dimanche 25 janvier 2009

aide-mémoire


et si tout cela s'effaçait? Si le serveur de blogger plantait et que tous mes billets depuis 2007 s'effaçaient et n'étaient plus récupérables? Et si mes photos sur facebook s'effaçaient? Et si mon disque dur back-up crashait? Et si le journal intime de l'adolescente passait au feu? Et si les albums photos se perdaient durant le déménagement? Et si les articles de journaux de 67, de 9-1-1, de novembre 2008 et du 20 janvier 2009 n'étaient plus dans le grenier?

Je me sentirais nue et démunie.

Je sais qu'il existe plein de moyens pour se protéger de telles pertes matérielles, mais pourquoi s'en protéger? Il s'agit bien de pertes matérielles, n'est-ce pas, ou est-ce plus que cela?

Pourquoi tient-on à garder trace de qui on a été, où on a été et avec qui, quand? Et on ne fait pas que garder la trace de son passé, on s'y réfère sans arrêt, on aime y retourner, s'y lover, et l'exhiber. Pourquoi ressasse-t-on le passé? Si on élargit la question en dehors du narcissisme, pourquoi écrit-on l'histoire?

L'humain n'est pas à l'aise d'évoluer simplement au jour le jour - Omo, comment était-ce il y a 100 000 ans alors que le digital ne permettait pas de capturer si facilement le déroulement de notre vie? L'humain rattache ses actes, ses émotions et ses objectifs par rapport au passé, se mesure au sien pour évaluer sa raison d'être et sa démarche à venir... Je m'interroge.

On dira : c'est pour partager avec les autres, les générations futures... D'accord, mais est-ce vraiment pour les autres ou pour nous-mêmes? Lorsque le VP affiche des photos de sa famille et de son voyage en yacht dans son bureau, c'est pour parler de lui aux autres, n'est-ce pas? - ou est-ce pour se rappeler qu'il a une vie ailleurs. Lorsque je lis l'histoire, c'est pour savoir d'où je viens. Lorsque je deviens amnésique ou perds la mémoire en vieillissant, ces registres de mes souvenirs me rappellent que j'ai vécu, que je n'ai pas fait que passer, l'histoire se souviendra de moi avant que je ne redevienne cendres...

On travaille avec acharnement et invente plein de mécanismes pour faire cela (2 heures à downloader des photos d'anniversaire hier...). Pourquoi?

La preuve que j'existe.

Mise en garde : à trop vouloir paraître pour la postérité et contempler le passé, on oublie souvent d'être, tout simplement, dans le présent.

4 commentaires:

Zoreilles a dit...

Je ne saurais pas répondre à tes questions, je me pose les mêmes mais j'adore ta conclusion...

OMO-ERECTUS a dit...

Bonjour!

D'abord, pour réponse à cette question "que faisions-nous voilà 100 000 ans, à cette époque où le digital n'existait pas?", eh bien, chère amie, nous dessinions sur les mrs de nos grottes, nous préservant ainsi le souvenir d'une chasse au bison particulièrement heureuse et celui de la capture d'une antilope savoureuse.

Paradoxalement, tout comme aujourd'hui, nous ne manquions pas de nous peindre dans l'action, comme aujourd'hui nous posons devant l'objectif.

Oui, c'est tout-à-fait juste, ce que vous exprimez: nous cherchons absolument à nous sauvgarder des preuves de notre existence passée, comme si notre mémoire n'était pas suffisante pour suffir à la tâche.

Et à l'unisson avec Zoreilles, moi aussi je le dis haut et fort: j'adore ta conclusion !

Zed Blog a dit...

Donner du sens

Voler du temps à l'éternité

Dévoiler/voiler son âme

alerts a dit...

proe25800
posy4581
rot1679
wool1181
feel8543