samedi 29 mai 2010

Juin : mois officiel de la CONNEXION

Photo par Ignacio Lozano.

J'ai décrété comme l'an dernier, le mois de juin comme mois officiel de la connexion. La connexion à ma vie, autrement. Ma vie, en dehors du web, des médias sociaux.

Voilà.

Donc, pour me joindre, il faudra être ailleurs qu'ici.

J'adore écrire, j'adore les mots, j'aime les lettres, la composition, la typographie, le rythme, le son des mots dans ma tête quand je les lis. Je les prononce à voix basse, autant quand je lis que quand j'écris. Quand j'écris, je transpose par le clavier les mots que j'entends dans mon esprit, je les prononce sur l'écran en entendant le son des touches. J'aime le rythme des syllabes, la tournure des phrases, le mot rare, et ce beat, ce beat, ce beat, que seules la connaissance et l'utilisation judicieuses de la ponctuation permettent de reproduire couché.

Écrire, c'est pour moi composer dans ma tête un beat qui aurait son équivalent en art oratoire dans la déclamation, dans le récit d'un suspense, en musique, dans la 1ère symphonie de Mahler ponctuée du dialogue des instruments. Écrire pour moi, ce n'est rien d'autre que le plaisir de faire un solo de drum.

L'expression écrite est donc ma favorite. Je la privilégie, pour le plaisir et la facilité, à tous les autres modes de communication :
- la communication téléphonique : never, ever, do i use the phone. Je ne réponds jamais au téléphone à la maison. Commander de la bouffe me mortifie. L'idée d'une conversation longue entre filles me révulse, je l'identifie à du potinage que je déteste. L'idée d'une conversation érotique avec un homme ne me vient pas à l'esprit, l'occasion ne se présente pas. Le téléphone devient donc pour moi l'outil pour communiquer une seule chose : l'urgence. Donc : je ne m'en sers pas.
- la communication graphique : merde, j'aimerais tellement...
- le face à face : j'haïs les gens. Je suis fucking gênée face à ceux que je ne connais pas. Et ceux que je connais et que j'aime, je ne les vois pas, à cause de ma simple paresse d'organiser une rencontre. Ma vie de couple évite d'organiser quoi que ce soit qui concerne autre que l'homme-chat et moi (égoïsme qui nous caractérise depuis longtemps mais avec lequel je vis très bien).

Comme je ne fais qu'écrire, ma communication est souvent peu efficace, car tous n'aiment pas lire. J'écris des courriels, des communiqués, des présentations, des billets, des clavardages, et j'écris tout. Et je ne parle pas. Tous n'aiment pas et donc, si je n'ai pas réussi à passer mon message par écrit, j'oublie de me reprendre autrement. L'écrit, des fois, c'est maladroit, confus, et permanent. Ce n'est pas ouvert, comme un dialogue, par exemple. C'est définitif. Jusqu'à erratum.

C'est par les mots que j'ai commencé à laisser des traces sur la toile depuis l'été 2007. À cause de la facilité, j'ai adopté toutes formes d'écriture et cela m'a ouvert les portes à des rencontres fort enrichissantes. J'adore la vie sur le web. Mais parce que j'aime ça, elle prend une place imposante dans mon quotidien : 1 heure le matin et l'omniprésence tous les soirs. Elle meuble tous les moments de vide qui autrefois étaient occupés à quelque chose dont je n'ai plus idée.

(je me souviens d'avoir essayé d'élever des kids, était-ce cela?)

JUIN : MOIS OFFICIEL DE LA CONNEXION

connecter avec pleins de trucs intéressants, notamment :
- faire du yoga le matin (tiens, je pensais que je manquais de temps dernièrement)...
- découvrir un nouveau hobby : en juin dernier m'a pris l'envie de tricoter et cela a donné un superbe chandail chaud pour l'homme-chat en décembre dernier dont il ne s'est pas servi pendant notre super hiver chaud
- faire du bicycle stationnaire devant la TiVi (ça me prend un bicycle stationnaire que je vais laisser en plein milieu du salon)
- dessiner (pourquoi pas)
- lire (tellement!)
- marcher
- faire l'amour (est-ce qu'on a le droit en plein milieu de la soirée)
- égrenner des tomates et faire des cans
- confectionner des raviolis
- peindre les moulures au plafond à la feuille d'or
- faire des devoirs
- prendre des bains
- manger de la glace molle
- fumer des gauloises
- pratiquer la calligraphie
- réécouter tous mes CD's avec des écouteurs

... si je vous lâche et que je m'y mets, peut-être que le mois de juin se prolongera en juillet...

Que de plaisir en perspective. Passez un bel été, les babes. Je vous aime!

jeudi 6 mai 2010

à distance de la réalité

photo : Yann Arthus Bertrand

J'adore cet état de grâce qui arrive lorsqu'un léger voile nous sépare de la réalité : quand on est malade et que les tempes sont chaudes, quand on est fatigué, quand le temps est brumeux, quand on est stone, saoûl ou under the influence, quand on est en amour, quand on sort de la routine. Aujourd'hui, ma condition réunit 3 éléments : je suis malade et pas tout-à-fait là, il pleut, pleuvait, orageait mais est maintenant nuageux, et je sors de ma routine. Ce matin, à 6am, j'évaluais la sagesse d'aller travailler lorsque mes les courbatures au bas du dos m'ont vite indiqué que je serais irritée en moins de 2 d'être assise à mon bureau à me concentrer sur chiffres, plan d'affaires et satisfaction de la clientèle. De plus, le mal de gorge disait clairement : ne laisse pas sortir trop d'air ni en rentrer, ne parle pas : conserve energy.

Cet état de grâce, cette demi-réalité, cette exemption de 24 heures, m'éloigne de tout stress, de toute préoccupation auxquelles sont pourtant conviés mes collègues en ce moment-même. Alors qu'hier à la même heure, chaque tranche de 5 minutes faisait la différence entre arriver à l'heure ou en retard à mon prochain rendez-vous, mais était cruciale à l'entretien d'importance que j'étais en train d'avoir, aujourd'hui 24 heures me semblent tout-à-fait acceptables comme "retard". Combien ai-je de 24 heures dans une vie, si j'espère me rendre à 84 ans, au moins? Pourquoi la vive acuité de mes sens me met-elle hors du lit à 5 heures 30 et fonctionnelle dès lors pour les prochaines 16 heures à faire tout, rapidement, professionnellement, et idéalement infailliblement. Faut-il invoquer la mort, la foudre ou le suicide pour être pardonnée d'avoir pris off une journée? Comme on est devenu exigeant maintenant. Je ne m'exclus pas de ce train d'enfer, nous menant inexorablement vers la fatigue, l'épuisement, la maladie (ouf, une chance qu'elle est là, des fois!). - Je sais que si Zoreilles me lit, elle me dira que ce n'est pas la première fois que j'invoque cela et que c'est un schème récurrent dans ma vie - nul n'étant parfait.

Comme il est salutaire de laisser à son corps le temps de se lever de lui-même, à son esprit de pardonner cet écart de conduite, à ses cheveux d'avoir une nouvelle teinture en cette journée de congé, de découvrir un nouveau stationnement pour une pharmacie qu'on ne fréquente jamais et qui partage justement le parking de saeco où on va chercher la machine espressro réparée - car il faut bien avoir fait quelque chose quand même!, de rouler à 30km/hr sur st-laurent en s'en crissant des pressés qui veulent joindre le métropolitain, de ne pas avoir pris de douche, d'être habillée comme une fille qui travaille de nuit, en suit de jogging et imper argent sous la pluie sâle, de regarder le soleil percer au travers des nuages maintenant, à midi quarante-neuf un jeudi alors que bientôt, j'aurais été en réunion. Ah, comme c'est salutaire - et bon!

Ce voile est celui qui m'éloigne (un bref instant entre deux parenthèses) de mon état d'alerte qui me donne des fois des palpitations et un sentiment constant d'accomplissement. Je souhaite atteindre ce calme sans devoir être malade, sans qu'il pleuve, sans m'empêcher de faire ce que je fais tous les jours. Simplement en pratiquant le yoga plus régulièrement, en étant plus bouddhique, plus sage, plus détachée, sans devoir avoir un millimètre de crasse et sentir le rhume ou la sueur de fièvre, mais en robe d'été, heureuse, femme et professionnelle. Quel dur équilibre à atteindre.

Me pardonneront-ils, mes collègues, mes relations professionnelles, mes patrons, de ne pas rentrer pour ne pas les contaminer, de me reposer pour penser plus clairement demain? Est-ce que cela arrive aussi à nos clients que l'on veut satisfaire à tout prix? Ceux qui travaillent 60 heures par semaine à acquérir des business qu'ils ont la réputation de mener au succès? Sont-ils infaillibles? Pour moi, j'aurai besoin de la sieste tantôt, je vais tenter de profiter des quelques heures qu'il me reste dans ma tendre bulle, déconnectée du téléphone, du email et des urgences de la vie d'affaires.

ciao,