû avoir cette première réaction : il était si jeune, il était là hier, il y a quelques heures, etc.

Ce fut la grande ombre, le très long moment où l'on ne comprend pas et que l'on n'accepte pas.

Moi, j'aime plutôt quand c'est clair, parce que l'ombre, si je ne la rejette pas, je suis capable de m'y complaire très longtemps et d'y sombrer fatalement et injustement. D'ailleurs mon ami avait pris soin de vérifier si j'étais seule à la maison ou accompagnée, avant de m'annoncer la mauvaise nouvelle.

Il y a eu plusieurs téléphones, des amis en pleurs, d'autres sous le choc, puis le désir de faire quelque chose : s'assurer que les survivants sont corrects, je veux dire au niveau pratique, parce qu'émotivement, on ne peut rien garantir en ce moment, tout est en crise, fragilisé. Femme et enfant, comment se portent-ils? On m'a assurée qu'on veillait sur eux pour l'instant, qu'il y avait de la bouffe dans le frigo, qu'ils seraient entourés, etc. J'ai laissé mon # de téléphone et mon entière disponibilité; je ne pouvais rien faire d'autre qui me vint à l'esprit sans devenir envahissante. Je ne sais pas très bien respecter ces moments-là, je ne sais pas comment les gens se sentent, les émotions sont très floues en moi. J'ai eu des relents de pleurs, très peu. J'ai rapidement vu "M" emplir le ciel de sa chaleur, sa joie et sa bonté. Je lui ai parlé sans cesse dans le ciel depuis jeudi matin; j'avais trouvé ma lumière. En me couchant jeudi soir, j'ai pleuré encore puis je me suis rappelé "M" qui courait comme Forrest Gump, j'ai tellement ri!

D'autres cherchent encore la lumière : une autopsie sera ou a été faite car "M" est mort jeune. On comprendra certaines choses; est-ce que cela aidera à accepter? Vendredi, j'allais faire une journée de bénévolat avec la job; la veille je me suis dit que cela me changerait les idées. Dans la douche à 7am vendredi, j'avais pas envie de me changer les idées; je voulais juste aller me recoucher en pensant à "M". Plus tard, j'ai fait de la moto avec mon chum et des copains voir des prés, des vaches, des chevaux et des alpagas, ça a fait du bien.

Il y aura surement des funérailles pour "M"; ce sera le moment de réunir ceux qui l'aimaient pour qu'ils partagent entre eux une accolade, un chagrin solidaire (le besoin de recueillement collectif lors du deuil me fait reconsidérer des funérailles) et lui disent un digne au revoir. "M" était un homme plus grand que nature tant dans ses émotions que sa générosité; il a apporté bonheur et joie autour de lui. À mon humble connaissance, il était un homme heureux. Je pensais à son entrée au ciel, avec un beau drap autour de la taille, une couronne en plastique orange et probablement une plume (...) arrivant en grande pompe et plein de bonne humeur. Quelle belle place on doit lui avoir faite au paradis! "M" sera toujours ma chaleur dans mon ciel, mon étoile qui me guidera. Je penserai à toi toute ma vie, mon grand grand grand ami, de tout mon coeur et mon âme. Tu manqueras à beaucoup ici, merci d'avoir toujours été là, d'avoir empli nos vies de ta joie, d'avoir été entièrement, pleinement toi-même. Bisous, grand homme xxxxxxxx.

lundi 24 août 2009

pop ups


pourquoi y en a-t-il autant quand on vient ici? c'est-il bête de ne pas pouvoir contrôler ce qu'on fait, merde? Bon, à mes amis et lecteurs, je m'excuse 42 fois pour ces horribles pop-ups qui polluent votre ordi et votre écran chaque fois que vous me visitez, ce serait comme disons, vous rentrez chez nous pour une bonne bouffe et un bon verre, et ça sentirait tout le temps le pipi de chat, malgré l'accueil sincère, la déco de bon goût, la bouffe savoureuse, et le vin enivrant. Merde quoi! Je chiâle... mais je pense quand même avec beaucoup d'amour à la petite Félixe qui vit ses premiers moments en grande nature. Si quelqu'un a un truc pour moi, j'écoute vous savez, un exterminateur de pop-ups quelqu'un? Merci.