jeudi 26 mars 2009

soirée privilèges

sans mon homme, sans mon fils, ni l'autre. il reste un chat - quelque peu exigeant en ce soir de pluie, mais quand même, on appelle cela : tranquille.
changée en suit de jogging et gougounes, je me suis permis une barrette jaune pour rattacher mon toupet sur ma tête et relever mes cheveux en chignons.
suis allée au dep - c't un chinois - me chercher du junk food à n'en plus finir.
n'ai pas bu de vin car n'en ai pas envie.
ai épluché une couple de papiers, lis le devoir à loisir et satiété, de long en large, de gauche à droite et de travers, ferai les mots croisés et pourquoi pas m'essaierai au sudoku.
ai lu mon blog de Q pour vérifier la participation à ma super orgie, pour me rendre compte qu'il y a de la vraie porno en ce bas monde; maman, que fais-je?
ai le nez qui coule, me mouche.
n'ai pas mis de musique, par pure paresse.
ne prends pas un bon bain chaud mais sais qu'il n'en tient qu'à moi.
rêve de me coucher tôt mais sinon c'est que j'aurai étiré le plaisir...

de la cris... de sainte-paix!

alleluia : je me prévaus de tous mes privilèges!

lundi 23 mars 2009

l'heure qu'il est

dimanche fin de journée. Je règle l'alarme à 6:30 AM. Lorsque j'eus terminé, le cadran indique 6:30 PM.

Ça m'a quand même pris 3 secondes pour réaliser que c'était bien l'heure qu'il était.

dimanche 22 mars 2009

les rues que l'on habite

(Inventaire. Exhaustif. Repassez si vous êtes pressé. Saviez-vous que Gab était parti? Sinon, voir le billet précédent.)

Avenue Maurice : c'est la plus ancienne dont je me souvienne, celle de ma tendre enfance. Les plus nombreuses photos à cette époque de notre séjour à Ixelles, collaborent à ma mémoire. C'est l'époque où j'étais fille unique. Mes souvenirs me rappellent que ma mère avait surpris un serpent dans le jardin en avant de l'appartement - il avait l'air gros à l'époque. J'avais toujours peur de passer dans la cuisine, qui reliait le salon aux autres pièces de la maison car il y avait un imposte vitré où le soir on voyait le corridoir commun plongé dans la noirceur. Mon père y aurait apparemment fait éclater une conserve en la mettant à chauffer sans l'ouvrir. Sur les photos : en robe que Maman avait cousue, similaire à la robe de la poupée assise à côté de moi, toutes deux devant la cheminée de marbre rose.

Rue ? (la mémoire me manque), dans le quartier de Auderghem, entre les stations Hankar et Delta. Petit appartment au rez-de-chaussée. Nous mangeions des sorbets au citron en grande quantité l'été. La toilette était séparée de la salle de bain. Mon père est rentré saoûl un jour et a failli se casser la gueule avec ma petite soeur dans ses bras; ma mère l'a engueulé en chinois. La grosse araignée dans la toilette. L'école privée en face pendant quelques mois, ma petite soeur se mettait en file pour avoir du chocolat au lait pendant la récré, mais mes parents n'avaient pas payé. Le souvenir le plus traumatisant était lorsqu'après être arrivée de l'école à la maison avec ma petite soeur, je n'avais pas les clefs pour rentrer, alors nous avons laissé nos sacs d'école devant l'entrée du bloc et sommes allées attendre Maman au métro. Il me semble qu'on a attendu une éternité, ma soeur et moi. Un vieux monsieur est venu s'asseoir près de nous et a commencé à nous questionner. J'avais un peu peur. Il a dit qu'il allait nous raccompagner à la maison et que si Maman n'était pas arrivée, il nous amènerait chez lui en attendant. On commence à marcher et j'ai vraiment vraiment peur, j'ai envie de pleurer. Nous habitions sur le coin de la rue. En arrivant proche du coin, je vois la lumière du salon qui s'allume, mon coeur débat, je cours vers la maison avec ma petite soeur. On sonne, Maman ouvre. Elle voit le vieux monsieur, je ne sais pas ce qu'elle fait mais ça implique de l'argent puis une conversation rapide, refermer la porte, et retrouver ses 2 petites filles sottes de retour à la maison. Je pense qu'elle ne nous a même pas chicanées. Je n'ai jamais aimé ma mère comme ce soir-là. Elle était descendue à l'autre station, c'est pour cela que nous l'avions manquée.

Chaussée d'Alsemberg : la dernière artère que j'ai habitée en Belgique. Avec le tram, et le supermarché en face de chez nous. Nous avions pris l'appartement de Françoise et Brigitte dont les parents déménageaient dans une nouvelle villa en banlieue. L'appartement était au-dessus de Michael Shop, le magasin d'import-export que M Huang avait ouvert et que mon père reprenait. Il serait commerçant jusqu'à notre départ. Nous avons vécu là plein de belles choses, notamment les 4 premières années de mon petit frère. Derrière le magasin, il y avait une cour intérieure couverte, au bout de laquelle se trouvait un autre bâtiment désert. La couverture de la cour était faite en fibre de verre, vous savez la jaune transparente ondulée? Elle était inclinée et partait de la fênêtre de notre chambre au 2e étage, en pente jusqu'au toit du bâtiment annexe. Nous marchions tout le temps sur les toits et faisions pipi sur les couvertures inclinées. On voyait par les puits de lumière et trappes de ventilation, l'intérieur du commerce de nettoyage à côté.

Rue ?, quelque part à Kirkland : landing au Québec, août 1981. Nous vivons temporairement chez des amis dans le west island.

Avenue Talleyrand, Brossard : 1981-1984 : appartement à 2 étages dans un bloc de - je dirais - une centaine d'appartements. Ma soeur et moi partageons une grande chambre bleu pâle avec des rideaux roses. Il y a du tapis plein partout. Je vais au secondaire, au Québec, je suis une parfaite adolescente, en crise, mais heureuse.

Rue Tyrol : 1984-1987 : mes parents sont propriétaires pour la 1ère fois de leur vie. Ils ont plus de 40 ans. J'imagine que c'est cela avoir plus d'opportunités. Nous avons une petite maison avec une piscine hors terre dans la cour, un garage et j'ai ma chambre au sous-sol. J'ai peint et décoré ma chambre moi-même : un blanc mauve avec des stores rouges et des bouteilles de parfums partout. Cégep du Vieux en arts plastiques, je peins tout le temps, il y en a partout sur le tapis. Mon père capote. Mes chums viennent à la maison, déconner dans la piscine.

Rue St-Denis, 1987, avec ma copine Isabelle : premier logement en ville. Lâché l'école, je vais travailler. Nous sortons beaucoup. Nous fréquentons un bar qui est devenu notre 2e salon. Un soir où nous avons fermé, nous sommes rentrées à l'appart avec un mec, pour continuer à philosopher. On s'est fait du café et on jasait dans la cuisine jusqu'aux petites heures du matin. Dans la cour, on voit des flash lights, ce sont des voleurs. Nos voisins sont un bar dont je ne me souviens pas du nom mais qui est très bruyant avec son air climatisé sur notre balcon et un niveau de décibel intolérable. Non, ce ne sont pas des voleurs, ce sont les pompiers. Attention, ils arrivent avec leur hache pour défoncer la porte et nous sortir de là! On sort dans la rue, la scène est bizarre : nous sommes tous les trois, tasses de café en mains, dans la pénombre de l'aube, dans la côte Sherbrooke Ontario de la célèbre St-Denis qui est sens unique vers le sud, devant le truck de pompiers parqué en sens inverse. Le feu a pris, le bar est resté fermé pendant plus de 6 mois, nous avions la paix jusqu'à la fin de notre bail. St-Denis, ça coûtait 410$ à 2.

Rue Bordeaux : juin 1988, Iz s'était trouvé un logement au sud de Rachel et moi, je déménageais en juillet juste au nord de Mont-Royal. Séparées, mais habitant encore la même rue. Première fois que j'habite seule, un petit 3 1/2 au 2e. J'enlève les portes et m'en fais des tablettes. Je rencontre mon chum de l'époque et il me déménage chez lui avant la fin de mon bail.

Rue Moreau : c'était à l'autre bout du monde, ce qu'on nommait alors Hochelaga-Maisonneuve, séparé de la civilisation par une track de chemin de fer. Nous partageions la rue avec la fabrique de levure Lallemand. Faubourg à M'lasse, qu'ils appellent ça. Ouais, j'les crois. Nous avions 2 logements un au-dessus de l'autre et avions ouvert la cage d'escalier, résultant en un immense 9 1/2 sans aucun confort. Vie médiocre, à part la naissance de mes 2 fils. Je travaille et fais 2 congés de maternité de 3 mois chacun. L'amour s'ettiole rapidement, ne reste que la misère.

Rue Tyrol : coudonc, on l'a déjà vue celle-là! Ben oui, retour chez Maman après m'être séparée. J'ai 2 jeunes bébés et deviens monoparentale. J'ai environ 24 ans, je sors tous les soirs pour rattraper le temps perdu, les bébés dorment à Brossard. Je retourne aux petites heures du matin pour dormir un peu, me laver et partir avec la marmaille vers Montréal : garderie, job.

Rue Leclaire : fin fond d'Hochelaga-Maisonneuve. 3 1/2 miteux qui n'a pas de lavabo dans la salle de bain tellement elle est petite, seulement dans la cuisine. Le petit bain a une douche téléphone prise après le robinet, on ne peut pas se laver debout. Le grand luxe, mais c'est fou comme on s'accommode vraiment de tout. Ça, ça coûtait 325$, un vrai bargain, pour habiter près du marché Maisonneuve et avoir des voisins qui ne travaillent pas mais qui surveillent vos allées et venues.

Rue Ste-Catherine est : mon premier Steph m'ayant courtisée pendant le noël 1992, a raccourci son séjour à Vancouver pour revenir vivre à Montréal. L'appart sur Leclaire était petit et moche, il fallait bouger. Rue Ste-Catherine, un proprio et son chum avaient rénové un superbe 6 1/2 de 1500p.c. au 3e étage, avec un mur de briques et d'immenses pièces éclairées. Que c'était beau et pas cher! Nous avons habité là pendant 3 ans. Au rez-de-chaussée, un salon mortuaire. Un vrai. À côté, une piquerie. En face, un garage où mon chum stationnait la Renault 5 et son camion (il était camionneur à l'époque). Ça coûtait 512$.

Boulevard St-Joseph : plateau Mont-Royal. Enfin mon incursion dans la vraie bourgeoisie! J'ai adoré cet endroit que nous ne pensions jamais louer tellement c'était cher pour nous (100$ de plus que ce qu'on cherchait), mais c'était tellement beau : vitraux, planchers de bois francs travaillés, boiseries décapées et vernies, moulures de plâtres, ornementations de bois généreuses dans le salon, fausse cheminée, immense cuisine rénovée, salle de bain en mini tuiles de céramique, de vastes pièces, une charpente droite et solide : une vraie beauté! Le propriétaire était nonagénaire, il avait rénové cet appartement pour y loger un membre de sa famille que cela n'intéressait pas. J'y ai vécu 7 ans, fait mes emplettes à pied, sorti le soir à pied, marché pour aller travailler au centre-ville, élevé mes enfants au-dessus de la tête du médecin qui occupait le demi sous-sol, fréquenté le parc Laurier, etc. J'y ai aussi quitté mon premier Steph, vécu une année de célibat actif et y suis devenue la blonde de mon 2e Steph (l'homme chat, mon homme) qui cherchait une chambre après sa propre rupture conjugale. J'y ai appris à boire du vin, cuisiner, recevoir. J'y ai hébergé mes amis, pour le week-end de Sherbrooke, pour ne pas retourner dans H-M, pour veiller tard le soir, pour le plaisir. En 2003, cela coûtait presque 800$. Nous sommes allés à la Régie 2 fois contre notre propriétaire pour des problèmes d'eau chaude. Il nous a eus à l'usure, nous avons acheté pour mieux quitter.

Avenue Van Horne, au pied du viaduc Rosemont, c'est le Mile End, vraiment end. Il n'y a rien que des édifices industriels en face, convertis en ateliers d'artistes et de studios de répétition de musique métal le dimanche soir. Derrière les édifices, la track de chemin de fer puis le home depot, d'où l'on voit tout l'art du graffiti se déployer en couleurs sur les édifices désaffectés. Art urbain. Adoré le Mile End. Nous avons commencé à rénover. Nous avions une ruelle pleine de chats et des poubelles accotées sur le côté de notre chambre à longueur d'année. Mon chum virait fou. Sans compter les graffitis, pas les beaux, les débutants. On a adopté Brooklyn à 8 semaines, l'ayant ramené dans une boîte en carton de son Montréal-Nord original, vers son nouveau chez lui. Il marchait de travers sur le plancher de bois. Nous avons également adopté notre premier bbq, un vieux hibachi, pour bénéficier pleinement des agréments de notre première cour, aussi petite soit-elle. Nous sommes allés à la Régie, contre notre locataire, un paresseux fini qui refusait 6$ de plus sur son loyer. C'est un ostie, je vous le dis!

Rue de Normanville : la maison que personne ne voulait acheter parce qu'elle avait été désertée par son propriétaire qui n'avait plus d'argent pour la payer. Il avait commencé à la rénover et le mur extérieur arrière n'était pas fait. On voyait donc du styf rose à la grandeur, avec des beams en bois. T'avais l'impression que c'était une chiotte. Mais ce ne l'était pas, et ç'a été notre 2e grand chantier de rénovation. Tiens, nous étions maintenant dans la Petite Patrie, beau petit quartier, plus populaire, mais très sympathique. Quelle belle petite maison, avec une cour ample où nous avions construit un patio avec un bel auvent, siège de nombreuses soirées d'été, et passage obligé vers la ruelle qui nous menait à 2 minutes du Dairy Queen, habitude estivale sucrée. Désagrément : au coin de la rue, un Mc Do devant lequel nous passions inévitablement en revenant du métro. Vendue à une amie en 2008.

Avenue de Chateaubriand : à 5 minutes de notre ancienne maison. Un duplex, encore des locataires. Beaucoup de travaux, reprendre le logement d'un locataire, et travailler tranquillement, avec patience, parce que le tout coïncide dans le temps avec l'ouverture du bar de mon chum. Nous sommes à terminer une belle cuisine. Mon chum a son garage double en arrière, nous avons de la place pour respirer. C'est une vieille maison mais on aime; on lui fait plein de projets, une remise en beauté échelonnée sur plein d'années, envie de prendre notre temps. J'ai tout de suite aimé le quartier, c'est encore le cas aujoud'hui. J'en parlais d'ailleurs dans ces pages, en 2008. Nous nous sommes fixés, l'homme chat et moi, pour quelque temps. Mais pour mon fils, c'est aussi le tremplin vers sa nouvelle vie. De Chateaubriand, c'est pourtant un beau nom de rue...

Je remarquai donc cet après-midi que cela fait maintenant plus de 20 ans que j'habite Montréal. C'est l'endroit où j'ai habité le plus longtemps dans ma vie. Quand je pense aux noms de rues, je pense donc à une certaine vie.

gab est parti


fils no 1 a pris son envol. Sans me laisser le temps de réfléchir, et de vivre les émotions d'une mère que l'on commence à déserter et qui retrouvera ses enfants une fois que la vie adulte les aura formés à son tour.

Il a commencé à m'en parler il y a quelques semaines. J'étais super contente, je ne m'attendais pas que cela arrive si tôt, ayant fixé dans ma tête un seuil mental où je commencerais à harceler mes enfants pour partir : disons 20 ans. Après tout, j'étais bien partie de chez moi à cet âge-là, tout-à-fait mure pour le faire, et en en ayant rêvé depuis déjà longtemps. Voulant joindre la grande ville plutôt que de prolonger ma vie en banlieue.

J'étais contente pour Gabriel. Nous avons eu une discussion de conseiller, il m'a demandé au fait combien ça coûte l'électricité et toutes ces choses-là. Je lui indiqué comment de notre mieux on pouvait réduire les coûts de vie en logement, ce qu'il fallait savoir d'un propriétaire, etc. Je lui ai dit aussi qu'il pourrait facilement se procurer un poêle et un frigo chez un marchand d'électroménagers usagés (chez Elvis), mais qu'il ne devait surtout pas penser à s'acheter une laveuse, la buanderie ferait très bien l'affaire. Oh, et puis, qu'il ne soit pas pressé pour le poêle, dans le fond, c'est l'été, et je lui donnerai notre vieux micro-ondes en attendant qu'il trouve.

En faisant la vaisselle, je me suis dit : ben oui, si je lui donne le micro-ondes, on s'en achètera un autre. Je lui donne le vieux, je prends le neuf. Non, quand même! Dès le lendemain, je suis allée vérifié tous mes programmes de fidélisation (Air Miles, Récompenses, etc.) pour savoir ce que je pouvais me payer gratuitement. Super! Je pouvais acheter un micro-ondes neuf à mon fils avec mes points accumulés! Après quelques instants, je me suis repoussée dans le fond de ma chaise et fait cette plus horrible constatation : j'étais en train d'acquérir des biens gratuitement pour les donner à mon fils qui allait commencer sa vie indépendante avec le plus grand des courages. Je me suis trouvée cheap et dégueulasse, digne d'une vraie mère indigne!

C'est là que ça a quand même fessé un peu, j'ai commencé à réaliser que nous n'avions pas vécu longtemps ensemble, que ces dernières années, mon fils cherchait l'indépendance comme tout jeune, qu'il avait ses activités et une vie sociale active, je le savais heureux et je ne m'imposais pas. De toute façon, mes fils et moi ne vivons que 7 jours sur 14 ensemble, depuis plus de 17 ans, donc, on ne se voyait pas beaucoup quand même. Comment tout cela est-il passé si vite et si facilement. Ai-je donc élevé des enfants?

Lundi, il m'annonçait qu'il avait signé un bail et qu'il partirait dès cette semaine. Dans quel coin? St-Christophe, entre de Maisonneuve et Ontario. Ouain, je connais bien, en arrière de Place Dupuis, coin malfamé, plein de junkies. M'enfin, y a rien de mal, on n'a personne débuté par l'idéal. D'ailleurs, on ne sait même pas ce que l'on veut, à part la liberté!

Je lui demandai s'il n'était pas triste de quitter sa maman, qu'il ne mangerait plus de ma délicieuse lasagne? Il me disait que les seules émotions qu'il avait en ce moment relevaient plus de l'appréhension et de la nervosité face à la nouveauté, aux nouveaux engagements. Tu vas voir, c'est facile, tu vas tripper!

Cette semaine, fils a commencé à aligner quelques sacs à vidanges et ses trucs dans le salon, avec sa commode (tiens, il la prend), et une note dessus : "Maman, je suis désolé pour ce bordel. Nous passerons dimanche avec un camion, assez tôt, nous tâcherons de faire cela discrètement pour ne pas déranger". Quel ange, ce Gabriel!

C'est donc vrai : il part. Ah, je sais : je vais le grayer! Je voulais lui acheter un coffre à outils, tu sais, avec l'essentiel : un tournevis, un marteau, une pince, un tape à mesurer, un exacto, etc. J'étais chez mon petit quincailler hier et il m'en a monté un vraiment cute, avec un petit coffre bien sturdy et pas trop lourd. J'étais tellement excitée, heureuse, tellement, tellement!!! Je lui ai mis un petit mot d'amour dessus et l'ai déposé sur les trucs qu'il allait emporter ce matin.

Vers 10 heures, chum et moi sommes réveillés mais fatigués de notre veillée de travail au bar hier soir. Nous voulons encore rester au lit. Mais Gab n'est pas encore passé, ses trucs sont encore dans le salon. Ça y est, me dis-je, ça fouerre déjà!, un petit espoir mêlé à une petite déception. Et puis d'un coup, la porte s'est ouverte, nous avons entendu de notre chambre fermée, quelques bruissements et la belle voix de Gab qui saluait le chat. En quelques minutes, il est parti. Lorsque je suis sortie de la chambre, le salon était vidé de ses affaires. Le chat a pleuré en langage chat, il a amené mon chum jusqu'à la chambre des garçons et a fait un gros miaûle de tristesse.

Bizarres, ces animaux!

Et moi, j'ai oublié de lui faire une boîte avec mes vieux ustensiles, mes vieilles assiettes et mes tasses dépareillées! Ça y est : Mère Poule se réveille! Y é plus que temps ma vieille!

samedi 21 mars 2009

l'homme chat sauvage

si mon homme était un animal, il serait sauvage. Il ne se tiendrait pas en meute, ce ne serait pas un loup. Il serait un grand félin : le tigre, seigneur solitaire. Hier, il m'a gratifié de sa présence, m'accompagnant dans un souper de groupe. Tout le monde l'aime cet homme-là. Mais il est tellement rarement parmi nous que je ne sais plus si je dois le présenter ou non aux gens que je vois moi-même plus rarement. "oui, on se connaît; on s'est vus chez vous". Ok, les présentations sont faites. Alors mon homme se laisse aller, il est affable, content, bavard, agréable. Voilà que tout d'un coup, il se dompte. Mais il demeure toujours dans sa grande majesté, ce sublîme animal, qui partira avant les autres, pour continuer sa route.

mardi 17 mars 2009

pa et ma


Mes parents sont des êtres d'exception. Vous l'ai-je déjà dit?

Là où les images valent mille mots...


Mon père et ma mère sont des forces de la nature. J'en suis TELLEMENT FIÈRE!!! Ma aura 67 ans cet été et Pa aura 68 ans en septembre. En pleine santé. Pêtant le feu et combien inspirants!!!

J'aurais pu naître de Dieu (puisque Dieu créa la femme), mais j'ai encore mieux!

Quelle chance d'avoir un modèle dans la vie.

dimanche 15 mars 2009

l'érotique prolifique

je vous annonçais il y a quelques jours à peine que j'allais écrire du cochon. Et bien voilà qui est fait ayant rédigé 3 billets de Q, en 3 jours. On ne peut pas dire que l'inspiration me manque. J'ai dit à l'homme chat hier que j'écrivais de la nouvelle cochonne; il m'a répondu "mais pourquoi?". L'embarras, vous savez, s'exprime de drôles de façons des fois... "Mais pour le fun, voyons, c'est agréable, c'est très libérateur..."

Je lui ai fait lire. "Et puis, demandai-je, tu vois des images?" "C'est drôle. C'est bien écrit...

Tu pourrais vendre ça à Playboy, ou disons Hustler, parce que c'est un peu plus hardcore." Ouain, me dis-je, faudrait que ce soit en français. Disons, Hustler France.

Ç'a pris 2 secondes avant qu'on éclate de rire, l'homme chat et sa blonde. Non mais, t'imagines : "que faites-vous dans la vie demoiselle? - Je suis banquière, auprès des professionnels de la santé. Et puis pigiste aussi. Pour Hustler France."

Je disais à mon chum qu'il était beaucoup plus facile d'écrire de l'érotique que du politique ou du philosophique. Le sujet est en effet fort inspirant et des fantasmes, on en a plein d'emmagasinés. Ce que je trouve le plus difficile, c'est le vocabulaire. Disons que cela tourne toujours autour de 3 ou 4 mots; ça manque d'une certaine richesse. Je ne cherche pas la sophistication puisque, avouons-le, j'ai le verbe cru et relativement vulgaire. Mais au moins : un peu de variété!

Alors, je dois me mettre à la lecture des classiques de l'érotique. À part Histoire d'O, je n'ai jamais lu d'érotique. Il n'est pas trop tard pour apprendre. Et puis les mots, on les aime, ils sont faits pour nous parler, de tout et de rien.

Bientôt, je reviendrai vous écrire sur des choses moins futiles mais toutes aussi agréables : vino, bouffe, été, patio, terrasse O'Bar, l'homme chat, bb poilu et mes enfants ados qui quittent la maison.

fonte des neiges

ce week-end, nous constations que nous avons eu peu de neige cet hiver. Mais attends, dis-je à mon chum, nous ne sommes qu'en mars. En fait, le 10 mars dernier, j'écrivais Solidarité - unis par la tempête. Ce week-end, absolument rien, beau soleil, 10C le jour, magnifique, un printemps comme un autre qui s'annonce.

Comme la vie change. Nous réchauffons climatiquement, gardons nos coeurs chauds en tout temps.

Et comme Prince chantait si bien chanté en 86, Sometimes it snows in April.

Bises,

vendredi 13 mars 2009

pour en finir avec le Q

2e billet traîtant de cul en 1 semaine. Ce sera le dernier (de Q) sur ce blogue, car je vais créer un carnet érotique d'ici peu. Il y a plus d'un an et demi, j'ai commencé à écrire sur ce blogue et ai trouvé un moyen d'expression qui me sied et un medium de communication très agréable. J'ai déjà dit : communication dans le sens d'échange - avec du vrai monde. J'ai d'ailleurs "rencontré" plusieurs nouveaux amis que j'adore et avec qui j'apprends à grandir, qui me font réfléchir, aimer, rire. Entre parenthèses, j'ai rencontré hier un blogueur dans la vraie vie; il m'indiquait que c'était la 1ère fois qu'il rencontrait en vrai quelqu'un qu'il avait d'abord connu sur le web. Pourtant... Montréal n'est-elle pas un plus petit village que la planète web?

Donc, pour revenir au cul et en finir plus rapidement ici : je m'exprimais sur fank u tout-à-fait entièrement et sans censure, et j'ai encore la conviction que rien de ce que j'écris ne peut se retourner contre moi puisque je suis simplement moi-même et que j'en assume la pleine responsabilité. Or, il s'avère que j'ai des pensées cochonnes. Comme tout un chacun j'imagine. Mais voilà, cela demeure - pour la bienséance -, souvent dans le domaine de l'imaginaire, entre 2 oreilles. Je lisais mélodie nelson récemment - on aime ou on n'aime pas, mais moi, tout en trouvant cela croustillant et délicieux, cela me faisait vieillir. C'est peut-être la pré-ménopause (sexy non?) qui me fait réaliser que malgré mon imaginaire érotique débridé, rien de tout cela ne s'exprime dans mon existence corporelle externe. Rassurez-vous, mon chum est une baise incroyable, et nous faisons l'amour à 2 comme 2 personnes qui s'aiment, mais ce n'est pas à mon âge que je deviendrai consommatrice de porno, d'échanges de couple ou de trips à 3. Mais, j'ai très envie de l'écrire, de le coucher sur papier - aussi virtuel soit-il.

Et ici n'est pas la place. Alors, pour la première fois, je séparerai mes pensées, par simple politesse. Et pour ceux que cela intéresse, vous trouverez bientôt le lien vers ce nouveau blogue, via mon profil. Bien sûr, je vous en parle, pour que vous ne soyez pas surpris d'une part, mais surtout parce que c'est aussi moi.

Bisous!


ps à pierre m : un scan d'un dessin que j'ai fait il y a quelques années et qui était épinglé sur ton babillard de cuisine sur coloniale il y a quelques années? tu as?

mardi 10 mars 2009

y a une souris dans mon lit...

tu sais, des fois, je m'imagine que mon chum pense que je suis encore une jeune poulette bridée, une espèce de nymphette asiatique au cul d'acier qui gesticule sans arrêt dans ses draps et qui saute sur le lit sur des airs de daft punk avant de m'effondrer sur lui, plantant mes talons hauts dans les narines. Ça, c'est dans ma tête...

God knows qu'est-ce qu'il imagine mon chum dans sa tête quand on se couche ensemble en cuiller de chats. Quand je prononce le mot "cuiller", je pense inévitablement - quand ce n'est pas que je la prononce carrément - à la phrase que quelqu'un a sortie il y a des dizaines d'années et que je n'ai jamais oubliée : "j'ai eu du cul hier". Vous me trouvez vulgaire? Avec raison, mais c'est fini, c'était juste pour rire.

Donc : comment me perçoit-il mon chum qui a 4 ans de moins que moi? ... C'est pas grave : parce que moi je me perçois exactement comme la description imaginaire du premier paragraphe et je me sens très bien là-dedans : jeune et séduisante. Attendez! je prétends également être intelligente, humaine, généreuse, et très versatile. Le 8 mars m'a bien servie, ne craignez guère!

Savez-vous pourquoi je pense à cela, être jeune et séduisante, drôle et sexy?

Parce qu'au jourd'hui, à 41 ans d'âge, mon 2e et plus jeune fils a 18 ans. Tada!!! Et savez-vous quoi? Mon premier et plus vieux fils, de 19 ans et 1/4 parle de partir en appart avec son chum. Je sais, je sais, vous autres, parents expérimentés, savez que ce n'est pas encore fait, que je devrai signer sur le bail, que je vais lui acheter un micro-ondes neuf, mais qu'il reviendra en criant famine dans 6 mois... non, non, non, je vous jure : je n'ai pas mis au monde des Tanguy!

Et puis, je suis tellement étonnée devant ces magnifiques jeunes hommes; comment ai-je fait? J'ai tellement l'impression de n'avoir rien fait, sauf : les mettre au monde, les allaiter, les amener à la garderie, leur faire du lait de soya maison, laver leurs couches de coton à la main, les traîner en poussettes et en snoogly en autobus, les amener à pieds à l'école, les munir de passes d'autobus et de 25c pour appeler, les inscrire aux cours de cirque, de natation, les envoyer aux cours de chinois, les inscrire dès la maternelle pour 12 ans d'éducation à l'école vocationnelle pour les arts, les laisser lose, ben lose, mais avec une laisse bien raide des fois, les garder avec moi quand je fêtais avec les amis, leur donner les clés, leur faire à manger, les amener faire les courses, leur confier leurs courses et leur budget, leur faire faire leurs lunchs, leurs déjeuners, les amener skier, les amener au ciné, au resto, aller à leurs concerts, les amener au théâtre, voir U2, les réunir en famille de chinois, lire ce qu'ils écrivent, voir leurs spectacles rock, adorer ce qu'ils réalisent... c'est tout, t'sais. Le reste, je m'en souviens plus. Mais il me semble que tout cela était tellement facile...

Bon, maintenant que je suis maman de deux magnifiques jeunes hommes majeurs, je peux me consacrer à être la blonde de rêve de mon chum (et la femme de ma vie, bien sûr!), en attendant d'être grand-maman, I guess!

dimanche 1 mars 2009

l'idée que l'on s'en fait

depuis juillet 2007, j'ai des amis virtuels. Je veux dire, uniquement virtuels. Je ne les connais à travers aucun sens physique - à part les photos occasionnelles. L'olfactif et le sonore sont absents, quoique le collage de video youtube nous permet d'entendre une partie de leur personnalité (goûts musicaux notamment).

Je ne les connais que par leur écriture. Ils racontent par le clavier ce qu'ils font, ce qu'ils pensent, à quoi ils s'occupent, ce en quoi ils croient. Je me fais une idée de ces gens, que j'apprécie à différents degrés selon que ce que j'en comprends me rejoigne ou non dans mes idéaux, mes intérêts. Leur intervention est divertissante, enrichissante, humaine, chaleureuse, et contribue très certainement à mon évolution. Zoreilles dit dans un de ses billets "là où j'ai mes habitudes". Bon, voilà : j'ai mes habitudes dans une fenêtre virtuelle ou une autre; en arrière de laquelle il y a un homme, une femme, qui vit.

Je dis des "amis" virtuels plus que simplement des lectures, puisqu'il y a interaction réelle, échange, communication.

Des amis virtuels, on les apprécie pour leurs idées. C'est la seule chose discriminante.

On ne juge pas de leur emploi du temps, de leur situation sociale ou professionnelle. On se surprend que les barmen soient intellos et de gauche, que les acupunctrices soient des félines féroces, associations que l'on fait rarement dans le monde réel où, en général, nous sommes appariés selon des ensembles physiques : la géographie du quartier, l'école, la profession, etc.

Sur le web, nous sommes appariés par des facteurs idéaux.

Nos amis virtuels sont indemnes de toutes les niaiseries et mauvaises habitudes qui nous irritent dans la vraie vie, des gens que l'on fréquente : une allergie aux animaux, une préférence alimentaire, un bégaiement récurrent, des retards perpétuels.

On les visite à notre gré. Nos habitudes sont à leur égard strictement dictées par notre propre volonté et disponibilité. On ne souffre pas d'attendre après eux ou de faire le ménage pour pouvoir bien les recevoir. Ils sont gratuits, ne coûtent qu'une connexion internet, ne dérangent pas, ne cognent pas à la porte au moment inopportun, et sont toujours là quand on les cherche...

Nos amis dans la vraie vie souffrent de nous connaître d'avant cette révolution virtuelle. Toutefois, ils n'ont souvent pas besoin de parler pour qu'on les comprenne. Seule une inflexion de la voix, un soupir, un coup d'oeil nous unissent. Leur voix nous est familière autant que leur numéro de téléphone sur l'afficheur. Leur langage, l'expression qui nous fait rire et le contact chaleureux font qu'on en cherche la compagnie. On passe des soirées à refaire le monde sous différents angles, et en montant le ton s'il le faut. On bénéficie ensemble de l'ivresse du vin et du partage de la bonne chère. Ils sont importants dans notre vie et méritent que l'on soit à leur endroit aussi clément qu'envers nos amis virtuels. Après tout : ne partagent-ils pas notre vie?

Le web 2.0 me fait beaucoup réfléchir et fait de moi, en ces années, une meilleure humaine.