samedi 29 juin 2013

musicologie



la musique façonne ma vie

trame sonore d'un trip continu
en découverte chronologique
elle a marqué les moments
et depuis des années
elle revient magiquement en boucles
en interludes
en flashbacks
en réécoute active
poignante ou souriante


l'enfance
claude françois
johnny hallyday
mireille mathieu
sylvie vartan
george brassens
france gall
lio

les beach boys
elvis presley

grease
les bee gees

l'adolescence
les stray cats
kim wilde
renaud
roxy music

les beatles
les rolling stones
ccr
ottis redding

the police
journey
foreigner

mussorgsky
beethoven
ravel

l'appartenance
u2
simple minds
the stranglers
new order
p furs
talking heads
madness
rem
tears for fears
bronski beat
pet shop boys
soft cell

tom petty
saga
dire straits
ac/dc

la passion
pink floyd

peter gabriel
genesis
gentle giant
jethro tull
emerson lake and palmer
king crimson
yes
uzeb

the who
pete townsend
rush
deep purple

the cure
depeche mode
the smiths
paul young
michel rivard

kate bush
sade
suzanne vega
joni mitchell

l'amour
prince
stravinsky

harmonium
octobre
paul piché

la maternité
mozart

l'adolescence (bis)
leonard cohen
vanessa paradis
red hot chili pepper
queen
lenny kravitz
sinead o' connor

les négresses vertes
jean leloup
cranberries
portishead
us3
the clash
amon tobin
the herbaliser
shirley bassey
propellerheads
roni size
moby
daft punk
tricky
kruder & dorfmeister
stereo mc's
bete & stef
bebel gilberto
fugees

pulp fiction

l'âge adulte
mahler
britten
brahms
smetana
prokofiev
chostakovitch
rachmaninov
dvorak
verdi
wagner
bach
gershwin
john williams

elo
buena vista social club
the mama's and the papa's
eminem
feist
radiohead
arcade fire

moderat
ratatat
the kills
cat power
blonde redhead
amy winehouse
muse
the national

les solos de drum
les solos de guitare
les sonates de piano
l'orgue le grand et l'électrique
les choeurs
la soprano et le bariton
les concerto
les symphonies
et les fugues

les musiques gravées sur 33 tours en cire 
dans les pochettes de papier déballées
ouvertes admirées lues et chantées
que j'achetais chez sam's et dutchy's
maintenant dans des contenants bien rangés
toutes celles numérisées
dans des étuis de plastique
alignées sur mes tablettes
que je ressors de temps en temps
le temps d'insérer et d'entendre tourner
toutes celles en version invisible
sur un disque dur en fichiers
que je transporte partout
et qui me transportent à leur tour

des fois le silence
qui donne le luxe de choisir la prochaine humeur
en notes tonalités et rythmes.

samedi 22 juin 2013

comme les garçons


faux

jamais voulu être un garçon
certainement pas un morveux de quatre ans
dont matante nettoie le bord de la bouche
ou les crottes de nez avec sa salive

pas non plus le boutonneux de douze ans
qui découvre allègrement sa graine

donc non
pas voulu être un garçon

en fait plutôt voulu être un gars
hier en karting mes jambes poussaient pas aussi fort
que celles de mes collègues musclés de cent quatre-vingt livres
je voulais être aussi tough
être one of the boys

j'ai déjà dit ici que si j'étais un mec
je conduirais un estique de gros bike
je ferais de la boxe
j'aurais des couilles et une grosse queue
(je dis ça car la femme en moi aime)
je porterais un trois pièces armani
je serais équilibriste
je me battrais et aurais des cicatrices
de blessures de lames
je me détruirais à la coke et au crack
et laverais mon corps avec un exploit à bicyclette
je ferais du skate et du bmx
j'épaterais les filles avec mon cerveau érudit
malgré mes airs de cancre
je les ferais tomber
et je saurais cuisiner
je boirais et porterais les dames dans mes bras
je courrais plus vite que les lions
j'aurais des cuisses musclées
et le chest poilu
je fabriquerais des maisons à mains nues
je chasserais l'orignal
je n'aurais jamais froid
je ferais les bosses en ski
j'ouvrirais un bar
je serais un king au pool
je partirais au tibet avec un pack sac
je me laverais pas pendant un mois
j'apprendrais le chinois
et je le parlerais avec le galeriste de cape cod
je conduirais le voilier autant que la porsche
j'offrirais des fleurs à ma fiancée
je prendrais ma mère dans mes bras
j'aiderais la femme et l'enfant
je sauverais le chien de la noyade
et descendrais le chat de l'arbre
je serais pompier avec le truck et la sirène
je marcherais fort dehors
et doucement dans le noir dedans
je rentrerais au milieu de la nuit
je parlerais aux chats
je passerais du lit à la vie en trente minutes
j'aurais une peine d'amour
je serais sombre et poète
je me repentirais lors d'un ultra marathon
j'escaladerais les montagnes
et serais photo journaliste

en toute coquetterie de fille
j'aime me dire que je n'aurai jamais
deux couilles ni une queue
et qu'ainsi lorsque la chienne me pogne
de sauter les chaînes de trottoir en roller blades
je puisse me dire
laisse ça aux gars.

samedi 15 juin 2013

montre-moi



t'sais la fois où tu la rencontres pour la première fois
et que tu tripes dessus cause elle sait plein de trucs
que tu ne connais pas

quel drôle de domaine ça l'anthropologie
tiens celui-là il rédige
ou bedon il court
ou encore il est chef-cuisinier
le mien il fait des estique de cocktails de la mort
la fois où tu discutes de politique internationale
et des macaques japonais dans les sources thermales
quand il te fait découvrir de nouveaux vins
et qu'il te rappelle ceux que vous avez bus ensemble

le jour où il reçoit une promotion
la fois où elle a remporté la première place
la fois où son nom était dans le générique
la fois où elle a fait son lancement de livre
la fois où il a couru boston
le jour où il a géré les rénos
le jour où il t'a emmenée loin
la fois où il a calculé l'addition mentalement
la fois où il t'a parlé de cet artiste
tous les restos qu'il te fait découvrir
les nouveaux quartiers qu'il te fait visiter

quand il t'a dit qu'il voulait prendre des cours de moto
quand il est si bon avec tes parents
quand il torche au billard

puis un jour il court en groupe
devant tes amis qui l'ont jamais vu courir
et ils te disent wow c'est un champion
puis tu te rappelles qu'il est vraiment hot

bref
jour après jour
année après année
tu l'aimes parce que tu l'admires.

lundi 10 juin 2013

hiatus IV

être prise en otage
dans la pan à biscuits
qu'est l'autoroute décarie
pendant une portion de journée
à contempler
les plaques minéralogiques.

samedi 8 juin 2013

hiatus III

en commandant son allongé
elle vit cet homme à la stature droite
qui lui rappela le grand dan
personnage des années quatre-vingts
deejay au saloon du coin
qui la faisait danser l'été de ses vingt ans
sur talking heads et the bears
héros d'une épopée qui déjà n'est plus.

à la pêche aux moules moules moules


la pêche en haute mer, cape cod, juin 2013, pic by demers

acheter une canne à pêche à dix piastres
au dollarama canadian tire au pharmescomptes
l'embobiner à la va comme je te pousse
tourner le moulinet qui bloque
penser à quatre têtes
débobiner le moulinet
aller à la plage
marcher nu pieds sur la digue
sentir la pierre sous les orteils
demander aux professionnels
si la ligne est bien enroulée
sur notre moulinet de plastique
avec un morceau d'asperge comme appât
sortir l'opinel pour régler le tout
un hameçon noué à la cuiller

high fiver un stop
courir autour en chantant
faire la roue dans le jardin
après un demi-marathon
pisser dans le sable sans s'essuyer
porter des bavettes de homard
et un chapeau de croco en plastique

arborer un casque de moto rouge
avec des metal flakes
et un casque de melon d'eau en vélo
se déguiser pour l'halloween
ou pour un marathon
se faire des lulus 
et porter des jupettes du même nom
acheter des manchons à une piastre
juste parce qu'ils sont beaux
chercher des lacets multicolores

porter des converse à paillettes rouges
écrire avec un stylo bille mauve
avec une paquerette au bout
dessiner des dossards
avec des bananes et des vagues
faire un duel western
avec des pinces à homards

courir sous la pluie
et se couvrir de boue
danser dans le salon
nu pieds sur le sofa

j'adore jouer
avec les amis on rit
ça en prend d'aussi fous que soi
mais seule également
quand je sors courir ou marcher
jaser avec les chats dans la rue

j'ai un souvenir de pa' qui jouait
ça vient d'une photo
il avait dans la vingtaine
un panier de basket sur la plage
il lançait le ballon avec des amis

aussi loin que je me souvienne
je n'ai pas mémoire 
que mes parents déconnaient
quand j'ai eu des gars
j'ai remercié le ciel
de pouvoir faire les quatre cent coups
avoir comme une permission
d'avoir du plaisir
aller à la ronde et avoir mal au coeur
avoir le vertige dans la tower of terror
porter des chapeaux drôles
lancer des ballons en caoutchouc
faire de la balançoire
et encore mieux du tape cul

tellement besoin de jouer
ça arrive pas trop au travail
c'en est pas la raison d'être bien sûr
si dans les boîtes de pub
on peut se promener
en trottinette et en skateboard
avec des bas rayés dans les corridors
dans une banque c'est plutôt
conservateur résilles
et ça me plaît ainsi

donc hors piste financière
quand il m'est donné de pouvoir jouer et rire
je le fais sans limite aucune
sinon à quoi bon la vie!

vendredi 7 juin 2013

hiatus II

quand elle embarquera 
sur la moto tantôt
les yeux elle fermera
des fois elle les ouvrira
elle aura souvent
l'absence du regard
le paysage la traversera
défileront les couleurs
le vert le gris le bleu
elle se réveillera
l'instant d'une émotion
ils ne se parleront pas
des heures durant
le coeur vrombissant
et quand ils s'arrêteront
elle descendra.

lundi 3 juin 2013

hiatus I

devant le café et le croissant matinal
il dit "mo, t'es là, t'es fatiguée?"
blanche et transparente
comme chloé dans son nénuphar
elle ne répondit pas
le temps d'une seconde
mo était en apnée de la vie.

samedi 1 juin 2013

tribu



à vingt-cinq ans
jeune maman
j'embrassais l'idée de la commune
ça m'arrangeait crissement 
que les copains
viennent manger chez nous
aussi souvent qu'ils le voulaient

qu'ils crèchent avec leur baise-en-ville
sur le futon du salon
ou dans la chambre des gars
lorsqu'ils n'étaient pas là

j'ai traîné en tribu toute ma vie
moins depuis quinze ans
mon homme est un chat sauvage
et j'ai fini par devenir 
une femme du calme

allergique aux réunions de groupe
aimant cependant l'intimité 
d'un souper entre amis
une soirée de pool entre champions
et les beuveries limitées

j'ai donc fini par m'isoler
et aimer le calme
rarement des sorties en gang
rarement des soupers de groupe
le buzz me tape s'es nerfs

ne pas pouvoir être 
avec tout le monde
est devenu superficiel
et insupportable

le party annuel
deux cent invités
cent vingt-huit convives
un buzz interminable
zéro connexion

la tribu a ses attributs
en étant communs 
ils forment un

triper est une fonction essentielle
de la tribu exaltée
sans cela pas de cohésion 
la mémoire collective
doit être forte et présente
et doit se renouveler
à mille degrés
afin qu'il y ait perennité

dans la tribu
ce qu'on aime tous
dépasse les différends
l'amour est aveugle
la tribu est amour

la tribu
c'est l'amitié exponentielle
on n'y appartient pas à moitié
car chaque jour on y gagne
c'est là qu'on donne 
sans penser sans calculer
ce n'est jamais lourd
c'est toujours léger
c'est un cocon où l'on grandit
on s'y encourage
on s'y admire
on s'y entraide
on se dépasse

on y revient
autant que possible
jusqu'à ce qu'on ait tout pris
puis on repart
papillons ailés
vers une autre vie.