samedi 31 janvier 2009

amitié inconditionnelle

il y a des liens qui sont inconditionnels, comme l'amitié, l'amour, la filiation. Ceux qui les trahissent sont généralement des abrutis aveuglés par des chimères plus séduisantes : plaisirs à court terme, pouvoir, argent,...

Des amis inconditionnels, j'en ai revus 3 hier soir, appelée à la dernière minute pour me joindre à eux et terminer une célébration débutée vers midi dans un bar démodé du centre-ville. Des amis, on peut s'en passer pendant des années, mais lorsqu'ils appellent, il faut se présenter. Ces amis comptaient : un ancien boss, un plus ancien boss, et un ancien collègue devenu aujourd'hui mon compétiteur. Toutes ces relations sont subordonnées à l'amitié, alors même si on fait semblant de se chicaner à table pour un deal ou un autre ou à propos de ce qu'on doit faire de sa vie, le plus important, c'est qu'on soit ensemble.

L'amitié, est-ce de chicaner un homme d'avoir trop bu l'après-midi et de dormir à table au souper, ou de le laisser faire et de lui permettre de faire un somme sur son sofa avant de reprendre la route cette nuit? Il n'y a pas de réponse, pas de jugement, ni de condition. Il faut juste être là.

L'amitié, est-ce de féliciter un retraité pour les succès de sa vie active et de participer avec lui à la contemplation de son passé, ou d'essayer d'envisager pour lui un présent signifiant? Je ne sais pas, à chacun sa vie; l'important est d'être là.

Beaucoup de questions. Nos amis, on a souvent envie de les aider à vivre leur vie, mais ce n'est pas ça qu'ils nous demandent. Tous ce qu'ils veulent, c'est qu'on soit là. Quand les amis appellent, il faut répondre.

5 commentaires:

OMO-ERECTUS a dit...

Que de questions existentielles!

Vous serez peut-être surprise d'apprendre qu'en amitié, il m'arrive souvent de juger. Oui oui! J'ai le jugement rapide. C'est que j'accorde à l'amitié un telle importance. Si j'estime qu'un ami fait fausse route, je le rappelle à l'ordre, franchement et sans détour. Si je n'accepte pas tel comportement d'un ami, mon jugement s'impose à lui. Parce que je crois que l'amitié commande aussi ce jugement.

Mais juger, ce n'est pas que réprimender. Juger, en français, c'est aussi accorder un jugement favorable. C'est encourager. C'est féliciter.

Je crois être un juge impitoyable!

gaétan a dit...

Justement vu le film easy rider dernièrement de su la photo qui accompagne ton texte.
C'est important l'amitié. Des fois plus que la famille. Et pourtant avec le temps, me semble que les amis se font rares et loin.

Zed Blog a dit...

Chère Motdotcom,

Je crois personnellement que l'un ET l'autre, c'est super. J'aime l'amitié qui donne la présence et l'aide, le couop de pouce, l'opinion, les conseils, etc. Chacun/ est libre de composer avec, SA vie.

L'inconditionnel, pour moi, est un manque de confiance que l'on peut donner le meilleur de soi, que l'on peut, dit-on, se dépasser. Je n'accepte pas n'importe quoi et je serais bien déçue que quelqu'un/e fasse autrement pour moi. Même si le droit à l'errance est assez flexible quand les valeurs de base sont là.

Le jugement est une faculté utile qui sauve la vie et permet d'en prendre soin, d'améliorer sa qualité. Toutes les formes de vie intelligentes sont dotées de cette faculté. Seulement, on doit pouvoir aussi être capable de nuancer, de remettre en question ce jugement, au besoin.

J'aime le jugement. Et quand deux personnes ne sont pas d'accord, cela permet d'aller plus loin ou à tout le moins de mieux comprendre l'autre et ses positions.

On ne choisit pas sa famille, ses amis, oui!

L'amitié est une forme, une variété d'amour. Avec le temps et le cumul d'expériences de toutes sortes, avec au total un grand nombre d'heureuses, tant qu'il reste de l'estime, de la tendresse de l'affection, du respect, de l'amour de cette sorte-là, nommée amitié, tant que l'on peut s'apporter quelque chose qui fait dit-on « grandir », « ça regarde bien! »

Zed ¦)

Zoreilles a dit...

Je ne crois pas que l'amitié, comme l'amour, puissent être considérés comme inconditionnels. C'est toujours à refaire. Nos amours comme nos amitiés, tout en étant fidèles, doivent se reconquérir si souvent, sinon ils risquent de s'étioler, de s'effriter et peut-être même s'éteindre. Pas de chance à prendre, rien n'est acquis, jamais.

Le jugement en amitié? Je ne me le permettrais jamais et si on en faisait preuve à mon endroit, je mettrais beaucoup de distance. Par contre, on peut tout me dire, surtout la vérité, en autant que ce soit fait avec une affection réelle que je suis capable de piffer. Je m'autorise la réciproque avec mes amis et mes amours.

modotcom a dit...

chers amis, merci de vos commentaires comme à l'accoutumé éclairants. Vous savez que je grandis en échangeant avec vous. Je suis désolée que mon billet fut mal exprimé, en fait, mon coeur s'est emballé et ma plume n'a pas suivi. Bien entendu, il faut savoir choisir en amitié, je le fais autant que vous; bien entendu il faut savoir sermonner, discuter et débattre avec intelligence. Mais une fois les règles de base convenues : respect, loyauté, etc., nos amis, on les prend tels qu'ils sont non? Autrement dit, on en accepte les imperfections. Je crois?