samedi 31 janvier 2009

amitié inconditionnelle

il y a des liens qui sont inconditionnels, comme l'amitié, l'amour, la filiation. Ceux qui les trahissent sont généralement des abrutis aveuglés par des chimères plus séduisantes : plaisirs à court terme, pouvoir, argent,...

Des amis inconditionnels, j'en ai revus 3 hier soir, appelée à la dernière minute pour me joindre à eux et terminer une célébration débutée vers midi dans un bar démodé du centre-ville. Des amis, on peut s'en passer pendant des années, mais lorsqu'ils appellent, il faut se présenter. Ces amis comptaient : un ancien boss, un plus ancien boss, et un ancien collègue devenu aujourd'hui mon compétiteur. Toutes ces relations sont subordonnées à l'amitié, alors même si on fait semblant de se chicaner à table pour un deal ou un autre ou à propos de ce qu'on doit faire de sa vie, le plus important, c'est qu'on soit ensemble.

L'amitié, est-ce de chicaner un homme d'avoir trop bu l'après-midi et de dormir à table au souper, ou de le laisser faire et de lui permettre de faire un somme sur son sofa avant de reprendre la route cette nuit? Il n'y a pas de réponse, pas de jugement, ni de condition. Il faut juste être là.

L'amitié, est-ce de féliciter un retraité pour les succès de sa vie active et de participer avec lui à la contemplation de son passé, ou d'essayer d'envisager pour lui un présent signifiant? Je ne sais pas, à chacun sa vie; l'important est d'être là.

Beaucoup de questions. Nos amis, on a souvent envie de les aider à vivre leur vie, mais ce n'est pas ça qu'ils nous demandent. Tous ce qu'ils veulent, c'est qu'on soit là. Quand les amis appellent, il faut répondre.

jeudi 29 janvier 2009

vie de couple


avec, bien sûr, le débat lola-laliberté, conjoints de fait, mariés. j'attends, mais sans aucune impatience.

en attendant : je vis.

je vis : avec l'homme que j'aime.

pour le meilleur.

et pour le pire.

pas encore vu le pire.

depuis plus de 8 ans.

ça regarde bien.

vin, bouffe, nyc, bb poilu brooklyn, business, parlons la même langue, ouverts à en comprendre ou apprendre d'autres, famille, belle-famille, cartes postales de l'espagne, du maroc, email et avions du far west, travail, emails, même employeur, auto, épicerie, marché, travail, entreprise, investissement, été, ensemble, maison, moto, plaisir, baise, sexe, amour, tendresse, TiVi, hockey, boxe, littérature, architecture, art, musique, cucina, rénos, ados, éducation, société, rire, dormir, humour, langue, langue encore, ruelle, poubelles, recyclage, citadins, ville, encore, métro, autobus, neige, pelleter, sourire, route, vacances, aimer, bordel, tarte au sucre, tisane, thé de fin de soirée, collés dans le lit en cuiller comme des chats...

pour le meilleur.

et pour le pire.

pas encore vu le pire.

depuis plus de 8 ans.

ça regarde bien.

dimanche 25 janvier 2009

aide-mémoire


et si tout cela s'effaçait? Si le serveur de blogger plantait et que tous mes billets depuis 2007 s'effaçaient et n'étaient plus récupérables? Et si mes photos sur facebook s'effaçaient? Et si mon disque dur back-up crashait? Et si le journal intime de l'adolescente passait au feu? Et si les albums photos se perdaient durant le déménagement? Et si les articles de journaux de 67, de 9-1-1, de novembre 2008 et du 20 janvier 2009 n'étaient plus dans le grenier?

Je me sentirais nue et démunie.

Je sais qu'il existe plein de moyens pour se protéger de telles pertes matérielles, mais pourquoi s'en protéger? Il s'agit bien de pertes matérielles, n'est-ce pas, ou est-ce plus que cela?

Pourquoi tient-on à garder trace de qui on a été, où on a été et avec qui, quand? Et on ne fait pas que garder la trace de son passé, on s'y réfère sans arrêt, on aime y retourner, s'y lover, et l'exhiber. Pourquoi ressasse-t-on le passé? Si on élargit la question en dehors du narcissisme, pourquoi écrit-on l'histoire?

L'humain n'est pas à l'aise d'évoluer simplement au jour le jour - Omo, comment était-ce il y a 100 000 ans alors que le digital ne permettait pas de capturer si facilement le déroulement de notre vie? L'humain rattache ses actes, ses émotions et ses objectifs par rapport au passé, se mesure au sien pour évaluer sa raison d'être et sa démarche à venir... Je m'interroge.

On dira : c'est pour partager avec les autres, les générations futures... D'accord, mais est-ce vraiment pour les autres ou pour nous-mêmes? Lorsque le VP affiche des photos de sa famille et de son voyage en yacht dans son bureau, c'est pour parler de lui aux autres, n'est-ce pas? - ou est-ce pour se rappeler qu'il a une vie ailleurs. Lorsque je lis l'histoire, c'est pour savoir d'où je viens. Lorsque je deviens amnésique ou perds la mémoire en vieillissant, ces registres de mes souvenirs me rappellent que j'ai vécu, que je n'ai pas fait que passer, l'histoire se souviendra de moi avant que je ne redevienne cendres...

On travaille avec acharnement et invente plein de mécanismes pour faire cela (2 heures à downloader des photos d'anniversaire hier...). Pourquoi?

La preuve que j'existe.

Mise en garde : à trop vouloir paraître pour la postérité et contempler le passé, on oublie souvent d'être, tout simplement, dans le présent.

dimanche 11 janvier 2009

trève


faute d'une trève à Gaza, ce sera celle de votre sousssignée bourgeoise citadine et de son chum, pour se vider le cerveau et le remplir de nouvelles idées pour une nouvelle année. papiers, valises, taxi, trudeau, transat, douanes, plage, proust, chilaquiles, crème solaire, sel marin, rasades d'eau de mer, soleil, un poquito Español, cerveza mas fina, baiser, être contente et trouver que le temps passe pas vite, pis trouver que le temps passe vite. À la très prochaine.

vendredi 9 janvier 2009

traction aid


ce matin, lorsque mon chum a su que j'avais besoin de l'auto pour un rendez-vous à distance, il se sentait mal de ne pas avoir déneigé la sortie de garage hier soir. Pas grave, à 6 heures 30 ce matin, avant la douche et le déjeuner, je m'en suis occupée, bien équipée. Une petite 1/2 heure de sueur, ce n'est vraiment pas grave lorsqu'on vit au Québec en hiver! Surtout en comparaison avec les automobilistes garés dans la rue en ville ces jours-ci, et qui dépendent de la volonté de M Marcel Tremblay, ses bonzes, de leurs pelles et leur jus de bras! Hier soir, en marchant sur le trottoir, j'ai témoigné de la scène dans laquelle le père essaye de dégager sa voiture emmurée par le trottoir et le banc de neige créé par la charrue, et - parce que ça va être long - est accompagné de ses 2 ti-culs armés de pelles de plage : c'est n'importe quoi!

Vers 10 heures ce matin, j'envoyais un gentil courriel à chum-chat pour le rassurer que blonde-chatte avait réussi à se déneiger toute seule :

" Je cherche en vain le nom du célèbre inventeur du Traction Aid, à qui je dois une fière offrande de Johnny Walker Blue. Après 10 minutes de va et vient entre l’entrée du garage et le banc de neige de la ruelle, j’étais prise en biais entre 2 bancs de neige, bloquant la ruelle. Je sors et pellette encore – une chance que je portais mes bottes à talons plats – devant les roues en avant, juchées sur de belles petites montagnes de glace, et derrière les roues d’en arrière accotées sur un formidable banc de neige de 3 pieds de hauteur, solide comme le roc. Seul un promeneur de chien me zieutait depuis 5 minutes s’en oser s’approcher de mon carrosse ni de ma pelle.

Les Traction Aid, bien plantés dans la glace sous mes 2 tires d’en avant, m’ont sortie gracieusement de mon impasse en moins d’une minute! La promeneuse de chien (c’était bien une « elle » qui devait avoir peur d’être impliquée dans la poussée de mon char) s’approche finalement de moi en marmonnant quelque sermon à l’hommage de l’hiver. J’ai vite garoché ma paire de sauveurs en tôle rouge-orange dans le coffre de la Volvo, barré les portes puis me suis enfuie en roulant vers Crémazie (j’étais en retard!).

Te souviens-tu de la fois où une dame a attendu après notre parking près de la SAQ Beaubien pendant de longues minutes avant que l’on parte? Et bien j’ai dû faire pareil ce matin pour m’assurer d’une place déneigée à moins de 500m du bureau. Les occupants prenaient bien leur temps pour entrer dans le véhicule, sortant un à un de la maison d’en face avec café en main et difficulté à embarquer dans la petite Toyota.

Enfin, vers 8 heures 45, j’étais dans l’ascenceur.

Vive la ville, le garage, les bottes à talons plats, et les Traction Aid!

Je t’aime chat,

Bonne journée!!!"

Joyeux hiver, amis concitoyens de La Belle Province!