samedi 28 septembre 2013

fine gueule et tablier


boudin maison
pyrus bistro juin 2012

ayant faim d'inspiration
me suis dit ce matin
que je vous ferais part
de mon appétit gargantuesque

ai toujours aimé manger
ma soeur itou pis mon frère idem
on est une famille de gourmands

bref manger pour la faim
comme le matin
alors que je n'ai appris
à déjeuner
que lorsque j'eus à nourrir
des bébés
mais surtout manger pour le goût
à toute heure de la journée
mon palais est un réceptacle
des plus merveilleuses
sensations terrestres

à vingt ans
je ne savais pas cuisiner
je faisais des motons
dans la crème de poireaux
depuis mon mari
m'empêchait de jouer
dans' cuisine
sauf pour faire la vaisselle
j'ai changé de mari

je préfère toujours
manger la bouffe des autres
encore à ce jour
je suis friande des restos
faire la bouffe me tue
quand il s'agit de me nourrir

j'ai eu une période cook
très cordon bleu épanoui
quand j'eus rencontré
l'homme-chat qui m'avait séduite
par un carré d'agneau
et autres gourmandises
j'achetai et lu julia child
mastering the art
of french cooking
et fis des pâtés de foie
des consommés
de la crème anglaise
et mes débuts en pâtisserie

c'était lorsque je nourrissais
encore mes fils à demeure
quelques soirs par semaine
mais surtout la fin de semaine
depuis qu'ils sont partis
je n'ai envie de préparer et cuire
que lorsque je reçois
chanceuse d'avoir conjoint
qui manie le chaudron
à la perfection

dans les préférences
de mon palais
il y a les huîtres
les chips
le canard
et les saucissons
j'aime le sel
autant que le sucre
dans les bonbons sûrs

j'aime la finesse dans la bouffe
et de moins en moins le gras
vecteur de saveur rapide
pour les affamés de fin de soirée
mon corps digère moins bien
le smoked meat de
chez schwart's mais ma yieule
y succombe encore
mensuellement
avec frites au vinaigre
et pickles

dans mes heures vulgaires
je me bourre de poutine
la sauce brune a toujours
été un classique de mes saveurs
le goût salé doit me rappeler
les plats chinois
dont je ne parle même pas
tellement j'en mangerais
trois fois par semaine
alors que je n'en cuisine pas
je fais vivre
hong kong et les bouibouis
des chinatown et tous les pho
en amérique du nord

ce matin je vous écris
et je pense aux premières minutes
du film salé sucré
d'ang lee
alors que le vieux cook
prépare un repas dominical simple
pour recevoir ses filles
chaque chose qu'il fait
le cérémonial de la cuisine
chaque plat qu'il met sur la table
me fait mourir d'envie

aimer faire la cuisine
est une chose qui me manque
mon ancienne patronne
prenait des cours
de cuisine
et passait ses week-ends
à faire de la bouffe
alors qu'elle n'avait
personne à nourrir
sauf elle-même
cuisiner pour le plaisir

j'aimerais retrouver ce goût
et je m'installe toujours
une cuisine en conséquence
vaste pratique et bien équipée
cuisiner vient de l'art de manger
il faut aimer la bouffe sinon
mais cuisiner est également
tellement plastique et physique
cela peut être méditatif
dans les gestes
comme ma' qui prend le
temps du tai chi
à monter un repas lentement
en maitrisant chacun de ses gestes

je tripe au marché
je suis toujours gourmande
j'aime les couteaux acérés
j'aime manier la planche
couper hacher faire sauter
brasser minuter
mijoter mitonner
sentir assaisonner
enfourner coucher rouler
et goûter

ah le goûter

en attendant de reprendre
le tablier avec gaieté
je vous laisse sur
cette merveille scène
en allant fouiner
dans mes armoires
quelque trouvaille
de goût pour mon palais gourmand

bon appétit!




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