samedi 26 mars 2016

undisclosed desire



je n'aime pas le sexe
autant que j'aime le désir

le premier est animal et mécanique
le deuxième est mental et sophistiqué

le roman de pascale
me rappelle ces jours-ci mes désirs adolescents
ceux liés à la découverte à l'inconnu
à la possibilité de connaître l'amour
ceux essentiels pour aller vers l'autre
et menant à l'acte ultime de la copulation
celui permettant la reproduction de notre espèce

c'est dit simplement
et c'est vécu de façon infiniment complexe
un trou dans le ventre
des papillons dans la poitrine
des oreilles qui bourdonnent
la tête qui tourne
la perte de la raison
le désir emplit de vie et de pulsions

dans ma vie adulte
il se manifeste par une attirance physique
que je ne voudrai jamais matérialiser
il est généré par un regard soutenu
une bise sur la joue
ou la caresse sur l'épaule
mais il ne mènera jamais au sexe
qui romprait le charme de ce fil
de cette histoire si belle dans notre imagination
le sexe n'a rien à voir dans le schème du désir
il n'amplifie ni ne marque l'intensité de cette sensation

je ne sais pas si les hommes vivent le désir
comme les femmes vivent de désir

cette sensation que l'on ressent dans la gorge
dans les larmes qui montent aux yeux
dans les cuisses tremblantes
si intense à l'intérieur
et générée par des liens si ténus
fins comme le fil de soie
comme l'effleurement
comme la rosée qui menace à tout moment
l'évaporation

le désir est grandiose et violent
il se vit dans la vie moderne
dans un format pourtant si convenable
pour qui sait le contenir
et ne pas s'y soumettre comme une âme perdue
il peut même se vivre sans même l'adultère
voyez comme il est pratique
il ne se partage pas
il est invisible
l'air n'est pas chargé d'électricité
le courant ne passe pas
ce ne sont que des fabulations
de si beaux phantasmes
le désir nous enveloppe de sensualité
nous réchauffe
nous visite dans nos rêves
et lorsqu'il est moins ardent
nous retourne à notre vie d'amour
celle que l'on peut vivre en toute normalité
dans notre corps et notre raison

le désir est un météore
sa trajectoire mène à la destruction
il faut en user avec parcimonie
il ne remplit pas il brûle
ça n'a rien à voir avec le cul
ni même avec l'amour

le désir est une bête en soi
une merveille de l'esprit
qui félicite notre ego
une réponse positive
que l'on poursuit toute la vie
comme une drogue
plus forte que l'orgasme
celle de l'inaccessible étoile

retournez à votre tête et jouez ceci.

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