samedi 29 août 2015

la rentrée de tous les espoirs



jeudi la maman vocalisait plus fort
que les autres passagers du métro
elle a dit
t'as vu ici c'est laurier
tu comprends
on s'en va à berri uqam
c'est en direction de côte vertu
mais c'est pas côte vertu
tu comprends
il y a deux directions
l'autre c'est montmorency
mais tu vas pas à côte vertu
tu descends avant
tu comprends
tu descends à berri uqam

elle lui parlait avec fermeté
et un regard très tendre
elle fondait tous ses espoirs
dans cet enfant si petit
qui allait commencer l'école

ça m'a rappelé mes petits

hier en buvant mon rouge
nous parlions d'un petit devenu grand
que l'homme-chat croise des fois
au café qu'il fréquente le jour
de même que d'autres professionnels aguerris
et des étudiants de mcgill

ce petit devenu grand que nous connaissons à peine
respire la confiance
il ira loin dans la vie
il incarne le succès
et il fait tout cela avec humilité
simplicité et respect
d'autrui de l'environnement de l'humain
et du plaisir

ce petit a été voué au succès
non qu'il soit né avec
le succès n'est pas génétique
mais il a été élevé avec
le succès est un état d'esprit
lorsque tu grandis dans le monde des possibles
étudier à mcgill et travailler à l'onu
sonnent des cloches
et ça se peut que tu travailles l'été
pour payer tes frais de scolarité
tout est possible
lorsqu'on parle à table de l'indonésie
et de la politique
ainsi que des missions humanitaires
ça peut finir par t'intéresser
treize générations de médici ont été puissants
non qu'ils soient nés plus intelligents que les autres
mais parce que c'était attendu d'eux
ils ont été élevés pour dominer

j'ai été élevée sans barrières aucune
avec des conseils et des outils
avec des livres autour de moi
de la liberté et de la rigueur
et des parents qui travaillaient sans arrêt
qui n'ont pas hésité à émigrer
plusieurs fois dans leur vie
pour améliorer notre sort
il est possible d'améliorer notre sort
j'ai toujours su que c'était possible

j'ai élevé mes petits
en pensant qu'ils pouvaient tout faire
j'ai eu confiance en leur intelligence
ils me surprennent toujours
énormément
et de plus en plus

aidez les kids à bâtir leur confiance en eux
s'il le faut
faites qu'ils soient les plus âgés de leur groupe
félicitez chacun de leurs succès
construisez avec eux des mécanos
poussez là où il faut
exigez hautement et laissez-les faire
punissez justement
et dites leur que la vie est vaste
travaillez leur curiosité
faites leur faire la vaisselle rapidement
éveillez leur gourmandise
donnez leur le goût des bonnes choses
et regardez les toujours avec bienveillance
avec la chaleur de votre coeur
donnez leur cette précieuse clé vers le bonheur

comme c'est si bien écrit dans la juste part
le mérite du succès
ne revient jamais qu'à soi
allons-y parents c'est la rentrée
on y va!

samedi 22 août 2015

basse culture



voici venu le temps
des rires et des chants
dans l'île aux enfants
c'est tous les jours le printemps
c'est le pays joyeux
des enfants heureux
des monstres gentils
oui c'est un paradis

jeudi cinq heures trente éhèm
j'écoute avec distraction
les potins hollywoodiens
présentés par paul arcand
au quatre-vingt-dix-huit cinq
dans mon char en route vers la piscine

je me demande pourquoi je n'écoute pas radio can
pourquoi je n'ai jamais écouté radio can

je me rends compte que je n'ai pas de culture
j'essaye de me souvenir
je tente d'inventorier les artéfacts
de ma richesse culturelle

flashback années soixante-dix
l'île aux enfants
tf1 ou antenne2 m'en souviens plus
un dinosaure en peluche
casimir
un autre
hippolyte
dont l'épellation me torture depuis ma tendre enfance
j'ai huit ans

quarante ans plus tard
je me souviens de la toune
genèse de la culture avec un grand cul

l'île aux enfants l'école des fans
des chiffres et des lettres
roland garros et wimbledon
fantomas candy goldorak fulguro poing
hey hey wickie hey wickie hey
fifi brindacier
la première version de star wars
un vendredi dingue dingue dingue
france gall sylvie vartan claude françois
brassens astérix lucky luke
grease les stray cats the pretenders
happy days
la lni
heureusement la lni
robert gravel patrice l'écuyer
yvan ponton
érigé mon background musical
entre treize et vingt-cinq ans
riche riche riche
puis tout le classique pendant ma vie adulte
à tivi y avait radio québec
et les citoyens du rebut global
pinard et di stasio
en drame les filles de caleb
roy dupuis
roy dupuis
roy dupuis
au cinoche le grand bleu
trente-sept deux la reine margot
et blade runner

je ne suis pas louise cousineau
je n'ai plus rien vu
plus rien écouté
je suis devenue autarcique de la culture
j'ai éteint la radio j'ai éteint la tivision
j'ai négligé le cinéné

depuis deux mil sept il y a le web
et toute la vie s'est mise à révolutionner
autour de ma personne
ma mise en scène
mon cadrage
ma vie mes chansons mon film

c'est vrai
je n'ai aucune culture de la culture
je suis incapable de savoir en entendant un nom
si on parle d'une vedette d'un athlète
ou d'un politicien
peut-être même d'un scientifique
d'un auteur d'une sage-femme
d'une mauvaise fille
écho vedette stars ou entertainment machin
me parlent comme le journal chinois

c'est beaucoup trop de bruit tout ça
mon cerveau mélange tout

au moins lorsque je chauffe le char
les potins hollywoodiens par arcand le matin
ça détend le teint ça déplisse le froufrou fru
pas besoin de savoir qui est qui
c'est tellement farfelu c'est vide et drôle
et ça me rappelle également
non sans désarroi
que j'écoute pour fins de pure détente
lorsque j'ai le char le soir
et jusqu'à m'empêcher de sortir quand il parle
car j'ai la mâchoire décrochée
ron fournier
le prophète

c'est tout pour vous rassurer
je sais.

samedi 15 août 2015

sans rancune



j'envoie rarement promener quelqu'un
c'est lourd de conséquences
la vie comporte son code de conduite
les règles de civilité
l'éthique la déontologie
pour nous permettre d'avancer
en toute harmonie
vers le sommeil éternel

il y a une personne que j'envoie chier
régulièrement
mais je ne m'en rends pas compte
lorsque je le fais
et de façon assez violente
elle est meurtrie respire mal
est en colère veut mourir
cette personne c'est moi

je suis une as du sabotage
et de l'abandon
mais seulement dans des espaces privés
là où il est encore possible
d'envoyer chier
de tout abandonner
d'avoir cette liberté

je ne peux pas rompre mes amitiés
je ne peux pas ne pas aller pointer
je ne peux pas me suicider
je ne peux pas ne pas aimer

mais je sais saboter

je peux par exemple arrêter de courir
en plein milieu d'une course
je peux sortir de la piscine
en plein milieu du cours
je peux aller me coucher
sans me brosser les dents

je m'envoie chier

c'est le seul espace qu'il me reste
de liberté
dans mes horaires tassés serrés
c'est l'endroit où la folie naît
dans le pur anonymat de l'intimité

c'est le seul pouvoir
que je puisse encore exercer
celui de m'engager
d'avancer
et puis
de tout abandonner
le majeur bien dressé.

samedi 8 août 2015

sur le divan



en deux mil sept j'allais commencer
une thérapie
je ne savais pas encore à quel point
elle allait s'avérer efficace
et essentielle dans ma vie

c'est en juillet il y a huit ans
que j'ai découvert les réseaux sociaux
je m'en suis emparée
j'y ai plongé

et j'en émerge à chaque instant
plus resplendissante
mieux construite
plus calme
plus indépendante

le cyberespace est devenu
la tribune où se déversent
mon besoin compulsif d'expression
et mon urgence de validation
qui autrement feraient de moi
un être insupportable au quotidien
une bête dépendante et insécure
un magma de sensibilité et d'impulsion

et non
je n'aurais pas fait plus de peinture
ou d'écriture
à la place de publier léger sur facebook
twitter google plus pinterest et blogger
non au contraire

parce que je ne voulais que faire du bruit
et je suis devenue lectrice
je ne pensais qu'à m'exprimer
et j'ai tellement reçu

je ne compte plus combien ce forum d'expression
est devenu un espace d'échange
je ne sais pas à quel point j'ai appris sur la vie
par l'expérience des autres
qui ont osé partager sans peur du jugement
de façon honnête et candide
j'ai et je continue toujours
de bénéficier d'une énorme générosité
comment dire
virtuelle oui
mais présente
une bienveillance qui comme l'air frais de l'été
donne une aura de douceur à ma journée

et vous savez quoi
elle marche cette thérapie
le pouce en l'air
je l'apprécie beaucoup
et il coûte si peu cher

si peu cher et si précieux pourtant
vous êtes là
de l'autre côté de l'écran

je vous remercie sincèrement
votre amie
votre patiente.

samedi 1 août 2015

ma plusse meilleure



ça m'en prenait une
je ne me souviens pas depuis quand c'est iz
à l'adolescence il y avait des chums
des amies des voisines des gangs
et puis une fois dans la quatorze à brossard
on a parti l'idée d'aller vivre en appart'
en ville
je crois que c'est ce jour-là
qu'iz est devenue ma meilleure amie
c'est elle qui m'a déménagée
dans l'été inondé de juillet quatre-vingt-sept
dans le quatre-et-demi que nous allions habiter
sur st-denis dans' côte
pendant que je vendais des cerfs-volants à percé

dans nos presque vingt ans
nous tombions chacune amoureuse
d'un homme pas mal plus vieux
elle au hasard moi au homard
et nous nous échangions nos aventures
sur du papier ligné
à la plume et l'encre verte
sur des airs de francis cabrel
il y avait la poste à cette époque
elle a fait le voyage en train
je crois qu'elle a passé sa fête de lion
chez nous à percé
dans la maison de gilles
avec une mouche qui lui flirtait l'oreille
pendant qu'elle essayait de dormir

au retour en ville
nous avons vécu ensemble
lu du victor hugo
écouté du beethoven
et nous sommes chicanées
comme de vraies filles
elle a quitté en juin
pour se loger sur bordeaux
j'ai laissé st-denis en juillet
pour me loger sur bordeaux

peu de temps après elle est tombée enceinte
et peu de temps après je suis tombée enceinte
d'une de ses anciennes aventures
tiens je me demande si mes fils savent
la vie est bien faite des fois
quand la blonde fut partie il appela la chine

elle m'a vu accoucher
dans la chambre à beugler
oh sainte-justine délivrez-moi
à quoi je pensais donc
livrer ainsi mes entrailles
en spectacle d'épouvante

elle a assisté à tous mes partys d'huîtres
vingt-et-un
incluant celui de deux mil dix
le jour même où elle rencontrait
l'homme de sa vie

un jour j'ai rédigé un testament virtuel
et l'ai nommée exécutrice testamentaire
quand fut venu le temps de le faire notarier
mon notaire sage m'avisa
qu'on ne fait pas cela à son pire ennemi
donc certainement pas à sa meilleure amie

elle m'a hébergée
lorsque je me suis séparée
avant que de grandes ailes me repoussent
et que je m'enfarge de longs mois
dans les aléas du désir
elle est venue garder les marmots
un soir où le scotch était salutaire
ça a sûrement sauvé ma descendance
je sais pas si mes fils savent
quand j'étais petite
elle m'a aidée à passer mon permis de conduire
à trois reprises si si
en quatre-vingt-huit elle me faisait réciter
la liste des employés et leur poste téléphonique
pour l'emploi que j'allais débuter
pas plus tard que le week-end dernier
elle m'a appris à pêcher

on ne s'appelle plus jamais
sauf quand c'est les fêtes
on lunch on jase c'est rare
mais c'est elle pareil
ma bé èf èf à moi

dans tous les filages de la vie
ça m'en prend une meilleure amie
pour me prouver que je vaux bien ça
c'est une question morale une question d'honneur
je ne me la pose même plus
je ne l'aime pas plus qu'une autre
je l'adore
si elle appelait en plein milieu de la nuit
j'irais c'est tout c'est clair
tu sais
c'est inestimable
cette amitié

c'est la seule amitié que j'arrive à qualifier

c'est rassurant
c'est pas badrant
c'est enrichissant
pis c'est pas pour tous les jours

ne pas en abuser.


samedi 25 juillet 2015

cent trois ans c'est si vite passé



le stress est cette bête qui tue
avec qui je mange je couche je bouge
et qui me tient en vie
du lundi au vendredi
et même le samedi
je suis une pro pour m'emballer
et arrêter de respirer

comme plein d'autres
j'ai eu une semaine chargée
de celles qui me réveillent fatiguée
qui me voient tard travailler
qui me font la diarhée
et qui m'empêchent de me lever

comme d'habitude
je me suis stressée
pour rien
parce que dans la vie
j'aime assurer

mais je m'emballe
j'oublie de relativiser
combien de fois ai-je dit
que rien ne comptait
dès lors que nous ne sommes que poussière
que matière organique
avec durée de vie limitée

stressée donc j'étais hier matin
pour la première présentation au pévépé
de la stratégie que je bâtis depuis des mois
je l'ai tellement recherchée rédigée lue répétée
mais il y a un je ne sais quoi
à la banque tout me stresse
le rythme est effréné tout bouge vite
c'est fait exprès
ça te casse et tu lâches
ou bedon t'apprends à la pékinoise
sous la férule de chef suprême
comme nous le relate si bien la comète immergée
dans le workout chinois

faque chu au régime pékinois
au bureau-chef d'une grande banque
et je planche sans arrêt
et je crains
je suis fucking sur les nerfs
à sept heures du matin
le premier vendredi des vacances de la construction
dans le wagon du métro
en direction du bureau

heureusement
il y a joblo
et sa liste de la lenteur
qu'elle aborde si bien en cette fin juillet
elle le fait également dans le temps des fêtes
quand ça sent ses vacances
quand elle prend le temps d'y réfléchir
et de nous y amener savamment

un mot m'a accrochée dans son billet
et mon stress s'est arrêté
comme si j'avais enfilé
un masque à oxygène

FI-NI-TU-DE

finitude

je pense que je vais l'écrire au sharpie
en diagonale sur mes deux écrans vingt-quatre pouces

je ne suis rien de plus
que l'engrais des pissentlis qui poussent tout croche
slack les nerfs ma grosse
t'es bonne
pas besoin de stresser
ça se pourrait que tu meures demain

la présentation s'est super bien déroulée
j'ai recouvré mon appétit
j'ai super bien lunché
j'ai ri et souri
j'ai parlé au téléphone
j'ai écrit encore
et j'ai soupé en fabuleuse compagnie
j'ai même bu plusieurs rouges dans la soirée

à matin je vais à la pêche
vérifier si ma finitude rencontre celle du poisson
ou celle du maringouin
je ne serai rien de plus que l'engrais

l'éphémère l'est déjà bien assez
arrange-toi pas pour le déwrencher
niaise pas a'c l'univers
fille
tu gagneras pas.


samedi 18 juillet 2015

dixie



dis-moi c'est quoi ta toune
qui me revient dans les oreilles tout le temps
tu sais, moé, j'ai pu ben ben le temps comme avant
pu le temps comme avant
pour remplir mes oreilles


je voulais vous transmettre le ver d'oreille
que vous chanteriez en me lisant vous raconter
à quel point j'aime le changement
je l'ai dit et écrit maintes fois
le renouvellement de soi
est la chose la plus vertigineuse et enlevante

chumette s'en va en voyage pour un mois
dans un pays lointain
il n'est pas exclu qu'elle y reste plus longtemps
pour passer un autre chapitre de sa vie

savez
j'adore le déracinement
j'envie ceux qui partent
j'aime partir et recommencer

je me souviens en juin deux mil sept
alors que pa' et ma'
passaient à montréal
dans leur périple automobile
de san francisco à charlottetown
nous jasions de l'envie
d'aller vivre en californie
j'avais alors quarante ans
et deux grands fils presque élevés
nous nous demandions comment
nous ferions pour nous implanter ailleurs
quelles démarches
quel travail
etcetera
puis nous réalisions que c'était exactement à cet âge
quarante ans
que pa' avait déménagé sa petite famille
femme et trois enfants de treize à trois ans
de bruxelles à la banlieue montréalaise

pa' n'a jamais hésité à refaire sa vie
à bouger par nécessité
et à gagner de l'expérience

j'admire ces jeunes qui partent
étudier à l'étranger
travailler dans l'ouest ou dans l'est
ces moins jeunes qui s'exilent en missions
dans l'afrique centrale et dans l'asie
ces reporters qui font de l'avion leur mode de transport
et qui atterrissent lundi à tel aviv et samedi à londres

j'ai envie des fois plus que d'autres
de m'intéresser davantage à toutes ces choses
qui portent le nom de consulats et d'ambassades
de passeports et de visas
pour ouvrir la couverture
d'une nouvelle aventure.

samedi 11 juillet 2015

l'art volage



j'ai des amis qui ne vivent pas l'amour
je veux dire
comme on le conçoit traditionnellement
venant du simple fait
qu'ils ne soient pas en couple
pas en relation amoureuse

je me demande s'il leur manque quelque chose
si l'on peut être heureux sans amour

j'exclus de suite la notion romantique de l'amour
celle que j'insinue dans mon conte de fée
la notion qui flatte mon égo
qui confirme mon pouvoir de séduction
la lettre d'amour
la sérénade sous le balcon
la dramaturgie
et le cinéma

je parle plutôt de la relation amoureuse
se vivant au quotidien
celle tant convoitée
par des milliers de célibataires

n'est-elle pas au fond
qu'une simple amplification de la relation amicale

on y rajoute bien sûr le sexe
parce que c'est agréable
et très pratique d'en faire usage
avec la personne la plus proche de nous
on peut baiser en parlant de l'épicerie
ou même de l'hypothèque
c'est efficace et ma foi cocasse
et je jure que ce sont là
de vrais fragments du discours amoureux

on y rajoute la notion de belle-famille
et peut-être l'aspect de la reproduction de l'espèce
la brosse à dents
les vidanges la confection des repas
les vacances
le retour sur la journée
les discussions philosophiques sociales et politiques
les rencards pour un verre
les sorties au resto
etcetera

mais ce ne sont tant qu'à moi
que tant d'aspects différents de la vie
qui s'adonnent à s'exécuter avec la même personne
du simple fait de la proximité
de l'envie et des conventions

n'y a-t-il pas de ces choses-là
qui se vivent également
sans la relation amoureuse

il y a tant de coups de foudres amicaux
de belles complicités fusionnelles
apportant de la joie et des papillons dans le ventre
combien de fois me suis-je endormie rieuse
en repensant à telle ou telle situation heureuse
vécue entre amis

revenons au sexe qui se vit très bien sans amour
à ce désir dénué de sentiment
mais plein d'émotions
et d'excitation nouvelle

ah oui on dira que dans l'amour
il y a la tendresse et l'attention
et bien il y a cela aussi chez les amis
dans l'amour on bâtit
l'amour élève quand on y grandit
beaucoup de mentors
nous entourent hors l'amour
on apprend on admire on inspire
dans l'amour on met en commun des ressources
pour construire ensemble
il est vrai que certains engagent
cette belle énergie pour des causes communes

je dois oublier tant d'aspect de l'amour
qui vous viennent à l'esprit en lisant
je suis une fervente du couple vous le savez
je suis heureuse de vivre toutes ces choses
avec la même personne
est-ce que l'amour se résume à cela
avoir trouvé l'âme soeur
la personne la plus compatible
à tous ces niveaux
tout en continuant à s'enrichir
individuellement et ensemble
l'amour a-t-il des vertus exclusives

si tel est le cas
il est vraiment très riche
nul besoin d'en pleurer ou d'en mourir
juste d'y arriver tranquillement

je souhaite l'amour à tous mes amis
un bel amour
qui leur permet de rester ce qu'ils sont
qui vient honorer leurs plus belles qualités.

samedi 4 juillet 2015

camp de base



vendredi joblo a écrit sur le home
le chez soi
cette destination
ce foyer
cet état d'esprit
ce coeur si nécessaire au bien-être
du monde civilisé

il me fait réaliser à quel point
ce doit être dur d'être sans abri

au début
l'appartement faisait partie de mon identité
était le prolongement de ma chambre d'ado
c'était un besoin vital
de me représenter dans l'espace
et j'ai effectivement eu le plaisir
de vivre chez moi
en célibataire
à écouler le temps dans mon deux et demi
à boire du café lire le journal fumer des clopes
sur ma terrasse au deuxième
celle commune avec la voisine
c'était identitaire

j'ai dû essayer d'élever des plantes
ça m'arrive encore d'avoir espoir

puis un jour je me suis mis à cuisiner
recevoir
élever des enfants
l'appartement est devenu le foyer
tout y rentre
rien n'en sort
on veut l'équiper de tous les biens
y vivre tous les bonheurs
on y collectionne les artéfacts
on y bricole des rideaux multicolores
des murales
on y peinture les calorifères
et on s'y sent chez soi
même en payant un loyer

une fois l'appartement était un statut
le six et demi sur le plateau
les plafonds hauts
les bars à proximité
on y fait l'amour

une fois la maison est celle que l'on peut se payer
la première à nous
une bicoque en ruines à rénover
la dernière destination
on ne savait pas encore que ce ne serait
qu'un stepping stone
on refait la maison comme si c'était l'idéale
c'est férocement à soi lorsqu'on a tout refait
et puis on a une cour
on y fait des barbèques
on y adopte un chat
on étend sur la corde

depuis on a beaucoup bougé
on a même investi
la maison est de plus en plus confortable
mais elle n'est pas permanente
je n'y passe plus de longues périodes lasses
à contempler les rideaux
par un après-midi pluvieux
à lire de longs romans
à décaper les boiseries
à bricoler
à cocooner

non

la maison occupe pour moi
une place de premier choix
elle est mon camp de base
j'y dors je m'y nourris je m'y ressource
elle me plaît ainsi
je la vois tous les matins en me levant
elle me sert elle est fonctionnelle

je la quitte
je la revois
je l'aime

mais comme toute bonne chose
je la diversifie
je fais mes homes en voyageant
en habitant chez l'autre chez moi
je vis ici et ailleurs
et chaque fois que j'y reviens
chaque fois que j'en franchis le portail
mon coeur s'apaise
le repos revient
elle m'accueille comme mon épouse
c'est ma demeure
ma fondation

ce n'est pas l'endroit où je passe pas ma vie.

samedi 27 juin 2015

mister and missus


au camping de plattsburg
il y a treize ou quatorze ans
on m'avait appelée de son nom

dans certains fiefs anglophones
la dame porte le nom de son époux
mais je n'étais pas épousée
et encore moins une dame
t'sais
camping de plattsburg

mais j'aimais l'idée
d'être sa girl
une idée d'exclusivité de choix de là
voilà quoi

ainsi donc c'est fait
nous nous sommes épousés ce matin
comme des grands
dans le secret presque absolu
étant le nôtre
étant notre affaire d'amour

je ne l'ai pas attendu
ces choses-là sont lentes chez les messieurs
en fait elles sont absentes
mais quand je l'ai demandé en mariage ce printemps
en lui annonçant
qu'il n'y aurait ni tambour ni trompette ni party
il a dit oui

pour me faire plaisir

écoute miss
si un gars accepte de m'épouser
pour me faire plaisir
j'attends pas qu'il revire de bord

il s'est vite fait à l'idée
et s'en est même réjoui
il s'est fait débrocher les dents
il s'est acheté un suit
il s'est fait coiffer
puis on a officialisé
au un notre-dame est
sans maire
sans invités

c'était une scène que je voulais vivre
dans la réalisation
de mon conte de fée
je me suis fait belle
et je me suis mariée
cela rassure mon égo de séductrice
je peux passer à autre chose

je ne porterai pas son nom
sa mère le porte très bien merci
mais moi je ne serai désormais
que sa chick son épouse his wife

pis j'aime ça
la grande vie amoureuse
j'y crois tellement
à vivre vieux et heureux ensemble

meilleur
et plus encore.