samedi 27 juillet 2013

13,5 degrés en crescendo


château margaux

jamais joué à la bouteille
mais débouché une pléthore

vingt ans
vino
aucune idée m'en souviens pas

yellow label
et st-didier parnac
trônent dans ma dépense
sur st-joseph
j'ai trente-deux ans

trente-trois ans
les kids et moi en californie
pa' qui m'amène dans les vignobles
les américains stricts
sur l'interdiction de boire des mineurs
les kids et moi
on trouve pas ça drôle
y avait pas encore
de jus de pomme
dans les vignobles californiens

clos-du-bois
beringer et beaulieu
côtoient les espagnols
que je commence à fréquenter

trente-trois ans
célibataire sortant assidûment
au sofa et à la casa tapas
le porto ne rentre plus
je ne bois que du vin
enate
cosme palacio y hermanos

je lis jacques benoît
françois chartier
et michel phaneuf
je reste mystifiée par
la lecture savoureuse
d'une verticale de mas la plana
je m'en fais un objectif
j'en achète une
puis une autre chaque année

j'adopte torres à la vie à la mort
le gran coronas devient un staple

je couche avec l'homme-chat
il cuisine et on boit
valformosa
monasterio de las vinas reserva

le monte real
que je bois encore
avec grand régal

condado de haza
mon fix sur le pesquera
qui restera un amour inconditionnel
un iconoclaste qui me surprendra

la californie tourne aux blancs
sterling et carrerra

l'homme-chat et pa' aiment
le sauvignon blanc
je le dégueule
je bois le châblis
aux huîtres

je m'abonne au courrier vinicole
m'achète des primeurs
je découvre la france
les crus bourgeois
et les seconds vins
m'en fais une passion
alter ego
château clarke
pavillon rouge

niagara-on-the-lake
et ses grands meritage
le ice wine rentre pas
heureusement
le goût sucré passé sur le château joly
jurançon doux et une fois une lampée d'yquem
le sucre résiduel pas pour moi
c'est réglé

puis il y a l'alsace
riesling et gewurtz
et un noir allemand

découvre la bourgogne
j'achète des primeurs 
gevrey chambertin
je suis charmée émue et repue

quarante ans
on retourne en californie
ah ben merde
sonoma et ses pinots noirs
marimar torres en grand de grand

opus one
puis autres fraîcheurs coastal

on découvre la géographie
le sol le vent les sels
paso robles et sa modestie
en amour aussi
on revient avec seize bouteilles
on paye la totale aux douanes

passé les portugais
les chiliens
les argentins
eu ma passe d'australiens
les bins trucs muches
gardé les penfolds de tout acabit
incluant le grange et le st henri
shiraz de mes rêves

bordeaux encore bordeaux
en chair et en os en deux mille onze
pour les quarante de l'homme-chat
visites privées chez cos
et la comtesse de lalande
avec les vignes
et château latour dans' cour
le vin un art de vivre
au-delà du goût
on revient avec une caisse
on en boit de temps en temps

je vise l'italie
que je ne connais pas
sauf le masi campofiorin
le chianti classico de fonterutoli
le nippozzano
le ripasso de zenato
et ses crisses d'amarone

je passe l'été sur le chinon
et les bulles des fois
je renie mon blanc
en prends garde
je bois toujours le languedoc-roussillon
et l'alsace fraîche sans chigner
la riche espagne
et la structurée californie
le divin canadien
osoyoos tu me plais
autant dans tes pétales
que dans ton grand vin
l'homme-chat est le patrouilleur aventurier
je suis la dépensière inégalée

nos voyages sont guidés
par les vignobles et les achats détaxés
long island
et prince edward county

bref dans le cellier
il y a du goût
du nez
de l'histoire
de l'amour
et de la sensualité
je ne voudrais jamais
avoir à m'en passer.

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