samedi 24 juillet 2010

l'amérique dans tous ses états


je ne vous parlerai ni de Mel Gibson, ni de Shirley Sherrod, ni de bp, ni de Hurricane Bonnie. non, durant les 2 dernières semaines, la seule télé que j'ai écoutée dans les chambres de motel ou d'hôtel ou de inn pas in, était des épisodes en cascades de ncis et même un covert affairs mardi soir pour que l'homme-chat puisse mater la jolie spy pitoune.

donc, je vais vous parler de l'amérique.

parce que, pendant 14 jours, 7183kms, plus d'une soixantaine d'heures, j'avais le cul enfoncé dans un lazy boy qui roulait à plus de 120 km/h, aucune responsabilité de conduite, mais menée par les talents habiles de l'homme-chat. quoi faire pendant ce temps? essentiellement 3 choses : griller, regarder le paysage, et penser en silence.

penser à des choses farfelues, sérieuses, ou juste n'importe quoi meublant mon esprit agité.

donc, l'amérique.

mais avant, un peu de moto

- pendant 7183kms en été, à cause des lunettes de soleil, tu grilles en racoon inversé.

- sur 7183kms, nous en avons roulé plus de 2000 en Floride et quelques centaines au Kentucky, en Ohio et en Pennsylvanie, sans casque. d'aucun me dirait que c'est fou. mais c'est fou de faire de la moto, alors partons de cette prémisse. il y a 2 raisons pour rouler sans casque : 1) si tu plantes, tu crèves illico, aucune chance de devenir paraplégique pour le restant de tes jours; 2) un casque, c'est crissement pas aérodynamique; à une certaine vitesse, il t'arrache la tête par en arrière.

- étonnamment, il n'y avait pas de motards sur la route. sont cachés où? à la clim? chez nous, dès qu'il fait beau un jour de congé, il faut absolument chevaucher le bolide, sinon on ne pourra jamais atteindre 10 jours de motos dans l'année.

- je l'ai déjà écrit : les routes au States sont impeccables, un vrai ruban lisse. une dame croisée dans une station d'essence en Georgie était étonnée que nous fassions la remarque. attends, descends St-Denis en bécyk à pédale, accident garanti! aux States, dès qu'il y a une légère dénivellation, c'est indiqué.

- aux States, il y a pleins de routes. je sais, je suis née à la bonne époque, celle où elles sont déjà construites. je ne suis pas une fille de trail dans le bois avec du chasse-moustique et des bottes de marche. je suis vraiment une pitoune de bike - pas d'seins. au Québec, il n'y a pas de route. peut-être 4. là-bas, tu peux sans arrêt prendre une alternate tant que tu veux, tu choisis ton combo : avec ou sans péage, à 2, 3, 4, 5 voies, avec ou sans scenery.

- aux States, tu roules à 130km/h et il n'y a pas de police pour te donner un ticket. à tous les km, une pancarte à droite de l'autoroute te demande gentiment de "move accidented vehicles from traffic lanes", s'il vous plaît. nettement moins infantilisant qu'un char qui te court après pour te collecter des taxes sous prétexte que tu roules à 120.

- il y a du vent. tu penserais qu'il y en a beaucoup sur la 1 qui descend à Key West, pendant 126 miles entre 2 mers. mais non, rien qui te fasse changer de voie comme la 90 vers l'est dans la région de Buffalo. un grand lac, ça déménage.

ok, l'amérique... pas celle du far west que je décrivais en 2007 ici, une autre, en douceur et colorée. il n'y a rien de mieux pour infirmer ou confirmer ses préjugés que d'aller à la rencontre de l'étrange. dans tous ses états? non, seulement 13 que nous avons croisés en 14 jours.

l'amérique est à vendre

it's all about value - vu sur la route
- 1-800-divorce - uncontested - $499
- puppies for less

il y a des prix partout. une maison mobile neuve coûte 49k près des Everglades. quand tu te fais recommander un resto par le réceptionniste de l'hôtel, il te répond toujours avec le best value, là où tu en auras vraiment pour ton argent. jamais un choix prétentieux. pas comme le québécois que tu rencontres à Miami et qui te recommande, lui, le resto italien le plus cher de la ville, celui qui est dans la 4e catégorie de affordable - moderate - expensive - very expensive.

l'amérique est promotionnelle

c'est le royaume absolu du pylône et de l'enseigne publicitaire. partout, partout, partout. c'est le paysage principal que j'ai pu contempler pendant mon road trip.

l'amérique est superlative

chaque chose, endroit, personne est le most de quelque chose :
- the southernmost point of continental usa
- the southernmost house of...
- the greatest, the oldest, the tiniest,...

même les choses les plus insignifiantes (la ville de Marathon dans les Keys) se targuent d'être the most ordinary.

l'amérique est sympathique
vraiment.
sincèrement.
aimable.
affable.
gentille.

il n'y a pas un endroit où tu puisses demeurer immobile pendant plus de 3 secondes sans qu'un américain te salue ou engage la conversation.
tu peux toujours demander de l'aide.
tu auras toujours un sourire et un accueil chaleureux dans un motel, un hôtel ou un inn pas in.
tu peux fumer une cigarette et prendre une bière avec un motard tatoué dans le parking d'une station d'essence, alors qu'il t'explique la route pour descendre à Daytona pendant qu'il tonne l'orage.

l'amérique est vraiment chouette. pour une montréalaise snob, sophistiquée et existentialiste, c'est désarmant, sincèrement plaisant, mais quelquefois...simple.

l'amérique est religieuse

vu sur la route :
- hell is real
- life is short, eternity is long
- bring jesus back in christmas
- GOD (écrit en majuscule rempli du motif du drapeau américain)
- jesus died for our sins
- thou shalt not commit adultere, thou shalt not kill, (etc. ; notamment tricher ou cracher dans la rue)

l'amérique est armée

vu sur la route :
- guns, ammo and gear, exit 89, outpost

ça j'avoue, ça fout les chocottes.

l'amérique est vulgaire

vu sur la route :
- strippers - need to say more?
- 4000 slots. and we're growing *.

l'amérique est à voir

la vigne pousse sur les troncs d'arbre et recouvre des êtres entiers.
la rivière Tennessee est majestueuse lorsqu'on la traverse vers le nord.
il faut voir les ponts à Tampa, FL, ou à Louisville, KY.
que dire des Everglades?
Savannah, ville historique en Georgie, un urbanisme autour de squares et une préservation impeccable.
le Muhammad Ali Center, à Louisville, KY, parce qu'il n'avait pas juste les gants.
les Keys, surtout pour la key lime pie.
les montagnes au Tennessee.
les lacs et les rivières.
Nashville. tant qu'à y être.

l'amérique est vraiment charmante, contrastée, proche et immense à la fois. elle n'est rien du mal qu'on puisse en penser. pas chez les gens ordinaires, ceux qui travaillent, partout où vous posez vos pieds et vos fesses de touristes, ils sont magnifiquement humains. les gekko et bush sont d'une autre ligue, celle des méchants universels. contente de l'avoir vue encore, et d'être revenue.

fini le popcorn?


(aux intéressés : un itinéraire de notre voyage est ici et un album photo sur facebook est ici).

* comme je sais lire l'anglais et qu'en plus j'ai vu le reste de l'annonce, je sais bien sûr qu'on parle ici de machines à sous. encore plus vulgaire.

4 commentaires:

Anonyme a dit...

hello

Anonyme a dit...

wat you up2

Anonyme a dit...

hello hello
bebo - eseta59 - mafi

Zoreilles a dit...

Quel billet, quelles photos, j'ai un peu fait le voyage avec vous deux, c'était génial.

Le bout qui me disait quelque chose, c'était surtout la route des Keys jusqu'à Key West mais je ne l'avais pas fait en moto, ça doit être grisant... J'ai eu la chance de sillonner la Floride, d'est en ouest (par les Everglades) à une certaine époque mais c'est en avion de Montréal à Fort Lauderdale que je m'y rendais, je savais que je manquais quelque chose...