lundi 13 janvier 2014

/ Duras


Réflexion initiale
sur un extrait de Écrire
de Marguerite Duras - 1993
(posture)

Je l'ai lue.  Rapidement.  Facilement.  Dans le métro lundi soir dernier.  J'ai aimé  J'ai compris.  Je me suis dit que je ne lisais pas assez profondément.  Je me suis dit alors que je n'étais pas une bonne lectrice, que je n'allais pas au fond des choses, et je me suis promis de relire ce texte.  Je m'étais dit qu'il me servirait de point de départ pour lancer ma démarche de découverte stylistique.  Je me suis dit qu'elle m'autorisait à risquer, à explorer quelque chose de nouveau.  Car n'a-t-elle pas écrit "L'écriture c'est l'inconnu.  Avant d'écrire on ne sait rien de ce qu'on va écrire."

Quelle chance j'ai eu.

Nous avons relu ce texte.  De limpide et accessible, il est devenu profond.  Il s'est révélé telle l'encre invisible au-dessus de la chandelle.  Comment se peut-il qu'autant d'intensité se dise par tant de simplicité?  Comment n'ai-je pas perçu cette douleur, cette souffrance, cette urgence d'écrire?  Cet impératif?  Peut-être car je suis distante de toute chose.

Peut-être car c'est en dehors de moi autant que c'est en dehors d'elle, quelque chose qu'il faille accomplir, indépendamment de notre volonté.  On se sait ce qui en ressortira.  Il faut le vivre, il faut l'écrire.  J'ai aimé ce texte.  J'ai aimé sa simplicité.

Je crois aussi qu'il faille écrire simplement.  Sans recherche d'artifice.  Et pourtant, c'est ce que je viens chercher en étudiant la littérature : des trucs, des procédés, un style, un moyen efficace et beau, de communiquer.

Le texte de Duras est efficace.  Écrit au présent autant qu'au passé, sans fioriture.  Il est personnel, oui et non.  Elle affirme ses vérités en toute confiance.  C'est très moi de faire ça, affirmer des vérités, comme des vérités inébranlables.  Sans souci du jugement des autres.

En lisant, je ne sais pas s'il s'agit de son opinion ou s'il s'agit de la vérité.  Peu importe.

Ce ne sont que des mots.

Je crois que les mots veulent dire.  Il faut les laisser s'exprimer.

Moi, je les partage; ils n'occupent pas une place exclusive dans mon coeur, même s'ils battent le rythme de mes pensées.  Je ne les jalouse pas et ne les préfère pas aux hommes, aux enfants, à la vie de face.  Matérialiser les mots rend pérenne le présent, est un gage d'éternité.  Est-ce là l'urgence d'écrire, l'insécurité face à la mort?  Écrire, ou la mort, dit Duras.

Peut-être est-ce vrai pour moi, laisser une trace.  Mais pas autant qu'entendre les mots m'accompagner, voir leur couleur, entendre leur son.  Il parait que Duras écrit avec son corps.  Je pense bien que j'écris avec mes sens.

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