mercredi 29 juillet 2009

lectorat - merci - Gaia - été

ma chum Do - merci Do - me disait aujourd'hui - ouais, t'as ralenti, t'as décidé de lâcher le web. Son chum de dire "t'écris plus?"

Si, si : j'écris toujours une page de ma vie, tous les jours, dès le réveil, jusqu'au coucher. En dormant, j'écris des rêves érotiques. Ma vie s'imprime chaque jour dans mon coprs qui vibre, dans mon cerveau qui raisonne, dans mon coeur qui aime, dans mon âme qui remercie.

En juin, ma chum Iz que je mettais à jour quant au fait notamment que j'étais occupée et que je cherchais un sens dans ma vie - oh ingrate Mo qui a tout parce que tu es choyée par la vie, parce que tu es dotée, capable, et que tu fais, tu agis, et que - fuck - tu as tout!!! - Mo se cherche, comme toute personne qui a le loisir de le faire, se cherche, à 41 ans et demi, bien nourrie, bien logée, et qui aime et boit du vin...

Ma chum Iz, d'une simplicité désarmante, me dit : Essaye un truc, chaque jour en te levant, remercie la vie, pour n'importe quoi, quelque chose, tu vas voir, ta journée va être meilleure. Ça sonne ésotérique de même mais essaye, tu verras.

Ok, c'était un soir philosophico-amical comme ceux qui sont irremplaçables, traces de l'amitié pure et sincère qui permettent de dire les choses les plus simples comme : dis merci le matin.

Depuis le mois de juin, en plus de m'accorder mon Holy Hour en consacrant du temps à mon corps et à mon esprit en faisant du simili-yoga réinventé iyengar oublié - ohm - je me lève en remerciant la vie de : - me donner le soleil, la santé, l'eau à boire, la douche, le café, l'amour, la joie, une bonne nuit de sommeil, une job, une maison, la vie, la joie, la lucidité, la capacité, la volonté, les oiseaux, la pluie, Galarneau, le ciel, le silence, mon Holy Hour, le lit, l'amour couché à côté de moi, le couple heureux et soudé, le confort, les draps, le défi professionnel, Gabriel, Thomas, le souper, le déjeuner, la pomme qui s'en vient, le chat qui attend de l'autre côté de la porte de la chambre que je vais ouvrir, mes pieds qui me portent, mes jambes fines et qui me tiennent, mes ongles d'orteils, mes petits seins petits mais à moi, mes mains, la vue, l'odorat, la cigarette que je redécouvre à mon plus grand délice, le malheur, la complaisance, la pitié, la passion, un coeur qui bat, la souveraineté de mes actes, la liberté, la possibilité de m'exprimer, me réaliser, Barack Obama, un pays libre, un plancher de bois franc, la terrasse en arrière de la maison, la porte que j'ouvre vers l'extérieur, les mots, les pensées, les joies, les rêves, les délires...

Des fois, je dis merci Seigneur, en trouvant que ces mots ne m'appartiennent pas car je ne l'ai jamais fait, ni dans mon éducation ni dans mes croyances, ça vient tout seul comme une expression qu'on a toujours lue et qui vient à l'esprit par habitude. Je change Seigneur pour Gaia, ma belle Gaia, la mère de toute chose, la généreuse terre et nature. Merci!

Le lectorat qui attend mérite une auteure inspirée...

J'aime beaucoup la vie. Si cet été, je ne le partage pas avec vous autant que dans le passé, ne croyez pas que je n'aime pas partager. Je partage beaucoup avec moi-même et c'est crissement bon. L'amitié me permet tout cela. Mais d'abord et avant tout : la vie.

Mille bisous jusqu'à bientôt.

lundi 6 juillet 2009

écrire dans sa tête


en juin, j'ai spontanément arrêté de fouiner le cyberespace, que ce soit pour lire, interagir ou écrire. Je n'ai plus ouvert l'ordi à mon réveil pour y passer 1 heure en orbite le matin, ni plus ouvert l'ordi en revenant du travail pour venir y scèner régulièrement. La vie se passait ailleurs et je savais que je devais m'y reconnecter, après 2 ans d'évasion virtuelle.

Les premiers jours furent un calvaire : j'avais du temps. Lire : j'avais du temps à tuer.

Mais à mesure que les jours passaient, il m'était devenu indolore de ne pas ouvrir l'ordi dès mon réveil.

Le vide creusé par le fait de ne pas écrire, se fit ressentir alors que je zappais la Tivi à la recherche d'une évasion intéressante. Ce face à moi a remis en question mon bonheur. J'ai trouvé ma vie "plate" pendant plus d'une semaine. J'ai eu une crise existentielle avant de réapprendre à faire des choses concrètes, avec mes mains et mon esprit, et pas juste penser tout haut du bout de mes doigts.

Écrire était devenu, je l'avoue, un geste compulsif. Aucune retenue ni distance ne s'imposaient à moi dès qu'il me venait une idée, une pensée, une réflexion, une question, aussi bénines et insignifiantes soient-elles. J'écrivais, c'est tout. J'écrivais, aux 5 secondes, et je lisais boulimiquement. Sur le web, dans ce monde imaginaire mais pourtant réel. Cette fênêtre sur le monde m'a manqué, je me suis sentie seule et isolée, dans le vrai monde.

En fait, c'est écrire qui me manquait. Un sevrage, comme arrêter de fumer, cesser toute chose que l'on fait par habitude et qui nous fait du bien.

Je me suis rapprochée de mon homme-chat. J'ai échangé avec lui plus que je n'échangeais jadis avec tout ce qui bougeait ou s'exprimait sur le web. C'était bon et structurant. L'homme chat a construit une terrasse dans notre cour fermée de la maison en ville. J'ai profité de l'air citadin sous le parasol.

J'ai commencé à tricoter : j'ai terminé le dos du chandail de laine que je lui offrirai cet automne.

Des fois, comme le temps passait, je me relisais et constatais en effet que je n'avais plus rien à dire. Comme quoi, la facilité à s'exprimer vient avec la pratique.

Ce congé fut un excellent exercice. Je me sens beaucoup plus équilibrée, en harmonie avec la vraie vie du dehors. Si l'ordi fouerre demain, ce ne sera pas un désastre.

Il n'y a pas le feu. Écrire seulement quand on a envie.

J'ai redécouvert d'autres façons de vivre : faire du yoga, respirer, faire l'amour, la bouffe, les plantes, échanger avec des mots, des gestes, et écrire...

... car les mots, ils feront toujours partie de moi, qu'ils soient imprimés ou dans ma tête. Je ne suis pas partie, mais je ne suis pas revenue non plus. Je suis simplement là, une moi plus complète que jamais.

J'ai écrit beaucoup de "je", car écrire, c'est fait pour ça.

Re-bonjour à vous tous.