mardi 10 mars 2009

y a une souris dans mon lit...

tu sais, des fois, je m'imagine que mon chum pense que je suis encore une jeune poulette bridée, une espèce de nymphette asiatique au cul d'acier qui gesticule sans arrêt dans ses draps et qui saute sur le lit sur des airs de daft punk avant de m'effondrer sur lui, plantant mes talons hauts dans les narines. Ça, c'est dans ma tête...

God knows qu'est-ce qu'il imagine mon chum dans sa tête quand on se couche ensemble en cuiller de chats. Quand je prononce le mot "cuiller", je pense inévitablement - quand ce n'est pas que je la prononce carrément - à la phrase que quelqu'un a sortie il y a des dizaines d'années et que je n'ai jamais oubliée : "j'ai eu du cul hier". Vous me trouvez vulgaire? Avec raison, mais c'est fini, c'était juste pour rire.

Donc : comment me perçoit-il mon chum qui a 4 ans de moins que moi? ... C'est pas grave : parce que moi je me perçois exactement comme la description imaginaire du premier paragraphe et je me sens très bien là-dedans : jeune et séduisante. Attendez! je prétends également être intelligente, humaine, généreuse, et très versatile. Le 8 mars m'a bien servie, ne craignez guère!

Savez-vous pourquoi je pense à cela, être jeune et séduisante, drôle et sexy?

Parce qu'au jourd'hui, à 41 ans d'âge, mon 2e et plus jeune fils a 18 ans. Tada!!! Et savez-vous quoi? Mon premier et plus vieux fils, de 19 ans et 1/4 parle de partir en appart avec son chum. Je sais, je sais, vous autres, parents expérimentés, savez que ce n'est pas encore fait, que je devrai signer sur le bail, que je vais lui acheter un micro-ondes neuf, mais qu'il reviendra en criant famine dans 6 mois... non, non, non, je vous jure : je n'ai pas mis au monde des Tanguy!

Et puis, je suis tellement étonnée devant ces magnifiques jeunes hommes; comment ai-je fait? J'ai tellement l'impression de n'avoir rien fait, sauf : les mettre au monde, les allaiter, les amener à la garderie, leur faire du lait de soya maison, laver leurs couches de coton à la main, les traîner en poussettes et en snoogly en autobus, les amener à pieds à l'école, les munir de passes d'autobus et de 25c pour appeler, les inscrire aux cours de cirque, de natation, les envoyer aux cours de chinois, les inscrire dès la maternelle pour 12 ans d'éducation à l'école vocationnelle pour les arts, les laisser lose, ben lose, mais avec une laisse bien raide des fois, les garder avec moi quand je fêtais avec les amis, leur donner les clés, leur faire à manger, les amener faire les courses, leur confier leurs courses et leur budget, leur faire faire leurs lunchs, leurs déjeuners, les amener skier, les amener au ciné, au resto, aller à leurs concerts, les amener au théâtre, voir U2, les réunir en famille de chinois, lire ce qu'ils écrivent, voir leurs spectacles rock, adorer ce qu'ils réalisent... c'est tout, t'sais. Le reste, je m'en souviens plus. Mais il me semble que tout cela était tellement facile...

Bon, maintenant que je suis maman de deux magnifiques jeunes hommes majeurs, je peux me consacrer à être la blonde de rêve de mon chum (et la femme de ma vie, bien sûr!), en attendant d'être grand-maman, I guess!

6 commentaires:

gaétan a dit...

Pas pour te décourager mais la job de mère comme celle de père c'est à vie. Mais ça je suis certain que tu le savais. Tout au plus, quand ils partent de la maison, c'est plus d'intimité pour le couple et encore, on sait jamais quand est ce qu'ils vont retondir à la maison pour une peine d'amour, un conseil ou simplement s'inviter à souper. Les miens n'ont plus n'étaient pas des Tanguay, très tôt ils sont partis et tous deux ont vécu des peines d'amour et sont revenus à la maison quelques temps. Anyway je leur ai fait comprendre que quoi qu'il arrive y aura toujours de la place pour eux. (Mais dieu que c'est agréable quand ils quittent la maison :-)))

Mistral a dit...

GeeBee got here before me. Même commencé avec les mots que j'avais choisis...

J'ai 44 ans, et maman n'en a pas fini avec moi. CGDR en a 60: same thing.

La mort ne libère même pas une mère. Pinard a 66 ans, sa mère est au cimetière et il la tient toujours occupée.

Sorry. Blame Freud.

Lise a dit...

Modotcom,

pire encore en ce qui me concerne, je m'inquiète de l'avenir des enfants imaginaires qui n'existent que dans ma tête. Bon d'accord ce n'est pas drôle!

J'aime beaucoup ton dernier paragraphe, et spécialement la phrase à propos de devenir la femme de ta vie. Comme j'aimerais pouvoir en dire autant!

Et tu faisais du lait de soya maison à tes fils? J'aimerais bien avoir ta recette, car je me contente de l'acheter tout fait (Natur-a original léger), étant donné que le lait de vaches...ouache!

Lise, boudée par Blogger le Bugger Blagueur qui refuse son nouveau mot de passe...

Lise a dit...

Modotcom,

j'ai oublié de dire que, juste retour des choses, en quittant la maison, les enfants se soucient aussi de leurs parents...

Pierre M a dit...

Une "nymphette asiatique au cul d'acier qui gesticule sans arrêt dans ses draps et qui saute sur le lit sur des airs de daft punk"

Wow, quel fantasme!!

Zoreilles a dit...

En te lisant, me revenait à l'esprit une phrase que m'a dite ma fille cette semaine (jeune maman de 22 ans ): « Faire un enfant et le laisser grandir, c'est le don de soi le plus inconditionnel et illimité que je connaisse ».

Elle est tout sauf une tanguy! Partie à 17 ans travailler dans l'Ouest canadien sans parler anglais, sans avoir d'emploi, au départ du moins, ensuite, l'Europe pendant tout un été, et le Maroc, l'Espagne, le Portugal, etc. Elle se demande aujourd'hui comment j'ai fait pour la laisser partir, si souvent et si jeune, aller la reconduire à l'aéroport de Montréal, lui fournir des cartes d'appel pour qu'elle n'en manque jamais, l'encourager dans ses aventures, etc.

Je lui ai dit : « Fallait que je t'aime, hein? Et que je te fasse confiance, surtout! »

Tes fils sont des hommes maintenant. Oui, ils ont toujours besoin d'une maman comme toi mais pour des besoins beaucoup plus profonds qu'avant!

Le début d'un temps nouveau s'annonce...