samedi 22 novembre 2014

élever


cary grant, bringing up baby, 1938

depuis quelques temps
je petit-déjeune en semaine avec des amis
ce qui est très bénéfique
pour la fille qui n'a plus de vie sociale
par manque de temps et d'intérêt
et qui est poignée à prendre des décisions
sur lesquelles elle n'échangeait plus désormais
qu'avec le cercle très sélect
de son mari et de son chat

or donc
cette semaine
nous parlions des gens
qui ont de mauvaises manières
ceux qui manquent de social grace
cette expression empruntée
d'une autre amie
bref ces gens qui ne savent pas vivre

nous nous demandions si cela valait la peine
de leur dire de mieux se conduire
d'être plus matures
pouvaient-ils encore changer
à défaut de s'antagoniser la planète
au complet
ce qui serait bien dommage
puisqu'au fond ils ne sont pas tant méchants
que maladroits
ils auraient à donner et à recevoir
et tout le monde en sortirait gagnant

avant-hier bébé relatait
s'être fait engueuler par une folle à lier
une autre chumette avait coupé les ponts
avec une ex amie plus du tout intéressante
je l'ai fait également cette semaine
à l'occasion d'un anniversaire

dans le métro je me suis rappelé
crispi qui citait un jour meryl streep
disant elle-même n'avoir plus de patience
pour ce genre de personnes
je me souviens que lorsque j'ai lu cette citation
je trouvais cela bien prétentieux
de dire qu'on n'avait plus de patience pour d'autres
portant un jugement sur ce qui est vertueux
et ce qui clairement manque de fini
comme si on trônait en haut de l'espèce humaine

je suis du type plus indulgent
mais si je vous le dis
je veux dire je vois le bon en chacun
et tout le monde mérite une deux trois chances
donc j'ai tendance à dire mais oui
disons-lui de mieux se conduire
d'apporter à boire à nos partys
de s'exprimer sur les bonnes tribunes
et en privé quand il le faut
de faire preuve de délicatesse
de vivre avec les autres
et non de les utiliser
d'être souriant et de remercier lorsque doit
etcetera

tout le monde a ses défauts
il y en a des condescendants
des contrôlants des insécures
des violents
ah zut fallait pas dire violents
des colériques
des endormants des fatigants
des téteux des puants
des lents des extravagants
des égocentriques
des innocents
des sceptiques

et j'en suis

alors oui
tout dépend de l'intérêt que l'on porte
à cette personne
des fois c'est notre fille notre mère
notre garçon notre patron
on décide alors d'élever
en anglais is to bring up
comme dans élever des enfants
mais aussi comme dans amener le sujet

mais des fois comme diraient meryl ou crispi
quand il y a un manque de volonté flagrant
ou aucun potentiel latent
alors ça ne vaut pas la peine
quand on a le choix de choisir
on préfère ce qui est simple et généreux
et évolue en harmonie

tant pis pour les pas fins.


1 commentaire:

Zoreilles a dit...

J'avais aussi trouvé la déclaration de Merryl Streep un peu dure pour ses semblables. J'avais le goût de lui répondre : Allons, Madame l'Actrice, un peu de tolérance!

On finit toujours par prendre nos distances des gens avec lesquels on ne partage pas grand chose...