samedi 16 avril 2016

grand boulevard


st-denis et st-zotique 1948

jeudi matin huit heures
je conduis soleil devant
sur la magnifique rue st-denis
celle qui a été laissée pour compte
comme la main et la catherine
devenues presque moribondes
dans les dernières années

c'était il y a vingt ans
des artères commerciales vibrantes
des endroits où nous nous retrouvions socialement
pour manger boire danser
jouer au pool

et ce ne sont aujourd'hui
plus que des nids de poule à contourner

bref donc sur ma st-denis adorée
je réalisais encore une fois
que c'était la rue que j'habitais
que c'était celle où je résidais aujourd'hui
comme celle qui m'a logée la première
lorsque je suis partie en appartement
il y a trente ans en ville
et je me disais que franchement
j'adorais vivre sur les grandes artères

sur st-denis entre ontario et sherbrooke
iz et moi tenions un quatre et demi
dans le fond d'un corridor
au-dessus d'une boutique de linge
à côté d'un bar brumeux

sur ste-catherine dans l'est
à quelques pas de la fabrique de sucre lantic
stéphane et moi tenions
un immense six et demi
à côté d'une piquerie
et deux étages sur le salon funéraire

quelques années plus tard
sur le magnifique boulevard st-joseph
avant que la ville n'y installe un parapet
nous logions dans un six et demi
au-dessus du médecin et face au dentiste

il y a treize ans
les saints ont légué la place
aux chemins de fer
et van horne fut l'hôte
de notre première propriété
une autre grande avenue
au pied d'un viaduc
où le chat domestique
a appris à éviter les véhicules

j'aime donc vivre sur les grandes artères
contrairement aux autres citadins
qui les trouvent bruyantes
polluées et dangereuses

c'est sur ces rues avenues et boulevards
que les logis sont les plus profonds
les plus vastes et les mieux construits
ce sont les sentiers les mieux desservis
toujours déneigés en premier
et lorsque ce même jeudi soir
une panne d'électricité
plongeait st-vallier dans l'obscurité
notre st-denis à un jet de pierre
brillait de mille hydro
tout comme je n'ai jamais vécu
de panne en quatre-vingt-dix-huit
sur la grande st-joseph

sans compter qu'un boulevard
c'est si noble
on y voit presque passer les carrosses
quand ce ne sont pas les parades
les courses et mille autres manifestations humaines

ce sont mes racines européennes
qui me les font tant aimer
ces grandes avenues bourgeoises
ce grandiose en pierres et boiseries
bordé d'arbres centenaires.

1 commentaire:

modotcom a dit...

#erratum : sur st-denis, iz et moi ne vivions pas au dessus d'une boutique de linge, ou peut-être que si, je ne m'en souviens pas bien. mais il y avait également une galerie, où avait exposé un photographe qui avait ma soeur yvonne pour modèle.