samedi 22 juin 2013

comme les garçons


faux

jamais voulu être un garçon
certainement pas un morveux de quatre ans
dont matante nettoie le bord de la bouche
ou les crottes de nez avec sa salive

pas non plus le boutonneux de douze ans
qui découvre allègrement sa graine

donc non
pas voulu être un garçon

en fait plutôt voulu être un gars
hier en karting mes jambes poussaient pas aussi fort
que celles de mes collègues musclés de cent quatre-vingt livres
je voulais être aussi tough
être one of the boys

j'ai déjà dit ici que si j'étais un mec
je conduirais un estique de gros bike
je ferais de la boxe
j'aurais des couilles et une grosse queue
(je dis ça car la femme en moi aime)
je porterais un trois pièces armani
je serais équilibriste
je me battrais et aurais des cicatrices
de blessures de lames
je me détruirais à la coke et au crack
et laverais mon corps avec un exploit à bicyclette
je ferais du skate et du bmx
j'épaterais les filles avec mon cerveau érudit
malgré mes airs de cancre
je les ferais tomber
et je saurais cuisiner
je boirais et porterais les dames dans mes bras
je courrais plus vite que les lions
j'aurais des cuisses musclées
et le chest poilu
je fabriquerais des maisons à mains nues
je chasserais l'orignal
je n'aurais jamais froid
je ferais les bosses en ski
j'ouvrirais un bar
je serais un king au pool
je partirais au tibet avec un pack sac
je me laverais pas pendant un mois
j'apprendrais le chinois
et je le parlerais avec le galeriste de cape cod
je conduirais le voilier autant que la porsche
j'offrirais des fleurs à ma fiancée
je prendrais ma mère dans mes bras
j'aiderais la femme et l'enfant
je sauverais le chien de la noyade
et descendrais le chat de l'arbre
je serais pompier avec le truck et la sirène
je marcherais fort dehors
et doucement dans le noir dedans
je rentrerais au milieu de la nuit
je parlerais aux chats
je passerais du lit à la vie en trente minutes
j'aurais une peine d'amour
je serais sombre et poète
je me repentirais lors d'un ultra marathon
j'escaladerais les montagnes
et serais photo journaliste

en toute coquetterie de fille
j'aime me dire que je n'aurai jamais
deux couilles ni une queue
et qu'ainsi lorsque la chienne me pogne
de sauter les chaînes de trottoir en roller blades
je puisse me dire
laisse ça aux gars.

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