lundi 20 janvier 2014

/ Blais


Réflexion sur la lecture
de poèmes issus
du recueil La nuit la meute
de Geneviève Blais

la branlée creuse un fleuve jusqu'à la digue
les marées gonflent d'ombres perdues
avec ses ongles longs jusqu'au ciel
lentement à portée des doigts elle
démêle les cheveux des petites noyées
tresse des nattes enfonce ses crocs

Il y avait quatre poèmes tirés de ce recueil et nous les comparions à la définition du mot "mère" tiré du Petit Robert 1973.  Il ne semble pas clair que les poèmes parlent de maternité, car ils en parlent comme peu parlent de la maternité.  Il n'y a pas de représentation habituelle de la mère et de son rapport aux enfants.  Dans plusieurs autres poèmes du recueil, on lit la souffrance, la dichotomie entre la banalité de la maternité et la primitivité de l'acte d'enfantement.

Il semble que tout texte porte un savoir et révèle une réalité.  Elle est écrite, elle est donc vraie.  La littérature n'a donc pas simplement la fonction de nous divertir ou de nous raconter une histoire.  Elle nous apprend des choses.

Dans les poèmes du recueil de Blais, on lit la mère moins comme une femme que comme une mère monstrueuse, une déesse, un animal, des sensations corporelles, un corps diffus.  La beauté du texte littéraire est de raconter autrement.

Il faut également lire à haute voix.  La poésie ne cherche pas à se faire comprendre.  Mais lire à haute voix confère un rythme au texte et y donne son sens.

Leçon : lire à voix haute.  Exercice : ne pas écrire sur soi, mais écrire par soi.



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