vendredi 14 novembre 2008

cinq à sept


Cinq à sept ("five to seven") (pronounced "sank-ah-set") means Happy Hour in Québécois. It is a Quebec French term for a time in the afternoon intended to be spent with friends or colleagues, enjoying light pre-theatre meals, cocktails and hors d'oeuvres, or to escape rush hour traffic. A "cinq à sept" is held before the normal dinner hours and is not strictly between five and seven o'clock.

Dans la métropole, ce concept est familier. En ce qui me concerne, il a lieu religieusement le jeudi en fin de journée (les enfants sont grands, les horaires à la job le permettent) et j'y retrouve des amis qui comme moi, terminent leur journée de travail. Pour mon chum, c'est la recherche effrénée de la formule gagnante, celle qui attirera du monde dans son bar le jeudi soir (car le 5@7, avouons-le, est beaucoup plus populaire le jeudi que les autres jours de la semaine - c'est le rituel marquant l'impatience de débuter le week-end). Happy Hour à l'ouest de St-Laurent, où les drinks sont moins chers, où l'on attire les dames à grands coups de bonne musique et barmen sexy, afin d'attirer l'ultime client : l'homme assoiffé au portefeuille bien garni.

On attire la femme qui attire l'homme...

Ce qui m'amène à vous rappeler les origines du cinq à sept, qui a encore gardé tout son sens dans notre mère patrie; voici ce qu'on en dit :

Avoir un cinq à sept, se faire un cinq à sept. Avoir une aventure extra-conjugale entre le travail et la vie familiale.

In France, cinq à sept is a synecdoche for a visit to one's mistress, derived from the time of day Frenchmen would make such a visit.

"Love in the afternoon : In Paris, no one makes love in the evening any more; everyone is too tired." So sighs a character in Francoise Sagan's latest novel, La Chamade, and so to a breathless world was revealed the latest innovation in French amatory technique. In the days of Maupassant, mustaches and mistresses, the affluent Frenchman could not do without his cinq a sept—the 5-to-7 p.m. evening liaison with his paramour. Then he dashed home for a 7:30 dinner with his wife. All of that, as La Sagan sadly reports, has changed.

Puis en 79, Diane Dufresne nous chante le Cinq à Sept par Plamondon :

Prends le temps de fumer
Une cigarette
Va-t-en pas déjà
Y'fait frette
Dans mes draps
Quand t'es pas là
Même quand la chaufferette
Est au boutte
Conte-moé pas
D'histoires à dormir deboutte
Ta femme t'attendra
Pour une fois

Tu viens m'aimer
De cinq à sept
Et pis tu t'en vas
Quand je me retrouve
Toute seule devant mon assiette
J'aime autant me faire venir une pizza
Quand je pense que t'as jamais goûté
Mes crêpes Suzette tu sais pas ce que
Tu manques penses-tu toujours à moé
Quand tu couches avec ta Ginette
De l'autre côté de la cassette
Si tu prends la peine de l'écouter
Y'a une chanson de ma chum Bette
Qui dit à peu près ce que je pense de toé

Prends le temps de fumer
Ta cigarette
Va-t en pas déjà
Y'a des soirs
Où t'es pas dans ton assiette
Pis y'a rien à faire
Pour te plaire
Ces soirs-là
Tu pourrais passer tout drette
Une fois de temps en temps
Ça me ferait peut-être du bien
De pas te voir la binette

Quand tu t'en vas dans ta corvette
Mon doux que t'as dont l'air de trouver beau
Tu te prends peut-être pour une vedette
Oui mais avec moé tu te trompes de scénario

Tu viens m'aimer
De cinq à sept
Et pis tu t'en vas
Qui c'est que tu penses que t'es
Pour me traiter comme ça?
Tu vas finir par me mettre à boutte
Penses-tu que chus le genre de fille
À me contenter des miettes?
Si tu veux t'en aller
Ben va-t-en donc une fois pour toutes
Que j'en aye le coeur net

Veux tu que je te fasse un gin gimlett
Va-t-en pas comme ça!

La prochaine fois qu'une personne du sexe opposé vous invite au cinq à sept, elle ne devinera peut-être pas d'où vient votre sourire...

5 commentaires:

Zed Blog a dit...

Est-ce normal d'avoir envie d'un sept à cinq suivi d'un cinq à sept? Oh, pas tous les jours, j'ai pas mal d'occupations. ;-)

Je suis flexible : l'horaire peut être inversé.

Difficle à croire pour moi que des femmes, encore aujourd'hui, aient envie de vivre cette situation de deuxième (troisième? quatrième?), sachant qu'une autre sera immensément blessée, celle qui a tout donné, sinon mise en danger côté santé.


¦)

gaétan a dit...

en réponse à zed je dirais que tant que des occupation double,loft et autres seront populaires ce genre de 5 à 7 n'est pas prêt de s'arrêter.

Je ne connaissais pas ces définitions du 5 à 7....
Pour la popularité du jeudi dans les bars en plus d'être le prélude à la fin de semaine c'est souvent aussi jour de paye...

Zoreilles a dit...

Belle étude sociologique du 5 à 7, je ne l'avais jamais compris sous cet angle-là et pourtant, j'en suis une fervente adepte!

La chanson de Diane Dufresne, je « l'entends » ici pour la première fois. Jamais je n'accepterais d'être traitée comme ça, je suis trop entière... Mais j'en ai connues, des filles, qui se contentaient des miettes.

Chez nous, ça ressemble à chez Gaétan, sans doute parce que nous vivons en région. Nous avons même dans notre langage courant les expressions : « On a cinqàseptté pas mal fort hier » ou « Ça vous tente tu de cinqàseptter avec nous autres, vendredi? » et ça se décline en version cinqàneuffer, cinqàonzer, etc.

OMO-ERECTUS a dit...

Allo? y'a quelqu'un? Ah... Mais qui êtes-vous? J'ai ce sentiment de vous connaître. J'ai mal à la tête. J'peux avoir une verre d'eau? On s'est connu à l'époque, non? Merde! Mais qu'est-ce que j'ai dormi moi depuis un an...

la Marmotte qui louche a dit...

A Paris, le "cinq à sept" désignerait dorénavant les dernières heures de travail. Et le jeudi soir, sont devenues à la mode les soirées... "afterwork" en bon français ;), à partir de 19.00 jusqu'à 21.00... Tout change, les horaires de travail se rallongent et les aventures sont désormais consommées entre midi et 14.00!