jeudi 27 décembre 2007

mon top 10 de 2007

1. Ma belle-soeur qui est venue au souper de Noël familial dimanche le 23 décembre même si mon frère ne pouvait pas être là car il était malade et fiévreux (je ne le blâme pas : quand je suis malade, j'adore toujours mon lit qui n'est jamais assez chaud quand j'ai froid, je mets mes mains et mes pieds sur les cails pour me réchauffer, je bois du citron chaud au miel, je gobe des Tylenol, bref : je ne sors pas!). Ma belle-soeur est sans chichi, je la connais depuis longtemps mais ne la vois pas très souvent (mon frère : 2-3 fois par année, ma belle-soeur la même chose) et le fait qu'elle soit venue nous voir malgré tout est une très grande marque d'affection envers notre famille.

2. Le blog de Pierre : le monde change et pourquoi pas. Craïsse, c'est tellement bien écrit, érudit, savant, visionnaire, technologique, durable, intelligent, savant (encore), brillant, environnemental, socialement défendable, louangeable, pis c'est mon ami, vous savez, celui qui avait le trac? Longue vie à ton écriture, Pierre, diffuse ton savoir.

3. Les 18 ans de mon fils Gabriel : c'est quand même un milestone. Pour lui, j'imagine bien. Pour moi, beaucoup! Non pas que je vieillis mais ma foi, quel beau garçon, qu'il est adorable, j'ai comme un narcissique sentiment d'accomplissement quand je le regarde. Il est gentil vous savez, mon fils Gabriel. Il aime faire ce qu'il aime, il n'est jamais pressé, il dort beaucoup, il est comme les plus beaux primates, ceux qui prennent leur temps. Et puis, il est amoureux, il est très amoureux, je ne sais pas de qui, mais de la vie, il est toujours heureux et naturellement respectueux. Comme ses grand-parents étaient en visite à Montréal durant la période de son anniversaire, je lui ai demandé s'il acceptait qu'ils nous accompagnent pour son repas de fête : "ben oui, ce serait chouette". Ainsi soit-il, Gab, be happy, always!

4. Mon chum. Évidemment, il aurait dû être en haut de la liste. Il l'est toujours car c'est quand même mon meilleur partner : on part demain dans le sud, on aime faire tant de trucs ensemble (outre les choses que les couples aiment faire : s'embrasser, se faire des câlins, dormir serrés en cuillère, se sourire, faire l'amour, se blottir, se regarder, se téléphoner, se chuchoter dans l'oreille, se regarder avec l'oeil rond, s'attendre, se gratter le dos, se donner rendez-vous, etc.). On achète des mini-maisons, on déménage, on les rénove, on les vend, on recommence, on boit du vin, on fait de la bouffe, on lit, on joue avec le chat, on parle , on discute, on planifie, on reçoit les amis, on grandit ensemble. C'est mon calme et mon moteur, c'est la nourriture de mon coeur, c'est mon océan de bonheur.

5. Jared Diamond : écrivain américain, grand vulgarisateur de l'évolution humaine à travers les lentilles de la biologie évolutionnaire (je sais pas comment ça se dit), la physiologie, la géographie (yes, la géo, les amis, pas l'ethno, la géo), etc. À lire absolument pour qui veut comprendre les humains, la société, l'avenir. Ai lu Collapse cet été, en train de lire Guns, Germs and Steel, et continuerai à chercher son intelligence sur papier.

6. Ipod : bien de consommation des plus électroniques. Je n'en avais pas. Je n'aime pas avoir de gadget : le téléphone mobile n'existe dans ma vie que depuis novembre 2006 alors que ma nouvelle boss m'en confie un avec un numéro de téléphone, c'est un peu comme une laisse. Je l'utilise environ 50 minutes par moi. J'ai reçu mon Ipod à ma fête et contrairement à mon ex-chum, je ne retourne pas mes cadeaux. Je vous avoue que je l'emmène prendre une marche et le métro matin et soir. J'y ai téléchargé 1380 chansons que j'écoute régulièrement en rotation aléatoire. Vive Jobs et ses cerveaux... Il me procurent quotidiennement la compagnie intime de Depeche Mode, Mozart, Brahms, Joan Jett & The Blackhearts, The Beatles, Arcade Fire, Chopin, Mahler.

7. Omo-Erectus, que je découvris en juillet 2007 et qui a disparu de la blogosphère sous ce pseudonyme depuis le 3 novembre (on la connaît la date quand on est un fan assidu) : il m'a donné le goût de commencer à écrire mon blog - c'est clair que j'aime ça - et faire des rencontres et découvertes toutes plus magnifiques les unes que les autres : il y en a une colonne pleine à la droite de mes billets, ceux que j'appelle mes coups de coeur, comme dirait Zoreilles. Omo, tu me manques!

8. spacingmontreal.ca, découvert au hasard d'une recherche sur le quartier Griffintown. Site sur le paysage urbain, bien documenté, mis à jour quotidiennement, qui me fait voyager virtuellement à travers les différents quartiers de ma ville, qui m'informent de ce qui s'y passe. Christopher DeWolf est un chroniqueur d'excellence.

9. Mon chat, Brooklyn, qui nous donne paix et affection tous les jours. C'est comme notre bb poilu. C'est mon premier animal, il nous tient compagnie depuis 3 ans; depuis, j'aime tous les animaux, je ne peux plus m'empêcher d'arrêter saluer et caresser tous les toutous accrochés aux poteaux en ville qui attendent en pleurant leur maître ou maîtresse partis à la banque, à l'épicerie, prendre une bière.

10. Ma petite chum au travail. Elle a 23 ans et une ouverture d'esprit digne d'une grande fille. Elle est dotée d'une extrême intelligence, un peu de perfectionnisme, beaucoup de respect, une curiosité persistante, une goulue gourmandise, un très beau sourire et un fou rire, une écoute patiente, une solide confiance en elle et une valise de tolérance. Elle est un bijou à découvrir et une jeune fille qui a beaucoup à nous apprendre.

Je n'oublie pas mon fils Tom, maman, papa, ma soeur, ma chère soeur, ma magnifique soeur (c'est la même), mon frère, Maestro Nagano et Nézet-Séguin, Monsieur Foglia, les artistes, les écrivains, mes amis, et tous ces humains qui rendent cette vie si agréable. À vous tous : bonne année 2008, soyez en santé et vivez heureux!

dimanche 23 décembre 2007

les fêtes

C'est les fêtes.

Il y a une erreur de grammaire dans première phrase, mais n'est-ce pas ce que l'on dit? C'est les Fêtes (peut-être avec un "F" majuscule?).

Ok d'abord, c'est la fête. Eh oui, la famille est ici; c'est cet après-midi et ce soir que ma grande famille est réunie chez moi autour du sapin confectionné et d'une table simple. J'ai décidé cette année de ne pas m'énerver avec bouffe et cadeaux, on y va en mode artisanal, je vous en reparle dans quelques jours pour ne pas dévoiler le secret...

Je vous envoie ci-dessous la description de mon sapin tel qu'elle appert sur Facebook.

Ah et puis, j'en profite pour vous souhaiter à tous de très joyeuses fêtes (mais combien sont-elles en fait?) et vous offrir mes meilleurs voeux de bonne santé, bonheur et sérénité pour la nouvelle année. Je crois que le reste est foutaise mais je vous souhaite en fait tout ce que vous voulez.

Allez hop! Vive Nowell!!

Extrait de Facebook :

13 décembre 2007.
On réchauffe la place. Bonheur kitch de Noël : sapin cuvée Canadian Tire 2000, plastique. Décos Dollarama, Barbie en guise de Marie, Ken en guise de Joseph, un âne, un mouton, 2 rênes, 1 St-Nicolas, 1 bébé Jésus dans la tite paille, pis les paquets s'en viennent. Ca manque de la bonne odeur du pin mais je me résous pas à coupe une tête d'arbre par année pour embaumer et décorer mon salon pendant 2 semaines...

vendredi 14 décembre 2007

Mulroney, facebook et Leonard Cohen

Ai-je déjà mentionné ma déception quant au contenu du journal The Gazette? La une de ce matin : bien sûr un Mulroney repentant et déversant son fiel sur le moins aimable Schreiber, plus facile à haïr car c'est un étranger. Oh but I did not inhale! Okay, les finances publiques, les crosses politiques pis tout ça, ça paye l'encre pis le papier pis ça fait jaser, mais rien ne change en ce monde, surtout dans le temps des Fêtes où les travailleurs veulent juste arriver les premiers chez La Baie pour acheter les cadeaux de Nowell.

Deuxième grande nouvelle - pour faire partie de la une : Facebook a finalement retiré son "is". Si vous êtes utilisateurs de Facebook, vous savez de quoi je parle, sinon, avouez que ce n'est pas une nouvelle nationale digne de faire la une d'un grand quotidien. En plus, il n'y a pas moins de 5 cahiers de sordideries dans The Gazette aujourd'hui.

Heureusement, on cite Leonard Cohen qui sera "intronisé" au temple de quelque chose. Il faut quand même rendre à Cohen ce qui appartient à Cohen, son énorme talent de poète, auteur-compositeur.


Take This Waltz

Now in Vienna there's ten pretty women
There's a shoulder where Death comes to cry
There's a lobby with nine hundred windows
There's a tree where the doves go to die
There's a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on its jaws

Oh I want you, I want you, I want you
On a chair with a dead magazine
In the cave at the tip of the lily
In some hallways where love's never been
On a bed where the moon has been sweating
In a cry filled with footsteps and sand
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take its broken waist in your hand

This waltz, this waltz, this waltz, this waltz
With its very own breath of brandy and Death
Dragging its tail in the sea
There's a concert hall in Vienna
Where your mouth had a thousand reviews
There's a bar where the boys have stopped talking
They've been sentenced to death by the blues
Ah, but who is it climbs to your picture
With a garland of freshly cut tears?
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz it's been dying for years

There's an attic where children are playing
Where I've got to lie down with you soon
In a dream of Hungarian lanterns
In the mist of some sweet afternoon
And I'll see what you've chained to your sorrow
All your sheep and your lilies of snow
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
With its "I'll never forget you, you know!"
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz ...

And I'll dance with you in Vienna
I'll be wearing a river's disguise
The hyacinth wild on my shoulder,
My mouth on the dew of your thighs
And I'll bury my soul in a scrapbook,
With the photographs there, and the moss
And I'll yield to the flood of your beauty
My cheap violin and my cross
And you'll carry me down on your dancing
To the pools that you lift on your wrist
Oh my love, Oh my love
Take this waltz, take this waltz
It's yours now. It's all that there is

mercredi 12 décembre 2007

tuer sa fille

Quand on met au monde un enfant, c'est pourquoi déjà? C'est pour lui donner du bonheur, lui faire connaître les beautés de la vie. Ce n'est pas pour le faire à notre image, et quand le moule ne prend pas, on recommence, on efface (lire "on assassine") et on recommence. On ne fait pas des enfants pour Dieu, Allah, ou soi-même.

Bon voyage, petite Aqsa Parvez, martyre des temps modernes.

Vincent Marissal
a écrit sur la mort que ton père t'a donnée : "Et malheureusement, aucune loi, aucune charte, aucune Constitution sur laquelle on met la main en disant je le jure n'empêchera jamais un fêlé de Dieu de tuer sa fille". Le fait que ton papa soit musulman et qu'il t'ait étranglée car tu ne voulais pas porter le hijab à l'école est accessoire, il était fou, point. Mais au Québec, dans le contexte actuel de la commission Bouchard-Taylor, les gens vont juste se souvenir de ça : musulman. Ça tombe vraiment mal.

Moi, je me suis chicanée maintes fois avec Maman et Papa lorsque j'étais jeune et non, je n'ai pas toujours pu porter le linge que je voulais pour fitter avec ma gang. Mais moi, je vis toujours, et j'ai pu me développer sainement, contrairement à toi. Tu aurais dû avoir une meilleure vie. Je pleure pour toi.

Repose en paix.

lundi 10 décembre 2007

quoi qu'en dise Denyse

Willem. Denyse Willem. Née en 1943. Début des années 80, j'avais 12-13 ans. C'est l'âge où la popularité a beaucoup d'importance. Quand on est populaire et que l'on fait partie d'un groupe d'amis, il y a toujours un ou deux individus qui sont marginaux. Marginal, juste pas comme les autres, s'habille pas pareil, c'est tout. Une des pas comme les autres à cet âge-là était mon amie Aurore, elle portait pas des Lacoste et n'allait pas au Club Med (moi non plus, en fait). Sa mère, c'était Denyse, Denyse Willem.

Je suis allée chez mon amie quelques fois; on avait fabriqué un dictionnaire de latin : vocabulaire, conjugaison, déclinaison, etc. On a les passe-temps qu'on peut. À cette époque, c'était les sports cérébraux.

Sa maison était de brique peinte en noir, rue de la Seconde Reine à Bruxelles dans la commune d'Uccle. Quatre étages incluant un grenier. De la dentelle dans toutes les fenêtres et chaque pièce peinte d'une couleur différente et richement décorée. Sur les murs, des tableaux, d'immenses tableaux. Des fois, de petits dessins au bic. Au grenier, un atelier avec une verrière. Tout un atelier! Il y avait des pièces terminées et il y avait certainement un chevalet avec une toile en cours. De l'acrylique, je crois, ou était-ce la tempera? Denyse peignait avec force détails. Elle peignait des femmes, dans des environnements surréalistes, avec de drôles de souliers et des trucs qui sortaient de leurs ventres, des organes nus, souvent des seins. Des femmes quoi, des maternelles, des animales, des matrones, des femmes en chair et en os. C'était belge, flamand dans le style, mais Dali dans la contemporainité.

Je l'ai regardé faire quelques fois, en silence et avec la fascination de mes yeux d'enfant. Cette femme, aussi éloignée soit-elle, ne sait pas l'impact qu'elle a eu sur ma vie. À 14 ans, arrivée au Québec, je dessinais à ne plus vouloir dormir. Mon cours d'arts plastiques au secondaire est devenu mon préféré. Que j'étais prolifique! Je choisissais même d'étudier les arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal car c'était un des rares moments dans ma vie où je savais ce que je voulais en faire : je voulais devenir une artiste! Mon père, chinois comme il est, m'a expliqué pendant une heure que les arts, on fait cela comme hobby, comme passe-temps, pas comme gagne-pain. Fais-toi z'en pas, Papa, j'ai eu ma leçon vite, dès la 1ère année à Concordia, j'ai compris que je n'étais pas de taille. Depuis, je dessine à peine, ne peins pas, fais quelques collages mais joue surtout avec les ordis et les mots.

Mais Denyse, la grande Denyse, tu m'as donné le goût de l'art, des choses d'expression et d'esthétisme, de la matière plastique, du tracé, de l'organique, de la manière dont l'humain transmet la beauté. Cet intérêt est vif chez moi et même si je ne l'exprime pas à ta manière, je t'en remercie.
Il va de soi que j'ai une admiration sans borne pour les artistes, ceux qui en vivent sans compromis, dont le talent transcende notre imagination et qui nous font voyager du bout de leur plume, de la pointe de leur pinceau.

La mère et l'enfant, 1980, acrylique sur toile
Le nouveau valet de chambre, 1999, aquarelle sur papier

la plume

L'écriture a deux fonctions que je connaisse : 1) la communication; 2) l'expression. On comble ces fonctions avec le ciseau, la plume et maintenant le clavier, de toutes les manières possible et impossible, de gauche à droite horizontalement, de haut en bas, de droite à gauche verticalement, avec la main gauche, la main droite, les dix doigts de la main ou les orteils pour les manchots. L'écriture s'est transmise au fil des ans d'est en ouest puis fuck le nord et le sud, il y avait trop de roches sur le chemin.

On écrit différemment selon que l'on utilise la mine, la bille, l'encre, le feutre ou la dactylo - encore plus le Lettraset. On n'utilise pas les mêmes mots selon la police de caractères.

Contrairement à la diffusion des informations (les Européens conquérant les tribus indigènes et renseignant par écrit leurs armées sur nombre, armement, équipage animal, organisation sociale des peuples à assaillir), mes billets libres n'ont pour objet que l'expression. Celle de mes idées, puis des fois, celle de mes idées que je désire partager. Alors que je veux partager, mon billet devient petit à petit un outil de communication et dès lors que je veux communiquer, la complexité se rajoute à la simple liberté. La difficulté de bien écrire... avec un sujet, un verbe et un complément; le tout bien conjugué et accordé. On s'accorde d'ailleurs sur le fait qu'il est rare de lire régulièrement du bon French au Québec; comme on l'a vu récemment, le taux de francophonie baisse dans la Métropole (très mal présenté ce sondage d'ailleurs - voir le juste commentaire de Rima Elkouri dans La Presse de mercredi le 5 décembre). Mais bon : on lit, se délie, écrit, se lit, se relit, puis on publie...

Car c'est ça aussi, publier. Avant, cela se limitait à un journal intime dans lequel les mots étaient jetés au fil des états d'âme et qui n'était lu occasionnellement que par les initiés et privilégiés, ceux qui occupaient une place spéciale dans notre coeur. Après, il y avait les lettres ouvertes dans les journaux. Puis enfin, il y avait toujours la profession d'écrivain qui nous donnait à lire des oeuvres magnifiques mais qui coûtent les yeux de la tête en Amérique du Nord - vive la taxe sur les livres, c'est très bon pour l'éducation! Maintenant, des tribunes, il y en a une kyrielle. Et avec le web, il y a les blogues. Sur les blogues, on écrit pour informer et ne pas pleurer (Zoreilles), on écrit car on a un sacrefiche de talent (Schizozote), on écrit pour décrier (le gros B.S., Omo-Erectus) et rien n'est jamais exclusif, c'est toujours un amalgame de tout, comme l'esprit de la personne qui écrit. J'ai lu ce commentaire magnifique ce matin : "Quand un père s'en va, c'est comme une bibliothèque qui brûle." C't-il pas beau ça?

Il y a de beaux talents sur le web. D'ailleurs Paperblog semblent vouloir les exhiber :

"Sur les blogs, des talents se révèlent, des experts et des passionnés partagent leurs connaissances et expériences. Ces pépites étant bien souvent noyées dans un océan de blogs, il nous a semblé nécessaire de les identifier avec comme objectif d’offrir toujours plus d’articles de qualité à toujours plus de lecteurs."

Des lecteurs, des lecteurs, cela va-t-il nécessairement de paire avec l'écriture? Zoreilles et Omo-Erectus m'ont mis en garde de toujours écrire pour moi et rien que pour moi. Bien sûr, j'écris d'abord pour moi. Mais je crois que l'on peut écrire aussi en pensant que l'on sera lu, cela force à structurer sa pensée et à tenter de l'exprimer clairement. C'est un exercice de rigueur qui se transforme en exercice de style.

Je travaille maintenant dans les coms, vous l'ai-je dit? Je dois pouvoir transmettre un raisonnement et une idée en une page ou en dix selon les situations. Un de mes défis consiste à parfaire l'art du punch. Celui qui manque quand j'écris juste pour écrire, des mots, et encore des mots, et de plus beaux et de plus longs..., oui mais encore, de quoi parle-t-on?

Mon ami, devenu papa récemment et qui a laissé un emploi de type conventionnel, s'est mis à la plume, ou au clavier tiens, c'est plus réaliste. Il écrit sur quelque chose de secret, il ne veut pas en parler, il a peur d'être jugé. Mais il a envie de publier et depuis qu'il y pense, il n'arrive plus à écrire. Pourtant, il avait déjà écrit et développé des centaines de pages sur son sujet alors que c'était un travail personnel mais maintenant qu'il a envie de le dire à tout le monde, il a peur de se tromper. Le trac, vous savez?

Pas moi, pas le trac, juste l'envie, comme un loisir, un simple plaisir!

L'envie d'écrire m'est venue à lire de magnifiques auteurs : Victor Hugo, Jacques Prévert, Emile Zola, Alessandro Baricco, Guillaume Vigneault, Gaétan Soucy, Pierre Foglia, et les femmes que j'oublie : Marie Laberge, Amélie Nothomb, Arlette Cousture, Raphaelle Billetdoux, puis mes fils, puis mes amis, puis mes copains blogueurs. Il m'est aussi donné de côtoyer des personnes articulées et de lire de superbes ouvrages : le National Geographic, la série de Jared Diamond, les encyclopédies et les monographies des artistes et architectes, des livrets d'opéra, etc. Puisque nous ne sommes plus physiquement et socialement liés comme avant, alors que les traditions se transmettaient oralement et visuellement, la lecture et l'écriture offrent une certaine ouverture sur le monde. Dans ce sens : Monsieur Jacques Demers, bravo pour vos efforts d'alphabétisation, c'est une richesse difficilement acquise et c'en est une qu'il faut transmettre sans la négliger.

lundi 3 décembre 2007

la neige

La neige me réconcilie avec l'hiver. C'est mon 26e au Québec, là où il fait beau l'été, là où les filles sont en fleur au printemps, là où l'automne est doré et là où il neige en hiver. J'adore ce pays!!! Je me souviens que mon père aimait faire su ski de fond; nous allions au Mont St-Bruno en famille tester mon endurance et mon asthme. Les sports d'hiver me réchauffaient et m'ont vite fait apprécier l'hiver, d'autant plus qu'il était long dans ces années-là.

Aujourd'hui, lorsque la neige tombe et que la ville devient muette, on dort lourdement. Ma grippe me garde ce lundi à la maison et je contemple les flocons et écoute le silence. Je suis sortie pratiquer pendant une petite heure le seul sport d'hiver que mon emploi du temps me donne à exercer : la pelletée. Sur nos perrons respectifs, ma voisine et moi jouions de la pelle avec nos chapeaux et mitaines. "C'est une belle façon d'être dehors", qu'elle me dit. "Si j'avais pas à pelleter, je serais probablement pas sortie".

J'en ai profité pour déblayer un petit chemin dans la cour pour le chat. Depuis qu'il neige, il n'ose plus sortir, il tourne en rond dans la maison et grignote les fils électriques. Pour le fâcher, je l'ai garoché dans la neige ce matin (avant d'avoir pelleté, il y en avait à peu près 1 pied et demi), il s'est enfoncé au complet dedans. Il est revenu à la porte et a gratté la vitre pour rentrer, je l'ai laissé niaiser pendant environ 2 minutes, il a presque défoncé la porte et s'est étiré les cordes vocales à crier pour sa vie. Quand je l'ai finalement laissé rentré, il était pas mal en maudit... Ok, ok, c'était à peine cruel!

Après avoir pelleté, il est vite sorti faire un mini tour (30 secondes) avant de rentrer au chaud.

J'ai envie de faire du ski, je ne sais pas si j'en aurai le temps cet hiver. De plus en plus de pays qui ne connaissaient pas la neige jadis en font dorénavant l'expérience à cause des changements climatiques, sans compter Dubaï qui se construit des centres de ski intérieurs...

Grêle, poudrerie, neige fondante, tempête, grésil, avalanche, neige collante, canons à neige, planche à neige, neige folle, précipitations, accumulations, bonhommes de neiges, batailles de balles de neige, montagne de neige, banc de neige, charrue à neige, pelle à neige, neige blanche, viens jouer dehors!!!

dimanche 25 novembre 2007

ma meilleure amie et mes 65 friends

Définition du mot "ami,e" dans Le Petit Larousse (éd. 1998) : Personne pour laquelle on a de l'amitié, de l'affection, ou avec laquelle on a des affinités.

J'aimerais avant tout mettre au clair que je considère mon chat comme un ami, même s'il n'est pas un hominidé et qu'il soit plutôt poilu. Affaire classée.

Il y a classement dans l'amitié. Il y a dans ma vie :
- mon chum (une autre classe à part)
- ma meilleure amie
- mes meilleurs amis
- nos amis habituels
- mes nouveaux amis
- les amis de mes amis
- mes amis annuels
- mes amis occasionnels
- mes anciens chums
- les blondes de mes anciens chums
- mes connaissances
- les amis de mon chum
- les amis de la job
- mes relations professionnelles
- les amis de la famille
- les membres de la famille qui sont aussi des amis
- mes amis de Facebook
- mes amis de plume, de blogs,...

Mais qu'est-ce qui définit donc ce lien si précieux qu'est l'amitié - la définition du Larousse est peu éloquente à mon goût. À partir de quel moment devient-on des amis? Il y a certainement des critères liants : la sincérité, l'authenticité, la fréquence, la longévité, l'intensité, la nature des expériences partagées, le respect, la difficulté, l'effort requis, etc.

Je vois ma meilleure amie une ou 2 fois par année; je me passe très bien d'elle jusqu'à ce que se représente sa fête ou la mienne. On se téléphone aussi rarement que l'on se voit, je ne l'appelle pas lorsque je change de maison, de quartier ou de job. Je crois par contre que je l'appellerais si j'étais en peine d'amour. Quand on se voit ou que l'on se parle, on rattrape le temps perdu mais sans s'en vouloir de l'avoir passé chacune de son côté. On n'a pas besoin d'être polie l'une envers l'autre quoi que l'on fasse attention (maturité oblige). On respecte nos opinions, on abonde en ce sens, mais on discute fermement et sans tabous. Elle est ma meilleure amie parmi d'autres simplement parce que ça en prend une, et que c'est la personne qui est dans ma vie depuis le plus longtemps et avec qui j'ai partagé des moments privilégiés : nous avons été colocs dans notre premier appart en ville, nous avons partagé des repas, des nuits blanches et des chicanes, nous parlions de nos premiers amours de grandes filles, nous sommes devenues mamans la même année, elle a assisté à mon premier accouchement (ô merci brave demoiselle!), elle m'a hébergée et on s'est remises à sortir dans les bars quand je me suis séparée, elle n'a jamais déménagé dans un autre pays, j'ai travaillé pour son papa et côtoyé son cercle d'amis - ce qui a probablement contribué au fait que nous soyons encore en contact, et ainsi de suite... Bien sûr, je pourrai tout le temps compter sur elle, et vice versa, sans condition. Elle m'a offert un jour un livre de photographies, intitulé "Vive l'amitié" du collectif M.I.L.K.; toutes les photos y montrent des gens qui rient ou sourient, partagent ensemble des moments de plaisir. Dans la vraie vie, c'est aussi avec nos amis que l'on partage les moments de peine.

Bon : ma meilleure amie n'a pas besoin du qualificatif de "meilleure" amie, je suis sure qu'elle ne connaît même pas son statut spécial et que ça ne change rien dans sa vie ni dans la mienne.

Les autres, à c't' heure, qui sont-ils?
- il y a les amis d'enfance : j'ai vécu dans un autre pays jusqu'à l'âge de 14 ans; il y avait alors dans ma vie :
- les amis de la petite école : je n'ai aucun souvenir des mes amis d'école jusqu'à environ l'âge de 10 ans, je n'ai que de vagues souvenirs que les enfants étaient en général méchants;
- les amis de la famille : mes parents étant adultes avaient leur cercle d'amis; leurs enfants sont automatiquement devenus nos amis et certainement les gens que l'on voyait le plus souvent; je vois encore beaucoup d'entre eux 1 fois par année;
- les amis de la jeune adolescence : à 10 ou 11 ans, nous étions les personnages de Grease. J'étais ou voulais être Sandy (il y avait certes de la concurrence dans la classe) et bien sûr, Daniel était Dany (c'était vraiment mon amoureux dans la vraie vie). Il y avait aussi les classes neige et comme nous devions partager une chambre de 4 pendant une semaine, tu comprends que les amitiés se sont manifestées clairement à l'occasion du choix des roommates : elle, elle, elle, pis pas elle;
- le secondaire : mes parents ont décidé de m'envoyer au privé à ma 1ère année du secondaire; j'ai rompu avec tristesse les liens avec mes amis qui allaient au lycée public. J'y ai rencontré d'autres amies - le statut social ne faisait aucune différence quant à la possibilité de se fréquenter. Je suis retournée à l'école publique dès la 2e secondaire et j'ai retrouvé mes anciennes amies; nos liens s'intensifiaient avec le vent de liberté qui soufflait sur notre adolescence. On se parlait des vraies affaires : sortir, les mecs, les boums, etc.
- le Canada : j'ai quitté mes amies pour aller vivre à Montréal, Québec, Canada, Amérique. Arrivée au pays, j'avais l'avantage de parler français mais ce n'était pas exactement la même langue. J'ai retrouvé les amis de la famille qui avaient adopté le Québec avant nous; ils m'ont appris le québécois;
- je suis rentrée à la polyvalente et me suis fait quelques amis. Je faisais toujours l'apprentissage du patois et du joual - que je maîtrise à ce jour avec grand succès, je m'en confesse. Au bout des 3 ans que j'y ai passé, j'ai développé une solide base d'amis, celle qui inclut aujourd'hui ma meilleure amie, mon premier chum que je vois encore, et 5 ou 6 bons amis, en plus de tous les amis de mes amis ainsi que ceux que j'ai revus aux retrouvailles du 20e du secondaire; je les connaîtrai toujours et les replacerais sans hésitation si je les croisais par hasard dans la rue : à cet âge, notre mémoire est formée et les moments vécus sont indélébiles;
- après, ça a été plus vite. J'ai rencontré et formé des amitiés avec encore plus de monde pendant ma vie adulte; connu plein de monde dans les bars (dont 2 de mes chums - des vrais, pas des relations de courte durée); j'ai vécu avec une horde de 5 ou 6 meilleurs amis que je voyais régulièrement pendant 2 ans et avec qui je célébrais Noël, le Nouvel An, le canot camping, le massage, les partys, les fondues chinoises, ainsi soit-il.

J'écris sur l'amitié, car en cette année qui souligne le 40e de plusieurs dans mon entourage, j'ai témoigné de nombreux hommages éloquents à l'amitié. Ma blonde chum a notamment consacré plusieurs heures et sacrifié des nuits d'amour, à confectionner un montage photos pour ma fête, à faire un vidéo pour la fête de l'autre et a déclaré que malgré le temps qui passe et nos chemins divergents, on ne devrait jamais cesser de se voir, de rester des amis. Je crois qu'on ne cesse pas de rester des amis dès lors qu'on le devient; l'amitié ne se défait pas. Seule la grande trahison peut la rompre (ça arrive).

La force de l'amitié : j'ai retracé sur Facebook une de mes amies d'adolescence européenne. Je ne l'avais connue qu'une seule année, celle de mes 13 ans, juste avant que je parte pour le Canada. Nous étions alors de vraies amies malgré la nouveauté de notre connaissance (le critère liant s'avérait dans ce cas l'intensité), on s'est écrit pendant plusieurs années après mon exil en Amérique; elle est venue me voir à Montréal mais nos vies avaient changé : j'étais jeune maman et elle était en voyage avec son amoureux; je pense que nous n'avions pas grand chose à partager à ce moment-là. Nous avions perdu contact après cette rencontre il y a près de 20 ans. Je l'ai retrouvée récemment virtuellement et nous sommes toutes les deux bien heureuses de renouer le fil de l'amitié et déterminées à ne pas le lâcher.

Facebook : mes 65 friends de Facebook n'incluent pas ma meilleure amie, ils incluent mon chum, des amis, des connaissances, des relations de travail et du monde d'un tout autre univers, incluant plusieurs personnes que je n'ai jamais rencontrées physiquement. Je fais partie d'une communauté de blogueurs qui partagent des intérêts communs, cela fait-il de moi votre amie?

Et puis finalement, peu importe... ayons du plaisir et partageons-le!

"Les vrais amis sont ceux qui lorsque vous faites le fou... ne pensent pas que vous l'êtes en permanence" - Erwin T. Randall

samedi 17 novembre 2007

vroum vroum vers la prison

Meatball666, je m'incline tout d'abord pour vouloir aborder un sujet que je ne connais pas intimement : je vais tenter de parler des peines d'emprisonnement. Je ne parlerai ni de l'incarcération ni du système correctionnel. Je ne parlerai que de la seule perspective que je connaisse, soit celle du public qui regarde avec des yeux horrifiés des humains faucher la vie à d'autres humains de façon préméditée ou par négligence (oups, pas fait exprès...). On appelle cela soit des meurtres soit des accidents, quand on est clément : j'ai eu un moment d'absence, j'ai rien vu, je savais pas, je me suis échappée, etc.

J'ai envie d'écrire ceci depuis le 1er novembre, lorsque j'ai lu que le jeune Brandon Pardi et son copain avaient filé et coursé à toute allure dans une rue de l'Île Perrot et dérapé à 8 roues sur le gazon, enlevant la vie à Bianca Leduc. Ça arrive souvent, je ne sais pas quoi dire, mon plus vieux dit qu'après ça on dit tout le temps que les jeunes sont cons et imprudents, blablabla... Peu importe l'âge des protagonistes, il y avait 3 personnes dans le film, il n'en reste que 2 et je crois que la 3e n'a pas eu son mot à dire. Me Pierre Joyal, l'avocat de Pardi dit en parlant de son jeune client : "On a déjà perdu une vie dans cet incident, on va essayer de ne pas en perdre une autre".

Cette nouvelle arrive comme les centaines de faits divers dans l'univers médiatisé des errements humains. Ceci dit, elle attire davantage mon attention du fait que l'on réévalue dans ce cas-ci le type de tribunal (adultes ou jeunesse), de sentence, whatever can give a lesson to 2 negligent people, le tout avec une apparence de justice. En fait, jusqu'à ce jour, ça a coûté quelques milles aux parents des accusés, une impossibilité de conduire un véhicule, la vie de la victime, des funérailles, pis des copies de journaux. Ça me choque juste légèrement que l'on utilise deux poids deux mesures : assez responsable pour utiliser un char mais pas assez pour être jugé comme un adulte malgré ses 18 ans. La saga continue... bonne chance les gars, soyez de meilleures personnes; anyway, on veut pas vous mettre en prison, on n'a pas de cash pour vous nourrir en dedans, vous payer la TiVi, vous donner des livres, puis vous rééduquer; demandez donc à vos parents de payer une caution pour nous avoir dérangés, pis on s'en reparle au tribunal dans quelques mois.

Tribunal : mon chum est allé témoigner en cour comme seul témoin d'une agression par un fou qui a séquestré une femme; il s'est présenté 3 fois (3 jours de travail manqués); chaque fois il y manquait soit la victime soit la volonté de celle-ci de porter plainte; le tribunal a finalement laissé tomber... On ferme le dossier. On ne sait pas ce qu'il advient de l'accusé, de la victime, pis t'sais quoi, on s'en balance en autant que tout le monde soit payé pour les inconvénients; l'aide juridique, les juges, le personnel de la cour, c'est nourri par les sous de ceux qui se lèvent le matin pour gagner leur vie.

Revenons aux 2 jeunes accusés. Je réfléchissais à ce que je jugerais adéquat comme sentence ou leçon par lesquelles les gars pourraient apprendre à devenir des êtres meilleurs et contribuer à l'amélioration de l'humanité. Dans mon esprit l'emprisonnement à vie aurait été démesuré. Je pense à mes fils de 16 1/2 et 18 ans qui iraient en prison le restant de leurs jours pour avoir conduit un peu vite? Non, exagéré; mais ne rien faire ou donner une punition insignifiante voudrait dire à tous qu'il n'est pas grave d'enlever la vie à quelqu'un de façon accidentelle, tiens, voici votre amende. Je demande l'opinion de mes 2 fils ados. Très éclairé, un des deux me dit qu'il faudrait une peine exemplaire, car quand même, les conducteurs dépassaient la limite de vitesse, ils ont été négligents, etc. Bien pensé. Mais quoi, quelle peine?

Prison à vie : 25 ans et au bout de 15 ans, on réévalue ton dossier. Si les jeunes sont jugés au tribunal de la jeunesse - ce qui sera probablement le cas - ce sera 3 ans plutôt que 15. 3 ans de tôle pour avoir fait le con à bord d'une voiture alors que tu dépasses la limite, t'as pas ton permis pis tu tues quelqu'un, on est vraiment chic au Canada. Le Country Club, comme dirait mon chum.

D'ailleurs, z'avez rien qu'à penser aux accusés dans les autres pays, notamment notre Ronald Allen Smith qui risque la peine de mort au Montana (on meurt tous, en passant), simplement parce qu'il a fauché la vie à 2 autres personnes en tirant volontairement dessus. J'ai l'impression que le système judiciaire au Canada, c'est pas si sévère. On croit en la réhabilitation (moi aussi) : c'est chouette la psycho-rééducation et la clémence mais je crois sincèrement que compte tenu des ressources qu'on n'y met pas, c'est peu efficace, et ça requiert comme conditions de succès un système de valeurs vertueuses et responsables, un très bon système d'éducation et de prévention. Sinon, il reste la répression, la coercicion, ce dont on ne veut pas (Chine, Myanmar, dictatures, etc.). Mais ici, on ne fait ni l'un ni l'autre; c'est comme tout ce qu'on fait : modérément, jamais résolument.

Le consulat canadien prévient les incarcérés à l'étranger : "En tant que Canadien détenu dans un pays étranger, vous connaîtrez des conditions de vie qui seront peut-être éprouvantes et déprimantes."

...

Quelques nouvelles d'ici relevées dans la presse depuis le 1er novembre :

- Jean-Louis Vézina, 66 ans, comparaît sous pas moins de 15 chefs d'accusations de nature sexuelle : engagé pour un montant de 5000$ jusqu'à son jugement ce mois-ci;
- Éric Bouchard-Arnold, 22 ans, cause la mort de 2 personnes et blesse gravement une 3e par la conduite avec capacité affaiblie (on dirait autrement qu'il était "saoûl"), commet ensuite un délit de fuite. Il a DÉJÀ un dossier pour conduite en état d'ébriété, et a une cause liée aux armes à feu; il déclare : "Je suis désolé pour tout ça. Je compatis avec les vicitimes..." : 6 ans de pénitencier;
- Réjean Paquet, 42 ans, arrêté pour la 8e fois pour conduite avec capacités affaiblies. Il roulait en sens inverse sur la voie de service de l'autoroute. On attend-tu qu'il en frappe quelques-uns? : attend en prison pour son procès;
- Conducteur fou, 20 ans, cause 2 collisions avec un total de 3 blessés : libéré sous promesse de comparaître;
- Fillette de 12 ans commet 3 meurtres prémédités, jugée au tribunal de la jeunesse : 10 ans de prison dont 18 mois de crédit pour le temps passé avant son procès : reste 8 1/2 ans dont 4 en prison pis 4 1/2 en supervision dans la collectivité (me semble que ça fait ben peur à une 'tite pitoune qui vient d'assassiner son père, sa mère pis son petit frère au poignard);
- Malina Kansy, 18 ans, poignarde 85 fois son conjoint parce qu'il l'a trompée (les gars, il y a pire que le divorce et la pension alimentaire) : prison à vie, soit 25 ans avec admissibilité à la libération conditionnelle après 14 ans.

Ok on met ça au clair : la conduite dangereuse est passible d'un max de 5 ans de prison. Si tu tues quelqu'un, c'est un peu plus (Homolka a fait 12 ans pour avoir commis plusieurs meurtres). Au Québec, je pense que la prison c'est pas si mal comparativement à d'autres endroits sur terre où l'humain est légèrement moins nourri. Ceci dit, même si c'est chauffé en hiver, j'ai pas envie d'y aller, on s'entend. Pis je ne crains même pas d'y aller parce que franchement, ici, faut faire ben du tort avant d'être réprimandé et être obligé de se corriger. Le système judiciaire, c't' une vraie joke! Pis savez quoi, les flics sont trop occupés à coller des tickets au jaywalkers...

jeudi 1 novembre 2007

omo-erectus


Hey, je te trouvai dans le Voir ce matin! Ou serait-ce plutôt ton cousin? Mais voyons, si c'est le cas, comment ont-ils pu prendre sa photo alors que nous n'avons pas la tienne datant de la même époque? Serait-il lui aussi décryogénisé; l'as-tu revu? Bon, un indice si tu le cherches : ton cousin, il pose pour une annonce de char, ça s'appelle au 21e siècle la Ford Focus : accélérateur de vie sociale. Qu'est-ce que t'en penses, toi? Les autres, allez donc lire ce que notre ressucité raconte sur son retour à la vie sociale : http://omo-erectus.blogspot.com/. En tous les cas aujourd'hui, il n'y a plus de lions...

mercredi 31 octobre 2007

vénérables ancêtres

On pense que la vie se limite à l'Halloween le 31 octobre mais woow jeune fille, vous vieillissez et la mélancolie vous emporte! Bon, eu hum... je parlais récemment de mes parents qui viennent voir leur rejetons à Montréal pendant les Fêtes; et bien ce matin, mon père m'informe qu'il ne pense pas venir car la conjoncture internationale lui cause des soucis ces temps-ci, les billets d'avion sont 200$ plus chers que d'habitude. Je me dis : ok, pas de problème, je comprends, on se reprend, comme on dit... Dans la douche, après avoir lu son courriel, je me mets à penser à une solution ingénieuse pour réunir notre famille virtuellement le soir de Noël, avec mon frère, sa demoiselle, ma soeur, ses filles, mon chum, mes fils, mon chat, un sapin, des cadeaux, des rires pis de la bouffe, pis un oeil magique qui nous permettrait de nous connecter avec nos vénérables ancêtres à San Francisco. Vous trouvez ça chouette, non? Bon : primo, je connais pas assez la technologie pour trouver une solution intéressante; deuxio : mon imagination n'est pas assez fertile pour que mon cerveau dépasse le plastique de l'ordi et conçoive le fait que le tout peut réussir, être chaleureux et faire plaisir. Je n'arrêtais pas de penser que, non, ce ne sera pas pareil si mes parents ne sont pas avec nous. Je sors de la douche on ne peut plus décidée à faire venir mes parents à Montréal peu importe le prix : je veux leur offrir le billet d'avion. Parce que je crois qu'on ne doit pas renoncer à autant pour si peu (c'est MA conception des choses et je comprends que ce n'est pas pareil pour tout le monde). C'est aussi ma compréhension de son message : on ne vient pas car les billets d'avion sont trop chers. Je crois bien que c'est la première fois que mon père me parle de considérations financières. On dirait que c'est un sujet tabou entre parents et enfants sauf dans : "tu dois apprendre à gagner ta vie; ça, c'est un bon job, etc." Mais voilà : c'est difficile à présenter ça à mes parents : je vous offre le billet d'avion. Nous serions attristés que vous ne soyez pas là (je me suis même permis de parler au nom de mes siblings sans savoir ce qu'ils en pensent - est-ce que tous les aînés font ça?), et rassurez-vous, financièrement c'est correct, nous avons des jobs et il n'y a pas de contrainte à court terme. Je redoutais qu'ils refusent l'offre et m'appliquais de tout mon tact pour leur faire comprendre que - enfin - il faut bien que ça soit à notre tour un jour, de les aider... On dirait que les parents ont cette espèce de pudeur qui fait qu'ils ne parlent jamais de leurs problèmes même s'ils en ont. Quoi que je doute que mes parents aient de graves problèmes; je crois sincèrement que mon père disait qu'il voulait juste faire plus attention à ses dépenses, m'enfin, pourquoi je pourrais pas les inviter moi, mes parents, si je veux les voir? Bon ceci dit, il a refusé l'offre, il va me tenir au courant, il est touché de mon attachement et de ma générosité...

Je me mets à penser aux vieux... Mon ex-collègue de 60 ans va avoir son party de retraite demain soir; une des rares qui arrête de travailler jeune, en santé physique et financière. Va-t-elle s'ennuyer? Sans enfant, que fera-t-elle de ses vieux jours? Je ne suis pas inquiète pour elle, c'est une bonne personne et elle saura sûrement donner et recevoir du bonheur.

Ma meilleure chum me disait jeudi dernier qu'elle était choquée de ce que notre société fait avec ses aînés. Moi aussi t'sais, puis elle me parle des sacrifices que ça lui coûterait d'avoir à s'occuper de ses parents plus tard, s'ils devaient être malades. C'est sûr, c'est tough à envisager.

Moi, j'aimerais que mes ancêtres reprennent la place qui leur revient (peut-être qu'ils veulent pas, eux, faudrait leur poser la question). D'abord : faire leur vie et réaliser leurs rêves parce qu'ils ont beaucoup travaillé. Ensuite : léguer aux plus jeunes expérience et savoir : mentorat, bénévolat, etc., - cou'donc, encore donner? - quelque chose qui les garde en relation intergénérationnelle où tous gagnent, jeunes et vieux, et qu'ils ne soient pas dans une situation de dépendance envers une couche de la société qui s'occupe d'eux car on n'en veut plus... On parke nos vieux; je peux pas imaginer que je ferais ça avec ma mère et je vous jure qu'elle est à cent lieues d'être dans une telle situation, au nom de sa dignité!

Pourquoi cela a-t-il changé? L'individualisme nous fait oublier nos propres parents, comme dans ceux qui nous ont donné la vie... Je suis un peu plus triste que ce matin quand je pensais aux bonbons, mais bien moins que tantôt car je suis convaincue que je vais bientôt revoir mes parents!

une fête aux étranges coutumes

Bien fait pour mon 4e billet d'octobre! Qui aurait pensé que j'écrive sur l'Halloween, thème aussi différent de moi que le hockey. Aussi étrange que cela puisse paraître, depuis les 26 ans que je suis au Québec, je me suis liée à la plupart des traditions existantes (poutine et joual) excepté l'Halloween. Fête bizarre s'il en est une. Un certain malaise m'habite lorsque vient le temps de me déguiser, la peur du ridicule je crois. Il faut admettre que j'ai souvent contemplé les costumes qui pouvaient me mettre sous un meilleur jour : la tigresse aguichante, l'infirmière et le latex Il Bolero, mais plus rarement la sorcière, Monsieur Patate ou Freddy. Je ne donne pas de bonbons à la porte; les fils sont grands et ça fait une chose de moins à penser, pis quand on songe aux 2 'tits monstres que Michel Beaudet a créés pour les Têtes à Claques, on n'a sacrément pas envie d'en voir sur son perron! Comme les enfants ont grandi, je ne fais plus non plus avec eux la collecte des bonbons qui collent dans le fond du sac pendant un an... Comme il faisait froid avant, à l'Halloween, les pauvres mioches obligés de cacher leur costume sous manteau, tuque et mitaines, car on accueillait souvent la première neige à cette occasion. Tiens, tiens, plus maintenant on dirait...

Je vous raconte néanmoins une hilarante anecdote d'Halloween qu'illustre cette terrible photo (vous ne me croirez pas : dans mon domaine financier d'antan, plus conservateur que les jeunes gailurons, j'ai gagné un prix pour ce costume, mouain!). Or donc : un matin, je covoiture avec mon collègue jusqu'au bureau, audacieusement déguisée en Mary Poppins ou une équivalente (j'ai recyclé tout ce que j'ai trouvé comme morceau de linge dans la maison, fabriqué un chapeau en carton et assemblé le tout en un semblant de quelque chose). En voiture donc, je tourne de Rachel sur St-Denis vers le nord et fais mon angle mort pour vérifier si je n'écrase pas un cycliste arrivant à ma droite. Comme il n'y en a pas, je m'engage allègrement dans mon tournant, mais voilà qu'un cycliste arrive à toute allure dans l'autre sens et inévitablement, je le frappe. Pas trop fort évidemment, juste à la vitesse d'une petite chinoise faisant un tournant... Le cycliste tombe à terre, entre le trottoir et l'auto et voilà que je débarque avec mon suit de Mary Poppins pour vérifier s'il est correct. Je vous jure, le sinistré était pas mal sonné, non tant par sa chute mais par ce qu'il voyait tout d'un coup : une Mary Poppins déguisée en chinoise! Il devait penser qu'il était déjà mort. J'avoue que c'était plutôt difficile pour mon collègue et moi de garder notre sérieux dans toute cette histoire. Le rire me prend encore quand j'y pense. Une fête aux étranges coutumes...

jeudi 11 octobre 2007

la ville est hockey

Ca y est, The Gazette réussit encore à me faire écrire et de surcroît sur le hockey - qu'a connaît là-dedans la demoiselle? Ok, hockey, je l'ai vue moi avec, la 2e victoire du Canadien de Montréal depuis le début de la saison, et également la grande première du petit (diminutif pour jeune) Carey Price qui a arrêté x buts dont quelques tentatives intimidantes du non moins petit Sidney Crosby (mon chum de dire "ayoye, elle connaît des noms"). Comme je n'ai pas l'habitude d'écrire sur le hockey, je suis un peu confuse et mon billet en est d'autant plus décousu.

Commençons par The Gazette : bon, la une du journal parle de hockey. Correct, la saine concurrence, ça favorise le client, ça élève les standards, mais attention : quand le benchmarck c'est le Journal de Montréal, ce serait pas plutôt le nivellement par le bas? C'est pas bon pour l'intelligence. Ok, hockey, j'arrive au bureau, La Presse fait la même chose. Cou'donc, c'est quoi la une d'un grand quotidien, quand ça présente les sports et loisirs? Pis local en plus, ben ben local. Ils font quoi à Québec à matin, ils parlent des Habs ou des Penguins?

Bon, pis le hockey : c't'u vraiment si extraordinaire qu'après un siècle d'existence, la plus vieille équipe de hockey de la ligue marque des buts? Ah oui, le tricolore joue son premier match de saison à domicile ce week-end, ça va juste coûter un autre 200 piastres pour sortir en couple, attendre 1/2 heure pour rentrer pis sortir son char du parking et quelques 9$ pour le verre de bière flate en plastique mou qui renverse quand tu le poses à tes pieds (me semble que je commence à m'exprimer comme un gars pas de talent). En fait, le Canadien de Montréal, c'est la plus grosse crosse commerciale qui existe : on surévalue le produit depuis plus de 15 ans. 1993 : dernière coupe Stanley - au prix que ça coûte, le retour sur investissement n'est pas très bon et le niveau de satisfaction plutôt bas. Mais en début de saison, la fièvre du hockey repogne tous les croyants qui ont oublié qu'en janvier ils bitchent tous contre les Canadiens, contre Saku, Big K pis les autres Russes bien de chez nous... Mais : on a quand même regardé la TiVi pendant 9 mois, on a quand même rempli le Centre Bell pis les "Priceless Debut" sont quand même payés 850000$ US par an pour 3 ans - pas pire comme paye quand t'as 20 ans. Le hockey, finalement, c'est la grosse machine qui fait vivre ben du monde incluant les journalistes. Mais c'est plus vraiment du hockey non, comme quand on faisait ça parce qu'on aimait ça?

Le titre sur la une de The Gazette : Priceless Debut. C'est sûr, priceless : le hockey, ça coûte pas cher, pis Carey Price, il n'était pas là hier ; priceless. Je comprends pas l'anglais, je crois; The Gazette, j'en ai pour 6 mois avant de ne pas renouveler. Les Canadiens, j'en ai pour 9 mois dans le salon...

dimanche 7 octobre 2007

à cause

Je voulais écrire "accommodements raisonnables", mais c'est un peu à la mode et surexploité. Comme plusieurs, j'ai lu et entendu cette expression maintes fois depuis un an; il n'en reste pas moins que j'hésite encore avec les doubles consonnes qui dominent le mot "accommodement", comme si on voulait s'assurer que le moins de monde possible puisse l'utiliser...

J'écris comme bien du monde sur ce sujet. Je ne le trouve pas futile. Je ne le trouve pas important. J'envisage ce passage comme une crise de croissance de l'humanité, faisant suite à beaucoup de tolérance et conséquente avec les mutations fréquentes, l'immigration, et une certaine globalisation des idées, des concepts, des religions malheureusement vues et approchées grossièrement car l'information est devenue un bien de consommation de masse. Un retour du balancier - on a été trop gentil on paye (on n'est jamais trop gentil, croyez-moi, c'est un faux débat). Au Québec, ça a également une tonalité bien spéciale; ça met un peu d'huile sur le feu, ça irrite l'eczéma continuel de la crise d'identité non réglée.

La raison qui me pousse à écrire ce billet remonte à il y a 2 semaines alors que je lisais un article portant sur les accommodements raisonnables octroyés en faveur de l'astronaute Sheikh Muszaphar Shukor qui allait visiter l'espace alors que le ramadan n'était pas terminé. Ça ne me dérange pas les gens qui demandent des faveurs spéciales pour ne pas compromettre une spécificité de leur identité; je trouve juste que ça manque de savoir-vivre et de maturité, ça témoigne d'une rigidité et d'une fermeture d'esprit peu porteuses du développement humain. Ce qui m'a fait rire tout au long de l'article et qui m'a totalement époustouflée, était plutôt le fait que Sheikh Muszaphar Shukor qui voulait respecter la pratique du ramadan a été consulter le ministère du développement islamique pour se faire édicter les procédures afin de respecter sa religion en orbite. C'est super d'avoir la foi; pourquoi n'est-ce pas suffisant de la porter simplement dans son coeur? Me semble qu'on n'a pas besoin de déranger le monde pour savoir comment être un bon croyant. T'imagines comment le ministre du développement islamique a dû rire lorsqu'il a pensé à ce fidèle égaré et qu'il a couché sur papier les multiples petites procédures à respecter pour demeurer un bon croyant lorsqu'on est en orbite. J'ai écrit "demeurer", comme si "demeuré" en dérivait. Mon impression générale teintée d'hilarité est encore l'incrédulité quant au manque d'intelligence humaine. Craïsse, tu vas dans l'espace, tu fais comme tout le monde qui va dans l'espace. Depuis quand a-t-on le luxe d'imposer sa différence? Tu sais, quand je campe en forêt et que j'ai envie de déféquer, je ne me demande pas où il est le Cottonelle double épaisseur, je prends ce qu'il y a sur place... et je vis en harmonie avec mon environnement.

On arrive aux accommodements. Je n'ai jamais senti le racisme - je suis jaune, vous vous souvenez. Je ne me souviens pas que mes parents ou la communauté chinoise qui m'entourait aient fait quelconque lobbying pour que le Québec tolérant le soit encore plus à notre égard. Nous parlions le chinois dans nos maisons, dans le jardin, dans la rue, partout où on voulait le faire; on l'enseignait au Québécois et autres qui voulaient l'apprendre : ouverture d'esprit, voyage, exotisme. Pis, on avait du fun. On était bien - ensemble. Je veux dire : ensemble. On était acceptés, je ne me suis jamais posé la question. Je parlais, je parle et je parlerai toujours le français, l'anglais, le chinois et tout ce que j'aurai envie de parler. J'ai cet immense privilège de pouvoir vivre sans contrainte, dans un pays libre, et de m'exprimer sans peur de représailles, d'aimer et de vivre avec ceux que j'aime, sans égard à la couleur, la langue, la religion. Mais de quoi a-t-on besoin de plus?

Je n'aime pas que les média moussent un concept réducteur et sectaire qui immanquablement mène les moins instruits à généraliser, préjuger, penser la division et l'exclusion. Il ne faut pas mettre sur pied une commission qui analyse la question : une commission, c'est comme un projet pilote, ça coûte beaucoup d'argent à la population et ça ne mène jamais à grand chose. Vivons ces incidents comme un mal à passer, des incidents de la vie courante que l'on règle normalement comme tout conflit qui oppose 2 personnes (2 communautés, parce que nos différences nous rallient maintenant en clans); réglons cela par le dialogue et le bon sens. Pourquoi a-t-on oublié ces règles de savoir-vivre élémentaires, qui sont le fleuron de notre société et qui placent le Québec à l'avant-garde du modèle de tolérance et de multiculturalisme - j'y crois et y tiens ardemment, c'est ce qui nous enrichit tous, immigrants et hôtes. Faut arrêter de tirer la couverte chacun de notre bord; il n'y a personne qui va voler l'identité de personne; sans vous, qui serai-je - vice-versa (very humbly yours).

Oktoberfest

Octobre, rien à dire; très peu inspirant. Préoccupée par moi-même SuperNarcisse car c'est le mois de ma fête (y a des cadeaux, des soupers au restos, des coups de fils, des compliments - j'avoue que j'aime bien). C'est le mois où je lance mon party d'huîtres annuel, celui que mon chum est tanné de "hoster" parce qu'il n'aime ni les huîtres ni le ménage qui suit le lendemain. Mais c'est une tradition tu sais, ça précède notre relation amoureuse de presqu'une dizaine d'années. Des fidèles attendent évangéliquement la nouvelle dès la fin de l'été, elle se concrétise en une invitation conçue chaque année pour l'événement et postée à tous mes amis. Après la 7e édition, j'ai voulu arrêter la tradition car je trouvais que je courais partout (alors que ça ne demande aucune organisation en fait) et que je ne passais pas assez de temps avec mes invités. J'ai vite compris que le party vivait de lui-même, j'avais juste besoin de fixer la date, l'organiser, envoyer l'invitation, fournir l'endroit, et les gens étaient heureux, j'avais même pas besoin d'être là. Aujourd'hui, je suis contente et j'ai hâte (c'est dans 2 semaines ce mois-ci, ce sera la 16e édition), je revois à ce party des gens que je ne vois qu'une fois par année et que j'aurais perdus de vue si ce n'était de cette occasion annuelle - en temps normal, je suis plutôt sauvage et j'entretiens très chichement mes amitiés. Je pense qu'à part moi, il y a également des gens qui ne se voient qu'à cette occasion. J'ai hâte, j'ai hâte, j'ai hâte...

C'était encore un autre billet sur moi, peu intéressant, juste envie d'écrire. Nourrissez-moi quelqu'un, que je pense intelligemment.

P.S. : la nouvelle orthographe ("ortografe"?), préconisée par RENOUVO, ça s'en vient et ça me fait peur... Il y a encore des gens qui ne savent pas écrire le français, n'allez pas les mélanger davantage!

lundi 24 septembre 2007

superficial is the crown of the meaningless

Je me suis récemment abonnée au journal The Gazette. C'est en anglais, c'est pour ça. Pour enrichir mon écrit : court, concis, avec les bons mots, ceux qui percutent. Je travaille maintenant dans les coms et les longs paragraphes, ça n'a pas toujours la cote. Je n'aime pas vraiment le format de The Gazette, il me semble qu'il y a beaucoup trop d'annonces et les textes n'attirent pas mon attention; peut-être suis-je trop habituée au format de La Presse (avec beaucoup d'annonces aussi). Ce matin, je ramasse The Gazette on the porch (dans la Petite Patrie, je dois être la seule à lire the English papers, pis à me faire livrer, en plus). Je vois une photo sur la une, il s'agit de Paris Hilton, la reine du fake. Maudit que je l'aime pas; elle incarne ce qu'il y a de plus futile et inutile dans l'humanité - certains diront : non, ça prend du rêve, ça fait rêver, les paillettes pis les belles robes, les beaux mecs, les belles dents - fudge man, aspirez à mieux! Comme je l'aime pas, je regarde pas la télé, je lis pas les journaux à potins. Mais que mon journal d'actualités me livre Paris on the front page au lieu de la famine, la guerre, l'économie, la politique ou les changements climatiques, ça me y'outre! Le titre : An American Princess in Montreal. C'est vrai que la royauté en Amérique, il n'y en a pas, donc les princesses, faut les inventer. C'est la job à Walt Disney, ciboire, pas à The Gazette! The Gazette, because words matter. Ouain, je regrette presque mon abonnement. À ce compte-là, le Lundi a l'air moins snob et ne prétend pas livrer autre chose que des singeries peu évoluées.

jeudi 20 septembre 2007

la vie est courte

Ma chum de travail (toute jeune, 23 ans) apprend le décès de sa tante ce matin. Un cancer, une diverticulite en plus, quelque chose qui fait qu'elle n'avait pas la force de combattre. Et puis après la nouvelle tôt ce matin, ma chum a un petit accrochage de bagnole sur la route. Quel début de journée! Si c'était moi, je crisserais le camp de la job aujourd'hui, histoire d'absorber, dormir, me poser les bonnes questions. Sinon, travailler comme une maudite pour enterrer mes pensées. Tout extrême, rien entre les 2. Ma petite chum, je pense à toi...

La vie est courte et elle prévient rarement quand ça lui tente plus. L'égalité entre les hommes existe à ce niveau ultime où la mort les embrasse. J'ai peur quand je pense que mes parents partiront un jour; ils m'ont présenté leur testament il y a quelques années en toute candeur, comme on donnerait à quelqu'un son courrier - tu sais, pour tes dossiers quoi. J'aurai de la peine, très certainement malgré ma certitude qu'ils auront eu une belle vie et qu'ils auront fait le bien en laissant en héritage une fabuleuse inspiration pour leurs enfants. Ma peine sera surement de celle de ceux qui restent, de ceux qui s'ennuiront des morts, parce que ceux qui partent, ils doivent être bien, non?

dimanche 16 septembre 2007

Monsieur Chic, mon itinérant

C'est pas le mien puisque personne n'appartient à personne, mais ça me fait du bien de savoir que j'ai le mien, c'est bon pour ma conscience. Difficile d'écrire sur ce sujet quand je ne sais pas moi-même ce que j'en pense et ça, depuis toujours en fait. Les itinérants, que se passe-t-il dans leur vie, que s'est-il passé, pourquoi sont-ils dans la rue? À Montréal, ma vie urbaine inclut de passer devant des vendeurs de "hash, pot, mescaline" - vous vous souvenez sur St-Denis dans les années 80?; des itinérants, jeunes et moins jeunes, debout, assis, couchés, en chaises roulantes, avec ou sans enfant, animaux, membres estropiés; des artistes de la rue; des prostituées; des vendeurs de revues, des disciples religieux, bref : une kyrielle d'humains dont le quotidien est de solliciter le passant. Sans passants, ils ne seraient que dans la rue; ils auraient froid, n'auraient personne à qui parler, sourire et n'auraient pas d'argent pour s'acheter une clope ou un sandwich.

Il m'arrive occasionnellement de mauvaises aventures avec les gens qui habitent la rue (certains parlent fort) : je me suis fait frapper à la tête, cracher au visage, crier des insultes. Je pense tout le temps dans ces moments-là que c'est une expression de leur misère que je ne connais pas. Il m'arrive souvent de leur faire des sourires car ça je peux donner facilement. Il ne m'est arrivé que 3 fois de leur donner des sous. Les sous, les sous, cette chose tant convoitée dans le monde et dans le cas des plus démunis, une certes nécessité. Je ne donnais pas car je croyais plus jeune que la réussite dans la vie tenait au mérite et que celui qui voulait, pouvait. En grandissant, ma pensée fut nuancée par la constatation flagrante que tous ne naissent pas avec les mêmes opportunités et que la société doit compenser pour qu'à un certain âge (disons l'âge scolaire, dans un monde idéal), les chances soient égalisées. Il est clair que notre société a essayé mais n'y est pas parvenue. Je lui concède l'extrême difficulté de la tâche et la relative paix sociale qu'elle a quand même su instaurer par le biais de son filet social (qu'il nous coûte cher, qu'il soit inefficace, qu'il soit surexploité, on en pensera ce qu'on veut). Avec tout cela en tête, j'allais tranquillement mon chemin en pensant que ce n'était pas ma responsabilité d'aider les plus démunis.

Je connais les opérations généreuses du Père Emmet Johns, je sais l'existence de l'Accueil Bonneau, du resto Robin des Bois, du Chaînon, du Refuge, de l'Armée du Salut, de Sun Youth. Je sais les gens dévoués qui s'y donnent à fond pour aider leur prochain. J'aimerais avoir leur vertu et leur compassion, je ne les ai pas. Ils sont comme les soeurs cloîtrées qui prient pour la rédemption au nom du restant de la société, ils le font pour nous, pour que nous n'ayons pas à nous en préoccuper, pour que nous vaquions à nos occupations, et apportions notre propre contribution à la société. Je me demande très souvent quelle est la contribution que j'apporte à la société - tu sais, la vie c'est une simple équation : le seul fait d'exister consomme des énergies et des ressources et tu pars donc en déficit avec la nature; je crois que le moins que je puisse faire pour mettre ça even avec la Terre, c'est de faire un petit plus pendant mon existence.

J'ai acheté une fois le journal L'Itinéraire et bien que j'en saluais l'effort, je ne me résolvais pas à le trouver intéressant, c'était plutôt pour accomplir un geste symbolique (laver ma conscience).

Depuis 4 semaines, j'ai "mon" itinérant, celui qui est au coin de la rue quand je sors du travail tous les soirs (j'ai cru remarquer qu'il n'y est pas pendant quelques jours suivant le début du mois). Il adresse la parole à beaucoup de monde et tend humblement sa casquette pour recueillir la dîme. Des fois, il vend L'Itinéraire. Ça fait près d'un an que je passe devant cet homme sans lui adresser la parole mais en surprenant des bribes de conversation qu'il a avec d'autres humains souvent habillés en costard et munis d'attaché-cases. Ma foi, cet homme est doté d'une intelligence certaine et d'une bonne élocution; il n'est ni saoul, ni drogué, ni sale (à ce point, vous me trouvez condescendante; j'ai beaucoup de respect pour la vie, j'essaye juste d'être candide et ça me met visiblement mal à l'aise d'aborder ce sujet very straightforwardly). Je ne lui aurais pas parlé si ce n'était qu'une fois j'étais seule avec lui au coin de la rue alors que j'attendais ma lumière. Je lui ai adressé la parole, demandé son nom, donné le mien, offert un petit compliment du style "vous êtes un brave homme", frotté son épaule et donné 2 piastres. Il m'a dit qu'il s'appelait "X" (depuis vendredi, je fais plus attention pour protéger l'identité des individus); il s'appelle Monsieur Chic pour les fins de ce billet.

Le soir même de ma rencontre avec Monsieur Chic (2 minutes de conversation et 2 piastres), j'étais folle comme un balai, je sentais que j'avais fait une bonne action, que je m'étais rendue humble et accessible, que je voulais me rapprocher de cet homme. Wooow jeune fille, vous mélangez tout! Les jours où je ne le voyais pas, je pensais à lui et me demandais pourquoi j'étais heureuse de connaître Monsieur Chic, et je crois que ma réponse est la suivante :
- avoir "mon" itinérant m'absout d'avoir à penser à tous les autres (c'est déjà fait);
- "mon" itinérant est visiblement instruit, poli, et non violent;
- "mon" itinérant semble comprendre mon monde et je n'ai donc pas besoin de comprendre le sien;
- dire bonjour et sourire à "mon" itinérant et l'appeler par son nom, pardonne le fait que je ne lui donne pas d'argent chaque fois;
- ma bonne conscience s'en porte bien.

Comment peut-on donner simplement? Pourquoi n'en suis-je pas capable? Donner, simplement, de bon coeur, sans juger. Si je gagnais mieux ma vie, est-ce que je donnerais plus? Si je ne me sens pas une meilleure personne du seul fait de connaître Monsieur Chic, c'est probablement parce que je ne fais pas cela bien, ou je ne le fais pas pour les bonnes raisons. Difficile d'être bon.

samedi 15 septembre 2007

la vie privée et le web

J'ai besoin d'une lanterne et d'un code d'éthique pour me comporter civilement dans la blogosphère, et sur le web en général (j'ai récemment joint l'intriguante communauté de Facebook). À table hier au lunch, à job, la discussion est lancée - on fait souvent des working lunchs : au lieu de prendre ce moment pour soi et faire le vide mentalement, on s'oblige à continuer à travailler ou à réfléchir collectivement : c'est du pareil au même, la journée continue (j'ai deux "deux points" dans ma phrase, j'ai pas dû apprendre ma grammaire comme il faut). La discussion concerne le fait qu'une personne a publié sur son blogue la recette et la photo d'une dame qui donne des cours de cuisine. La prof de cuisine est fâchée car elle ne connaît pas la blogueuse et ne l'a pas autorisée à diffuser ce contenu sur le web. Concernant la recette, la réponse est vite trouvée : la même recette fait partie du domaine public puisqu'elle est déjà publiée sur un autre site web avec permission. À partir du moment où tu l'autorises, je crois que tu ne peux techniquement pas en limiter la diffusion (je me trompe, peut-être).

Quant à la photo, c'est difficile à trancher. Parcourant le Code Civil, la Charte des droits et libertés de la personne et quelques articles sur le droit à l'expression, en consultant un ami juriste, il me semble clair que l'on ne puisse publier - ni même capter - l'image d'une personne sans son consentement express, ceci contrevenant à la protection de sa vie privée. Ca, c'est noir sur blanc sur le papier (by the book, on dit en anglais). À moins d'être journaliste et là, le droit à l'information du public prévaut de temps à autre sur le droit à la vie privée. Si, à plus forte raison, le sujet de l'image est une personnalité publique, celle-ci a en quelque sorte renoncé à une partie de sa vie privée et a des attentes moins élevée que le citoyen ordinaire quant à la non-diffusion de son image. Se rajoute à ces critères celui de la faute. Est-ce que la photo ainsi diffusée à l'insu du sujet cause préjudice à ce dernier?

Tout cela étant pondéré, je dirais que notre prof de cuisine n'a pas de cause pour poursuivre la blogueuse; elle peut légitimement lui demander de retirer sa photo du blogue. La photo est neutre et a été prise dans un lieu public où la prof donnait une prestation publique. En fait, la dame devrait être honorée qu'une inconnue lui fasse bonne publicité sur son blogue personnel d'amoureuse de bouffe, tout en lui attribuant en règle tous les crédits de sa recette, et en partageant ces informations avec sa communauté d'intérêt. Quoi de plus noble!

Blogosphère : quelle est la règle? Je crois que le bons sens persiste en ce monde comme en celui-ci, mais je ne sais plus trop : les nouveaux moyens d'expression me transportent dans un environnement ouvert, libre, et qui m'appert un peu différent de celui de tous les jours où je sors dehors et me trouve parmi mes compères avec qui j'ai appris à coexister grâce à des règles de civisme bien établies. Zoreilles me faisait un commentaire sur un billet que j'écrivais à mes débuts en ce monde, concernant le fait de protéger l'identité des individus, autant dans les textes que dans les photographies, ce qui semblait limiter occasionnellement la diffusion de certaines photos qu'elle aurait bien aimer publier. Qu'en est-il si je diffuse à leur insu, la photo de mon chum, des membres de ma famille ou celle de mes amis, sur mon blogue ou même sur Facebook? Si je vois les Beatles dans la rue lors d'un voyage à Londres et que, tout en criant "chéri, c'est les Beatles", je fais un snapshot que je m'empresse de publier sur mon album de voyage virtuel, suis-je en défaut? Si oui, does anyone care - et je crois que c'est plutôt cela ma question.

On s'entend que l'on détient maintenant des armes de diffusion massive et que la bonne foi des citoyens ne suffit pas pour assurer une certaine retenue. Mais doit-on se retenir ou est-ce que le droit à l'expression - avec moins de contraintes - vient de pair avec l'Internet? Help me understand - non que je craigne des poursuites, mais des fois, j'oublie que tout le monde n'est pas comme moi : je m'en fous de savoir où, comment et combien de fois je suis, car je ne m'inquiète pas de savoir qui je suis.

mercredi 29 août 2007

constructif et postille / facebook

Cela me trotte dans la tête depuis quelques semaines et ça me gêne un peu d'en parler. Le constructif et la postille : ça vous dit quelque chose? Contexte : dans le métro, un matin, alors que je ne lis jamais les journaux gratuits (je m'accorde ce quinze minutes de transport pour faire mes études sociologiques), je lis rapidement un titre de chapitre dans le livre d'une dame assise : constructif et postille. Ah oui, bien sûr, il s'agit d'un manuel de grammaire française. Du coup, je me souviens que je ne me souviens plus du tout de tous les termes utilisés au primaire et au secondaire par nos professeurs et nos manuels d'instructions, pour nous enseigner la manière de bien écrire : propositions de toutes sortes, prépositions , pronoms, verbes, sujets, compléments sont à peu près tout ce qu'il me vient maintenant à l'esprit. Mais je sais, je sais très bien qu'il existe dizaines de mots pour qualifier les parties de phrases, textes, temps de verbe, etc., dans leurs ensembles, sous-ensembles, des mots qui font dès lors partie d'un passé préhistorique (Omo-Erectus, please help me) ou encore du jargon propre aux enseignants et qui m'est à ce jour aussi méconnu que le jargon informatique ou juridique. Ma curiosité m'a poussée le soir-même vers mes dictionnaires : "constructif" me fut défini comme un adjectif positif (critique constructive); "postille" était absent. J'aurais dit "la postille", plutôt que "le postille", mais de toute façon, rien à ce sujet, sauf "il postile" en italien, ou encore mon chum qui me dit que ça sonne comme un mot créole. Dès lors mon profond embarras : est-ce mon imaginaire qui a inventé ces mots, ai-je mal lu le titre que j'apercevais à l'envers de ma place dans le métro? Car je vous jure, dès que je les aperçus au haut de la page du livre, mon esprit était déjà en colère qu'il nous fallut apprendre ces mots ardus entre l'âge de 6 et 16 ans pour ne plus jamais avoir à les utiliser! Je suis en ce moment bien humiliée car en plus de ne pas avoir de mémoire, je crois que je lis des mots qui n'existent pas. J'aurais dû me fier à mon premier réflexe de demander à la dame de vérifier la couverture de son livre et m'assurer qu'il était bien écrit en français.

Sujets qui me venaient à l'esprit lorsque je pensais à écrire ce billet, mais sur lesquels je n'ai pas eu le temps d'élaborer : tout travail intellectuel que j'encourage, incluant les sudoku; les mots croisés - quand j'étais adolescente, en Europe, nous adorions les mots croisés, il y avait une série de revues qui s'appelaient Sport Cérébral (tout comme le sport physique qui exerce le corps, le sport cérébral exerce les méninges); la Dictée des Amériques - fantastique challenge, un trésor de passe-temps, et bien d'autres.

Aujourd'hui, l'apprentissage du français se poursuit pour moi en écrivant et en lisant : livres, journaux, revues, vos blogues, et Facebook...

Autre nouveauté virtuelle dans ma vie cette semaine : je réponds à l'invitation de 2 amis à me joindre à Facebook. Je dis déjà "amis" car tout le principe est là, se faire des amis. Très facile à utiliser, on crée intuitivement sa page personnelle, on y colle des photos comme sur un babillard et on consulte le répertoire spatial pour partir à la recherche de toutes les personnes dont notre mémoire nous donne à nous souvenir. Après, on les invite à devenir, ou redevenir nos amis. J'ai ainsi "trouvé" mes fils sur Facebook; ils ont respectivement 65 et 88 amis. Je les ai "invités" à devenir mes "amis"; un seul m'a répondu, je crois que l'autre est plutôt gêné, car dès qu'il "acceptera", tous ses amis sauront que je fais partie des siens, photo à l'appui. J'ai aussi retrouvé certaines personnes avec qui j'avais perdu contact. Le monde virtuel permet aux plus gênés de se dévoiler devant la face entière du monde; Facebook, étonnamment, leur permet de se montrer tels qu'ils sont, à peine modifiés, sans pseudonyme.

Je me suis ensuite demandé pourquoi des gens "sérieux" (je m'inclus en général là-dedans, dans une catégorie opposée à ce qui est branché et futile, mais l'usage intensif et croissant de mon ordi et du monde virtuel m'indique que je me contamine), donc pourquoi des gens sérieux s'abaissent à faire ce genre de choses, c'est-à-dire à s'exhiber mollement devant la planète entière, photos, cartes souvenirs, commentaires gnan gnan, dates de naissance en prime. Il m'a semblé, depuis l'utilisation que j'en fais depuis 3 jours, qu'il ne s'agit de rien d'autre qu'un immense concours de popularité. On y participe en secret car c'est virtuel mais aussi en réalité puisqu'on y "rencontre" de vraies personnes, de vrais amis de surcroît. J'ai comme l'impression que lors de mon prochain souper entre amis, je serai plutôt gênée d'en parler... Car en fait, il ne se passe rien sur Facebook, on n'y apprend même pas le français pour tout dire; on sélectionne avec notre souris différentes options pour modifier son profil, inviter des amis et leur faire une petite tape sur l'épaule virtuelle. C'est comme être dans un bar, donner des bises à tout le monde, scruter la porte d'entrée pour tenter de reconnaître parmi les siens tous les gens qui y entrent, et n'avoir aucune conversation à faire, checker le linge, les souliers, combien on dépense... En plus, quand je m'occupe à me faire des amis devant mon écran, et bien je tourne le dos à mon chum. Quand vient son tour, car lui aussi veut jouer - d'ailleurs, je l'ai invité à être mon chum sur Facebook, il a accepté et on a maintenant une "relation" - quand lui est occupé sur l'ordi en me tournant le dos, j'ai hâte qu'il finisse pour reprendre ma place. Jusqu'à présent, c'est chouette, c'est un outil de réseautage très puissant, pour autant que les gens intéressants en fassent partie. Je me suis fait 16 amis en 3 jours. Mais je crois que j'arriverai bientôt à la fin de mon émerveillement et que la critique deviendra plus acerbe; j'entrevois le "déshumanisant" qui se fraye un chemin dans ma série de commentaires à venir.

samedi 25 août 2007

la banane, une histoire de famille

Si je dis que je suis une banane, mes origines sont dévoilées; en fait, lorsqu'on me voit, ça donne le même résultat. Je m'explique : chaque fois que je fais affaire avec un commerçant asiatique et que je m'aperçois qu'il parle avec sa collègue en mandarin - langue avec laquelle j'ai un attachement ombilical - je ne peux m'empêcher de lui glisser une petite phrase en chinois. C'est alors que le commerçant comprend que je suis chinoise et que pour que je puisse si bien lui parler d'abord en français ou en anglais, c'est que je suis forcément une banane : jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur.

La banane est ainsi que les chinois appellent les rejetons de leur diaspora. Élevés à l'occidentale et avec une peau jaune (et des cheveux noirs et des yeux bridés). Il va sans dire que le mélange n'est pas à dédaigner, j'y reviendrai.

Petite introduction pour mettre en contexte avant de vanter les vertus de ma famille. Ma famille exerce sur moi une fascination croissante depuis les 10 dernières années. J'y témoigne de modèles d'ouverture d'esprit, de patience, de multiculturalisme, d'apprentissage, de sagesse, d'expérience, de détermination et de plaisir. Comme je parle de plus en plus longuement de ma famille, ma pensée à son égard est éparse et non structurée. Mon billet sera donc long et fragmenté. J'aimerais raconter ma famille comme une belle histoire mais je n'ai pas la plume pour garder le lecteur en attention pendant 5 pages.

Noyau et famille lointaine Ma famille est constituée d'une soeur et un frère, un père, une mère, deux fils, deux nièces, un chum, un chat, et le reste c'est lointain. Comme on sait, les chinois il y en a sur toute la terre, pas juste en Chine; on en aperçoit d'ailleurs quelques uns à Montréal. C'est pareil pour ma famille, elle est partout, donc pas forcément avec nous. En fait, j'ai grandi à des milliers de kilomètres de toute tante, cousine, oncle, grand-parents. Je savais comme tout enfant que j'avais une telle famille mais elle n'habitait pas dans mon quartier et mes parents m'ont dit que tout ce monde vivait à Taiwan. À l'école primaire, il m'était plutôt ennuyant d'avoir à représenter mon arbre généalogique au-delà de ma propre cellule familiale, ne connaissant ni le nombre, ni le genre, ni plus le nom des "relative" de mes parents qui vivaient en Asie. Mes parents essayaient tant bien que mal de traduire phonétiquement le nom de ces personnes, ça finissait par n'avoir aucune allure. Ainsi, à ce jour, je ne connais pas le nom de ma grand-mère ou de mon grand-père, d'aucun bord qu'ils soient, et cela n'a aucune importance. Lorsque j'ai le privilège de rencontrer ma seule grand-mère encore vivante, je l'appelle tout simplement "hamma", quelque équivalent de "Granma", I guess.

Mes parents ont beaucoup voyagé depuis le début de leur vie adulte. Ils ont eu la chance et le courage de partir de leur pays natal et aller voir ailleurs, pour le meilleur et pour le pire. Je ne sais pas s'ils se sont mariés il y a quarante quelques années en Asie ou en Europe, mais ils ont définitivement procréé en Europe. Toute la gang de miouffes est née là, pendant une dizaine d'années de biberons, couches, crèches, et maternelles. Des revirements d'études, carrières, jobines, amitiés, rêves, ont emmené notre famille en Amérique il y a 25 ans. J'ai donc été élevée à la blanche mais en mangeant du riz, en buveant du thé et plus tard du café instantané. Ma mère cuisinait du steak, du spag, du gâteau au zucchini, mais à sa façon. Nous passions des après-midi entre soeurs et mère à confectionner des dumplings (c'est maman qui roulait la pâte) que l'on faisait ensuite bouillir et poêler, pour finalement les dévorer goulûment, avec des échalottes et une sauce soya vinaigrée à l'ail et au piment. Notre petite maison à Brossard, acquise sur le tard, était bordélique et décorée sans grand goût. Mes parents étaient amis avec tous les voisins de la rue, qui en ce temps comptaient des québécois, des hindous, des chinois. Papa et maman ont toujours travaillé; leurs activités extracurriculaires consistaient à étudier le soir pour mon père (il a fait ça pendant des années alors qu'il possédait déjà un doctorat parisien des années 60 - what do you think he does with his brain...), puis enseigner et coordonner les activités pour l'école chinoise hebdomadaire du samedi. Là, nous rencontrions notre autre famille, les amis chinois vivant au Québec, ceux qui devenaient les meilleurs amis de la famille, qui mangeaient chez nous le week-end ou qui nous recevaient. C'est encore pour les enfants de ces familles que mes parents se déplacent à travers le monde pour assister à mariages et réunions.

Mes parents Mes parents sont partis du Québec il y a dix ans, pour aller travailler au Far West. Comme en 1849, alors que la ruée vers l'or attirait grand nombre d'asiatiques pour construire les chemins de fer, le Far West continue encore à exercer cette attraction magique. Personnellement, je ne crois pas que c'est le cash qui m'attire là-bas, c'est plutôt la mer. Pour les chinois, c'est plus naturel là-bas que sur la côte est, parce que si on regarde bien vers l'océan par-dessus le Golden Gate, on voit des fois la Chine...

J'ai une grande admiration pour mes parents depuis que je ne vis plus avec. Ils demeurent pour moi un modèle de savoir être. Ils sont chinois et occidentaux tout à la fois, ils sont des citoyens du monde. De toutes les cultures qu'ils ont embrassées, ils ne gardent que le meilleur.

Ma mère Femme formidable s'il en est une - mon père disait récemment qu'elle était parfaite - c'était mon ennemie jurée lorsque j'étais petite et adolescente. On criait, se chicanait, je faisais mal à ma soeur, je mentais à ma mère; on pense que les familles chinoises sont calmes mais nous, on ne se gênait pas pour faire du bruit. Mon tempérament colérique, je sais d'où il vient. Quand j'étais adolescente et rebelle, je tenais ma mère à l'écart de tout, je ne lui rendais jamais les comptes que fille rend à sa mère; je lui en ai fait baver mais je sais aujourd'hui qu'au fond d'elle même elle était forte et confiante, elle me laissait prendre ma place, affirmer ma personnalité. Ma mère est une dame très sociable et elle a donc développé de nombreuses amitiés dans tous les milieux, au travail, dans sa communauté, dans son voisinage. En immigrant aux États-Unis dans la mi-cinquantaine, elle a dû se trouver un emploi et a jobiné un peu partout, notamment dans des écoles auprès d'enfants qui ont des difficultés d'apprentissage. Au fil du temps, maman a pris des cours d'espagnol, est allée faire une immersion d'un mois au Mexique, a fait ses cours et obtenu un diplôme d'enseignement et a entamé une carrière d'enseignante à plus de soixante ans. Détermination, force de caractère, je l'aime, je l'aime!

Mon père Il est une personne admirable et inspirante. Lorsqu'il était jeune, il se passionnait pour la musique classique et aurait voulu jouer du violon; sa famille étant pauvre, il n'en a pas eu l'occasion. Dès que mon frère fut en âge d'apprendre le violon, mon père a fait ses classes avec mon petit frère, les deux s'encourageant mutuellement dans leur apprentissage. Mon frère joue encore du violon à ce jour, mon père n'en joue plus mais je crois qu'il s'est bien contenté. Dès mon enfance, mon père possédait une riche bibliothèque de romans classiques français, anglais et américains; il était fou de Balzac et nous avions bien sûr toute la Comédie Humaine que j'ai entamée dans mon adolescence - ce n'était pas le bon âge, j'ai raccroché. Papa disait qu'à sa retraite, il traduirait Balzac en chinois, je trouvais cela un peu ambitieux. Mais voilà, ce genre de trucs, mon père il fait. Lorsqu'il est parti au Far West (plusieurs années avant que maman le rejoigne), il passait ses week-ends à se promener en nature, découvrir les parcs nationaux. Il a ainsi initié maman au hiking et organise régulièrement pour la communauté chinoise des excursions en nature. Les grands espaces, la faune et la flore lui inspirent calme et sérénité; il en est imprégné. Papa a été forcé à la retraite il y a un an environ. Il court quelques kilomètres dès son réveil, fait quelques exercices, un peu de ménage, lit les journaux, écoute de la musique et se met à la traduction. Ses goûts ont évolué depuis Balzac et il traduit maintenant son 2e ouvrage, de l'anglais au chinois. Il a des cahiers gribouillés de chinois, pas mal magnifique!

Ma soeur, mon frère, mes nièces, mon chum et mon chat Ce sont des êtres de grande exception, je suis sure de pouvoir en reparler dans des billets séparés, j'en ai déjà envie.

Mes fils Une bonne étoile veille sur mes fils depuis leur naissance et je souhaite qu'elle ne les quittera jamais. Ils sont riches de deux origines et sont donc un mélange heureux de différentes couleurs et morphologies. Un professeur d'école primaire nous indiquait hier qu'ayant demandé à ses élèves d'écrire au tableau leurs origines, il s'était retrouvé avec un plus grand nombre de nationalités que d'élèves. Mes fils parlent le français et l'anglais comme la plupart des flos de leur âge; ils sont élevés en ville, partagent la même chambre et habitent deux maisons puisque leurs parents sont séparés depuis leur tendre enfance. Je ne fais jamais le taxi pour eux ni leur épicerie; ils vont et viennent, travaillent d'été et CEGEP d'automne, shows occasionnellement, ont une éducation pluriculturelle et artistique, sont cool, so cool, I love them. Ah, et puis eux aussi, ils m'aiment, ça adonne bien. Ils ne parlent pas chinois car j'ai toujours parlé français, ils n'en éprouvent pas le besoin pour le moment; ça leur viendra bien un jour, laissons-les grandir.

Ma tante, mon oncle et ma cousine Ils font partie de ma famille lointaine mais récemment, ils ont décidé de s'installer au Far West pour que leur plus jeune fille, 16 ans, élevée à Taiwan et 1ère de classe, puisse étudier dans les meilleures universités du monde. Je les ai donc rencontrés lors de mon dernier séjour au Far West. Ma tante baragouine l'anglais, son mari ne parle que le chinois. Il ne conduit pas car la superstition prévoit que cela lui porterait malheur. Ne pas conduire en Amérique, c'est comme un handicap, disons. Il a grandi sur la ferme et connaît très bien l'agriculture. Puisqu'il est maintenant retraité, il s'occupe toute la journée de son jardin où il cultive courges, fraises, carottes, patates, en recyclant l'eau de pluie et en ayant confectionné tout un système de pentes et d'irrigation dans sa cour pour ne pas avoir à arroser souvent. Il fait cela à la perfection, ne parle à personne car il n'est pas sociable et se contente de peu. Ma tante, la petite soeur de maman, est comme maman mais en moins raisonnable; elle est ambitieuse et décide de tout pour tout le monde sans rien analyser, une vraie tornade, une espèce de petit monstre. À côté d'elle, on voit tout de suite que ma mère est parfaite. Je ne sais pas si ma tante et mon oncle sont équipés pour vivre en Amérique. Ma cousine elle, elle ne dit rien, elle vivra avec la décision de sa mère... Au fond d'elle même, elle aimait bien mieux sa vie à Taiwan, pourquoi tous ces changements? Et puis, après tous ces sacrifices de sa famille pour ses études, pensez pas que la petite devra rendre des comptes?

Ma grand-mère Ca c'est le grand finale! J'ai eu l'immense privilège de croiser ma grand-mère de 90 ans lorsque j'ai visité mes parents au Far West cet été. L'ouverture d'esprit, ça vient d'elle, c'est sûr! Je lui présente mon chum, visage pâle aux yeux verts et elle l'accueille avec un grand sourire. Elle fait beaucoup de gestes puisqu'elle ne parle ni anglais ni français. Lorsque je lui parle en chinois, elle est toute là, bien lucide, elle voit et entend tout. En plus, elle comprend. En plus, elle radote pas. En plus, elle n'impose pas ses idées. Le matin, elle marche jusqu'au parc, fait ses exercices, puis revient pour balayer l'entrée, ça la dégourdit, elle aime avoir ses petites tâches ménagères. Maman, qui a congé cet été, passe beaucoup de temps avec sa mère; elles se racontent des histoires. Le soir, elles écoutent ensemble de vieux films noir et blanc. Lorsque ma grand-mère reprendra l'avion pour Taiwan cet automne, qui sait si elles se reverront sur terre?

À suivre Comme mes parents reviennent à Montréal annuellement en décembre, ils vivent une semaine avec nous dans notre 4 1/2. Nous faisons une réunion de famille et c'est toujours une grande fête où le bonheur est palpable, on est content d'être ensemble, on est heureux. Je réécrirai sans doute à cette occasion dans quelques mois.

Pourquoi ai-je raconté cela? Est-ce que tout le monde parle de sa famille? Je crois que c'est parce que je suis particulièrement fière de la mienne, que je retrouve en elle des réponses à plusieurs questions, des façons d'être une meilleure personne.