vendredi 16 octobre 2009

la force d'être heureux


hier, j'écrivais un billet triste, puis je l'ai effacé, disant qu'il ne se faisait pas de partager le désespoir - le désespoir est un mot chargé, me direz-vous. Hier, je voulus lire l'extrait en ligne du livre de Mme Arcan, Paradis clé en main, puis je me suis dit que je ne devais pas.

Comment, pourquoi, la force de vivre? La force d'être heureux.

Le courage, quand on a tout : le physique, le rire, la santé, les parents, la famille, les enfants, le chum, la chance, la tête - de rajouter cette couche essentielle à la vie : le bonheur?

Comment, pourquoi?

Parce que "M", qui aimait tellement la vie, me fouetterait de ne pas vouloir en jouïr.

Y a des jours comme ça où être heureux nous semble ridicule, tellement quelque chose de si simple devient subitement inaccessible, indésirable. On n'a plus envie de se lever, de penser au bonheur, on ne voit que la médiocrité, on constate la faiblesse, la fragilité, la fatigue.

Dure dure la vie, surtout pour ceux qui clament haut et fort leur capacité d'être simplement, béatement heureux (moi, exemple). L'homme chat ne sait pas qu'on puisse être malheureux, il pense que ça vient du dedans le malheur. Il a raison, un peu. Il a raison, la plupart du temps. Mais le désespoir, celui de ne pouvoir être heureux, n'a rien à voir avec la raison, rien du tout. Rien à voir avec le coeur qui nous rattache à ceux qu'on aime et qui nous aiment, rien. Tout à voir avec l'autre partie sombre de nous même, plus noire chez les uns que chez les autres, ce même aimant qui nous a tiré vers la vie et qui nous amène inexorablement vers la mort, cette attraction viscérale qui fait de notre vie un simple passage, la vie d'un humain parmi tant d'autres, parmi tant d'espèces, depuis des millénaires...

La force d'être heureux, je l'ai. Pas tous les jours, mais je l'ai. J'en ai surtout le souvenir, je sais que je peux. C'est cela qui me garde en vie.

3 commentaires:

Zoreilles a dit...

À te lire aujourd'hui, même si tu dis que tu as « ça » en toi et c'est ce que j'ai toujours trouvé d'ailleurs, c'est fou mais on dirait que je m'inquiète.

Est-ce le décès de M? Ça fait quelques fois que tu mentionnes cet ami, ça semble être très souffrant pour toi? Tu traverses un moment difficile? Remarque, je pose toujours trop de questions... et tu as droit à ton jardin secret, surtout sur ton blogue.

Cultive ton aptitude au bonheur, c'est ta plus grande richesse. Bien sûr, tu as droit à tes moments de cafard, des jours sombres, des moments difficiles à traverser mais le fond est là, l'héritage que tu transportes dans tes artères où que tu ailles et quoi que tu fasses.

Anonyme a dit...

Merci de partager tes noirceurs et tes lumières. Je me sens moins seule à travers les miennes, si intenses parfois aussi. Je t'aime, bonne fête Mo! Do xxxx

modotcom a dit...

Zoreilles, ça va, ne t'en fais pas, il semble que c'était mon blues annuel; quelqu'un m'a rappelée que je filais sensiblement pareil dans le même temps de l'année. Ce week-end, j'étais particulièrement heureuse, entourée de ceux que j'aime à l'occasion de mon aniversaire. Je n'ai aucune raison d'être malheureuse, bien au contraire. Ne t'inquiète pas.

Do, merci à toi pour le bon mot. Nous ne sommes pas loin, tu le sais. Partageons plus souvent. Mille bises,