jeudi 27 décembre 2007

mon top 10 de 2007

1. Ma belle-soeur qui est venue au souper de Noël familial dimanche le 23 décembre même si mon frère ne pouvait pas être là car il était malade et fiévreux (je ne le blâme pas : quand je suis malade, j'adore toujours mon lit qui n'est jamais assez chaud quand j'ai froid, je mets mes mains et mes pieds sur les cails pour me réchauffer, je bois du citron chaud au miel, je gobe des Tylenol, bref : je ne sors pas!). Ma belle-soeur est sans chichi, je la connais depuis longtemps mais ne la vois pas très souvent (mon frère : 2-3 fois par année, ma belle-soeur la même chose) et le fait qu'elle soit venue nous voir malgré tout est une très grande marque d'affection envers notre famille.

2. Le blog de Pierre : le monde change et pourquoi pas. Craïsse, c'est tellement bien écrit, érudit, savant, visionnaire, technologique, durable, intelligent, savant (encore), brillant, environnemental, socialement défendable, louangeable, pis c'est mon ami, vous savez, celui qui avait le trac? Longue vie à ton écriture, Pierre, diffuse ton savoir.

3. Les 18 ans de mon fils Gabriel : c'est quand même un milestone. Pour lui, j'imagine bien. Pour moi, beaucoup! Non pas que je vieillis mais ma foi, quel beau garçon, qu'il est adorable, j'ai comme un narcissique sentiment d'accomplissement quand je le regarde. Il est gentil vous savez, mon fils Gabriel. Il aime faire ce qu'il aime, il n'est jamais pressé, il dort beaucoup, il est comme les plus beaux primates, ceux qui prennent leur temps. Et puis, il est amoureux, il est très amoureux, je ne sais pas de qui, mais de la vie, il est toujours heureux et naturellement respectueux. Comme ses grand-parents étaient en visite à Montréal durant la période de son anniversaire, je lui ai demandé s'il acceptait qu'ils nous accompagnent pour son repas de fête : "ben oui, ce serait chouette". Ainsi soit-il, Gab, be happy, always!

4. Mon chum. Évidemment, il aurait dû être en haut de la liste. Il l'est toujours car c'est quand même mon meilleur partner : on part demain dans le sud, on aime faire tant de trucs ensemble (outre les choses que les couples aiment faire : s'embrasser, se faire des câlins, dormir serrés en cuillère, se sourire, faire l'amour, se blottir, se regarder, se téléphoner, se chuchoter dans l'oreille, se regarder avec l'oeil rond, s'attendre, se gratter le dos, se donner rendez-vous, etc.). On achète des mini-maisons, on déménage, on les rénove, on les vend, on recommence, on boit du vin, on fait de la bouffe, on lit, on joue avec le chat, on parle , on discute, on planifie, on reçoit les amis, on grandit ensemble. C'est mon calme et mon moteur, c'est la nourriture de mon coeur, c'est mon océan de bonheur.

5. Jared Diamond : écrivain américain, grand vulgarisateur de l'évolution humaine à travers les lentilles de la biologie évolutionnaire (je sais pas comment ça se dit), la physiologie, la géographie (yes, la géo, les amis, pas l'ethno, la géo), etc. À lire absolument pour qui veut comprendre les humains, la société, l'avenir. Ai lu Collapse cet été, en train de lire Guns, Germs and Steel, et continuerai à chercher son intelligence sur papier.

6. Ipod : bien de consommation des plus électroniques. Je n'en avais pas. Je n'aime pas avoir de gadget : le téléphone mobile n'existe dans ma vie que depuis novembre 2006 alors que ma nouvelle boss m'en confie un avec un numéro de téléphone, c'est un peu comme une laisse. Je l'utilise environ 50 minutes par moi. J'ai reçu mon Ipod à ma fête et contrairement à mon ex-chum, je ne retourne pas mes cadeaux. Je vous avoue que je l'emmène prendre une marche et le métro matin et soir. J'y ai téléchargé 1380 chansons que j'écoute régulièrement en rotation aléatoire. Vive Jobs et ses cerveaux... Il me procurent quotidiennement la compagnie intime de Depeche Mode, Mozart, Brahms, Joan Jett & The Blackhearts, The Beatles, Arcade Fire, Chopin, Mahler.

7. Omo-Erectus, que je découvris en juillet 2007 et qui a disparu de la blogosphère sous ce pseudonyme depuis le 3 novembre (on la connaît la date quand on est un fan assidu) : il m'a donné le goût de commencer à écrire mon blog - c'est clair que j'aime ça - et faire des rencontres et découvertes toutes plus magnifiques les unes que les autres : il y en a une colonne pleine à la droite de mes billets, ceux que j'appelle mes coups de coeur, comme dirait Zoreilles. Omo, tu me manques!

8. spacingmontreal.ca, découvert au hasard d'une recherche sur le quartier Griffintown. Site sur le paysage urbain, bien documenté, mis à jour quotidiennement, qui me fait voyager virtuellement à travers les différents quartiers de ma ville, qui m'informent de ce qui s'y passe. Christopher DeWolf est un chroniqueur d'excellence.

9. Mon chat, Brooklyn, qui nous donne paix et affection tous les jours. C'est comme notre bb poilu. C'est mon premier animal, il nous tient compagnie depuis 3 ans; depuis, j'aime tous les animaux, je ne peux plus m'empêcher d'arrêter saluer et caresser tous les toutous accrochés aux poteaux en ville qui attendent en pleurant leur maître ou maîtresse partis à la banque, à l'épicerie, prendre une bière.

10. Ma petite chum au travail. Elle a 23 ans et une ouverture d'esprit digne d'une grande fille. Elle est dotée d'une extrême intelligence, un peu de perfectionnisme, beaucoup de respect, une curiosité persistante, une goulue gourmandise, un très beau sourire et un fou rire, une écoute patiente, une solide confiance en elle et une valise de tolérance. Elle est un bijou à découvrir et une jeune fille qui a beaucoup à nous apprendre.

Je n'oublie pas mon fils Tom, maman, papa, ma soeur, ma chère soeur, ma magnifique soeur (c'est la même), mon frère, Maestro Nagano et Nézet-Séguin, Monsieur Foglia, les artistes, les écrivains, mes amis, et tous ces humains qui rendent cette vie si agréable. À vous tous : bonne année 2008, soyez en santé et vivez heureux!

dimanche 23 décembre 2007

les fêtes

C'est les fêtes.

Il y a une erreur de grammaire dans première phrase, mais n'est-ce pas ce que l'on dit? C'est les Fêtes (peut-être avec un "F" majuscule?).

Ok d'abord, c'est la fête. Eh oui, la famille est ici; c'est cet après-midi et ce soir que ma grande famille est réunie chez moi autour du sapin confectionné et d'une table simple. J'ai décidé cette année de ne pas m'énerver avec bouffe et cadeaux, on y va en mode artisanal, je vous en reparle dans quelques jours pour ne pas dévoiler le secret...

Je vous envoie ci-dessous la description de mon sapin tel qu'elle appert sur Facebook.

Ah et puis, j'en profite pour vous souhaiter à tous de très joyeuses fêtes (mais combien sont-elles en fait?) et vous offrir mes meilleurs voeux de bonne santé, bonheur et sérénité pour la nouvelle année. Je crois que le reste est foutaise mais je vous souhaite en fait tout ce que vous voulez.

Allez hop! Vive Nowell!!

Extrait de Facebook :

13 décembre 2007.
On réchauffe la place. Bonheur kitch de Noël : sapin cuvée Canadian Tire 2000, plastique. Décos Dollarama, Barbie en guise de Marie, Ken en guise de Joseph, un âne, un mouton, 2 rênes, 1 St-Nicolas, 1 bébé Jésus dans la tite paille, pis les paquets s'en viennent. Ca manque de la bonne odeur du pin mais je me résous pas à coupe une tête d'arbre par année pour embaumer et décorer mon salon pendant 2 semaines...

vendredi 14 décembre 2007

Mulroney, facebook et Leonard Cohen

Ai-je déjà mentionné ma déception quant au contenu du journal The Gazette? La une de ce matin : bien sûr un Mulroney repentant et déversant son fiel sur le moins aimable Schreiber, plus facile à haïr car c'est un étranger. Oh but I did not inhale! Okay, les finances publiques, les crosses politiques pis tout ça, ça paye l'encre pis le papier pis ça fait jaser, mais rien ne change en ce monde, surtout dans le temps des Fêtes où les travailleurs veulent juste arriver les premiers chez La Baie pour acheter les cadeaux de Nowell.

Deuxième grande nouvelle - pour faire partie de la une : Facebook a finalement retiré son "is". Si vous êtes utilisateurs de Facebook, vous savez de quoi je parle, sinon, avouez que ce n'est pas une nouvelle nationale digne de faire la une d'un grand quotidien. En plus, il n'y a pas moins de 5 cahiers de sordideries dans The Gazette aujourd'hui.

Heureusement, on cite Leonard Cohen qui sera "intronisé" au temple de quelque chose. Il faut quand même rendre à Cohen ce qui appartient à Cohen, son énorme talent de poète, auteur-compositeur.


Take This Waltz

Now in Vienna there's ten pretty women
There's a shoulder where Death comes to cry
There's a lobby with nine hundred windows
There's a tree where the doves go to die
There's a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on its jaws

Oh I want you, I want you, I want you
On a chair with a dead magazine
In the cave at the tip of the lily
In some hallways where love's never been
On a bed where the moon has been sweating
In a cry filled with footsteps and sand
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take its broken waist in your hand

This waltz, this waltz, this waltz, this waltz
With its very own breath of brandy and Death
Dragging its tail in the sea
There's a concert hall in Vienna
Where your mouth had a thousand reviews
There's a bar where the boys have stopped talking
They've been sentenced to death by the blues
Ah, but who is it climbs to your picture
With a garland of freshly cut tears?
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz it's been dying for years

There's an attic where children are playing
Where I've got to lie down with you soon
In a dream of Hungarian lanterns
In the mist of some sweet afternoon
And I'll see what you've chained to your sorrow
All your sheep and your lilies of snow
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
With its "I'll never forget you, you know!"
This waltz, this waltz, this waltz, this waltz ...

And I'll dance with you in Vienna
I'll be wearing a river's disguise
The hyacinth wild on my shoulder,
My mouth on the dew of your thighs
And I'll bury my soul in a scrapbook,
With the photographs there, and the moss
And I'll yield to the flood of your beauty
My cheap violin and my cross
And you'll carry me down on your dancing
To the pools that you lift on your wrist
Oh my love, Oh my love
Take this waltz, take this waltz
It's yours now. It's all that there is

mercredi 12 décembre 2007

tuer sa fille

Quand on met au monde un enfant, c'est pourquoi déjà? C'est pour lui donner du bonheur, lui faire connaître les beautés de la vie. Ce n'est pas pour le faire à notre image, et quand le moule ne prend pas, on recommence, on efface (lire "on assassine") et on recommence. On ne fait pas des enfants pour Dieu, Allah, ou soi-même.

Bon voyage, petite Aqsa Parvez, martyre des temps modernes.

Vincent Marissal
a écrit sur la mort que ton père t'a donnée : "Et malheureusement, aucune loi, aucune charte, aucune Constitution sur laquelle on met la main en disant je le jure n'empêchera jamais un fêlé de Dieu de tuer sa fille". Le fait que ton papa soit musulman et qu'il t'ait étranglée car tu ne voulais pas porter le hijab à l'école est accessoire, il était fou, point. Mais au Québec, dans le contexte actuel de la commission Bouchard-Taylor, les gens vont juste se souvenir de ça : musulman. Ça tombe vraiment mal.

Moi, je me suis chicanée maintes fois avec Maman et Papa lorsque j'étais jeune et non, je n'ai pas toujours pu porter le linge que je voulais pour fitter avec ma gang. Mais moi, je vis toujours, et j'ai pu me développer sainement, contrairement à toi. Tu aurais dû avoir une meilleure vie. Je pleure pour toi.

Repose en paix.

lundi 10 décembre 2007

quoi qu'en dise Denyse

Willem. Denyse Willem. Née en 1943. Début des années 80, j'avais 12-13 ans. C'est l'âge où la popularité a beaucoup d'importance. Quand on est populaire et que l'on fait partie d'un groupe d'amis, il y a toujours un ou deux individus qui sont marginaux. Marginal, juste pas comme les autres, s'habille pas pareil, c'est tout. Une des pas comme les autres à cet âge-là était mon amie Aurore, elle portait pas des Lacoste et n'allait pas au Club Med (moi non plus, en fait). Sa mère, c'était Denyse, Denyse Willem.

Je suis allée chez mon amie quelques fois; on avait fabriqué un dictionnaire de latin : vocabulaire, conjugaison, déclinaison, etc. On a les passe-temps qu'on peut. À cette époque, c'était les sports cérébraux.

Sa maison était de brique peinte en noir, rue de la Seconde Reine à Bruxelles dans la commune d'Uccle. Quatre étages incluant un grenier. De la dentelle dans toutes les fenêtres et chaque pièce peinte d'une couleur différente et richement décorée. Sur les murs, des tableaux, d'immenses tableaux. Des fois, de petits dessins au bic. Au grenier, un atelier avec une verrière. Tout un atelier! Il y avait des pièces terminées et il y avait certainement un chevalet avec une toile en cours. De l'acrylique, je crois, ou était-ce la tempera? Denyse peignait avec force détails. Elle peignait des femmes, dans des environnements surréalistes, avec de drôles de souliers et des trucs qui sortaient de leurs ventres, des organes nus, souvent des seins. Des femmes quoi, des maternelles, des animales, des matrones, des femmes en chair et en os. C'était belge, flamand dans le style, mais Dali dans la contemporainité.

Je l'ai regardé faire quelques fois, en silence et avec la fascination de mes yeux d'enfant. Cette femme, aussi éloignée soit-elle, ne sait pas l'impact qu'elle a eu sur ma vie. À 14 ans, arrivée au Québec, je dessinais à ne plus vouloir dormir. Mon cours d'arts plastiques au secondaire est devenu mon préféré. Que j'étais prolifique! Je choisissais même d'étudier les arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal car c'était un des rares moments dans ma vie où je savais ce que je voulais en faire : je voulais devenir une artiste! Mon père, chinois comme il est, m'a expliqué pendant une heure que les arts, on fait cela comme hobby, comme passe-temps, pas comme gagne-pain. Fais-toi z'en pas, Papa, j'ai eu ma leçon vite, dès la 1ère année à Concordia, j'ai compris que je n'étais pas de taille. Depuis, je dessine à peine, ne peins pas, fais quelques collages mais joue surtout avec les ordis et les mots.

Mais Denyse, la grande Denyse, tu m'as donné le goût de l'art, des choses d'expression et d'esthétisme, de la matière plastique, du tracé, de l'organique, de la manière dont l'humain transmet la beauté. Cet intérêt est vif chez moi et même si je ne l'exprime pas à ta manière, je t'en remercie.
Il va de soi que j'ai une admiration sans borne pour les artistes, ceux qui en vivent sans compromis, dont le talent transcende notre imagination et qui nous font voyager du bout de leur plume, de la pointe de leur pinceau.

La mère et l'enfant, 1980, acrylique sur toile
Le nouveau valet de chambre, 1999, aquarelle sur papier

la plume

L'écriture a deux fonctions que je connaisse : 1) la communication; 2) l'expression. On comble ces fonctions avec le ciseau, la plume et maintenant le clavier, de toutes les manières possible et impossible, de gauche à droite horizontalement, de haut en bas, de droite à gauche verticalement, avec la main gauche, la main droite, les dix doigts de la main ou les orteils pour les manchots. L'écriture s'est transmise au fil des ans d'est en ouest puis fuck le nord et le sud, il y avait trop de roches sur le chemin.

On écrit différemment selon que l'on utilise la mine, la bille, l'encre, le feutre ou la dactylo - encore plus le Lettraset. On n'utilise pas les mêmes mots selon la police de caractères.

Contrairement à la diffusion des informations (les Européens conquérant les tribus indigènes et renseignant par écrit leurs armées sur nombre, armement, équipage animal, organisation sociale des peuples à assaillir), mes billets libres n'ont pour objet que l'expression. Celle de mes idées, puis des fois, celle de mes idées que je désire partager. Alors que je veux partager, mon billet devient petit à petit un outil de communication et dès lors que je veux communiquer, la complexité se rajoute à la simple liberté. La difficulté de bien écrire... avec un sujet, un verbe et un complément; le tout bien conjugué et accordé. On s'accorde d'ailleurs sur le fait qu'il est rare de lire régulièrement du bon French au Québec; comme on l'a vu récemment, le taux de francophonie baisse dans la Métropole (très mal présenté ce sondage d'ailleurs - voir le juste commentaire de Rima Elkouri dans La Presse de mercredi le 5 décembre). Mais bon : on lit, se délie, écrit, se lit, se relit, puis on publie...

Car c'est ça aussi, publier. Avant, cela se limitait à un journal intime dans lequel les mots étaient jetés au fil des états d'âme et qui n'était lu occasionnellement que par les initiés et privilégiés, ceux qui occupaient une place spéciale dans notre coeur. Après, il y avait les lettres ouvertes dans les journaux. Puis enfin, il y avait toujours la profession d'écrivain qui nous donnait à lire des oeuvres magnifiques mais qui coûtent les yeux de la tête en Amérique du Nord - vive la taxe sur les livres, c'est très bon pour l'éducation! Maintenant, des tribunes, il y en a une kyrielle. Et avec le web, il y a les blogues. Sur les blogues, on écrit pour informer et ne pas pleurer (Zoreilles), on écrit car on a un sacrefiche de talent (Schizozote), on écrit pour décrier (le gros B.S., Omo-Erectus) et rien n'est jamais exclusif, c'est toujours un amalgame de tout, comme l'esprit de la personne qui écrit. J'ai lu ce commentaire magnifique ce matin : "Quand un père s'en va, c'est comme une bibliothèque qui brûle." C't-il pas beau ça?

Il y a de beaux talents sur le web. D'ailleurs Paperblog semblent vouloir les exhiber :

"Sur les blogs, des talents se révèlent, des experts et des passionnés partagent leurs connaissances et expériences. Ces pépites étant bien souvent noyées dans un océan de blogs, il nous a semblé nécessaire de les identifier avec comme objectif d’offrir toujours plus d’articles de qualité à toujours plus de lecteurs."

Des lecteurs, des lecteurs, cela va-t-il nécessairement de paire avec l'écriture? Zoreilles et Omo-Erectus m'ont mis en garde de toujours écrire pour moi et rien que pour moi. Bien sûr, j'écris d'abord pour moi. Mais je crois que l'on peut écrire aussi en pensant que l'on sera lu, cela force à structurer sa pensée et à tenter de l'exprimer clairement. C'est un exercice de rigueur qui se transforme en exercice de style.

Je travaille maintenant dans les coms, vous l'ai-je dit? Je dois pouvoir transmettre un raisonnement et une idée en une page ou en dix selon les situations. Un de mes défis consiste à parfaire l'art du punch. Celui qui manque quand j'écris juste pour écrire, des mots, et encore des mots, et de plus beaux et de plus longs..., oui mais encore, de quoi parle-t-on?

Mon ami, devenu papa récemment et qui a laissé un emploi de type conventionnel, s'est mis à la plume, ou au clavier tiens, c'est plus réaliste. Il écrit sur quelque chose de secret, il ne veut pas en parler, il a peur d'être jugé. Mais il a envie de publier et depuis qu'il y pense, il n'arrive plus à écrire. Pourtant, il avait déjà écrit et développé des centaines de pages sur son sujet alors que c'était un travail personnel mais maintenant qu'il a envie de le dire à tout le monde, il a peur de se tromper. Le trac, vous savez?

Pas moi, pas le trac, juste l'envie, comme un loisir, un simple plaisir!

L'envie d'écrire m'est venue à lire de magnifiques auteurs : Victor Hugo, Jacques Prévert, Emile Zola, Alessandro Baricco, Guillaume Vigneault, Gaétan Soucy, Pierre Foglia, et les femmes que j'oublie : Marie Laberge, Amélie Nothomb, Arlette Cousture, Raphaelle Billetdoux, puis mes fils, puis mes amis, puis mes copains blogueurs. Il m'est aussi donné de côtoyer des personnes articulées et de lire de superbes ouvrages : le National Geographic, la série de Jared Diamond, les encyclopédies et les monographies des artistes et architectes, des livrets d'opéra, etc. Puisque nous ne sommes plus physiquement et socialement liés comme avant, alors que les traditions se transmettaient oralement et visuellement, la lecture et l'écriture offrent une certaine ouverture sur le monde. Dans ce sens : Monsieur Jacques Demers, bravo pour vos efforts d'alphabétisation, c'est une richesse difficilement acquise et c'en est une qu'il faut transmettre sans la négliger.

lundi 3 décembre 2007

la neige

La neige me réconcilie avec l'hiver. C'est mon 26e au Québec, là où il fait beau l'été, là où les filles sont en fleur au printemps, là où l'automne est doré et là où il neige en hiver. J'adore ce pays!!! Je me souviens que mon père aimait faire su ski de fond; nous allions au Mont St-Bruno en famille tester mon endurance et mon asthme. Les sports d'hiver me réchauffaient et m'ont vite fait apprécier l'hiver, d'autant plus qu'il était long dans ces années-là.

Aujourd'hui, lorsque la neige tombe et que la ville devient muette, on dort lourdement. Ma grippe me garde ce lundi à la maison et je contemple les flocons et écoute le silence. Je suis sortie pratiquer pendant une petite heure le seul sport d'hiver que mon emploi du temps me donne à exercer : la pelletée. Sur nos perrons respectifs, ma voisine et moi jouions de la pelle avec nos chapeaux et mitaines. "C'est une belle façon d'être dehors", qu'elle me dit. "Si j'avais pas à pelleter, je serais probablement pas sortie".

J'en ai profité pour déblayer un petit chemin dans la cour pour le chat. Depuis qu'il neige, il n'ose plus sortir, il tourne en rond dans la maison et grignote les fils électriques. Pour le fâcher, je l'ai garoché dans la neige ce matin (avant d'avoir pelleté, il y en avait à peu près 1 pied et demi), il s'est enfoncé au complet dedans. Il est revenu à la porte et a gratté la vitre pour rentrer, je l'ai laissé niaiser pendant environ 2 minutes, il a presque défoncé la porte et s'est étiré les cordes vocales à crier pour sa vie. Quand je l'ai finalement laissé rentré, il était pas mal en maudit... Ok, ok, c'était à peine cruel!

Après avoir pelleté, il est vite sorti faire un mini tour (30 secondes) avant de rentrer au chaud.

J'ai envie de faire du ski, je ne sais pas si j'en aurai le temps cet hiver. De plus en plus de pays qui ne connaissaient pas la neige jadis en font dorénavant l'expérience à cause des changements climatiques, sans compter Dubaï qui se construit des centres de ski intérieurs...

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