dimanche 12 août 2007

voyage au far west, ou la place de l'homme dans l'univers

Je reviens d'un périple de 2 semaines dans le Far West avec mon homme. Un petit privilège que mes occupations bourgeoises me permettent. C'est toujours une grande chance de pouvoir voir ailleurs. Mon voyage m'a emplie d'émerveillement et de stupéfaction, que n'ont pu reproduire fidèlement les centaines de clichés que nous avons pris a la volée.

Voici : l'Amérique est terre de contradiction. Vous vous en doutiez.

Pendant 2 semaines, nous avons témoigné de la plus splendide nature. La côte pacifique exhibe son éternelle nuit de noces alors que l'océan dévore passionnément la terre. Le Grand Canyon donne le vertige et sa vasteté nous déstabilise : on a envie de toucher l'écran de cinéma tellement on n'est pas habitué à une telle perspective. Death Valley est la rencontre du désert et de la montagne, d'une aridité à faire tomber vos oreilles de sécheresse, un paysage totalement fantastique. Yosemite est la plus généreuse des natures, où les pins coexistent avec le granit. L'odeur des arbres, les caméras numériques ne transmettent pas encore. Vous avez reconnu les clichés et ils n'existent pas pour rien; la réalité est transcendante.

En Amérique, la nature nous offre majestueusement sa grâce; malheureusement, l'homme ne s'en contente pas et la scarifie d'horribles graffitis : autoroutes, centres d'achats, casinos. En Amérique, il est incontestable que la beauté émane de la nature et que la laideur émane de l'humain. À fort exemple : Las Vegas, où pullulent la perdition et le vice; l'homme s'y croit tellement important qu'il s'y érige des hôtels de 15000 chambres, s'y construit des fontaines de 100 pieds de haut avec de l'eau qui vient d'ailleurs, s'y climatise et s'y éclaire jour et nuit avec des milliers de watts, s'y crée des terrains de golf out of the desert, et y dépense l'argent qui sauverait son frère... Attention jeune fille aux vertes ardeurs, vous vous emportez! Vegas fut pourtant pour nous une halte souhaitée, permettant de voir le spectacle The Beatles : Love. Très bien monté, de la qualité, what a show! All you need is love, qu'ils disaient... comme si Guy Laliberté n'aspirait qu'à recevoir de l'amour.

Mon billet se réserve le droit d'être direct; il résulte de pures impressions, et non d'une mure réflexion. La contemplation de la nature, que les Etats-Unis rendent accessible à un grand nombre, déplace les paradigmes. Paradoxalement, on accède à cette nature en automobile : les distances sont longues, les routes magnifiques et pénètrent harmonieusement au creu de la nature; il serait tellement bien de pouvoir se déplacer plus proprement. Le pétrole qui se consomme dans ce pays, c'est pas croyable! Il faut faire autrement...

Je débute la lecture d'un bouquin : Collapse, de Jared Diamond, ou : quels sont les facteurs (environnementaux, humains, sociaux) qui contribuent au déclin d'une civilisation. Cela donne un bon complément de réflexion à mes constatations durant le voyage. La place de l'homme dans l'univers est à peu près insignifiante; faut-il y accorder de l'importance? Est-ce présomptueux de même se poser la question?

1 commentaire:

Zoreilles a dit...

Quelle belle réflexion, un autre magnifique billet. Je vous ai lue comme un déballe un cadeau et vous faites partie de mes coups de coeur, ceux que j'inscris à droite de mon blogue, des liens virtuels précieux, des sentiers agréables que je suivrai toujours avec bonheur.

Longue vie à votre blogue, votre chez vous très accueillant pour les visiteurs que nous sommes, nous serons de plus en plus nombreux, je le sens, mais quand même, continuez d'écrire pour vous faire plaisir.

Je partage avec vous ces mots que j'avais écrits un jour pour débuter une soirée littéraire que j'animais. Je vous les offre, parce que je crois que vous vous y reconnaitrez sûrement.

Le plaisir, en définitive, tient à bien peu de choses, de toutes petites missives, des gestes que l'on pose mais quand la flamme se ravive, que dans un élan on ose, quand le meilleur de soi parvient à l'apothéose... Et si j'osais vous dire, vous partager ma prose, ma plume va-t-elle souffrir que votre regard s'y pose? Que mes mots vous séduisent mais jamais ne s'imposent parce que quoiqu'on en dise, je suis une femme de cause. Qui cause et qui cause et qui cause...