mercredi 30 janvier 2008

schizozote


copyright estelle

Gaétan écrivait récemment (billet du 12 janvier 2008) que les blogueurs appréciaient les commentaires des lecteurs et aimaient se répondre mutuellement. J'avais émis un commentaire à cet effet, mais là n'est pas le propos de mon billet. J'y fais référence car en effet, on s'attache à des blogueurs : il y a de ces perles en ce monde! Je désire porter à l'attention de tous le retrait volontaire d'une très grande plume de la blogosphère : Dame Schizozote, habitant récemment et plus anciennement (à l'époque où j'en faisais connaissance). Elle a décidé de quitter la blogosphère le 24 janvier (elle l'annonce elle-même à la fin de son dernier billet tout aussi magnifique que les précédents; elle ne disparaît pas abruptement comme notre regretté Omo-Erectus dont on n'a aucune nouvelle - comment vas-tu moudi qu'on s'ennuie, comment vas-tu...)

Je vous encourage fortement à lire Estelle, alias Schizozote dans ses Chroniques schizo. Son écriture magistrale déstabilise et nous transporte dans un film de Lynch ou De Palma, un univers tout-à-fait singulier. Si j'étais malhonnête, j'imprimerais tous ses billets et les agraferais pour les lire et les relire à la lueur d'une chandelle humide adossée au mur mouillé d'un phare à peine illuminé sur un cap de Terre-Neuve : froid, humide, cauchemardesque, comme le monde hallucinant que Dame Schizo m'a fait découvrir avec un talent sans pareil. Sa retraite est à mon avis une perte significative dans la blogosphère littéraire. J'aimerais lui rendre hommage - comment fait-on; on fait un don, on envoie des fleurs? Tiens Estelle, v'là des fleurs!

Si comme moi vous aimez ses écrits, on pourrait faire une pétition pour qu'elle soit publiée sur papier... (euh hum, comment fait-on déjà?)

Estelle, merci pour ces millions de mots talentueusement imaginés, pensés, alignés, conjugués, accordés, imagés.

Bonheur à toi maintenant que l'amour nous t'enlève... et reviens nous vite (garde l'amour bien sûr)!

samedi 26 janvier 2008

l'homme et le chat

Aujourd'hui, je veux vous parler de mon chuuuuuum. C'pas kétaine, je vous le promets. C'est juste de l'amour tendre.

D'abord, mon chum, je l'appelle "chat" et il m'appelle "chatte"; vous trouvez déjà ça cute et un peu gnangnan. Mais c'est pas ce que vous pensez; ce n'est pas juste parce qu'on aime se coller dans notre lit et qu'on se trouve sexy, c'est parce qu'on a longtemps voulu avoir un chat et que c'est probablement l'animal auquel on s'identifie le plus, lui et moi. On aurait pu s'appeler lapin, lapine, singe, guenon, cheval, jument, chien, chienne, boeuf, vache, puceron, puce, lion, lionne. Ou tigre, tigresse, mais on manquait un peu de prétention. On est resté dans une dimension humaine, domestique, à l'échelle des ruelles du Mile End : chat, chatte.

Bon, et de un.

Et de deux : mon chum, je le connais depuis 1992 (je me souviens de la date plus facilement que je ne sais calculer les années). Comme majorité d'hommes desquels je tombe amoureuse, je l'ai rencontré dans un bar (à l'épicerie, je suis plus réservée). La première fois que je le rencontrai, c'est lui qui m'a abordée en me disant une affaire enivrée du style "je te connais toi, tu t'appelles Jane". Yeah, right... Il se tenait avec un autre du même prénom, ils jouaient au pool et niaisaient les filles et niaisaient tout en fait. Donc en 1992, je ne suis pas tombée amoureuse de mon chum mais de son meilleur copain (mon ex). Ainsi arrivent les choses les plus courantes de la vie. Je suis restée avec mon mec pendant presque 7 ans pendant que rôdait dans les parages ce garçon, devenu notre ami commun, qui avait un drôle de nom de famille qu'on ne sait pas prononcer, ni épeler et dont on ne connaît pas l'origine, qui habitait tantôt Montréal, tantôt Vancouver, tantôt l'Europe, tantôt dans notre appart avec sa copine suédoise, tantôt ailleurs avec une autre copine, tantôt chez moi comme coloc.

Au début de ma relation avec mon ex, je suis allée le retrouver alors qu'il séjournait à Vancouver. Il y vivait dans un 1 1/2 avec ce gars. Mon ex et moi dormions dans la chambre et lui dormait sur le couch du salon. Un soir qu'il recevait une demoiselle, il a nettoyé le tapis du salon en ramassant à la main toutes les miettes qui y traînaient : un homme déjà adorable. Un matin, je faisais des crêpes dans la cuisine; mon ex et moi cuisinions et mangions bruyamment pendant que lui dormait comme un bébé dans le sofa à côté : déjà bien dans sa peau n'importe où...

Les années passèrent puis mon ex me laissa, this guy is looking for a place to stay; il vient de quitter sa douce et son chat. Il occupa donc une des trois chambres de notre appart du Plateau. Il fréquentait de nombreuses demoiselles, pratiquait le célibat actif. Il n'a pas fallu grand temps avant que nous partagions le même lit. Le sien, en fait. Parce que c'est plus agréable pour une dame de se faufiler dans un lit de gars avec une couverte de lit d'enfant pas de classe, dans une chambre de gars, entourée d'affaires de gars. Je trouve ça vraiment sexy. C'est moins intimidant qu'une belle grande chambre de dame toute propre et blanche, avec un beau lit en bois, une confortable douillette en coton, le tout bien zen mais un peu trop rangé. Donc, pour le sexe, rien de mieux qu'un peu de bordel (400 mots pour en arriver là...)

J'ai dit "pas fallu grand temps"; en fait, il a fallu 8 ans après qu'on se connaisse et 6 mois après qu'il habite chez moi, pour qu'on couche ensemble. Après, je n'étais pas capable de me définir comme sa blonde puisque c'était une relation interdite depuis toujours, je ne savais pas ce qu'on était : des colocs, des amants, un couple? Je ne sais jamais quoi répondre quand les gens me demandent depuis combien de temps "on est ensemble".

2 ans après, j'ai porté son premier flo que j'ai perdu après quelques mois de grossesse. Faux départ. Là, t'sais quoi, on était devenu un couple, avec des parents et beaux-parents, des nièces et des beaux-frères et belles-soeurs. 1 an plus tard, on s'est acheté notre première propriété. C'était la première fois pour moi et la première fois pour lui : ça devenait notre premier projet commun. On a beaucoup aimé ça : acheter, démolir des murs, en bâtir d'autres, tirer des joints (mon chum est le dieu de la spatule), installer des prises électriques, faire de la céramique, etc. On a aimé ça le faire, et le faire ensemble. C'était dans le Mile End, là où l'on s'est amourachés de tous les chats de la ruelle. On prenait des marches dans la ruelle juste pour aller voir les chats : il y avait Capuccino, le tigre, le noir, la petite noire, le chat avec des pouces, pis les autres et les autres. J'étais accroupie dans la ruelle et j'essayais de les attirer pour les caresser. Mon chum les ramassait et les prenait dans ses bras. Les chats adorent mon chum. Mon chum est un grand chat gris aux yeux verts. Pas mal beau, comme spécimen.

On a d'abord adopté Richard Parker, notre chat-tigre en peluche. À cause de mes allergies, je ne pouvais pas avoir de chat en vrais poils qui respire et mange des minouches. Mais depuis 3 ans, on a adopté Brooklyn, notre chat, le vrai, celui qui est devenu notre bébé poilu. Je suis toujours allergique mais ça fait partie des choses déraisonnables qu'on fait, simplement pour le bonheur de vivre.

Et de trois : je vous montre une photo de l'homme et du chat (il ne m'en voudra pas de vous le présenter). L'homme et le chat dorment ensemble tout le temps, sauf quand mon homme dort avec sa chatte dans son lit. L'homme et le chat ont la même pose, ils sont symbiose, ils se reposent.

Mon homme, je l'aime encore plus depuis qu'il est un papa chat, ça le rend humain. C'est à cause de l'attendrissement vous savez.

Et de 4 : la vie continue et on a continué à acheter des maisons, les rénover, faire des cuisines, des salles de bain, faire connaissance avec la Régie du Logement de l'autre côté de la clôture, construire des patios, vendre des maisons, etc.

En la compagnie de mon chum, j'ai eu le loisir de changer de carrière en 2006, a big step, le grand move où on crisse ça là après 18 ans pour faire je ne sais quoi, juste parce que la vie est courte. Non que mon chum me soutienne financièrement mais je me sens tellement bien avec lui que je deviens Wonderwoman, celle qui sait faire, celle qui peut essayer et faire des erreurs, celle qui doit être heureuse.

Mon chum, il connaît les personnes les plus excentriques de la Terre : des noirs, des jaunes, des métisses, des grands, des bizarres, tous : des histoires sur 2 pattes. Lorsqu'on rassemble ses amis, c'est une faune de bibittes, toutes les plus intéressantes que les autres. Ce que je tente d'expliquer, c'est qu'il a un flair pour les bonnes affaires : les bons amis autant que les maisons.

Il est sauvage et indépendant, n'aime pas les soupers en grosse gang, fréquente quelques amis à la fois, protège farouchement ses moments de solitude (rares, car il vit avec moi et mes 2 flos), est travaillant et respecté, il est respectueux et tellement affectueux.

C'est mon homme, chat, celui que j'aime et que tout le monde aime. Il y en a des comme ça et comme j'y pense, le mien, je m'en vais de ce pas le rejoindre... Et de 5!

lundi 14 janvier 2008

même semaine sur la planète

Chaque fois que je suis à un autre endroit de la planète (disons pas entre l'épicerie, le travail pis la maison, mais quelques kilomètres plus loin), je pense toujours au temps qu'il fait chez nous pendant ce temps-là... En fait, c'est caractéristique puisque nous partons souvent du Québec en hiver pour échapper au froid et se réfugier à la chaleur. Est-ce différent, parce que la terre est ronde? Pourquoi l'eau est-elle bleue ici et noire, là? Quelle merveille ce monde!

Soleil dans la baie d'Acapulco - brume et neige sur Montréal - janvier 2008.

samedi 5 janvier 2008

salut les toutous


"Profitez bien des doux moments de la saison hivernale. P.S. texte emprunté de la carte que ma soeur m'a envoyée." Jack xx Mireille xx.

Ca vient de nos amis de Ste-Victoire avec qui on aime passer une fin de semaine d'hiver à vérifier les trappes à lièvres et manger et boire ensemble. L'année dernière, RBO 2006 et la dinde de Jacquot, la soupe à l'oignon, Marin pis les flos du voisin. Cette année, Acapulco a pris le dessus et nous n'y sommes pas allés mais à notre arrivée à la maison ce matin, voici la carte des Fêtes (encore elles) qui nous attendait dans la boîte aux lettres. La photo nous a rappelé cette campagne inspirante où un homme et une femme construisent une vie, un avenir... des fois, un ours polaire. Merci Jacques, merci Mimi. Éternelles amitiés, 1000 baisers.