samedi 27 avril 2013

les rabat-bonheur



elle aime courir
il aime courir
elle aime les fleurs
il aime courir
elle aime la peinture à l'huile
il aime courir
des fois il aime sortir
ils aiment manger
elle aime le hockey
il aime jouer
elle aime tricoter
il aime ses flos
elle aime ses bébés
il aime le violon
elle aime les shows rock
il aime sa roulotte
elle aime le vélo
il aime courir
elle aime sortir
ils aiment les chats
elle aime les arts
il aime les arts
elle aime les voyages
il aime ses amis
elle aime fumer
il aime courir
elle aime boire
il aime le homard
elle aime les huîtres
il aime le basket
elle aime la télé
il aime le cinéma
elle aime la campagne
il aime les chats
l'ai-je dit : il aime les chats
elle aime courir
il aime lire
elle aime écrire
il aime sa gang
elle aime les petits
il aime faire
elle aime défaire
il aime la vie
elle l'aime aussi.

ban t'sais quoi, y en a là-dedans qui vont dire
crisse, y en reviennent-tu?

cou'donc, c'est quoi la partie du bonheur
qui les énerve tant ceux-là?

ces crisses de rabat-joie
quand les gens tripent et sont heureux
y en a qui tirent par en bas
pourtant ça devrait être contagieux

si tout le monde se concentrait
à être heureux
y en aurait pas mal moins
des malheureux.

samedi 20 avril 2013

du coeur qui saigne




hermann nitsch
artiste autrichien
qui nous donne des oeuvres sanguines

je ne m'accoutume pas à la souffrance
je n'y suis pas exposée
préservez-m'en pour autant
que la vie douce puisse s'écouler
dans mon monde superficiel
de gaieté et de soleil

je ne connais pas son nom
il a dû être martelé
depuis ce jeudi où on a pensé
peut-être l'apercevoir
où les forces se sont liguées
pour mieux le rattraper
j'ai vu son visage
il ressemble à mon fils
un enfant d'à peine vingt ans

qu'a-t-il dans la tête
qu'a-t-il dans le coeur
connaît-il la peur
j'ai mal à mon coeur
le massacre est proche
le massacre est grand
il est ignoble il est immense
le carnage est vivant
il grouille dans le coeur qui saigne

pourquoi sommes-nous vils
pourquoi devancer la fatale heure
un coeur qui ne s'y attend pas
un coeur qui sèche

mais mon coeur ne veut pas
que l'on filme et qu'on regarde
qu'on participe à cette chasse humaine
comme au temps des sorcières
même si, même si, même si
existe la haine
existe la souffrance.

samedi 13 avril 2013

devoir



voilà l'heure de tombée
et aucune histoire à raconter
quelle était ma pensée
alors qu'à la semaine achevée
il me fallait encre jeter
maîtresse vous qui lisez
faites-moi la dictée
ainsi je vous aurai
une plume aiguisée
mais dès lors qu'inventer
chaque semaine il soit demandé
vide l'écran eût été
si dans ma tête vous n'y étiez.

samedi 6 avril 2013

écrire

écrire pour écrire.

un billet par semaine.  52 par année, mais pas celle-ci.

écrire comme faire ses gammes ou ses arpèges, ses intervalles.

écrire cause le certificat en création littéraire.

tu ris, mais si je veux faire un roman à retraite.  mieux que lire, faudra écrire.

socialement vôtre



tchin tchin estique.  358 amis facebook, 500+ linkedin, 236 suiveux sur twitter, 246 suiveux sur pinterest, g+ j'y vas plus, foursquare j'peux pas, instagram j'peux pas, 2 blogues désuets et 1 pour le party d'huîtres, je chatte pas, pis j'ai encore un numéro de téléphone fixe.  je l'aime.  on dirait un numéro commercial; ça fait tellement mile end.

média sociaux.

j'aime le mot "sociaux" cause it fucking is.  un verre de vin à main le vendredi soir, en train de rire avec les potes ("les potes" - expression utilisée régulièrement par michelle blanc - se prête tout-à-fait à l'activité de rire avec).

2003 : le web.  à consulter.  altavista, yahoo, aol, peut-être une adresse courriel, probablement pas encore hotmail.

2007 : le blogue.  pour écrire.  écrire quoi god damn fuck?  ma vie, 'stie, rien de plus narcissique.  reprendre à quarante ans une activité adolescente mais sans le bic, avec le clavier.  pas intime le journal, cause le web.  et de fait, lire la vie des autres.  puis alors, interagir.  vive la fonction "commentaires" qui vous le remarquerez existe toujours.  c'est la meilleure, la fonction commentaires.  c'est le début du social.

2007 : facebook.  ah ben crisse.  social tu dis?  j'y écris la chronique de ma vie, pour que la vie ne se remémore pas comme du temps qui passe, qu'elle soit parsemée de passions, de découvertes, d'amitiés, de moments forts, de moments phares.  dans ma vie, la chronique culinaire, comme dirait fortier, ou les plaisirs de monique, comme dirait chiasson.

j'y lis.  j'y commente.  j'y fouille.  j'y partage.

partage.  je ne pourrais pas être voyeur et strictement voyeur, y être et prendre.  ne jamais donner.  je sais pas comment ça se peut.  prends le journal pis lis.  voyeur.

diseuse compulsive?  ouain, pis.  quand je prends, je dis au moins merci.  merci.

je communique.  en vérité : j'écris, je lis, j'agis, je réagis.  never a lonely world.

tu ris toi sur facebook?

moi oui, particulièrement sur l'heure du lunch s'a page du groupe secret de course.  j'y ris en estie.

tu penses que les phalanges sont les plus sollicitées par les médias sociaux?  ban non...  il y a aussi le coeur, pis l'abdomen et les joues.  pour le rire.

social?  si si, je connais près du quart de mes amis grâce au web.  pis chu même pas sur réseau contact.

attends, c'est parce que je les vois ces gens que j'ai rencontrés sur le web.  le verre de vin à la main, des fois il fait tchin pour vrai.

des découvertes, il n'y a pas que les amis, les intérêts communs.  il y a tout sur le web, de l'encyclopédie artistique, architecturale, littéraire, musicale et poétique, tu peux partager tout avec ceux que t'aimes.  c'tu pas ça qu'on fait quand on est môman?  après, quand tu sors dans' rue côtoyer tes semblables, ban, t'es heureux, le coeur un peu plus riche.

des fois, un rein en moins, mais le coeur, certainement plus riche.

tchin tchin cawlice!

c'est tout ce que j'avais à dire.




vendredi 5 avril 2013

la course, estique.


steve préfontaine
easy baby


oui, j'ai adopté des rénning shoes.  en train d'user ma 2e paire à vie.  couru mtl-qc une couple de fois, ce qui est vraiment vierge quand tu te tiens avec des marathoniens ou des quidams qui roulent 12500k de anchorage à san jose, costa rica.  (ouain, je sais, on vole haut).

commencé à courir en 2011, y ai pensé alors assise sur le siège de luxe de la moto à l'homme-chat à contempler la verdure floridienne.  crisse, j'ai pas des gros seins comme les chicks de bike.  suis petite, chenue, banquière, kessé m'as faire de ma vie?  un cul, ça grossit, vous savez.

revenue en ville, j'ai acheté ma 1ère paire de rénnings - crisse c'est lette avec une jupe à plis.  j'ai fait la chienne au parc laurier - je veux dire, courir aussi bien que nager en 'tit chien.

une course, pis une autre, chu devenue une wannabe runneuse, avec médailles, essoufflement, crampes, régime de bananes, programmes d'entraînement pis toute pis toute.  même une montre qui compte.  mal, mais mieux que moi.

c'est bon que l'crisse de courir.  vraiment.

hier, chum de course nous invite à envoyer un courriel à sa chumette qui hésite à enfiler ses rénnings.  t'sais fille, ça peut pas rester dans' garde-robe à prendre la poussière ces souliers là (quoi que depuis, j'ai appris que ça se met dans' laveuse, mais pas à spin).

comme une gang de débiles aux grands coeurs, on a écrit chacun un tit mot droppé dans sa boîte aux lettres.  fallait que je la convainque de commencer.

j'y ai dit : 

moi je cours parce que...
ça ne prend qu'une bonne paire de rénnings
pas de raquette, pas de bonbonne
zéro flafla
je cours dehors en tout temps
ce qui me fait sortir
ce qui me fait connaître mon environnement
ce qui me connecte avec les saisons
je cours vite ou lent
court ou longtemps
avec la musique pour le temps
daft punk ou glenn gould
je cours parce que je deviens meilleure
du coeur, mais aussi du coeur
celui qui pompe et celui qui aime
ça me fait sourire
je croise de belles personnes
les coureurs sont vraiment beaux
je cours parce que j'aime
ma gang de course
sont tous plus fous les uns que les autres
y en a qui commencent
y en a qui avancent
tous s'encouragent
je cours parce que je veux
être mohammed ali
une championne
pis parce que ça donne
des estiques de belles jambes
et un estique de beau cul.
je cours parce que ça donne des ailes
et du temps pour soi.

enwèye fille
mets tes rénnings
pis bonne course!

mo xx

ps : une lecture de coureuse urbaine, de la comète blonde.