samedi 25 avril 2015

intérieur nuit



photo : tristan lafon

nous étions couchés face à face dans mon lit
c'était le creux de la nuit
je me suis approchée de lui pour l'embrasser
il a reculé l'air étonné
son regard fut mesquin
je suis descendue à son aine
sa queue était courbée
et loin d'être cylindrique
elle était érigée en parallélépipède
je me suis rassasiée
ma chair était pleine

le téléphone sonna
il répondit
j'étais trahie
je savais dès lors qu'il me ferait chanter

je lui ai asséné un coup
j'étais bonne boxeuse
il est tombé
nous nous sommes battus
il était réduit en miettes
et je l'ai mis dans une tasse
en vitre la tasse
car je voulais la briser

je suis sortie sur le balcon avant
il pleuvait et faisait froid
j'ai lancé la tasse
mais il n'y avait que deux étages
elle ne s'est pas cassée
je l'ai rattrapée et lancée encore
elle n'éclatait jamais
je l'ai relancée et relancée
puis je me suis dit qu'après tout
elle devait être bien maganée
elle était devenue de fer et non plus de verre

en remontant chez moi
j'ai croisé le père de mes fils
il s'était réconcilié avec une ancienne épouse
ce devait être moi et nous sommes partis
bras dessus bras dessous

puis je suis rentrée à l'appartement
l'heure ne changeait pas
je devais rentrer par derrière
par la fenêtre
heureusement elle s'ouvrait facilement

dehors c'était fête foraine
j'ai retrouvé les miens
et mon mari habituel
mais il réapparut
déguisé en tout ce qui bougeait
une balkane dans son foulard
qui me pointait son arme
cachée dans une sacoche
il voulait m'éliminer
me faire mal physiquement
il m'a piégée au jeu du marteau
mais je me suis détournée et l'ai semé

j'allais prendre la sortie
par l'édifice à bureaux
le concierge faisait le ménage
des balles de caoutchouc exposées
dans le bac vitré au milieu du corridor
il y en avait des bleues des roses
et des jaunes
des balles de tennis élimées

je me suis réveillée
à l'aube dans mon lit
avec un terrible mal de ventre
rassurée d'être vivante
et voulant vite retourner
à cette escapade onirique
où jamais je ne m'éteins
et toujours je cours et je jouis.


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