samedi 21 janvier 2017

pour le plaisir



en fait c'est plutôt pour la forme
mais je voulais absolument intituler ce billet
pour le plaisir
pour vous envoyer de suite écouter ce hit du kitsch
de notre flamboyant herbert léonard
pendant que vous lisez mon xième retour du balancier
au sujet de la course à pied

ça m'a frappé en pleine face
à l'aube mercredi matin
alors que mon corps voulait sortir courir
après neuf jours d'immobilisme

il n'y a pas un coureur qui passe
de si longues périodes de temps sans sortir courir
mais voilà
je n'aime pas vraiment ça courir
en fait sur les cent à deux cents fois de ma vie
où je suis sortie courir
pour m'entraîner ou dans le cadre d'une course officielle
je compte sur les doigts de mes deux mains
le nombre de fois où j'ai vraiment aimé courir
je veux dire trouver la grâce pendant que je cours

je cours non pas parce que je sois obligée de le faire
je n'ai pas le temps de m'astreindre à quoi que ce soit
mais parce que j'aime tant de choses
qui entourent la course à pied
d'abord l'idée de rester en forme à peu de frais
la simplicité de pratiquer ce sport
où que l'on soit sur la planète
ensuite les bienfaits de l'exercice
sur la condition physique et mentale
et puis avouons-le les médailles
et les accomplissements
le fait de m'améliorer de temps à autre

mais mercredi donc
je me disais que mon high typique de fin de course
du demi-marathon de septembre deux mil seize
m'avait donné envie de courir plus vite
et de me fixer des objectifs plus compétitifs
c'est toujours ça qui arrive
quand j'accomplis quelque chose
je suis soit contente ou déçue
et la déception arrive lorsque ma performance
est moins bonne qu'avant
je me dis que je n'ai pas assez travaillé
l'orgueil prend le dessus et la raison me dit
que tout est possible
je suis galvanisée par les endorphines
et me dis que la prochaine fois
je travaillerai plus fort pour m'améliorer

mais depuis le temps que je cours
je sais très bien que je n'ai plus la discipline
pour m'améliorer en course
je n'aime pas assez les efforts que cela implique

je pense que l'effort minimal que cela prenait
pour faire de moi une coureuse
a été effectué
je suis devenue une coureuse
je sais que je peux courir
j'aime courir et je veux courir longtemps
mais je n'aime pas être obligée de courir
quand je n'en ai pas envie

conséquemment

je laisse tomber mes objectifs
d'améliorer mon temps de course
je préfère vivre avec une déception de temps à autre
de m'inscrire à une course moins bien préparée
et finir avec un mauvais temps
que de me sentir coupable
chaque matin où je ne sors pas courir
au moins une demi-heure pour suivre un plan

j'aime trop la course pour la gaspiller
pour l'abandonner

j'ai hâte de courir pour le plaisir.


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