samedi 26 octobre 2013

get me there


peinture dont je ne connais le nom
par andrew wyeth

j'ai un précepte dans la vie
aimer ce que je fais
j'en ai un autre
apprécier la vie

faque ça se peut
que quoi que je fasse
j'essaye d'en tirer
le maximum
et que je sois généralement
heureuse

j'ai un nouveau précepte
depuis près de deux ans
oser des choses nouvelles

n'empêche

le quotidien use

tout ce que j'intègre
au quotidien
est beau bon pour l'âme
et enrichissant
mais je me fatigue
de plus en plus vite
tant physiquement
que mentalement

je me sens constamment
à la course
à la poursuite
de quelque chose
sans sentiment
de contentement
ou de réalisation
juste fatiguée de la vie

j'ai un besoin de plus en plus
rapproché
de m'enfuir
de me ressourcer

est-ce le fait que je n'évacue plus
depuis l'arrêt de la course
il y a cinq mois
que mon cerveau
pouvait ventiler au quotidien
et se régénérer
oui peut-être un peu

mais également
j'ai besoin de voir ailleurs

je me demande si c'est de la fatigue
ou de la consommation rapide
l'érosion du concept
d'appréciation des moments simples
du quotidien
comme s'il fallait
faire un effort
pour maintenir l'aptitude
au bonheur
alors qu'avant
on était juste heureux

mes parents
par la force des choses
étant plus immobiles qu'avant
ont fini par retrouver
le bonheur de la simplicité

cet après-midi
nous partons
voir des copains ailleurs
et également voir de l'art
il n'y a aucune autre définition
dans mon esprit
que le ressourcement
faire du pick-up
deux heures de temps
sans réfléchir
et se laisser porter

comme un temps d'arrêt
dont on a besoin
pour repartir à nouveau
dans le quotidien
qui pourtant
saurait être si beau

je suis dans un mode
où je trouve
que je dépense beaucoup
trop d'énergie
comme un gaspillage
de la vie.

samedi 19 octobre 2013

oui je le veux


the fabulous fashionistas

vouloir plus
pouvoir moins
ainsi soit-il

bon week-end de party
pour ton anniversaire mo
mais non pas de party
je m'achète un skateboard

hein quoi
mais oui
j'ai décidé
que j'allais essayer
tout ce dont j'avais envie
dans la vie

vouloir plus
car le sentiment d'urgence
s'installe dès quarante-six ans
vouloir de peur
de ne pouvoir
car le temps est limité
même en projetant cent trois ans

pouvoir moins
pas trop de party
car on s'en remet
moins bien
deux bouteilles et demie
à quatre un après-midi
ont suffi pour me détruire
après un grill cheese
pouvoir moins
tougher un party d'huîtres
à soixante à jeun
et être fatiguée à minuit
pouvoir moins

comment concilier
ce désir de vivre
avec la décrépitude
charnelle

il n'y a pas grand choix
sauf écouter la sagesse
qui a pris
quarante-six ans
à s'installer

dormir
bien se nourrir
faire de l'exercice
respirer chaque instant
le vivre lentement
mais le vivre intensément
pis crisse prendre
soin de soi
mettre de l'effort
sur son beau body

et pas dans le sens du bistouri
en fait on ne veut ni bistouri
pour se rehausser ni pour ponter
faque
en boucle encore et en choeur

dormir
bien se nourrir
faire de l'exercice
respirer chaque instant
le vivre lentement
mais le vivre intensément
pis crisse prendre
soin de soi
mettre de l'effort
sur son beau body

tchin tchin cawlice
c'est ma fête!

jeudi 17 octobre 2013

hiatus VII

des bandes de chiffres
des colonnes
des tables
des formules
des additions
une partie de ma vie
devant un écran
un esprit qui vaque
soustrait
multiplie
additionne
calcule
une heure pis deux pis trois
des réminiscences
du rêve de la veille
dans un grand appart
de voyage
sombre et vieux
hors du centre
un homme
une visite nocturne
et des chiffres
je suis drapée de chiffres
toute la matinée
comme un voile qui m'entoure
l'image que l'on se fait
de l'intelligence artificielle
puis ma mère dans le rêve
les murs jaunes
ailleurs loin de tous
ce rêve me revient
toute la journée
je vis dans ce brouillard
sans clarté aucune.

samedi 12 octobre 2013

feng shui mon ami




feng shui
vent eau
énergie
flux vie

oh comme ça te ressemble

vous avez déjà dit ça
en rentrant chez quelqu'un
les gens vivent
et évoluent dans des espaces
et les moulent à leur façon
ils décorent des lieux
selon leur goût
en regardant pinterest
ils se laissent inspirer
tiens on parle
d'inspiration
on parle de lieux
et de décors qui nous disent
quelque chose
alors qu'on cherche
la chose qui nous ressemble
est-ce étrange

lorsque l'homme-chat
a visité la maison
la première fois
il l'a tout de suite aimée
ce fut de même pour moi
et pour tous ceux qui y pénètrent
elle est de celles qui ont
du caractère
belles comme des églises
sans le crucifix ni l'encens
mais un confessionnal
dans chaque pièce
il y a un sous-sol
où les esprits vaquent
quand je suis seule
je les sens me visiter
j'ai un peu peur
mais ils sont gentils

en lavant les boiseries
et les vitres hier
je me pâmais
de chaque coin
où le plancher de bois
rencontre la plinthe
que de beauté
d'avoir meublé de
tant d'arbres
cette urbanité

je rêve très souvent
à des lieux
souvent circonscrits
dans des maisons
des appartements sans fin
où les pièces s'enfilent
l'une après l'autre
comme des appartements
haussmaniens
ce sont ces rêves
qui me laissent le plus
d'impression
le matin venu
être dans un endroit
aussi émouvant
que le grand canyon
emplit
le peu de volume de
mon corps
et forme mon intériorité

même si un volume
nous est donné
pour nous y recréer
y évoluer au quotidien
exprimer notre créativité
lorsqu'on a le choix
d'adopter un endroit pour y vivre
si c'est construit
bâti il y a un siècle
on se laisse imprégner
de son énergie
il n'est pas domptable
comme une page blanche
que l'on définit
au sharpie
on ne le démolit
pas au ciseau
pour recommencer à neuf
on adopte une maggie
avec son vécu
on lui donne tout notre amour
et on sait qu'elle va nous aimer
en retour et embellir notre quotidien

on n'habite pas une maison
c'est bien elle qui nous habite.

samedi 5 octobre 2013

tchicane



estie d'tabarnak de cawlice!!!

c'est à peu près
ce qui se passe
dans ma tête
et dans le monde
quand je suis contrariée
ces temps-ci

ma' s'est chicanée
avec son mec
mon calme père
bien sûr c'est elle
qui le rend en colère
elle conserve
le vieux linge
parce qu'elle coud
et recycle tout
ils ont dû parler un peu fort
puis bouder
je tiens ça d'elle le boudin
puis se sont réconciliés
parce qu'après
près de cinquante ans
il a bien fallu
se réconcilier un jour

j'ai déjà été impétueuse
j'énumère mes célèbres scènes
je sors du souper
familial en chicane
avec mon chum
et lui crie après
le plus fort que je peux
dans le parking
du bloc appartement
c'est l'été toutes fenêtres ouvertes
j'ouvre la portière du char
en roulant en faisant
semblant d'en débarquer
je décroche les lunettes
de mon homme et les garoche
en pleine rue
je lance un riedel
à terre puis un autre
quatre au total en cristal
je crisse mon camp
en char puis reviens
quelques heures après

je me suis beaucoup calmée
on dit qu'il est bon
de se chicaner
sortir le méchant
et faire la paix
je dis que ça brise
des couples toutes
ces petites blessures
on n'a pas besoin de
ça dans la vie
on a besoin d'amour

quand je suis contrariée
je préfère bouder
ça se passe en silence
en petite meurtrissure
égoïste
mais ça ne blesse personne
avec des mots injurieux
ou de la violence
je boude
je me couche
je suis silence
et tout revient dans l'ordre
presque
je suis de moins en moins
contrariée
j'essaye d'écouter
m'ouvrir et m'écarter l'esprit
comme le reste
pour trouver le terrain d'entente
comme les deux roches
qui se polissent
à force de se côtoyer

je vous laisse sur
un cassage d'assiettes
en règle.

prenez soin de vos coeurs
et soyez gentils les babes! xxx