jeudi 30 décembre 2010

deux mille dix


pas de retour en arrière, jamais, mais un petit pincement au coeur de constater que mon dernier billet date de seulement septembre 2010 et qu'au total, je n'aurai craché que 10 billets cette année. il me faut signer une autre fois avant la fin de l'année.

Je lisais Seth Godin et sa douzaine de réalisations professionnelles en 2010, il me fascine ce type, tiens, voici : Seth's Blog. Alors, j'en profite pour voir si je me suis éloignée de l'écriture pour faire quelque chose de concret ou non. Pas que je craigne la contemplation et la vie simple pour soi, mais je sais que je n'ai pas fait que ça car sincèrement, j'ai eu la broue dans le toupet, vraiment.

Donc, en désordre :

- ai écrit quelques billets cochons, ça oui, chu capable;

- ai commencé un mba en septembre et terminé à ce jour 3 cours (pas eu mes notes encore et pense franchement avoir manqué un de mes 3 examens finaux, on verra la note beutô);

- ai passé du temps avec mes parents dernièrement et avons marché sur le mont-royal et fait le tour 2 fois du parc laurier (anodin vous dites? attends, c'est l'hiver, il y a de la neige, ils vivent d'habitude près de san francisco en running shoes, pis ils ont 70 quand même);

- ai confectionné une centaine de dumplings en compagnie des êtres chers de ma famille : ma soeur, son chum, le mien, mes deux nièces, mon père, ma mère, et les ai mangés avec les autres membres chers de ma famille : mes deux fils, mon frère, sa blonde, ainsi soit-il;

- ai cuisiné en talons hauts à deux grandes amies et avons écrit un billet cochon collectif tout-à-fait hilare ici;

- ai commencé à faire du jogging au retour des vacances d'été, à la fréquence de 3 matins par semaine, ai arrêté pendant le mois de novembre complet et ai repris hier matin, pour la première fois dans la neige; aspire au 10 kms du marathon en septembre prochain;

- n'ai pas arrêté de fumer, mais c'est pas une préoccupation ni un fait significatif;

- ai bu un ostie de bon st-julien que j'avais couché depuis 2003;

- ai confectionné huit gâteaux aux fruits, coupés en deux (ça fait seize), imbibés de cognac, et joliment emballés dans du vichy (ben c'est ça, ce sera la photo du billet);

- ai envoyé une hardcorette à ed bond, je te dis pas c'est où (est-ce digne de mention dans un CV?);

- ai dépensé une partie de mes épargnes en fourrure recyclée chez harricana : un beau chapeau pour tenir au chaud mon fils gabriel, une magnifique étole pour un anniversaire important de ma soeurette, et des guêtres en pattes de renard norvégien, pour que bibi ait l'air d'une cavalière de mongolie, j'adore;

- ai reçu mon premier creuset, ça c'est le signe que t'es rendue une vraie bourgeoise et y ai cuisiné un délicieux risotto à la saucisse italienne (t'sais quoi, il est meilleur dans le creuset);

- ai reçu des pinceaux et une pierre à encre pour apprendre la calligraphie chinoise, en m'inspirant de la lecture d'un fabuleux livre : Passagère du Silence, de Fabienne Verdier, que tout artiste ou aspirant artiste devrait lire pour développer l'humilité;

- ai lu Eat, Pray, Love de Elizabeth Gilbert : la quintessence de la recherche existentielle féminine du vingt-et-unième siècle, et comme c'est réussi et heureux;

- n'ai pas fait de peinture mais ai été traversée cet été par l'envie de peindre à l'huile des cadres de verdure, inspirée par mes longueurs d'autoroute en moto;

- ai parcouru je ne sais plus combien de miles en moto ce mois de juillet, vers la floride et 12 autres états américains, derrière l'homme-chat; de très jolies photos nous rappellent notre périple;

- ai participé à un cours sur les grands bordeaux en mars, nous avons bu de ces choses et cela nous a confirmé notre amour de l'élixir de raisins;

- ai travaillé fort et engagé mon ex-collègue et amie : joie, bonne humeur, je suis redevenue une jeune fille hilare au travail, comme cela me ravit plein!

- ai engagé un autre petit nouveau qui commence en deux mille onze : une autre culture (organisationnelle, j'parle, jamais d'ethnie, vous savez que je viens d'ailleurs), ce sera vraiment instructif à déballer;

- ai beaucoup facebooké, un peu moins twitté et ouvert un compte linked in, parce qu'à mon âge, faudrait commencer à être sérieuse et réseauter en tailleur;

- ai reçu pour mon dix-neuvième party d'huîtres;

- ai aménagé un petit boudoir en avant, pour lire, et ai confectionné une lampe avec une branche d'arbre sur une table avec une rondelle de tronc savamment sciée à cet effet par un ex-collègue avec un geste qu'on ne veut même pas imaginer, tellement il y a de marques sur la buche...

- ai failli acheter une autre maison, presqu'à la campagne mais sur l'île, avec des arbres en arrière, une rivière au bout de la rue, puis une piscine creusée, et pas de locataires, ai failli... c'était même pas cher - vraiment. mais ai écouté le gutts de mon chum qui la sentait pas du tout, et il avait raison, alors suis bien contente de mon petit appartement français dans la petite patrie;

- ai vécu en couple sans enfant toute l'année et ai aimé ça, c'est doux un couple;

- ai offert une bague à l'homme-chat, grâce aux talents de la joallière audifax;

- ai acheté et porté un collier de perles; suis devenue une grande fille.

une vie simple quoi, pas de quoi se pâmer ni se marrer, mais un peu de flattage de fesses pis on repart pour une autre. tchin tchin ma gang, je vous aime!

jeudi 30 septembre 2010

folie dévastatrice

qui met à sec ses idées, son inspiration créatrice, ses mots si doux et farfelus.

qui la tient à l'écart de la société ludique.

une folie qui lui enlève toute son énergie.

cette folie est un amas hybride de travaux de mba et de livrables professionnels.

que faire?

nenon : défi, ça s'appelle, quand on a l'énergie pour l'aimer.

mais là, quand c'est trop et que ça vous donne mal au dos, faut se reposer.

dans quelques jours, je vivrai ce que j'aime le plus et qui me pousse à toute cette folie sans cesse renouvelée : le sentiment de l'accomplissement.

une vie donc faite de folie, de joie, de fatigue, et de grande sérénité. ben oui, je suis sereine estie, dans tout cela, j'y arrive. et j'aime.

mais câlice que je suis crevée.

bon ben, je vous salue amicalement.

samedi 24 juillet 2010

l'amérique dans tous ses états


je ne vous parlerai ni de Mel Gibson, ni de Shirley Sherrod, ni de bp, ni de Hurricane Bonnie. non, durant les 2 dernières semaines, la seule télé que j'ai écoutée dans les chambres de motel ou d'hôtel ou de inn pas in, était des épisodes en cascades de ncis et même un covert affairs mardi soir pour que l'homme-chat puisse mater la jolie spy pitoune.

donc, je vais vous parler de l'amérique.

parce que, pendant 14 jours, 7183kms, plus d'une soixantaine d'heures, j'avais le cul enfoncé dans un lazy boy qui roulait à plus de 120 km/h, aucune responsabilité de conduite, mais menée par les talents habiles de l'homme-chat. quoi faire pendant ce temps? essentiellement 3 choses : griller, regarder le paysage, et penser en silence.

penser à des choses farfelues, sérieuses, ou juste n'importe quoi meublant mon esprit agité.

donc, l'amérique.

mais avant, un peu de moto

- pendant 7183kms en été, à cause des lunettes de soleil, tu grilles en racoon inversé.

- sur 7183kms, nous en avons roulé plus de 2000 en Floride et quelques centaines au Kentucky, en Ohio et en Pennsylvanie, sans casque. d'aucun me dirait que c'est fou. mais c'est fou de faire de la moto, alors partons de cette prémisse. il y a 2 raisons pour rouler sans casque : 1) si tu plantes, tu crèves illico, aucune chance de devenir paraplégique pour le restant de tes jours; 2) un casque, c'est crissement pas aérodynamique; à une certaine vitesse, il t'arrache la tête par en arrière.

- étonnamment, il n'y avait pas de motards sur la route. sont cachés où? à la clim? chez nous, dès qu'il fait beau un jour de congé, il faut absolument chevaucher le bolide, sinon on ne pourra jamais atteindre 10 jours de motos dans l'année.

- je l'ai déjà écrit : les routes au States sont impeccables, un vrai ruban lisse. une dame croisée dans une station d'essence en Georgie était étonnée que nous fassions la remarque. attends, descends St-Denis en bécyk à pédale, accident garanti! aux States, dès qu'il y a une légère dénivellation, c'est indiqué.

- aux States, il y a pleins de routes. je sais, je suis née à la bonne époque, celle où elles sont déjà construites. je ne suis pas une fille de trail dans le bois avec du chasse-moustique et des bottes de marche. je suis vraiment une pitoune de bike - pas d'seins. au Québec, il n'y a pas de route. peut-être 4. là-bas, tu peux sans arrêt prendre une alternate tant que tu veux, tu choisis ton combo : avec ou sans péage, à 2, 3, 4, 5 voies, avec ou sans scenery.

- aux States, tu roules à 130km/h et il n'y a pas de police pour te donner un ticket. à tous les km, une pancarte à droite de l'autoroute te demande gentiment de "move accidented vehicles from traffic lanes", s'il vous plaît. nettement moins infantilisant qu'un char qui te court après pour te collecter des taxes sous prétexte que tu roules à 120.

- il y a du vent. tu penserais qu'il y en a beaucoup sur la 1 qui descend à Key West, pendant 126 miles entre 2 mers. mais non, rien qui te fasse changer de voie comme la 90 vers l'est dans la région de Buffalo. un grand lac, ça déménage.

ok, l'amérique... pas celle du far west que je décrivais en 2007 ici, une autre, en douceur et colorée. il n'y a rien de mieux pour infirmer ou confirmer ses préjugés que d'aller à la rencontre de l'étrange. dans tous ses états? non, seulement 13 que nous avons croisés en 14 jours.

l'amérique est à vendre

it's all about value - vu sur la route
- 1-800-divorce - uncontested - $499
- puppies for less

il y a des prix partout. une maison mobile neuve coûte 49k près des Everglades. quand tu te fais recommander un resto par le réceptionniste de l'hôtel, il te répond toujours avec le best value, là où tu en auras vraiment pour ton argent. jamais un choix prétentieux. pas comme le québécois que tu rencontres à Miami et qui te recommande, lui, le resto italien le plus cher de la ville, celui qui est dans la 4e catégorie de affordable - moderate - expensive - very expensive.

l'amérique est promotionnelle

c'est le royaume absolu du pylône et de l'enseigne publicitaire. partout, partout, partout. c'est le paysage principal que j'ai pu contempler pendant mon road trip.

l'amérique est superlative

chaque chose, endroit, personne est le most de quelque chose :
- the southernmost point of continental usa
- the southernmost house of...
- the greatest, the oldest, the tiniest,...

même les choses les plus insignifiantes (la ville de Marathon dans les Keys) se targuent d'être the most ordinary.

l'amérique est sympathique
vraiment.
sincèrement.
aimable.
affable.
gentille.

il n'y a pas un endroit où tu puisses demeurer immobile pendant plus de 3 secondes sans qu'un américain te salue ou engage la conversation.
tu peux toujours demander de l'aide.
tu auras toujours un sourire et un accueil chaleureux dans un motel, un hôtel ou un inn pas in.
tu peux fumer une cigarette et prendre une bière avec un motard tatoué dans le parking d'une station d'essence, alors qu'il t'explique la route pour descendre à Daytona pendant qu'il tonne l'orage.

l'amérique est vraiment chouette. pour une montréalaise snob, sophistiquée et existentialiste, c'est désarmant, sincèrement plaisant, mais quelquefois...simple.

l'amérique est religieuse

vu sur la route :
- hell is real
- life is short, eternity is long
- bring jesus back in christmas
- GOD (écrit en majuscule rempli du motif du drapeau américain)
- jesus died for our sins
- thou shalt not commit adultere, thou shalt not kill, (etc. ; notamment tricher ou cracher dans la rue)

l'amérique est armée

vu sur la route :
- guns, ammo and gear, exit 89, outpost

ça j'avoue, ça fout les chocottes.

l'amérique est vulgaire

vu sur la route :
- strippers - need to say more?
- 4000 slots. and we're growing *.

l'amérique est à voir

la vigne pousse sur les troncs d'arbre et recouvre des êtres entiers.
la rivière Tennessee est majestueuse lorsqu'on la traverse vers le nord.
il faut voir les ponts à Tampa, FL, ou à Louisville, KY.
que dire des Everglades?
Savannah, ville historique en Georgie, un urbanisme autour de squares et une préservation impeccable.
le Muhammad Ali Center, à Louisville, KY, parce qu'il n'avait pas juste les gants.
les Keys, surtout pour la key lime pie.
les montagnes au Tennessee.
les lacs et les rivières.
Nashville. tant qu'à y être.

l'amérique est vraiment charmante, contrastée, proche et immense à la fois. elle n'est rien du mal qu'on puisse en penser. pas chez les gens ordinaires, ceux qui travaillent, partout où vous posez vos pieds et vos fesses de touristes, ils sont magnifiquement humains. les gekko et bush sont d'une autre ligue, celle des méchants universels. contente de l'avoir vue encore, et d'être revenue.

fini le popcorn?


(aux intéressés : un itinéraire de notre voyage est ici et un album photo sur facebook est ici).

* comme je sais lire l'anglais et qu'en plus j'ai vu le reste de l'annonce, je sais bien sûr qu'on parle ici de machines à sous. encore plus vulgaire.

lundi 21 juin 2010

j'écris très mal

mélangeant toutes les langues alors que l'an dernier à environ pareille date, je militais férocement pour l'usage de ma chère et aimée langue française. honte à moi : aucun respect de la ponctuation, de la casse ou de la syntaxe. j'aspire à faire des études littéraires après un mba à venir (je me rends compte que ça retarde encore mes projets de libertés roulantes, mais bon, on ne peut pas être contre la vertu) et cela m'amènera j'espère à me rapprocher de sires laferrière et hugo; je ne prétendrais jamais au grand jamais écrire quelque bouquin que ce soit à publier sur papier tant que je ne serai qu'une grossière charretière qui ne sait même pas si cela prend 2 "r" mais va checker quand même sur google avant de vous laisser.

mes pensées sont trop loud

mon imaginaire se manifeste sans arrêt à la surface de mon esprit, dans le seul but d'étouffer mes futiles préoccupations terrestres : lavage, cafetière, arrosage, vidanges, recyc, dej, douche, café again, corde à linge, parfum, tailleur, sandales gold, keys, lunch, sac, documents, volvo, work, épicerie, céréales, fruits, choses bonnes, fait chaud.

bon été gang!

mes pensées sont trop loud.

depuis début juin, j'ai été pas mal sur le web finalement; je ne tiens aucune promesse et n'ai découvert rien de neuf qui soit sur moi : j'ai encore mille défauts, je fume, je ne fais pas d'exercice, je stresse, je contracte et constricte, j'aime, je mange, je bois... ce dont j'ai envie cet été, c'est partir, ne pas me laver, faire de la route, je sais, j'en ai déjà parlé.

je shut mes pensées pour aller travailler. Chers Amis (les majuscules sont significatives vous noterez) : Bonne Journée! Bises,

j'tagge plus mes billets

parce que c'est comme un classement. depuis quand classe-t-on ses pensées? depuis quand tente-t-on de changer l'ordre du temps?

dimanche 20 juin 2010

mo et le vent

c. photo (I dunno but it's angelina)


vous ai-je dit que j'aimais la moto? depuis des années, l'homme-chat sort sa chatte sur un moteur doté de 2 roues, des fois il pleut, des fois il fait beau. mille fois, ils sont heureux.

à cause du 2 roues, ils se retrouvent souvent aux states, là où l'asphalte n'a pas suivi la recette du québec et où quelques états proches de nous sont absolument sympathiques envers les motocyclistes : l'envers de la belle province où la masse nous perçoit comme de vrais voyous et où les automobilistes nous font autant de mal qu'aux vélocyclistes - bref, la galère.

ce week-end, nous étions au new hampshire, vous savez bien sûr, l'état where you "live free or die". quand nous fuyons ainsi, c'est à dire quand nous "partons" (le verbe partir a pour moi un connotation de liberté immédiate : allez, partons!), voici ce qui m'attend :

- avoir les tresses au vent
- avoir le soleil et le vent à 120km/h m'embrasser la peau
- porter des super sunglasses attachées avec un 'lastic
- rouler dans les entrailles des montagnes
- traverser ponts et rivières
- m'entourer de la verdure
- être en manches courtes roulées sur les épaules et bronzer comme une indienne
- porter les mêmes jeans sales pendant des jours
- arrêter aux stations services pour pisser ou acheter un café
- arrêter aux stations services pour gazer et fumer une gauloise, encore mieux une marlboro
- manger, boire, dormir s'à go
- me coucher et dormir à poings fermés
- me réveiller les yeux collés
- pas être fussy su'l'café
- enfourcher le destrier de métal
- avoir le cul accoté sur un moteur vrombissant
- être derrière l'homme de ma vie
- voir défiler le paysage
- avoir des amis qui sourient avec une dent en moins
- enfiler un suit de pluie
- avoir l'eau qui coule sur les joues
- trouver ça l'fun être au sec avec l'eau qui r'vole partout
- prendre les sorties pas trop vite car ça donne envie d'pipi
- avoir pour meilleur ami le soleil
- aimer le vent
- être heureuse tout le temps sauf quand j'ai envie, frette ou mal au ventre (ça arrive mais pas souvent)

mais aussi ...

- ne pas m'ennuyer de la cafetière espresso à la maison, de la télé hd, de l'ordinateur, de la cuisine ikea, des beaux meubles dont on en veut toujours des plus beaux et plus chers, de la prochaine paire de souliers, du toupet à couper, de quel veston porter en fonction des activités de la journée, de l'épicerie à faire, du chat à sortir, de la terrasse à soigner, de ma carrière à avancer, des cours à suivre pour être plus shiny (brillante), des investissements à faire fructifier pour me rendre à l'objectif plus bas, des gens à contenter pour être toujours gentille, du yoga à faire pour être zen (fuck le yoga quand tu roules, man), de ne pas oublier...

quand je serai grande, j'aimerais bien...

- être indépendante de fortune (ne plus avoir d'hypothèque et avoir une rente, tiens)
- me contenter de peu (vendre ma garde-robe, ma garde-godasse et mon collier de perles)
- avoir un pied à terre avec un cellier bien garni
- et partir, partir, partir, sans arrêt, sur les routes de partout.

l'homme-chat aussi aime la route, bien sûr, mais il déplore que l'on mange mal quand on est aux states, toujours du junk. nous serions tellement heureux si tous les mcdo bordant les autoroutes étaient changés pour des magasins whole foods où tu es sûr de manger bien et peut-être bio.

moi les motos, j'ai toujours aimé ça. j'ai toujours rêvé d'être une super héroïne, du type angelina jolie. jolie, intelligente (humble) mais aussi bien tough, vous savez, comme une tom boy, incluant toutes les choses dont je suis incapable et pour lesquelles je n'ai aucune volonté pour m'y rendre : faire du kickboxing, faire de la boxe, chauffer un bike, me battre, être en forme, tirer du poignet, bluffer aux cartes, boire des shooters, etc. mes cours de bike se sont mal terminés : dans un enclos de clôture frost avec des cônes et des flèches à terre, dans lequel il faut faire des mimiques de singe comme dans serpents et échelles, à essayer de déplacer de la ferraille sur laquelle je ne touchais plus à terre, une totale humiliation, je vous dis. bon, me suis résolue à suivre l'homme-chat toute collée sur lui quand il part loin; je me suis dit aussi qu'il valait mieux que je roule pas sur 2 roues parce que, disons, je suis un peu cowboy. mais quand je fréquente des motards et motardes, je me sens toute envieuse de savoir faire... mmmh, si j'avais un bike, il serait gros et mean, comme ceci :



c. photo Exile Choppers

(je me rends compte qu'il n'est ni gros ni mean, c'est juste moi
qui suis petite et mean)

samedi 29 mai 2010

Juin : mois officiel de la CONNEXION

Photo par Ignacio Lozano.

J'ai décrété comme l'an dernier, le mois de juin comme mois officiel de la connexion. La connexion à ma vie, autrement. Ma vie, en dehors du web, des médias sociaux.

Voilà.

Donc, pour me joindre, il faudra être ailleurs qu'ici.

J'adore écrire, j'adore les mots, j'aime les lettres, la composition, la typographie, le rythme, le son des mots dans ma tête quand je les lis. Je les prononce à voix basse, autant quand je lis que quand j'écris. Quand j'écris, je transpose par le clavier les mots que j'entends dans mon esprit, je les prononce sur l'écran en entendant le son des touches. J'aime le rythme des syllabes, la tournure des phrases, le mot rare, et ce beat, ce beat, ce beat, que seules la connaissance et l'utilisation judicieuses de la ponctuation permettent de reproduire couché.

Écrire, c'est pour moi composer dans ma tête un beat qui aurait son équivalent en art oratoire dans la déclamation, dans le récit d'un suspense, en musique, dans la 1ère symphonie de Mahler ponctuée du dialogue des instruments. Écrire pour moi, ce n'est rien d'autre que le plaisir de faire un solo de drum.

L'expression écrite est donc ma favorite. Je la privilégie, pour le plaisir et la facilité, à tous les autres modes de communication :
- la communication téléphonique : never, ever, do i use the phone. Je ne réponds jamais au téléphone à la maison. Commander de la bouffe me mortifie. L'idée d'une conversation longue entre filles me révulse, je l'identifie à du potinage que je déteste. L'idée d'une conversation érotique avec un homme ne me vient pas à l'esprit, l'occasion ne se présente pas. Le téléphone devient donc pour moi l'outil pour communiquer une seule chose : l'urgence. Donc : je ne m'en sers pas.
- la communication graphique : merde, j'aimerais tellement...
- le face à face : j'haïs les gens. Je suis fucking gênée face à ceux que je ne connais pas. Et ceux que je connais et que j'aime, je ne les vois pas, à cause de ma simple paresse d'organiser une rencontre. Ma vie de couple évite d'organiser quoi que ce soit qui concerne autre que l'homme-chat et moi (égoïsme qui nous caractérise depuis longtemps mais avec lequel je vis très bien).

Comme je ne fais qu'écrire, ma communication est souvent peu efficace, car tous n'aiment pas lire. J'écris des courriels, des communiqués, des présentations, des billets, des clavardages, et j'écris tout. Et je ne parle pas. Tous n'aiment pas et donc, si je n'ai pas réussi à passer mon message par écrit, j'oublie de me reprendre autrement. L'écrit, des fois, c'est maladroit, confus, et permanent. Ce n'est pas ouvert, comme un dialogue, par exemple. C'est définitif. Jusqu'à erratum.

C'est par les mots que j'ai commencé à laisser des traces sur la toile depuis l'été 2007. À cause de la facilité, j'ai adopté toutes formes d'écriture et cela m'a ouvert les portes à des rencontres fort enrichissantes. J'adore la vie sur le web. Mais parce que j'aime ça, elle prend une place imposante dans mon quotidien : 1 heure le matin et l'omniprésence tous les soirs. Elle meuble tous les moments de vide qui autrefois étaient occupés à quelque chose dont je n'ai plus idée.

(je me souviens d'avoir essayé d'élever des kids, était-ce cela?)

JUIN : MOIS OFFICIEL DE LA CONNEXION

connecter avec pleins de trucs intéressants, notamment :
- faire du yoga le matin (tiens, je pensais que je manquais de temps dernièrement)...
- découvrir un nouveau hobby : en juin dernier m'a pris l'envie de tricoter et cela a donné un superbe chandail chaud pour l'homme-chat en décembre dernier dont il ne s'est pas servi pendant notre super hiver chaud
- faire du bicycle stationnaire devant la TiVi (ça me prend un bicycle stationnaire que je vais laisser en plein milieu du salon)
- dessiner (pourquoi pas)
- lire (tellement!)
- marcher
- faire l'amour (est-ce qu'on a le droit en plein milieu de la soirée)
- égrenner des tomates et faire des cans
- confectionner des raviolis
- peindre les moulures au plafond à la feuille d'or
- faire des devoirs
- prendre des bains
- manger de la glace molle
- fumer des gauloises
- pratiquer la calligraphie
- réécouter tous mes CD's avec des écouteurs

... si je vous lâche et que je m'y mets, peut-être que le mois de juin se prolongera en juillet...

Que de plaisir en perspective. Passez un bel été, les babes. Je vous aime!

jeudi 6 mai 2010

à distance de la réalité

photo : Yann Arthus Bertrand

J'adore cet état de grâce qui arrive lorsqu'un léger voile nous sépare de la réalité : quand on est malade et que les tempes sont chaudes, quand on est fatigué, quand le temps est brumeux, quand on est stone, saoûl ou under the influence, quand on est en amour, quand on sort de la routine. Aujourd'hui, ma condition réunit 3 éléments : je suis malade et pas tout-à-fait là, il pleut, pleuvait, orageait mais est maintenant nuageux, et je sors de ma routine. Ce matin, à 6am, j'évaluais la sagesse d'aller travailler lorsque mes les courbatures au bas du dos m'ont vite indiqué que je serais irritée en moins de 2 d'être assise à mon bureau à me concentrer sur chiffres, plan d'affaires et satisfaction de la clientèle. De plus, le mal de gorge disait clairement : ne laisse pas sortir trop d'air ni en rentrer, ne parle pas : conserve energy.

Cet état de grâce, cette demi-réalité, cette exemption de 24 heures, m'éloigne de tout stress, de toute préoccupation auxquelles sont pourtant conviés mes collègues en ce moment-même. Alors qu'hier à la même heure, chaque tranche de 5 minutes faisait la différence entre arriver à l'heure ou en retard à mon prochain rendez-vous, mais était cruciale à l'entretien d'importance que j'étais en train d'avoir, aujourd'hui 24 heures me semblent tout-à-fait acceptables comme "retard". Combien ai-je de 24 heures dans une vie, si j'espère me rendre à 84 ans, au moins? Pourquoi la vive acuité de mes sens me met-elle hors du lit à 5 heures 30 et fonctionnelle dès lors pour les prochaines 16 heures à faire tout, rapidement, professionnellement, et idéalement infailliblement. Faut-il invoquer la mort, la foudre ou le suicide pour être pardonnée d'avoir pris off une journée? Comme on est devenu exigeant maintenant. Je ne m'exclus pas de ce train d'enfer, nous menant inexorablement vers la fatigue, l'épuisement, la maladie (ouf, une chance qu'elle est là, des fois!). - Je sais que si Zoreilles me lit, elle me dira que ce n'est pas la première fois que j'invoque cela et que c'est un schème récurrent dans ma vie - nul n'étant parfait.

Comme il est salutaire de laisser à son corps le temps de se lever de lui-même, à son esprit de pardonner cet écart de conduite, à ses cheveux d'avoir une nouvelle teinture en cette journée de congé, de découvrir un nouveau stationnement pour une pharmacie qu'on ne fréquente jamais et qui partage justement le parking de saeco où on va chercher la machine espressro réparée - car il faut bien avoir fait quelque chose quand même!, de rouler à 30km/hr sur st-laurent en s'en crissant des pressés qui veulent joindre le métropolitain, de ne pas avoir pris de douche, d'être habillée comme une fille qui travaille de nuit, en suit de jogging et imper argent sous la pluie sâle, de regarder le soleil percer au travers des nuages maintenant, à midi quarante-neuf un jeudi alors que bientôt, j'aurais été en réunion. Ah, comme c'est salutaire - et bon!

Ce voile est celui qui m'éloigne (un bref instant entre deux parenthèses) de mon état d'alerte qui me donne des fois des palpitations et un sentiment constant d'accomplissement. Je souhaite atteindre ce calme sans devoir être malade, sans qu'il pleuve, sans m'empêcher de faire ce que je fais tous les jours. Simplement en pratiquant le yoga plus régulièrement, en étant plus bouddhique, plus sage, plus détachée, sans devoir avoir un millimètre de crasse et sentir le rhume ou la sueur de fièvre, mais en robe d'été, heureuse, femme et professionnelle. Quel dur équilibre à atteindre.

Me pardonneront-ils, mes collègues, mes relations professionnelles, mes patrons, de ne pas rentrer pour ne pas les contaminer, de me reposer pour penser plus clairement demain? Est-ce que cela arrive aussi à nos clients que l'on veut satisfaire à tout prix? Ceux qui travaillent 60 heures par semaine à acquérir des business qu'ils ont la réputation de mener au succès? Sont-ils infaillibles? Pour moi, j'aurai besoin de la sieste tantôt, je vais tenter de profiter des quelques heures qu'il me reste dans ma tendre bulle, déconnectée du téléphone, du email et des urgences de la vie d'affaires.

ciao,