samedi 14 décembre 2013

moebius



je ne vais plus au cinéma
depuis près de quinze ans
je ne regarde pas la télé
depuis bien longtemps
bref ne me parlez
ni d'un film ni d'acteurs
ni de metteurs en scène
je suis perdue

j'ouvre un vanity fair
de temps à autres
et je me rattrape
sur les vols nolisés
avec un film ou deux
par année

tous ça pour dire
que le film d'hier
je l'ai aimé
sans savoir qu'il s'agissait
de la fin d'une trilogie
ni qu'il avait été primé

je vous en parle
sans le nommer
par égard pour ceux
qui ne l'auraient pas encore vu
et qui s'y ouvrent comme moi
sans en connaître la trame

il raconte la fatalité
l'inextricabilité
de nos gestes dans la vie
avec leur répercussion
sur la vie des autres

je ne parle pas
de réchauffement climatique
de préservation de la faune
je parle d'un humain
d'une vie
des enfants des fois

ce film illustre magnifiquement
comment chaque geste
que nous posons
chaque situation
que nous vivons
nous la vivons
de notre point de vue
égoïstement
égocentriquement
nous ne pensons généralement
qu'à notre bien
avant tout

rien ne compte plus à nos yeux
que notre vie et la santé
de nos proches
nous serions prêts pour cela
à demander des sacrifices
à d'autres
des sacrifices d'efforts
de débrouillardise
de dons
de moyens
qui pourraient les mettre
dans le trouble
mais ça ils s'arrangeront bien
plus tard
on va les payer

ces sacrifices
n'ont aucune valeur
pour nous sur le coup
nous comptons toujours
avant les autres

il met en lumière
qu'il n'y a qu'une seule
réalité que nous puissions
vivre à chaque instant
et c'est la nôtre
aussi poignante soit-elle
il n'y a qu'elle
qui soit importante
le mariage de l'autre peut attendre
sa citoyenneté également
et tant pis s'il est exilé
tant qu'on soit en règle
avec son propre quotidien
qu'on ne traîne pas dehors
alors qu'il fait si froid
que le bus arrive vite
que l'auto dégèle
que le souper soit prêt

il consolide
en trois temps
et sur trois continents
l'enchaînement
d'un incident personnel
sur la destinée
de maintes personnes
qui à prime abord
n'ont rien en commun

dans la vraie vie
mesdames et messieurs
on y pense des fois
quand on achète en chine
quand on recycle
pour minimiser
notre impact global

mais il y a plus
nos gestes tant bons
que mauvais
affectent sûrement la globalité
de l'humanité
mais non sans avoir d'abord
affecté quelqu'un d'autre
une personne
une vie
un humain
des fois quelqu'un en meurt

et comme la vie
est un anneau
de moebius
on fait partie
tant du début
que de la fin
des événements

dès lors qu'on
interagit avec un autre
soyons gentils
always

we never know
you know.

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