mardi 28 octobre 2008

l'élégance du hérisson - exposition littéraire


J'aimerais vous entretenir de littérature ce matin. Je voulais débuter mon billet avec une définition sans équivoque de la littérature et ai fouillé Wikipedia, mais j'ai eu une mauvaise surprise : rien de précis, concis, qui aurait conféré l'aspect technique de la littérature. Je ne retrouve ni mon Larousse ni mon Robert jouant à cache cache dans mon garage. Pourquoi ne sont-ils pas encore en ligne ces académiciens poussiéreux?


Effectivement, je voulais parler de littérature au sens académique du terme. C'est-à-dire : je viens de terminer la lecture de L'Élégance du Hérisson, de Muriel Barbery. J'ai adoré le roman, mais la première chose qui m'est venue en tête après 25 pages de lecture, c'est qu'il s'agissait de plus que cela, il ne s'agissait pas juste de l'art de nous divertir, de nous transporter et faire vivre diverses émotions, il s'agit d'une technique, celle de l'écriture. Ce qui nous frappe lorsqu'on entame un ouvrage d'un auteur qui nous est peu familier, c'est son genre, son style, incluant les tournures de phrase, le langage, le vocabulaire.


Vocabulaire : c'est celui-ci qui m'a fait le plus mal à la lecture de L'Élégance du Hérisson. Il a insulté mes 41 ans dont 20 ans d'école, mes lectures de journaux, ma job en communication. C'était un vocabulaire "littéraire", je ne crois pas que les gens parlent comme ça dans la rue, mais quel savoir quand même! Quelle érudition! De tels mots, sortis de la plume d'un être humain qui parle la même langue que moi, lus et compris par au moins trois de mes consoeures qui m'ont précédée dans l'aventure, me font prendre conscience que notre vocabulaire est limité : limité à celui de notre entourage personnel, professionnel, médiatique, etc. et qu'on peut très bien finir sa vie, bienheureux, en ne maîtrisant l'usage que d'un modeste millier de mots.


Je vous ferai l'énumération des mots que j'ai découverts au fil de ma lecture, je ne sais pas combien il y en a sur les 356 pages du roman, mais il y en a un tas, de ces mots que je ne connais pas pour ne jamais les avoir entendus, lus, prononcés, compris, ou utilisés. Vous m'en direz des nouvelles; j'accueille bien sûr vos commentaires mais également tout éclaircissement ou définition sommaire qui m'évitera la tâche laborieuse d'en trouver le sens en l'absence de mes dictionnaires en papier.


Cela dit, malgré l'éructation de mots savants qui vous laisse un goût d'ostentation et vous freine l'appétit, le plaisir de la lecture s'installe rapidement. On se rend compte que cette élégance et ce raffinement sont la trame même de l'histoire et confèrent au roman un statut artistique, en fait quelque chose de "enlightning" comme je dis si bien en français. Malgré ces difficultés linguistiques, on saisit très bien le sens du livre et on se laisse emporter librement, jusqu'au sanglot de la fin. À lire absolument!


Appréciez la beauté et la complexité de notre langue. Voici ladite énumération : noms accordés, verbes conjugués, le tout tiré tel quel du livre, donc ci-dessous quelque peu hors contexte - vous m'en excuserez à l'avance, car je ne veux pas vous vendre le punch, je vous encourage plutôt à retrouver ces merveilles dans le roman même. Et non, je n'ai pas honte de vous dévoiler mes limites vocabulistiques :


hubris


dysphonie


velléitaires


plébéiens


inique


vacuité


gogues


a fortiori


patricien


bouffance


lavallière


mansuétude


incunable


maul


ânonnait


poujadistes


superfétatoire


veules


phénoménologue


phénoménologie


mouise


scolastique


midinette


noématique


opprobre


pataquès


khâgneux


transformiste


congrue


neurasthénique


bidasses


s'enkyste


conatus


réquisits


fratrie


dérivatifs


vindicte


faconde


sujétion


idiopathiques


démiurges


gausse


blatte


pithiatique


aménité


affects


levantine


munificence


ignominie


poncifs


étiques


probité


sagacité


habeas corpus


kolkhoze


fruste


haubans


accastillage


avitaillement


brandebourgs


céans


frondaisons


alose


vendredi 17 octobre 2008

tchin tchin it's friday*


comme diraient les prolétaires... Bon week-end, je trinquerai! Soleil tout le monde!


* My god is the winemaker (on choisit ses dieux)...