dimanche 25 novembre 2007

ma meilleure amie et mes 65 friends

Définition du mot "ami,e" dans Le Petit Larousse (éd. 1998) : Personne pour laquelle on a de l'amitié, de l'affection, ou avec laquelle on a des affinités.

J'aimerais avant tout mettre au clair que je considère mon chat comme un ami, même s'il n'est pas un hominidé et qu'il soit plutôt poilu. Affaire classée.

Il y a classement dans l'amitié. Il y a dans ma vie :
- mon chum (une autre classe à part)
- ma meilleure amie
- mes meilleurs amis
- nos amis habituels
- mes nouveaux amis
- les amis de mes amis
- mes amis annuels
- mes amis occasionnels
- mes anciens chums
- les blondes de mes anciens chums
- mes connaissances
- les amis de mon chum
- les amis de la job
- mes relations professionnelles
- les amis de la famille
- les membres de la famille qui sont aussi des amis
- mes amis de Facebook
- mes amis de plume, de blogs,...

Mais qu'est-ce qui définit donc ce lien si précieux qu'est l'amitié - la définition du Larousse est peu éloquente à mon goût. À partir de quel moment devient-on des amis? Il y a certainement des critères liants : la sincérité, l'authenticité, la fréquence, la longévité, l'intensité, la nature des expériences partagées, le respect, la difficulté, l'effort requis, etc.

Je vois ma meilleure amie une ou 2 fois par année; je me passe très bien d'elle jusqu'à ce que se représente sa fête ou la mienne. On se téléphone aussi rarement que l'on se voit, je ne l'appelle pas lorsque je change de maison, de quartier ou de job. Je crois par contre que je l'appellerais si j'étais en peine d'amour. Quand on se voit ou que l'on se parle, on rattrape le temps perdu mais sans s'en vouloir de l'avoir passé chacune de son côté. On n'a pas besoin d'être polie l'une envers l'autre quoi que l'on fasse attention (maturité oblige). On respecte nos opinions, on abonde en ce sens, mais on discute fermement et sans tabous. Elle est ma meilleure amie parmi d'autres simplement parce que ça en prend une, et que c'est la personne qui est dans ma vie depuis le plus longtemps et avec qui j'ai partagé des moments privilégiés : nous avons été colocs dans notre premier appart en ville, nous avons partagé des repas, des nuits blanches et des chicanes, nous parlions de nos premiers amours de grandes filles, nous sommes devenues mamans la même année, elle a assisté à mon premier accouchement (ô merci brave demoiselle!), elle m'a hébergée et on s'est remises à sortir dans les bars quand je me suis séparée, elle n'a jamais déménagé dans un autre pays, j'ai travaillé pour son papa et côtoyé son cercle d'amis - ce qui a probablement contribué au fait que nous soyons encore en contact, et ainsi de suite... Bien sûr, je pourrai tout le temps compter sur elle, et vice versa, sans condition. Elle m'a offert un jour un livre de photographies, intitulé "Vive l'amitié" du collectif M.I.L.K.; toutes les photos y montrent des gens qui rient ou sourient, partagent ensemble des moments de plaisir. Dans la vraie vie, c'est aussi avec nos amis que l'on partage les moments de peine.

Bon : ma meilleure amie n'a pas besoin du qualificatif de "meilleure" amie, je suis sure qu'elle ne connaît même pas son statut spécial et que ça ne change rien dans sa vie ni dans la mienne.

Les autres, à c't' heure, qui sont-ils?
- il y a les amis d'enfance : j'ai vécu dans un autre pays jusqu'à l'âge de 14 ans; il y avait alors dans ma vie :
- les amis de la petite école : je n'ai aucun souvenir des mes amis d'école jusqu'à environ l'âge de 10 ans, je n'ai que de vagues souvenirs que les enfants étaient en général méchants;
- les amis de la famille : mes parents étant adultes avaient leur cercle d'amis; leurs enfants sont automatiquement devenus nos amis et certainement les gens que l'on voyait le plus souvent; je vois encore beaucoup d'entre eux 1 fois par année;
- les amis de la jeune adolescence : à 10 ou 11 ans, nous étions les personnages de Grease. J'étais ou voulais être Sandy (il y avait certes de la concurrence dans la classe) et bien sûr, Daniel était Dany (c'était vraiment mon amoureux dans la vraie vie). Il y avait aussi les classes neige et comme nous devions partager une chambre de 4 pendant une semaine, tu comprends que les amitiés se sont manifestées clairement à l'occasion du choix des roommates : elle, elle, elle, pis pas elle;
- le secondaire : mes parents ont décidé de m'envoyer au privé à ma 1ère année du secondaire; j'ai rompu avec tristesse les liens avec mes amis qui allaient au lycée public. J'y ai rencontré d'autres amies - le statut social ne faisait aucune différence quant à la possibilité de se fréquenter. Je suis retournée à l'école publique dès la 2e secondaire et j'ai retrouvé mes anciennes amies; nos liens s'intensifiaient avec le vent de liberté qui soufflait sur notre adolescence. On se parlait des vraies affaires : sortir, les mecs, les boums, etc.
- le Canada : j'ai quitté mes amies pour aller vivre à Montréal, Québec, Canada, Amérique. Arrivée au pays, j'avais l'avantage de parler français mais ce n'était pas exactement la même langue. J'ai retrouvé les amis de la famille qui avaient adopté le Québec avant nous; ils m'ont appris le québécois;
- je suis rentrée à la polyvalente et me suis fait quelques amis. Je faisais toujours l'apprentissage du patois et du joual - que je maîtrise à ce jour avec grand succès, je m'en confesse. Au bout des 3 ans que j'y ai passé, j'ai développé une solide base d'amis, celle qui inclut aujourd'hui ma meilleure amie, mon premier chum que je vois encore, et 5 ou 6 bons amis, en plus de tous les amis de mes amis ainsi que ceux que j'ai revus aux retrouvailles du 20e du secondaire; je les connaîtrai toujours et les replacerais sans hésitation si je les croisais par hasard dans la rue : à cet âge, notre mémoire est formée et les moments vécus sont indélébiles;
- après, ça a été plus vite. J'ai rencontré et formé des amitiés avec encore plus de monde pendant ma vie adulte; connu plein de monde dans les bars (dont 2 de mes chums - des vrais, pas des relations de courte durée); j'ai vécu avec une horde de 5 ou 6 meilleurs amis que je voyais régulièrement pendant 2 ans et avec qui je célébrais Noël, le Nouvel An, le canot camping, le massage, les partys, les fondues chinoises, ainsi soit-il.

J'écris sur l'amitié, car en cette année qui souligne le 40e de plusieurs dans mon entourage, j'ai témoigné de nombreux hommages éloquents à l'amitié. Ma blonde chum a notamment consacré plusieurs heures et sacrifié des nuits d'amour, à confectionner un montage photos pour ma fête, à faire un vidéo pour la fête de l'autre et a déclaré que malgré le temps qui passe et nos chemins divergents, on ne devrait jamais cesser de se voir, de rester des amis. Je crois qu'on ne cesse pas de rester des amis dès lors qu'on le devient; l'amitié ne se défait pas. Seule la grande trahison peut la rompre (ça arrive).

La force de l'amitié : j'ai retracé sur Facebook une de mes amies d'adolescence européenne. Je ne l'avais connue qu'une seule année, celle de mes 13 ans, juste avant que je parte pour le Canada. Nous étions alors de vraies amies malgré la nouveauté de notre connaissance (le critère liant s'avérait dans ce cas l'intensité), on s'est écrit pendant plusieurs années après mon exil en Amérique; elle est venue me voir à Montréal mais nos vies avaient changé : j'étais jeune maman et elle était en voyage avec son amoureux; je pense que nous n'avions pas grand chose à partager à ce moment-là. Nous avions perdu contact après cette rencontre il y a près de 20 ans. Je l'ai retrouvée récemment virtuellement et nous sommes toutes les deux bien heureuses de renouer le fil de l'amitié et déterminées à ne pas le lâcher.

Facebook : mes 65 friends de Facebook n'incluent pas ma meilleure amie, ils incluent mon chum, des amis, des connaissances, des relations de travail et du monde d'un tout autre univers, incluant plusieurs personnes que je n'ai jamais rencontrées physiquement. Je fais partie d'une communauté de blogueurs qui partagent des intérêts communs, cela fait-il de moi votre amie?

Et puis finalement, peu importe... ayons du plaisir et partageons-le!

"Les vrais amis sont ceux qui lorsque vous faites le fou... ne pensent pas que vous l'êtes en permanence" - Erwin T. Randall

samedi 17 novembre 2007

vroum vroum vers la prison

Meatball666, je m'incline tout d'abord pour vouloir aborder un sujet que je ne connais pas intimement : je vais tenter de parler des peines d'emprisonnement. Je ne parlerai ni de l'incarcération ni du système correctionnel. Je ne parlerai que de la seule perspective que je connaisse, soit celle du public qui regarde avec des yeux horrifiés des humains faucher la vie à d'autres humains de façon préméditée ou par négligence (oups, pas fait exprès...). On appelle cela soit des meurtres soit des accidents, quand on est clément : j'ai eu un moment d'absence, j'ai rien vu, je savais pas, je me suis échappée, etc.

J'ai envie d'écrire ceci depuis le 1er novembre, lorsque j'ai lu que le jeune Brandon Pardi et son copain avaient filé et coursé à toute allure dans une rue de l'Île Perrot et dérapé à 8 roues sur le gazon, enlevant la vie à Bianca Leduc. Ça arrive souvent, je ne sais pas quoi dire, mon plus vieux dit qu'après ça on dit tout le temps que les jeunes sont cons et imprudents, blablabla... Peu importe l'âge des protagonistes, il y avait 3 personnes dans le film, il n'en reste que 2 et je crois que la 3e n'a pas eu son mot à dire. Me Pierre Joyal, l'avocat de Pardi dit en parlant de son jeune client : "On a déjà perdu une vie dans cet incident, on va essayer de ne pas en perdre une autre".

Cette nouvelle arrive comme les centaines de faits divers dans l'univers médiatisé des errements humains. Ceci dit, elle attire davantage mon attention du fait que l'on réévalue dans ce cas-ci le type de tribunal (adultes ou jeunesse), de sentence, whatever can give a lesson to 2 negligent people, le tout avec une apparence de justice. En fait, jusqu'à ce jour, ça a coûté quelques milles aux parents des accusés, une impossibilité de conduire un véhicule, la vie de la victime, des funérailles, pis des copies de journaux. Ça me choque juste légèrement que l'on utilise deux poids deux mesures : assez responsable pour utiliser un char mais pas assez pour être jugé comme un adulte malgré ses 18 ans. La saga continue... bonne chance les gars, soyez de meilleures personnes; anyway, on veut pas vous mettre en prison, on n'a pas de cash pour vous nourrir en dedans, vous payer la TiVi, vous donner des livres, puis vous rééduquer; demandez donc à vos parents de payer une caution pour nous avoir dérangés, pis on s'en reparle au tribunal dans quelques mois.

Tribunal : mon chum est allé témoigner en cour comme seul témoin d'une agression par un fou qui a séquestré une femme; il s'est présenté 3 fois (3 jours de travail manqués); chaque fois il y manquait soit la victime soit la volonté de celle-ci de porter plainte; le tribunal a finalement laissé tomber... On ferme le dossier. On ne sait pas ce qu'il advient de l'accusé, de la victime, pis t'sais quoi, on s'en balance en autant que tout le monde soit payé pour les inconvénients; l'aide juridique, les juges, le personnel de la cour, c'est nourri par les sous de ceux qui se lèvent le matin pour gagner leur vie.

Revenons aux 2 jeunes accusés. Je réfléchissais à ce que je jugerais adéquat comme sentence ou leçon par lesquelles les gars pourraient apprendre à devenir des êtres meilleurs et contribuer à l'amélioration de l'humanité. Dans mon esprit l'emprisonnement à vie aurait été démesuré. Je pense à mes fils de 16 1/2 et 18 ans qui iraient en prison le restant de leurs jours pour avoir conduit un peu vite? Non, exagéré; mais ne rien faire ou donner une punition insignifiante voudrait dire à tous qu'il n'est pas grave d'enlever la vie à quelqu'un de façon accidentelle, tiens, voici votre amende. Je demande l'opinion de mes 2 fils ados. Très éclairé, un des deux me dit qu'il faudrait une peine exemplaire, car quand même, les conducteurs dépassaient la limite de vitesse, ils ont été négligents, etc. Bien pensé. Mais quoi, quelle peine?

Prison à vie : 25 ans et au bout de 15 ans, on réévalue ton dossier. Si les jeunes sont jugés au tribunal de la jeunesse - ce qui sera probablement le cas - ce sera 3 ans plutôt que 15. 3 ans de tôle pour avoir fait le con à bord d'une voiture alors que tu dépasses la limite, t'as pas ton permis pis tu tues quelqu'un, on est vraiment chic au Canada. Le Country Club, comme dirait mon chum.

D'ailleurs, z'avez rien qu'à penser aux accusés dans les autres pays, notamment notre Ronald Allen Smith qui risque la peine de mort au Montana (on meurt tous, en passant), simplement parce qu'il a fauché la vie à 2 autres personnes en tirant volontairement dessus. J'ai l'impression que le système judiciaire au Canada, c'est pas si sévère. On croit en la réhabilitation (moi aussi) : c'est chouette la psycho-rééducation et la clémence mais je crois sincèrement que compte tenu des ressources qu'on n'y met pas, c'est peu efficace, et ça requiert comme conditions de succès un système de valeurs vertueuses et responsables, un très bon système d'éducation et de prévention. Sinon, il reste la répression, la coercicion, ce dont on ne veut pas (Chine, Myanmar, dictatures, etc.). Mais ici, on ne fait ni l'un ni l'autre; c'est comme tout ce qu'on fait : modérément, jamais résolument.

Le consulat canadien prévient les incarcérés à l'étranger : "En tant que Canadien détenu dans un pays étranger, vous connaîtrez des conditions de vie qui seront peut-être éprouvantes et déprimantes."

...

Quelques nouvelles d'ici relevées dans la presse depuis le 1er novembre :

- Jean-Louis Vézina, 66 ans, comparaît sous pas moins de 15 chefs d'accusations de nature sexuelle : engagé pour un montant de 5000$ jusqu'à son jugement ce mois-ci;
- Éric Bouchard-Arnold, 22 ans, cause la mort de 2 personnes et blesse gravement une 3e par la conduite avec capacité affaiblie (on dirait autrement qu'il était "saoûl"), commet ensuite un délit de fuite. Il a DÉJÀ un dossier pour conduite en état d'ébriété, et a une cause liée aux armes à feu; il déclare : "Je suis désolé pour tout ça. Je compatis avec les vicitimes..." : 6 ans de pénitencier;
- Réjean Paquet, 42 ans, arrêté pour la 8e fois pour conduite avec capacités affaiblies. Il roulait en sens inverse sur la voie de service de l'autoroute. On attend-tu qu'il en frappe quelques-uns? : attend en prison pour son procès;
- Conducteur fou, 20 ans, cause 2 collisions avec un total de 3 blessés : libéré sous promesse de comparaître;
- Fillette de 12 ans commet 3 meurtres prémédités, jugée au tribunal de la jeunesse : 10 ans de prison dont 18 mois de crédit pour le temps passé avant son procès : reste 8 1/2 ans dont 4 en prison pis 4 1/2 en supervision dans la collectivité (me semble que ça fait ben peur à une 'tite pitoune qui vient d'assassiner son père, sa mère pis son petit frère au poignard);
- Malina Kansy, 18 ans, poignarde 85 fois son conjoint parce qu'il l'a trompée (les gars, il y a pire que le divorce et la pension alimentaire) : prison à vie, soit 25 ans avec admissibilité à la libération conditionnelle après 14 ans.

Ok on met ça au clair : la conduite dangereuse est passible d'un max de 5 ans de prison. Si tu tues quelqu'un, c'est un peu plus (Homolka a fait 12 ans pour avoir commis plusieurs meurtres). Au Québec, je pense que la prison c'est pas si mal comparativement à d'autres endroits sur terre où l'humain est légèrement moins nourri. Ceci dit, même si c'est chauffé en hiver, j'ai pas envie d'y aller, on s'entend. Pis je ne crains même pas d'y aller parce que franchement, ici, faut faire ben du tort avant d'être réprimandé et être obligé de se corriger. Le système judiciaire, c't' une vraie joke! Pis savez quoi, les flics sont trop occupés à coller des tickets au jaywalkers...

jeudi 1 novembre 2007

omo-erectus


Hey, je te trouvai dans le Voir ce matin! Ou serait-ce plutôt ton cousin? Mais voyons, si c'est le cas, comment ont-ils pu prendre sa photo alors que nous n'avons pas la tienne datant de la même époque? Serait-il lui aussi décryogénisé; l'as-tu revu? Bon, un indice si tu le cherches : ton cousin, il pose pour une annonce de char, ça s'appelle au 21e siècle la Ford Focus : accélérateur de vie sociale. Qu'est-ce que t'en penses, toi? Les autres, allez donc lire ce que notre ressucité raconte sur son retour à la vie sociale : http://omo-erectus.blogspot.com/. En tous les cas aujourd'hui, il n'y a plus de lions...